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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 08:55

 

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                               Les professionnels ont pourtant proposés des solutions…

La Ville de Paris aimerait bien se débarrasser de ses espaces discothèques. D’ailleurs, elle a déjà commencé : Après Vaugirard (XVe), la bibliothèque Aimé Césaire (XVe) a rouvert sans musique et Glacière (XIIIe) profite de travaux de mise aux normes pour supprimer les CD de ses collections. La mort de la section discothèque de la bibliothèque Europe (VIIIe) est déjà programmée par l’administration. Celle de la Bibliothèque Italie (XIIIe) est dans sa ligne de mire.

La Mairie de Paris s’abrite bien sûr derrière la baisse des emprunts de Compact-disc. Le fait est certes réel, mais cela ressemble plutôt à un prétexte qui lui permettra de récupérer des postes budgétaires de personnels et les sommes allouées aux acquisitions. Ainsi Paris qui voudrait tant être une « ville monde » aurait en matière culturelle plutôt l’ambition étriquée.

En tout cas les discothécaires parisiens ont des idées pour imaginer demain la place de la musique au sein des bibliothèques municipales de la capitale. Un rapport* a même été rendu. Il semble que la Ville de Paris l’a enterré. Le pire est que la municipalité compte recruter un (coûteux) chargé de mission pour réfléchir de nouveaux à l’avenir des discothèques. Epargnons lui de gâcher les deniers publics car voici quelques résultats issus du travail de nos collègues*.

 

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D’abord, si Paris veut rendre la musique attractive dans son réseau de bibliothèque il y a  une mesure simple : la gratuité. «  Nous constatons que le réseau parisien est l’un des rares à percevoir des droits spécifiques sur les supports musicaux. Une situation d’autant plus paradoxale que l’emprunt des livres est gratuit. La gratuité, cette doctrine immuable à la Ville de Paris est pourtant loin d’être la règle générale dans les autres collectivités. Ce traitement différencié a un effet stigmatisant, laissant penser que la musique est soumise à droit tandis que seule la lecture serait un droit fondamental. » Notent les discothécaires.

Une mesure audacieuse qui ne couterait guère aux caisses de la mairie d’ailleurs car les forfaits payés par les usagers se montent à environ 200 mille euros. Peanuts comparé à l’ouverture de quelques bibliothèques le dimanche qui couterait plusieurs millions d’euros (20 millions selon l’inénarrable porte parole d’Anne Hidalgo)

Autre piste : l’initiation à l’écoute musicale. Comme le rappellent nos collègues  « les sections discothèques n’ont pas encore créé de liens stables et durables avec les enfants du primaire, comme le pratiquent les sections enfantines, alors même que l’enseignement de la musique dans les petites classes n’est pas une priorité de l’Education nationale ». « Dans ce cas les discothèques ont un rôle primordial à jouer pour rendre présente la musique, de manière documentée et ludique » insistent les discothécaires parisiens. « L’objectif de ce projet est d’apprendre aux enfants à écouter et de leur donner l’envie de découvrir la musique dans toute sa richesse et sa diversité. La discothèque est en effet un lieu idéal pour faire découvrir la musique en mobilisant l’oreille des enfants par l’écoute d’extraits de CD (dans le respect des droits d’auteurs) selon un thème choisi, au gré des demandes, musiques d’ici et d’ailleurs. ». Un vrai projet d’établissement pour Paris.

 

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Une autre idée est sortie de cette partition : la numérisation patrimoniale. Car les élus l’ignorent sans doute les réserves de la Ville de Paris contiennent quelques trésors du patrimoine musical.  « La numérisation des collections de documents sonores patrimoniaux (disques “vinyles” (microsillons), disques 78 tours, et même CD) est une opportunité à saisir, en même temps qu’une nécessité quant à la mise en valeur de ces fonds. Leur richesse constitue en effet un véritable atout : à l’ère de la dispersion des ressources sur la toile, la cohérence et la diversité d’une collection comportant nombre de raretés en exemplaire unique et l’expertise de haut niveau mise en œuvre permet d’assurer une prise en compte des besoins “pointus” des publics de niche, amateurs passionnés et spécialistes. »

Et les professionnels de poursuivre : « La numérisation est aussi un puissant outil de valorisation en direction de publics plus larges, - notamment dans le cadre d’animations thématiques, de séances d’écoute commentées, (tels les petits déjeuners musicaux de la MMP)- qui peuvent s’adresser aussi à des publics spécifiques (partenariat musique et handicap, bibliothécaires professionnels ...) »

Pour preuve « la Médiathèque Musicale de Paris (MMP) a eu l’opportunité d’effectuer la numérisation des fonds de disques 78 tours, qui a été une première en France et même en Europe; Il convient maintenant de se préparer à poursuivre cette tâche avec les microsillons (qui constituent la troisième collection publique française) rappellent nos collègues. Pour eux cela « doit être envisagé dans la perspective d’une large diffusion de ces fonds, aujourd’hui totalement limitée par les moyens -pour le moins archaïques de diffusion (écoute individuelle au casque à partir d’une lecture mécanique des disques sur des platines !). avec à terme, une diffusion en ligne sur Internet, au moins pour les titres libres de droits. Vaste programme dont la mise en œuvre est indispensable si l’on ne veut pas se retrouver avec des fonds impossibles à exploiter ... ce qui signerait la fin des Archives sonores. ». Inimaginable pour une ville comme Paris qui s’est dotée d’un adjoint en charge du numérique.

 

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                                                                                   - Inimaginable !


Enfin les discothécaires parisiens suggèrent une idée qui ne pourrait que plaire à nos élus municipaux : développer une offre alternative mettant en avant des artistes qui ne sont pas signés par les majors. Ainsi les discothécaires proposent que « par convention, les artistes autorisent le prêt de leur CD, leur mise en ligne sur le portail et permettent à la médiathèque d’utiliser les visuels de leur pochette, à faire de l’écoute, à utiliser leur image lors de captation de mini-concerts afin de promouvoir leur musique. L’objectif est de proposer aux usagers un choix supplémentaire de CD non commercialisés ou de web radio sur Ermès (le portail des bibliothèques parisiennes), de constituer un fonds qui témoigne de l’activité musicale locale et de valoriser les initiatives musicales locales en matière de création, de production et de diffusion » avec  la possibilité pour les usagers de voter pour un artiste.

Nos collègues ajoutent, connaissant les mœurs municipales : « ce projet peut s’accompagner d’un événementiel : un festival annuel (comme actuellement avec le festival « Monte le son »)  ou des tremplins par genre musical (par exemple) et d’une communication importante. ». Imparable ! Paris étant toujours à la recherche éperdue d’événementiel.

Comme on peut le constater des possibilités des plus réalistes existent pour assurer un avenir à la musique dans les bibliothèques parisiennes. Plus besoin de payer un (coûteux) chargé de mission. Quand aux discothèques qui se sentent menacées qu’elles n’hésitent pas à le faire savoir. Jouez hautbois…

 

                  ian-anderson

 

 

* L’intégralité du rapport est disponible sur simple demande à : cgt_dac@yahoo.fr

 


 

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Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans bibliothèques
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