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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 08:43

 

                Journey Look Into The Future

 

                    Une expertise qui fait mal aux oreilles du bureau des bibliothèques

« Les espaces discothèques c’est fini » nous serinait-on à qui mieux mieux . « La musique n’intéresse plus personne, le CD est ringard, il faut supprimer tout ça » rajoutaient les diafoirus en tout genre. Conséquence : le bureau des bibliothèques de la ville de Paris (BBL) avait pour unique objectif de supprimer les sections discothèques les unes après les autres comme le démontrait sa note officielle envoyée il y a tout juste un an aux responsables des bibliothèques parisiennes.

L’administration y allait d’ailleurs franco annonçant la fermeture de quatre sections discothèques : Aimé Césaire, Vaugirard, Europe et Glacière. Et la Mairie de Paris de s’appuyer sur la baisse des emprunts de CD (réelle, il est vrai) pour annoncer d’ors et déjà la liste des prochaines victimes.

Et là, l’administration n’y allait pas de main morte : « les discothèques en déclin dont la fermeture pourrait être envisagée: Amélie, Batignolles, Place des Fêtes, Saint-Éloi et Saint-Simon. » Les fermetures d’Italie et Buffon étaient également évoquées. Ça tombait comme à Gravelotte (lire ici).

Une fois les CD envoyés à la déchèterie ou au chauffage urbain - à la mairie on ne craint pas la pollution aux particules fines - le BBL affirmait sans rire les remplacer par des « espaces numériques » Enfin quand on parle « d’espace numérique » il fallait plutôt comprendre un endroit avec quelques tables sur lesquelles était posé un simple ordinateur histoire d’aller voir ses mails ou d’aller fureter sur Le Bon Coin voire plus si affinités. Pour la valeur ajoutée culturelle toutefois on repassera.

Mais le BBL avait inventé la mixture à faire avaler à sa tutelle. « La mise en œuvre de ces fermetures sera échelonnée entre 2014 et 2015 si possible en proposant aux établissements un réaménagement voire des travaux de rénovation qui permettent de présenter positivement les évolutions tant aux équipes qu’aux mairies d’arrondissement ». Pas bête, comme ça les maires d’arrondissements n’y verront que du feu. Le même feu qui servait à bruler les documents ?

 

                Swing+to+the+Right

          Fermeture de discothèques: Le BBL tente d'enfumer les maires d'arrondissements

 

Bon d’accord, les raisons de ces fermetures étaient on ne peut plus prosaïques, car dans sa note le BBL vendait  la mèche. « Cette politique aura l’immense avantage de permettre un rééquilibrage des personnels entre sections dans le cadre du travail engagé sur les effectifs » expliquait sans rire l’administration c’est-à-dire en bon français, uniquement compenser les suppressions de postes déjà effectuées dans les sections jeunesse et adulte. C’est ça ou les bibliothèques ne pourraient bientôt plus ouvrir. Mais catastrophe.

Les bibliothécaires (et les discothécaires) parisiens ne l’entendant pas de cette oreille,  avec l’aide de tous les syndicats, ont mené une fronde historique (lire ici) qui avait contraint le nouveau directeur des affaires culturelles à reporter les fermetures des sections discothèques sine die. Pour appuyer son propos il décida de commander un rapport sur « l’avenir de la musique dans les bibliothèques parisiennes » Et le rapport fut !  Et le moins que l’on puisse dire est qu’il fait mal aux oreilles du bureau des bibliothèques de la Ville de Paris.

C’était il y a quelques jours et les syndicats étaient conviés à une présentation de ce rapport quasi finalisé et rédigé par Gilles Rettel,  ancien guitariste du groupe Marquis de Sade et devenu depuis spécialiste de la question. Pour cette étude, il a d’ailleurs rencontré divers acteurs des discothèques parisiennes. « Oui, la musique a un avenir dans les bibliothèques, et plus que jamais » annonça-t-il d’emblé. « La musique est encore une des principales activités culturelles » affirme même Gilles Rettel. Toutefois, les bibliothèques-discothèques parisiennes « doivent se rendre visibles » ajoute-t-il  en pointant notamment le fait que le fonds patrimonial  de la médiathèque musicale de paris (MMP) est peu connu. « Même des spécialistes qui sont sur la liste de diffusion musisorbonne ignorent parfois votre existence» a ainsi remarqué l’ex gratteux du divin marquis.

Soudain Gilles Rettel  jette un vrai pavé dans la mare. « Il ne faut vas abandonner le prêt physique » car le CD (ou le vinyle) a « un impact sensitif ». D’ailleurs, selon lui « la dématérialisation est un mythe ». D’ailleurs, la production de disque reste élevée, et même en baisse, le prêt d’un CD en bibliothèque reste encore non négligeable selon une étude de l’ACIM (lire ici). 

 

 

                                                       Le CD (ou le vinyle) a « un impact sensitif ».

        MANGE-6

                                                                  - Tiens mon p'tit, et c'est bon pour la santé

 

Mais ce fonds musical documentaire, il faut le valoriser en commençant par le rendre gratuit ! « Il est incompréhensible de voir coexister dans un même lieu des documents gratuits d’un côté (des livres) et payants de l’autre (des CD ou des DVD) ». Il est vrai que cette différence de traitement entre supports documentaires porteurs d’une mission commune de diffusion culturelle ne se justifie en aucune façon. Une position reprise par l’ACIM qui avait publié le manifeste la musique a toute sa place en bibliothèque pour réaffirmer le rôle prépondérant des médiathèques dans le développement de l’éducation et de la culture musicale de tous les publics, et notamment des nouvelles générations.

Quant au « numérique », le grand dada de la mairie de Paris, Gilles Rettel n’est pas contre mais il n’y voit pas tout à fait la même chose que le bureau des bibliothèques. « Faites des blogs, des sites web avec des play lists, des liens renvoyant vers des conférences, des concerts… ». Une  production de contenu qui « mettrait en avant le rôle de médiateur des bibliothèques ». Une façon là encore de se rendre visible. Il faudrait toutefois que la mairie de Paris laisse s’exprimer la créativité des bibliothécaires. Vu le contrôle tatillon qu’exerce le BBL au quotidien, ce n’est pas gagné. Il est aussi préconisé que les discothécaires aient accès depuis leur poste de travail à Deezer et Spotify. Pas gagné là non plus car la municipalité se retranche derrière … la faiblesse de son réseau informatique ! Il faut aussi  simplifier l’accès au catalogue qui selon lui est parfois difficile. Bref, la mairie doit faire un (gros) effort de communication pour valoriser ses services.

Évidemment, valoriser le patrimoine culturel de la mairie, les personnels le font au quotidien. Le rapport propose de consolider l’expertise en opérant une veille des réseaux sociaux et de la presse spécialisée (française et étrangère), mais aussi de mettre en relation des ressources numériques, de nouer des partenariats, de diffuser des lettres d’informations ou d’attirer un public plus spécialisé. Actions qui requièrent des moyens en termes de personnels mais aussi de formation continue. « Ces propositions impliquent une mise à niveau des compétence » écrit d’ailleurs Gilles Rettel.

Il ne reste plus qu’à la mairie de Paris à appliquer ces recommandations. Allez un peu d’audace et de créativité quoi. On devrait en savoir plus très très vite car le rapport final avec tous les développements nécessaires (auquel on n’a pas eu accès) va bientôt être remis à Noël Corbin, le directeur des affaires culturelles et Bruno Julliard, l’adjoint en charge de la culture. On espère vivement qu’il soit rendu public évidemment.

En tout cas, oui la musique et les espaces discothèques ont un avenir dans les bibliothèques municipales parisiennes (et d'ailleurs). Dommage qu’il ait fallu faire appel à quelqu’un d’extérieur pour confirmer ce que disent les personnels et leur représentants depuis tant d’années.

 

                                     Gilles Rettel (à droite) met à bas les idées reçues sur la musique

                  photo

                                                                  - Tiens, prends ça mécréant !

 

 

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Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans bibliothèques
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