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  • : Syndicat PACS-DAC de la Ville de Paris
  • : Blog du syndicat PACS de la Direction des Affaires Culturelles (DAC) de la Ville de Paris.
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Nous sommes des personnels de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, travaillant dans les bibliothèques municipales, conservatoires d'arrondissement, ateliers des beaux-arts, services centraux...

Nous militons au sein du syndicat des personnels administratifs, de la culture et de service (PACS) pour défendre les droits des salariés, la qualité du service public

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1 février 2019 5 01 /02 /février /2019 14:23
La bibliothèque Assia Djebar (XXe) ferme ses portes en urgence pour cause de droit de retrait des personnels

« C’est difficile pour nous de prendre cette décision et de voir la bibliothèque fermée, mais il en va de la sécurité des usagers, du bâtiment et de la nôtre, ainsi que de notre santé » précisent les agents d'Assia Djebar dans une lettre ouverte envoyée à la mairie de Paris

La bibliothèque Assia Djebar, située entre les Porte de Montreuil et de Vincennes, a fermée aujourd'hui ses portes en urgence. Ouvert il y a tout juste un an, cet établissement au confluent des XIIème et XXème arrondissement de la capitale vit une véritable crise sociale comme le démontre la lettre ouverte envoyée par les bibliothécaires d'Assia Djebbar à tous leurs collègues du réseau parisien ainsi qu'à leur administration de tutelle. Voici le teneur de cette missive reproduite dans son intégralité.

«  Aujourd’hui, vendredi 1er février 2019, l’équipe de la bibliothèque Assia Djebar a décidé d’exercer son droit de retrait et de ne pas rouvrir la bibliothèque tant que des solutions réelles et pérennes ne seront pas proposées.

Depuis la préfiguration, l’équipe a trouvé du sens dans ce projet de bibliothèque dans un territoire prioritaire de la politique de la ville. La bibliothèque se voulait un établissement de proximité accueillant pour tous les publics, en accord avec les lignes directrices de la mairie et du Bureau des Bibliothèques (BBL) de la Ville de Paris de se soucier des « publics éloignés ». Les caractéristiques du quartier étaient connues de l’équipe de préfiguration : pollution et nuisances sonores du boulevard périphérique, indicateurs de précarité élevés dans la population, conflits et violence qui accompagnent les situations sociales compliquées. Nous n’avons jamais pensé que l’implantation de la bibliothèque à la confluence de trois cités serait facile et se ferait tout en douceur. Mais nous savions pourquoi nous venions travailler là, et nous pensions bénéficier du soutien de nos tutelles.

La réalité nous montre tout autre chose. En tant que seul lieu du quartier ouvert sans condition, où il n’est pas nécessaire de montrer patte blanche, nous avons le sentiment de devenir le réceptacle de la colère sociale, et d’être abandonnés par la mairie face à cette situation. Les conflits quotidiens, les relations tendues avec certains usagers, sont devenus trop durs, traumatisants, la peur s’invite dans la bibliothèque et nous poursuit parfois même dans la rue. Sans soutien de la part de notre hiérarchie, que pouvons-nous faire face aux menaces (« attaques au mortier », « balle dans la tête », « tout casser »), aux insultes, aux bagarres, à la consommation de stupéfiants dans l’établissement ? Hier, nous avons fait face à des livres et élastiques qui volaient à travers le plateau, atteignant parfois usagers ou bibliothécaires, à des bouteilles jetées sur la façade et au refus de quitter la bibliothèque de la part des groupes en cause.

C’est difficile pour nous de prendre cette décision et de voir la bibliothèque fermée, mais il en va de la sécurité des usagers, du bâtiment et de la nôtre, ainsi que de notre santé. Après un an d’ouverture, nous constatons qu’on ne nous donne pas les moyens d’assurer nos missions et de pérenniser cette bibliothèque. Nos partenaires locaux sont à bout de souffle, la collaboration avec les inspecteurs de sécurité et les correspondants de nuit ne donne pas les résultats escomptés. Nous ne pouvons pas cumuler nos missions de bibliothécaires avec celles d’agent de sécurité, d’assistant social et d’éducateur. Cinq collègues sont partis avant même un an d’ouverture et deux autres départs sont imminents. Et désormais il semble que le nouveau mode de recrutement n’implique pas d’entretien préalable mais le catapultage arbitraire par notre tutelle. Aucune solution n’est proposée malgré les multiples signalements, enregistrés en silence par le BBL.

Quel était donc le vrai projet de la mairie ? Tout nous laisse croire qu’il s’agissait d’affichage politique à peu de frais, et que derrière on ne trouve que mépris. Un bâtiment neuf aux multiples dysfonctionnements, un budget d’acquisitions réduit de 30% dès la deuxième année d’ouverture, et une équipe laissée à l’abandon, pendant que les élus se targuent d’ouvrir de nouvelles bibliothèques dans des quartiers populaires. La situation du quartier nous renforce dans notre conviction que la bibliothèque a du sens dans cet environnement, mais nous sommes forcés de constater que sans moyens adaptés, sans accompagnement, nous ne pouvons assurer ce service public dans des conditions acceptables.

Vendredi 1er février nous n’ouvrirons pas la bibliothèque : notre droit de retrait répond ici à une situation de danger grave et imminent. Au-delà des annonces rassurantes qui seront faites, au-delà des ajustements et des solutions temporaires, nous attendons des solutions organisationnelles, pratiques, et urgentes » concluent les bibliothécaires d'Assia Djebar. Évidemment la CGT des affaires culturelles appuie sans réserve les revendications de nos collègues.

D'ailleurs nous pouvons déjà affirmer que tous les syndicats de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris vont demander un CHSCT extraordinaire sur cette situation qui fait écho à celle rencontrée dans plusieurs autres établissements, notamment à la bibliothèque Vaclav Havel dont l’équipe avait elle auss lancé une alerte il y a un an (lire ici). A noter que le syndicat SUD, bien que non membre de cette instance se joint à cette action. Christophe Girard l'adjoint en charge de la Culture va donc connaitre son premier dossier chaud de l'année 2019

 

                - Si je comprends bien, les bibliothécaires d'Assia Djebar en ont ras la casquette ?

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Les élue.e.s du CHSCTde la DAC 02/02/2019 12:56

Les élu.e.s CGT et UCP du Comité Hygiène et Sécurité (CHSCT) de la Direction des Affaires Culturelles (DAC) de la Ville de Paris écrivent à Karine Taïeb, adjointe à la maire en charge du patrimoine et présidente de l'instance.

Madame,

Le retrait du personnel de la bibliothèque Assia Djebar ne surprend personne. Malgré le travail formidable de médiation que l’équipe assume depuis l’ouverture, il ne faisait aucun doute qu’un jour ou l’autre quelque chose de plus grave aurait lieu.

Les représentants UCP et CGT siégeant au CHSCT de la DAC demandent l’ouverture d’une enquête sur la situation réelle du quartier autour de la bibliothèque. Nous demandons l’assistance d’un expert en médiation sociale et/ou sécurité afin de nous aider à réaliser un diagnostic précis et à trouver des solutions.

Syndivat SUD Culture Ville de Paris 02/02/2019 10:14

Communiqué du syndicat SUD de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris

Nous apprenons que l’équipe de la bibliothèque Assia Djebar, dans le 20ème arrondissement, a décidé aujourd’hui, vendredi 1er février, d’exercer son droit de retrait.

Nous, militants de SUD-CT 75, avons constaté, depuis l’ouverture de cet « établissement de proximité » ouvert en quartier prioritaire, un manque de moyens en termes d’effectifs et de gestion par les tutelles. Notons que l’adresse de la bibliothèque est juste en dehors du quartier prioritaire qui l’entoure, ce qui a permis de priver l’équipe de la NBI !

Aujourd’hui nous sommes alertés par la souffrance chronique subie par les agents : travaillant dans un quartier présentant « des indicateurs de précarité élevés » auprès d’une population qui cumule la jeunesse, la pauvreté et l’exclusion, nous attendions une attention particulière, un soutien spécifique de la part des tutelles. Mais ce n’est pas le cas. Alors que l’équipe affronte régulièrement les provocations, les menaces, les bagarres, qu’elle est désormais en plein désarroi et que le burn-out s’invite dans le quotidien, les tutelles brillent par leur manque de soutien. Pire, l’équipe se heurte à un mépris total de la hiérarchie, et à l’absence de prise en charge politique de la situation.

L’ouverture de cet établissement n’était-elle qu’une volonté d’afficher les bonnes intentions de la mairie ? On se pose la question, tant les moyens d’un fonctionnement acceptable n’ont pas suivi, tant l’architecture du bâtiment semble inadaptée aux missions de l’établissement, tant l’équipe manque de soutien logistique et institutionnel !

A l’heure qu’il est, aucune réponse n’est apportée, à part la présence d’un agent de sécurité mercredi et samedi. Au-delà de la solution sécuritaire, dont l’efficacité n’améliore aucunement l’accueil et les conditions de travail, la mairie et la DAC doivent prendre des mesures organisationnelles de long terme : il s’agit de permettre aux agents de travailler sereinement, et de tout faire pour que la bibliothèque Assia Djebar ouvre dans des conditions décentes – autant pour l’équipe que pour les publics qu’elle est censée servir.

La situation actuelle fait écho à celle rencontrée dans plusieurs autres établissements, notamment à la bibliothèque Vaclav Havel dont l’équipe avait lancé une alerte il y a un an. Les solutions « cache-misère » ne seront pas acceptées, pas plus que les solutions « temporaires mais qui durent ».

La ville de Paris doit assurer un service public culturel à la hauteur de ses ambitions.

loic 01/02/2019 21:14

C'est bien triste et tout mon soutien va au personnel. En même temps que faire ? Vous en appelez à la Mairie de Paris, ok mais que peut-on faire ? Mettre encore des agents de sécurité ? C'est quand même un triste constat d'une population ayant perdu un rapport de civilité au monde. Il faudrait peut-être s'interroger sur qui sont ces bandes et pourquoi n'ont-ils pas les codes nécessaires à une vie commune apaisée...

Anne-Marie 15/02/2019 06:43

Bonjour, je suis résidente depuis 27 ans du quartier et la bibliothèque a été construite juste en dessous de notre bâtiment. J apporte tout mon soutien à l équipe et fait le constat que tout cela était prévisible tant notre quartier est devenu une zone de non droit ou des racailles et oui veulent faire la loi en toute impunité et avec le soutien de leurs parents !! Oui c est là réalité des 10 ans les petits frères sont mis au parfum oui ce sont des RACAILLES désolé ç est la seule vérité et on leur excuses tout on marche sur la tête !! Tout cela avec pour seule réponse de la justice l exuse de l âge, de la composition familiale et bla bla-bla-bla ! Ils se foutent simplement de la gueule de tous des lois et se font passer pour des ados mignonet quand ils sont pris commettant un délit !! Mais zut la tolérance zéro va s appliquer quand ? Ce sont toujours les mêmes on les connaît et non faut pas baisser la tête.On en a tous assez de leur bordel permanent et de leur antisemitisme indegniable !! Ils ont cambriolé notre appartement il y a 6 mois et sont dehors merci la justice ????????????oui c est ça là vérité ils nous font Chiez et mérite qu on les traites comme il se doit des délinquants qui doivent rester chez eux le soir aller en cours bref une vie normale d ados et de jeunes adultes ç est tout. En fait ils enfument tout le monde éducatif et judiciaire avec l aval des parents !! Alors ils est temps pour ces familles de retourner d où ils viennent ce n’est pas à nous de refaire leur éducation si la France il la respecte pas et bas cassez vous on n’attend que ça !! Je suis pas reac juste bien lucide sur notre quartier qui depuis une dizaine d’années à bien changé à cause de ces abrutis qui ont aucunes aucunes excuses !!

Jérôme 07/02/2019 15:46

Loic tout est dit dans votre message