Samedi 18 février 2012
6
18
/02
/Fév
/2012
08:14
Quand Bertrand choure l’idée
de « démocratie participative » à Ségolène
Il faut que l’on vous conte une petite historiette. Le Maire de Paris s’intéresse depuis peu à la santé au
travail de ses agents. C’est pour cette raison qu’il
a voulu conclure un accord cadre sur ce sujet.
Comme les principales organisations syndicales qui ont participé à toutes les réunions et amendé systématiquement chacun des textes proposés ont
refusé de signer son accord, il a chargé le directeur de la DRH d’engager un « chat ». C’est la nouvelle mode quand on ne peut
obtenir l’aval des
organisations syndicales. On supprime les élections et on « chatte ». Il paraît que ça s’appelle la démocratie participative.
"J'ai pas le souvenir de t'avoir donné l'autorisation"
Cette pseudo démocratie participative exclut juste 50 % des agents qui n’ont pas accès à Internet :
éboueurs, égoutiers, fossoyeurs, auxiliaires de puériculture…. Tous ces agents dont l’espérance de vie est écourtée en raison de la pénibilité de
leur travail sont exclus du « Chat ». Voila qui en dit long sur l’intérêt que la Mairie porte à ses personnels !
S’agissant du « chat », de nombreuses questions ont porté sur la souffrance au travail et sur l’utilité du CPAHD. (Comité Prévention contre le Harcèlement et des
Discriminations). La DRH prétend que le harcèlement moral n’existe pas, qu’il s’agit juste de conflits entre les agents et leurs « managers ». Ce sont ces gens là qui sont donc juge et partie qui vont siéger au CPAHD. Ils vous expliqueront que si vous
n’arrivez pas à
faire plus avec moins, c’est que vous avez besoin d’un psychologue pour vous apprendre à supporter les réorganisations de service successives, sans
aucun plan de formation adapté à vos besoins.
A ce jour, la Ville de Paris refuse de reconnaître les suicides. Pourtant c’est la fonction publique territoriale
qui affiche le plus fort taux de suicides. Mais comme le nuage de Tchernobyl qui s’était arrêté aux frontières de la France, la souffrance au travail et son cortège de
suicides sont stoppés par la frontière du périphérique. Notre vie n’a pas de prix !
.... La vie n'a pas de prix
Le Directeur de l’APUR (Atelier de l’Urbanisme Parisien), n'a pas démissionné de son poste à cause du suicide d’un
de ses agents, mais à cause de la condamnation de la Ville à 220.000 euros d’amende pour infraction au code
du travail.
La CGT n’a pas signé cet accord car ce n’est
qu’un catalogue de bonnes intentions sans aucun moyen en face. La Ville va continuer à faire pression sur les agents pour les inciter à partir. Pour le recrutement de médecins du travail, ou au Bureau de Prévention des
risques professionnels, la Mairie de Paris ne crée pas de poste mais fait simplement du redéploiement.
Par exemple, à la DSTI (les services informatiques) l’ensemble des techniciens supérieurs a reçu un mail pour les inviter à ne pas laisser passer la
date de mutation. On pourrait citer d’autres exemples de cette « barbarie douce* » utilisée contre les personnels
municipaux.
La CGT revendique :
· Des effectifs
titulaires en adéquation avec les missions demandées dans les services.
· La
déprécarisation des agents et l’arrêt de l’embauche de non titulaires.
· Des mesures
concrètes pour lutter contre la surmortalité des travailleurs à risque.
· La mise à
l’écart des agents
harceleurs.
· La
reconnaissance du travail des personnels par des ratios à 100 %.
· La transparence
dans l’attribution
des primes
* Excellent livre de Jean Pierre Le Goff, dans toutes les bonnes librairies.
-
"Tu vois Carla, je te l'avais dit, la CGT n'aime pas les chats"
- " C'est pourtant les plus gentils des animaux, je comprend pas"
Lire aussi
Exclusif : La Ville de Paris subit trois dégradations à la suite
!
La Ville de Paris veut mettre fin à l'indépendance
de la médecine du travail !
Accident de travail à Paris: Dexia, une troisième fois en
faillite !