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Nous sommes des personnels de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, travaillant dans les bibliothèques, conservatoires, musées, ateliers des beaux-arts, services centraux...

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 09:22

 

            FIAC-2012--Bruno-Juliard20121021 Photo-Christophe-Noel-FMAC

                                                                        - Allez hip-hop, dépêchons !

                                           

Une méconnaissance qui s’explique sans doute par ses visites dans les établissements menées au pas de course et sans un regard pour le personnel.

Il y a quelques jours, le journal Le Monde publiait les propos de Bruno Julliard, notre adjoint à la culture. Il s’exprimait alors sur l’état des conservatoires municipaux parisiens. Des propos qui n’ont pas laissé indifférents les personnels de ces établissements qu’ils soient administratifs ou pédagogiques.

Il est vrai que pour fustiger « le manque de mixité sociale » dans les conservatoires municipaux parisiens notre élu n’y va pas avec le dos de la baguette de chef d’orchestre. Pour Bruno Julliard, ces établissements d'enseignements artistiques municipaux  sont « trop académiques », c'est-à-dire un peu trop ringards pour une municipalité qui veut entrer aux forceps dans le concert des smart-cities. « Les conservatoires portent bien leur nom »  s’est d’ailleurs lâché notre élu dans cet article.

D’aucuns ont été amusés de constater que les propos de l’adjoint au maire étaient repris uniquement par un quotidien qui n’est autre que le porte parole des élites et dont le lectorat est très loin de la mixité sociale voulue par notre édile. Paradoxal, non ?

Autre paradoxe qui, cette fois ci, n’a pas prêté à sourire : Il faudrait enrichir la palette des activités au sein de ces mêmes conservatoires en faisant appel à des associations extérieures, seules à même de pouvoir apporter un peu de vraie « créativité innovante ». Pourtant, souvenons-nous que la remunicipalisation des conservatoires,  au cours de la première mandature Delanoë, avait pour but de sortir de cette structure associative que la Ville avait de la peine à encadrer.  A noter que ces associations sont loin d’être gratuites. C'est gênant alors que les conservatoires voient par ailleurs leur budget baisser chaque année.

 

                                             Conservatoires: Bruno Julliard lance des pistes tous azimuts

                  anne2-35005

                                     - Il faut multiplier les passerelles pour avoir de la créativité innovante

 

Mais surtout prétendre qu’il y a une pauvreté de l’offre à Paris a été ressenti comme une injure pour tous nos collègues qui n’ont pas attendu la prise de parole du maire pour « avoir des pédagogies innovantes » (ateliers de hip-hop, de musique générée par ordinateur, musiques du monde, entre autres.)

Alors s’agirait-il d’un grand mépris envers les agents ou d’une grande ignorance de ce qui se passe dans les conservatoires dont notre élu a pourtant la charge politique depuis bientôt trois ans ?

Peut être un peu des deux tant les visites de l'adjoint à la culture dans les établissements se font au pas de course et sans un regard pour le personnel présent...quand elles ont lieu. Ce qui ne lui permet pas, bien sûr, de prendre la mesure de ce qui se joue pour l’éveil culturel des petits parisiens. Sait-il d’ailleurs que des ateliers de découverte existent depuis bien longtemps ?

Ignorance ou mépris également pour le travail remarquable d’un bon nombre de directeurs qui sont impliqués dans l'évolution de leur établissement mais limités dans leur budget : l'article du Monde ne fait état, à aucun moment, du budget très conséquent mis sur la table par la ville pour la mise en place des rythmes éducatifs (ARE), mais passe sous silence le fait que les conservatoire municipaux d’arrondissement (CMA) voient leurs dotations baisser de façon significative chaque année. 

Quant à la question de la mixité sociale que l’élu appelle de ses vœux, il y a belle lurette que tous dans les conservatoires travaillent à la favoriser. Ainsi beaucoup d’entre eux réussissent à faire entrer dans leurs classes des enfants des couches sociales moins favorisées, par le biais de l’aménagement des rythmes éducatifs notamment. 

 

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                                                         -   Bruno Julliard cible les conservatoires

 

Les personnels qui œuvrent dans les conservatoires peuvent, bien entendu, entendre que ces structures doivent évoluer mais faut-il encore leur en donner les moyens humains et matériels. Les bâtiments actuels ne permettent pas d’accueillir les enfants dans les meilleures conditions qui soient.

Studios d'études trops petits, en nombre insuffisants pour les répétitions, mal chauffés, avec problèmes accoustiques réccurents. Dans la plupart des conservatoires sous dimensionnés, il n'y a pas de salle des professeurs – pas de lieu de restauration pour les agents. Sans parler des problèmes thermiques et inondations à gogo....

Pour conclure, imaginer que la mixité sociale va naître de la nouvelle proposition d’inscription par tirage au sort est un leurre. Elle facilitera peut être le travail des équipes et permettra évidemment d'eviter la catastrophe de cette année (ce qui n'est pas rien), mais comme elle reste basée sur un jeu de probabilité, elle ne supprimera en rien la surreprésentation des classes aisées. D'ailleurs la mixité sociale existe-t-elle toujours dans la capitale ? Car c'est cette surreprésentation qui dessine désormais le visage de Paris. Un phénomène qui s’est d’ailleurs amplifiés depuis 2001, n’est-il pas ? 

Toutefois d’autres pistes existent comme l’accueil sur dossier avec des critères de priorité comme dans les crèches et les logements sociaux ou la mise en place de passerelle à partir d’une collaboration plus étroite avec les écoles, par exemple. 

 

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                                      Paris tente de mettre un peu de mixité sociale dans sa politique  

     

Mais pour vraiment changer la donne, un long travail de communication devra être mis en place, un travail de fond en direction de toute une population qui estime que la culture musicale n’est pas pour elle.

Si la Ville de Paris veut changer le visage de ses conservatoires, qu’elle commence par faire évoluer son propre regard et qu’elle valorise mieux et plus ce qui s’y passe. Qu’elle sollicite et intègre à sa réflexion l’ensemble des acteurs de terrain et non quelques-uns triés sur le volet. Elle sera surprise de la richesse des propositions. Qu’elle évite surtout de remettre en cause, même par maladresse, les qualités professionnelles des personnels qui, au jour le jour, accueillent et forment tant d’enfants.  

Quant au fait que certains s’éloignent entre le collège et le lycée, là encore, c’est une réalité que connaissent malheureusement l’ensemble des services publics (bibliothèques, piscines, stades….) et pas seulement dans la capitale. L’adolescent, cet ingrat, a ceci de particulier qu’il ne se reconnaît pas dans ces structures.

Alors conservateurs les conservatoires ? La question est posée mais rappelons à la Maire de Paris qu’un des objectifs des conservatoires définis par le ministère de la culture pour l’ensemble du territoire est la transmission de notre patrimoine musical. Alors oui, forcément, et n’en déplaise  à nos élus qui n’ont peut être pas fait le deuil de leur propre apprentissage musical, il y aura toujours une part d’académisme dans le foisonnement des pratiques proposées, foisonnement que semble ignorer nos édiles. 

 

    474936

                          -   J'ai un bon mot pour toi Bruno: les conservatoires portent bien leur nom

                                             -  Ah, ben celle là, je vais la réutiliser...

 

 

                       
Lire aussi

Le conservatoire du XVIe arrondissement noyé sous des trombes d’eau depuis plus de deux mois et demi !

Inscriptions dans les conservatoires : Il y avait le 22 à Asnières, il y a maintenant le 3975 à la Ville de Paris.

Conservatoires de la Ville de Paris: Toutes les inscriptions sont reportées à une date indéterminée

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Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans Conservatoire-ABA
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commentaires

Agent des conservatoires 27/11/2014 18:19

L'article du Monde présente un élu très égalitaire dans son mépris.
Il méprise tout le monde, à commencer par la Fonction Publique :"travailler avec des associations qui ont des pédagogies innovantes"
Il méprise les fonctionnaires, à commencer par tous les agents administratifs, sur sites et en centrale, qui ne sont cités à aucun moment.
Mais il méprise aussi les professeurs, il ne connaît pas les accompagnateurs : tous pratiquent depuis bien longtemps le système des ateliers de découverte (mis en place par les personnels
administratifs) et autres pédagogies innovantes, ouvrant les conservatoires à d'autres cultures et à d'autres technologies
Il méprise les directeurs qui sont impliqués dans l'évolution des leurs établissements et limités dans leur budget : à aucun moment il n'est dit qu'il y a eu budget très conséquent pour la dotation
des ARE, et une baisse significative chaque année des dotations des cmas qui doivent sur le même budget annuel se doter d'un four à micro onde ou d'un quatuor de saxophones (trop cher,
d'ailleurs)
Il méprise les couches sociales les moins aisées à qui il dénie la capacité de téléphoner et pour qui il faut inventer le tirage au sort, alors que la plupart du temps le mauvais sort
s'acharne.
Qui a inventé la plateforme téléphonique ? qui a sous estimé le nombre d'appelants (jusqu'à trois personnes par famille pour avoir une chance d'être inscrit) ? Qui a sous estimé la demande du
public? Qui n'a fait aucune étude préalable à l'installation de cette plateforme désolante pour les personnels qui y ont participé, mêlant comme d'habitude dans une grande confusion les personnels
de la plateforme qui se sont trouvés débordés et les personnels des conservatoires qui ne connaissent pas les techniques de la téléphonie ?
Qui ne fait rien pour attirer toutes les couches sociales ? Jamais on n'entend parler des conservatoires dans la presse si ce n'est pour les fêter et accompagner le travail de tous.
Il méprise le tissu social parisien et sa représentativité.
Il se méprise lui-même: "une défaillance du service public"
Toute évolution, pour ne pas dire révolution demande du temps, mais certainement pas du mépris.
Bref, cet article est méprisable

faidi 26/11/2014 22:35

" la réponse est simple en faite":( qui veut conservé quoi.?"),
d'un coté, "on met une partie de la culture aux oubliettes..", et dans quel "conservatoires va etre entreposées la mémoire"..?

c'est une blague.......(rire)
bon un peu d'humour de ce monde à moitié fou..!

Lawrence d'Arabie