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Nous sommes des personnels de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, travaillant dans les bibliothèques municipales, conservatoires d'arrondissement, ateliers des beaux-arts, services centraux...

Nous militons au sein du syndicat des personnels administratifs, de la culture et de service (PACS) pour défendre les droits des salariés, la qualité du service public

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17 décembre 2020 4 17 /12 /décembre /2020 15:01
Insécurité au quotidien, violences, trafics divers : les personnels de la bibliothèque Goutte d’Or (XVIIIe) interpellent Emmanuel Macron

Une lettre ouverte envoyée également aux ministres concernés, au préfet de Police et au procureur de la République de Paris

C’était il y a un mois tout juste : les agents de la  bibliothèque Goutte d’Or, située dans le XVIIIe arrondissement, avaient alors décidé de fermer l’établissement au public pour dénoncer le climat d’insécurité qu’ils subissent au quotidien et pour cela envoyé une lettre ouverte à Anne Hidalgo, la maire de Paris (voir ici). La bibliothèque aurait dû rouvrir le mercredi 16 décembre, même si c’était en horaires restreints, saut que non. Car après un nouvel acte de violence l’établissement reste finalement fermé et ce jusqu’à nouvel ordre (lire ici).

Et après la mairie de Paris c’est désormais aux services de l’État que les bibliothécaires s’adressent avec une nouvelle lettre ouverte envoyée directement à son sommet, le président de la République avec copie à son premier ministre ainsi que ceux en charge de l’Intérieur et de la justice. Et pour que l’information soit complète sont également mis dans la boucle, le Préfet de Police de Paris ainsi que le procureur de la république affecté à la capitale.

Évidemment à lire cette lettre  nos éminent représentants de l’État en charge des questions régaliennes du pays comme le sont la sécurité et la tranquillité publique verrons que les personnels de la bibliothèque Goutte d’Or ne peuvent pas continuer à travailler dans ces conditions et demandent à Jupiter et consorts « de bien vouloir prendre toutes les mesures nécessaires pour que cessent les innombrables crimes et délits qui s’y produisent à longueur de temps. Nous constatons que les lois de la République ne s’appliquent pas dans ce quartier, livré à la criminalité sans que des moyens suffisants soient mis en place pour la faire cesser. Il s’agit pourtant d’un Quartier de Reconquête Républicaine (QRR), dans lequel le rétablissement de l’État de droit et de la justice devrait être une priorité pour les pouvoirs publics »

Et l’équipe de la bibliothèque Goutte d’Or de décrire, juste devant leur établissement, des trafics en tout genre (drogue, cigarettes, médicaments…) « en toute impunité », des rixes entre dealers « quotidiennes, très brutales ; nous assistons à des lynchages, des coups de couteau, des morts » et les attaques sur le bâtiment qui pour les agents est une « agression manifeste avec l’intention claire de s’en prendre à la bibliothèque en tant que telle. C’est donc un danger grave que nous portons à votre attention ». Et de rappeler les destinataires à leur responsabilités : « nous nous adressons à vous car il s’agit de crimes et de délits qui relèvent des pouvoirs régaliens de l’État : police et justice notamment ».

Et les personnels de conclure dans leur missive à Macron et consorts : « Agents de service public dans un quartier populaire et dans une bibliothèque familiale auxquels nous sommes attachés, nous souffrons de ne pouvoir accomplir notre travail et de constater que les habitants, également très attachés à leur bibliothèque, sont privés de cet équipement public et d’un accès essentiel à la culture. Stupéfaits et indignés d’assister toute la journée à des agissements criminels effectués en masse, à ciel ouvert, à grand bruit et en toute impunité, nous espérons que vous voudrez bien répondre à notre demande afin que le quartier retrouve la tranquillité et les services publics auxquels il a droit, comme toute autre partie du territoire français ». Une demande on ne peut plus limpide, non ?  L’intégralité de cette lettre est disponible dans la rubrique commentaire.

 

 

               Insécurité : les bibliothécaires de Goutte d'Or en appellent aux pouvoirs publics

 

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commentaires

faidi 23/12/2020 14:05

.................................La Goutte d'eau de trop à la Goutte d'Or !!!...............................................

ABDALLAH

AZZANO Martine 18/12/2020 14:44

Mais comment le quartier a-t-il pu devenir menaçant ainsi, et la bibliothèque ciblée aussi, comment?
Lors de son ouverture, l'ambiance y était tellement conviviale : une équipe dynamique, un public GENIAL, et un quartier qui sentait bon "la Vie", qui fourmillait. Celle ou celui qui commençait à travailler à la bibliothèque, en général, s'y sentait très attachées-és et fières d'en faire partie, à elle et à son public, au quartier... et au fil des années, l'ambiance y a perdu de sa vigueur, de son "charme" méconnu de "l'extérieur" : "Goutte d'Or, mais vous n'y pensez pas!"; cela à tort bien sûr pour le personnel.
Et aujourd'hui, tristesse pour la bibliothèque, pour son public, pour les gamins, pour le quartier. En espérant sincèrement que tout cela retrouve ses couleurs d'ouverture et de partage, de tout coeur avec vous. Martine

Bibliothécaires de Goutte d'Or 17/12/2020 15:56

Bibliothèque Goutte d’Or M. Le Président de la République
2/4 rue Fleury – 75018 Paris Palais de l’Élysée
01 53 09 26 10 55, rue du Faubourg Saint-Honoré 75008 Paris
bibliotheque.goutte-dor@paris.fr

Paris, le 16/12/2020

Monsieur le Président de la République,

Nous souhaitons attirer votre attention sur la zone de non-droit que constituent les rues environnant la bibliothèque municipale Goutte d’Or et vous demander de bien vouloir prendre toutes les mesures nécessaires pour que cessent les innombrables crimes et délits qui s’y produisent à longueur de temps. Ceux-ci nous ont conduits à devoir fermer la bibliothèque au public jusqu’à la fin de cette année.
Nous constatons que les lois de la République ne s’appliquent pas dans ce quartier, livré à la criminalité sans que des moyens suffisants soient mis en place pour la faire cesser. Il s’agit pourtant d’un Quartier de Reconquête Républicaine (QRR), dans lequel le rétablissement de l’État de droit et de la justice devrait être une priorité pour les pouvoirs publics.

Aux ventes illégales de cigarettes et de cannabis, déjà implantées depuis plusieurs années, est venu s’ajouter, depuis le premier confinement, le trafic des médicaments psychotropes. Des dizaines de dealers, qui ne sont pas des habitants du quartier ni des mineurs non accompagnés, stationnent en permanence au pied de notre établissement. Ils occupent en masse la voie publique, vendent les médicaments ouvertement, au grand jour et même à la criée, en toute impunité.
De très nombreux individus consomment ces drogues sur place et se trouvent dans un état second, en proie à des crises parfois violentes. Les rixes entre dealers sont quotidiennes, très brutales ; nous assistons à des lynchages, des coups de couteau, des morts.

Il n’y a plus de vie de quartier à cet endroit (certaines boutiques ont même dû fermer), devenu le territoire exclusif des dealers. Le public de la bibliothèque n’ose plus venir, notamment les familles, les enfants. Des usagers se sont fait agresser, voler, et ne reviendront plus.
De plus, les dealers regroupés par dizaines forment une foule potentiellement contaminante car ils ignorent impunément le confinement, le couvre-feu, les distances sanitaires, le port du masque. Leurs cris incessants sont insupportables ; malgré les passages des services de la propreté, la rue est souillée des ordures dont ils jonchent le sol à tout moment.

À deux reprises en un mois, le 16 novembre puis le 14 décembre derniers, les dealers ont enfoncé avec un bélier les parois vitrées de la bibliothèque. La deuxième attaque représente trois impacts méthodiquement ciblés sur chacune des trois vitres restées intactes le 16 novembre. Cette agression manifeste l’intention claire de s’en prendre à la bibliothèque en tant que telle. C’est donc un danger grave que nous portons à votre attention. Cette deuxième attaque nous a conduits à fermer pour la deuxième fois, malgré les importantes mesures de sécurité que la Ville de Paris avait mises en place pour que nous puissions rouvrir – cette réouverture aurait dû avoir lieu aujourd’hui même, après un mois de fermeture.

Nous nous adressons à vous car il s’agit de crimes et de délits qui relèvent des pouvoirs régaliens de l’État : police et justice notamment.
Compte tenu des graves agressions dont la bibliothèque a fait l’objet récemment et du basculement du quartier dans une violence et une criminalité de plus en plus marquées, nous demandons urgemment la présence de forces de police statiques, en nombre suffisant et le temps nécessaire (des semaines ou des mois s’il le faut) pour chasser les dealers du point critique que constitue le carrefour des rues Fleury, Charbonnière et de Chartres. Nous demandons également l’installation par la Préfecture de caméras de surveillance à ce carrefour, qui constitue un point stratégique pour la criminalité grâce aux nombreuses échappées que permet sa configuration en étoile.

Un courrier d’alerte vous avait été adressé, ainsi qu’à M. le Préfet de Police et à plusieurs ministres par l’Inter-associations de la Goutte d’Or le 22 octobre dernier. Des réponses ont été envoyées exprimant la préoccupation des pouvoirs publics et leur volonté de traiter ce problème. Mais à ce jour, nous ne constatons aucun renforcement des moyens mis en œuvre, aucune évolution de la situation, si ce n’est de nouveaux actes de violence et une dégradation aussi rapide qu’inquiétante.

Agents de service public dans un quartier populaire et dans une bibliothèque familiale auxquels nous sommes attachés, nous souffrons de ne pouvoir accomplir notre travail et de constater que les habitants, également très attachés à leur bibliothèque, sont privés de cet équipement public et d’un accès essentiel à la culture. Stupéfaits et indignés d’assister toute la journée à des agissements criminels effectués en masse, à ciel ouvert, à grand bruit et en toute impunité, nous espérons que vous voudrez bien répondre à notre demande afin que le quartier retrouve la tranquillité et les services publics auxquels il a droit, comme toute autre partie du territoire français.

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre considération respectueuse.

L’équipe de la Bibliothèque Goutte d’Or

Copies à : M. le Premier Ministre, M. le Ministre de l’Intérieur, M. le Ministre de la Justice, M. le Préfet de Police de Paris, M. le Procureur de la République de Paris