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Nous sommes des personnels de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, travaillant dans les bibliothèques, conservatoires, musées, ateliers des beaux-arts, services centraux...

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 08:13
Les responsables des bibliothèques parisiennes échapperont-ils aux troubles psycho sociaux ?

En tout cas la mairie de Paris dépense des millions d’euros pour les mettre en situation de souffrance au travail.

« J’attache la plus grande importance à la prévention des risques psycho sociaux car je considère le travail comme un lieu de vie et d’échange où chacun doit pouvoir trouver son épanouissement » avait déclaré le Directeur des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, Noël Corbin, à l’occasion de sa prise de fonction. Il est vrai que les personnels des bibliothèques avaient alors mené une véritable fronde, pendant que les conservateurs exprimaient publiquement leur malaise (lire ici).

Une déclaration réitérée au moment d’une conférence …sur les risques-Psycho sociaux organisée par ses services ! On ne doute pas de la sincérité (ni de la bonne volonté) du directeur, mais force est de constater que les responsables des bibliothèques municipales parisiennes sont au bord de l’épuisement, notamment ceux obligés d’appliquer les directives QualiParis.

Qu’est ce que QualiParis ? Officiellement un label qui (en gros) certifie que les établissements qui reçoivent du public … reçoivent bien leur public ! On dirait une formule de Pierre Dac. Il y a quelques années, les bâtiments municipaux avaient déjà été contraints d’afficher une charte d’accueil, laquelle ne faisait qu’énumérer ce qu'ils faisaient depuis toujours.

Seulement voilà, la charte d’accueil, une vulgaire affichette, était un tantinet défraîchie et pas assez moderne aux yeux de la mairie. Et puis, il était temps d'ouvrir de nouveaux marchés et de dépenser enfin de nouveaux millions. Car, en plus QualiParis coûte un prix exhorbitant. Ainsi le seul marché pour la « formation des cadres responsables de site et des chefs de projets sectoriels à la démarche de labellisation QualiParis » (sic) a même été évalué par les services de la mairie à… 600 000 euros. Cela sans compter les nombreuses dépenses complémentaires (réalisation ..d’un audit ou rémunération de « clients mystère ») le total atteint plusieurs millions d’euros TTC.

Plutôt cher pour mettre en situation de souffrance au travail de nombreux agents de la Ville de Paris. Car entre les injonctions contradictoires,  les conflits de valeurs, le manque de moyens accordés pour des objectifs trop élevés, sans parler des multiples réunions avec compte rendu à la clef, on est en plein dans les familles de risques qui caractérisent les troubles psycho-sociaux (lire ici).

N'oublions pas que la mise en marche (forcée) de Qualiparis n’est pas sans conséquence pour la santé de ceux qui sont obligés de l’appliquer : d’abord la mise en œuvre de QualiParis est on ne peut plus chronophage. Dans un premier temps, la direction convoque les chefs d’établissement puis les envoie dans des formations pour les « mettre en condition ». A charge pour eux d’organiser ensuite des réunions avec leurs équipes au détriment de toutes les tâches « ordinaires ».. Pendant ce temps, le travail quotidien s’accumule. A chacun ensuite de se débrouiller seul pour le rattraper. Pendant ce temps, le cadre s’initie aux joies des rétro-planning et autres reporting (excusez nous pour ces anglicismes) car la direction, elle même sous pression, veut quasiment à chaque seconde, savoir où en est l'avancement de ce qui est devenu son unique obsession.

Les responsables des bibliothèques parisiennes échapperont-ils aux troubles psycho sociaux ?

Et c'est pas fini, car les objectifs à atteindre sont tout simplement irréalisables. Pour être certifiés QualiParis, les lieux doivent ainsi être propres et en bon état. Le minimum certes. Sauf que depuis les restrictions budgétaires mises en place par la mairie ce n'est plus le cas. Mais alors pas du tout. Le problème est que cette obligation de propreté échappe complètement aux chefs d'établissement, lesquels dépendent de multiples autres directions que ce soit pour l’entretien courant du bâtiment (ménage) ou plus prosaïquement pour de simples réparations électriques ou de serrurerie. On nage en pleine injonction contradictoire.

Autre obstacle dans l’accueil du public et il est de taille...la réduction des horaires d'ouverture faute de personnel disponible car les directrices et directeurs de bibliothèque ont vu diminuer drastiquement les postes budgétaires de leur établissement. Mais peut être que l'ouverture d'une bibliothèque ne fait pas partie des « critères qualité du référentiel » comme le vante le cahier des charges de QualiParis.

Le pire dans tout ça c'est que l'on demande à ces cadres d'appliquer une politique à laquelle plus personne ne croit. Ni la haute administration, ni bien sûr eux-mêmes ! Un véritable conflit de valeurs. Quant aux équipes n'en parlons pas. On ne compte plus les railleries des collègues devant ces palinodies imbéciles voire le dégoût exprimé devant cet immense gâchis d'argent public. L'exercice tourne même au supplice de Tantale car il ne s'arrête jamais.

« Un audit de surveillance est organisé à mi-parcours, au bout d’un an et demi. Ainsi, la démarche n’est pas un acquis mais une volonté de toujours progresser et de s’améliorer » assène la Ville de Paris. Un charabia que l'on croirait tout droit sorti d'un manuel de scientologie. Et après ? On se retrouve comme dans le film un jour sans fin car c'est un éternel recommencement.

« Le label n’est pas reconduit de façon automatique, les services labellisés devront repasser un audit de renouvellement qui garantira que les efforts fournis sont probants ». Et toc. De nouvelles réunions chronophages en perspective avec comptes rendus et exercices de motivation des équipes. Elle est pas belle la vie ? Reste à savoir combien de cadres résisteront à ce véritable plan d'action de souffrance au travail.

Car ces méthodes en rappellent furieusement d'autres. Elles ont eu cours notamment à La Poste et France Télécom avec les dégâts que l'on sait. Une situation non seulement dénoncée par les syndicats mais aussi par les médecins du travail et les spécialistes en relations sociales. Nous allons demander au CHSCT de la Direction des Affaires Culturelles de se saisir de cette situation et de stopper (ou au mois modifier) cette entreprise de décérébration qu'est QualiParis.

 « J’attache la plus grande importance à la prévention des risques psycho sociaux car je considère le travail comme un lieu de vie et d’échange ou chacun doit pouvoir trouver son épanouissement » a encore réaffirmé le directeur des affaires culturelles en ce début d'année dans ses vœux aux personnels. Dans le cas de contraire il serait lui aussi confronté à véritable conflit de valeurs.

 

Les responsables des bibliothèques parisiennes échapperont-ils aux troubles psycho sociaux ?

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Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans santé au travail bibliothèques
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commentaires

mairie du2 19/04/2016 11:55

Treuil manuel sans protection ni controle trimestriel dans un bureau. Que faire pour la prevention des risques aux agents.

CGT Culture DAC Ville de Paris 19/04/2016 18:22

Contacter le CHSCT de votre direction (la DDTC probablement)

faidi 26/03/2015 11:48

« J’attache la plus grande importance à la prévention des risques psycho sociaux car je considère le travail comme un lieu de vie et d’échange ou chacun doit pouvoir trouver son épanouissement » a encore réaffirmé le directeur des affaires culturelles en ce début d'année dans ses vœux aux personnels.>>
"tous ça c'est de la poudre de perlinpinpin..", le soi-disant (""""QUALIPARIS""""")..., qui coute une fortune, est aussi du "bidon".., la somme de 600 000 euros dépensé pour ce genre de clownerie.., est moins que la demande de la revalorisation des primes du dimanche pour les ASSMS, qui s'élèvent a 350 000 euros pour l'ensemble du personnels de la surveillance des musées. !

Lawrence d'Arabie