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Qui sommes nous ?

Nous sommes des personnels de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, travaillant dans les bibliothèques, conservatoires, musées, ateliers des beaux-arts, services centraux...

Nous militons au sein de la CGT pour défendre les droits des salariés, la qualité du service public rendu aux Parisiens.

Pour vous syndiquer, demander conseil, faire des réclamations, envoyer des informations, une seule adresse : daccgtculturegmail.com


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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 17:09
A Carnavalet, Paris-Musées nous fait la TOTAL !

Un partenariat pourtant en complète contradiction avec les valeurs affichées par Anne Hidalgo et Bruno Julliard

Encore un pas franchi dans la marchandisation des musées municipaux de la capitale. Après la location des catacombes au site Airbnb, voilà que Paris-Musée va nous faire la Total, cette fois à Carnavalet. Et attention, c’est aussi lourd que du pétrole brut.

La prestation est prévue pour ce vendredi 10 juin et pour cela il a été lancé un appel en direction des agents d’accueil du musée pour une visite privée nocturne destinée…. au groupe Total ! Oui, oui, le Total que vous connaissez dont le PDG, songe à réviser sérieusement  « les investissements prévus en France en raison du blocage de raffineries par des opposants à la loi travail » exerçant la un honteux chantage sur les personnels.

Last but not least, Il est spécifié qu'aucun plateau-repas ne sera délivré aux agents qui seront d’astreinte à cette occasion...Qui dort dîne ?

Cela coûterait probablement trop cher à Total bien que son PDG ait touché en 2015 un salaire de 4,7 millions d'euros. Une paille, puisque ce dernier a osé déclarer « dans le marché européen et mondial je peux vous dire que, par rapport à mes collègues américains et anglo-saxons, ils me prennent pour un petit rigolo ». Totalement ?

Chez Total on ose tout d'ailleurs puisque c'est aussi un groupe, « qui ne paie pas d'impôt sur les sociétés en France, et qui pourrait toucher un chèque du fisc de 80 millions en 2017 au titre du CICE (crédit d’impôt compétitivité) et du Crédit d'Impôt Recherche. Ce qui suscite des critiques... »  peut-on lire…. jusque dans Le Figaro ! Un journal qu'on ne peut pourtant pas soupçonner de gauchisme échevelé (lire ici).

Reste à la mairie de Paris d'annuler ce partenariat en complète contradiction avec les valeurs véhiculées par le socialisme municipal. A moins de finalement faire appel à un traiteur ?

A Carnavalet, Paris-Musées nous fait la TOTAL !

                                    - Tiens mon gars, va t'chercher un petit sandwich

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 12:37
Les bibliothécaires sortis de l’enssib et recrutés par la Ville de Paris échapperont-ils aux risques psycho-sociaux ?

A peine arrivés, voilà que nos nouveaux bibliothécaires veulent déjà partir. Un vrai gâchis…

C’est un phénomène inquiétant qui vient de survenir. Et qui pourrait bien s’étendre et s’aggraver si rien n’est fait. On parle là du mauvais accueil fait aux bibliothécaires tout jute sortis de l’enssib (École Nationale Supérieure des Sciences de l’Information et des Bibliothèques) et affectés dans les bibliothèques municipales de la Ville de Paris. Mais plus qu’un mauvais accueil, signe du délitement en la matière de l’administration parisienne - Bureau des Bibliothèques et Direction des Affaires Culturelles -, c’est désormais, vu les mauvaises conditions qui ont cours au quotidien, de risques psycho-sociaux  dont il est question pour nos nouveaux collègues dont c’est la première expérience avec de telles responsabilités. Une situation qui génère une véritable souffrance au travail. Il est vrai que ces personnels sont littéralement jetés dans la nature et, pour certains d’entre eux, livrés à eux mêmes.

Pour la petite histoire, les bibliothécaires de la Ville de Paris, qui sont donc des cadres de catégorie A de la fonction publique, sont recrutés par le biais du concours externe et interne de bibliothécaire d’État, puis formés avant leur prise de poste pendant une durée de six mois à l'enssib, une école basée à Villeurbanne dans la banlieue de Lyon. Enfin en théorie. Car dans la pratique cette « formation »  ne semble absolument pas adaptée au profil et aux spécificités de la lecture publique. Pas étonnant quand on sait que la quasi totalité du programme est dédiée aux bibliothèques universitaires. Et pourtant, la ville de Paris finance en partie cette formation ! Cherchez l’erreur…

De fait en sortant de cette école, nos collègues, dont certains deviennent directement responsable d’établissement (et souvent les plus difficiles à l’image de ces profs envoyés directement en ZEP) n’ont reçu aucun cours leur permettant de faire face à des questions managériales, notamment toutes les questions de DRH, ou encore de gestion d'un bâtiment. Des notions pourtant indispensables quand on connaît la complexité de l’administration parisienne (les bibliothèques dépendent de la direction des affaires culturelles mais la gestion bâtiment, les question de sécurité des biens et des personnes ou autres… relèvent d'autres directions) sans même parler du rôle trouble joué parfois par les mairies d’arrondissement, la mairie centrale et les différentes strates administratives. Bref, aucune préparation concrète aux missions qui allaient leur incomber.

Les bibliothécaires sortis de l’enssib et recrutés par la Ville de Paris échapperont-ils aux risques psycho-sociaux ?

Des agents qui ont pourtant alerté leur futur employeur à travers une lettre ouverte. « Pendant cette formation, nous sommes rémunérés par la Ville de Paris. Quels contacts avons-nous eu avec notre hiérarchie et nos futurs collègues avant d’arriver directement en poste ? Pratiquement aucun ». Un constat guère flatteur pour le bureau des bibliothèques (BBL) pourtant bardé de chefs de secteur, d’autres en charge de « l’inspection » et d’autres, encore plus nombreux, en charge « de l’accueil et de la formation ».

Pire, ils ont eu souvent l’occasion de ne pas être les bienvenus. Il y a bien sûr les difficultés pour se loger, car beaucoup d’entre eux ne sont pas parisiens : « la Ville de Paris n’est pas capable de fournir rapidement une aide ou de nous orienter vers un service logement efficace. Ne savoir que quelques semaines avant la prise de poste dans quel établissement nous serons affectés ne nous aide pas à trouver un logement compte tenu de la situation à Paris, notamment du prix des loyers » remarquait amèrement un de ces nouveaux arrivants. Mais en plus, les affectations tournent parfois au véritable parcours du combattant.

« J'ai dû repasser des entretiens, refaire des allers-retours entre Paris et Lyon (siège de l’enssib) à des intervalles très réduits et n'ai eu mon affectation que deux semaines avant ma prise de poste. Cette période a été très très difficile pour moi : j'étais épuisée par les trajets et la fin de la scolarité à l'enssib, complètement déprimée du fait des multiples rejets de la part des établissements et je n'ai pas du tout été soutenue dans cette épreuve » a ainsi déclaré une collègue dans cette même lettre ouverte adressée au bureau des bibliothèques (BBL) de la Direction des Affaires Culturelles, son administration de tutelle.

Les bibliothécaires sortis de l’enssib et recrutés par la Ville de Paris échapperont-ils aux risques psycho-sociaux ?

Bon, si le BBL n’a pas d’idées sur comment améliorer cette (très mauvaise) situation, les intéressés lui en ont soufflé quand même. Comme les informer sur les questions de temps de travail, congés, formation…ou encore permettre aux bibliothécaires de faire leur stage de cinq semaines.... à la Ville de Paris !

Autres suggestions toutes simples : la création d’une adresse mail dans la messagerie interne avant d’arriver officiellement en poste (logique puisqu’ils sont d’ailleurs agents de la ville dès leur entrée à l'enssib) ce qui leur donnerait ainsi accès aux informations via IntraParis, mais aussi l’envoi du « guide de l’encadrant » au format PDF, lequel fourmille d’informations très utiles, notamment pour faire face aux futures demandes des agents placés sous leur autorité. Autre outil qui leur serait très utile : un annuaire « bibliothèques » avec les principaux interlocuteurs (DAC, SRH, SLA, BBL…). Des solutions pas très compliquées, non ?

Enfin une fois arrivés dans le réseau, ces cadres A aimeraient bien se voir transmettre un calendrier de travail à l’échelle d’une année (action culturelle, entretiens d’évaluation, recensement de formation, plan d’équipement, projet d’établissement, QualiParis, réunions de secteur, séminaire des cadres, visite d’architecture…). Une information capitale pour ceux qui sont en charge de la direction d’un établissement et qui ne bénéficient même pas d’un suivi particulier par leur chef de secteur. Sans doute pour des raisons organisationnelles et opérationnelles. Mais bon, n’empêche que l’administration a une responsabilité toute particulière sur ces questions.

Les bibliothécaires sortis de l’enssib et recrutés par la Ville de Paris échapperont-ils aux risques psycho-sociaux ?

Car parfois l’exercice tourne carrément au cauchemar. « J’étais quotidiennement confrontée à des problèmes techniques (portes automatiques qui dysfonctionnent, coupure de courant, appareils qui tombent en panne, mobilier à changer) mais aussi humains (pose de congés, arrêts maladie, demandes de formations, évaluation des agents), tout en ayant aucune idée de la manière de procéder ni des interlocuteurs à contacter » témoignait ainsi une autre collègue. Toutefois, malgré ce constat un peu accablant fait officiellement auprès de leur hiérarchie et ce jusqu’au plus haut niveau, les choses ne s’améliorent pas.

Bien au contraire même, car ces cadres continuent de souffrir et arrivent désormais à saturation. Beaucoup sont extrêmement fatigués avec le risque pour certains de passer l’étape de la déprime.  Et  notre syndicat de poser cette question : est-ce normal qu’une municipalité  telle que la Ville de Paris place un agent, frais émoulu certes, mais n’ayant aucune expérience professionnelle dans le milieu à la direction d’un établissement, pour encadrer une dizaine d’agents, en sachant pertinemment que le poste est difficile ? Nous poserons officiellement cette question à l’occasion du CHSCT de la direction des affaires culturelles présidé par le premier adjoint, Bruno Julliard.

En attendant les solutions que compte apporter l’adjoint en charge de la culture, ce dernier est donc officiellement alerté que ce système mis en place par ses services est clairement générateur de souffrance au travail malgré les déclarations de  la municipalité parisienne de s’attaquer « en priorité » aux risques psycho-sociaux. La mairie de Paris doit savoir que nos collègues ne pensent qu’à une chose : échapper à cette situation très vite. Certains en espérant pouvoir changer de poste au sein du réseau, d’autres en demandant leur mutation en province. D'autres encore envisagent même des solutions plus radicales comme de demander une mise en disponibilité. A peine arrivé, voilà que nos nouveaux bibliothécaires veulent déjà partir. Un vrai gâchis…

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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 09:03
Les conservatoires municipaux classés X par la mairie de Paris ?

                                      Honnie soit la ville qui mal y pense

Humiliés, outragés, diffamés, écœurés, trahis... les professeurs des conservatoires municipaux de Paris réagissent au rapport confié à l’inspection générale par la Maire de Paris et rendu en juin 2015. Un rapport au titre volontairement racoleur puisque intitulé : Mission de prévention, de signalement et de traitement des risques d’infraction sexuelle sur des mineurs de la Ville et du département (lire ici).

Bien sûr que les professeurs réaffirment haut et fort qu’ils condamnent les infractions sexuelles sur mineurs d’où qu’elles viennent. D’ailleurs cela va sans dire. Mais de là à accepter que « les cours individuels dans les conservatoires sont porteurs de risque de dérapages importants, notamment du fait d’une relation maitre-élève individuelle qui s’inscrit dans la durée, de rapports de proximité et de séduction et d’un contexte musical marqué par la banalisation des relations sexuelles et amoureuses entre maitre et élève » il y a un pas que la Mairie de Paris n’a pas hésité à franchir….

Et à lire le rapport on pourrait croire avoir la berlue, mais non ! Car il dit bien que « le contexte musical (est) marqué par la banalisation des relations sexuelles et amoureuses ». Une offensive de plus contre les conservatoires municipaux parisiens, qui malheureusement fait suite aux précédentes déclarations à la presse de Bruno Julliard, l’adjoint à la culture, lequel en assénant que « les conservatoires portent bien leur nom », les avaient relégués dans le conservatisme stagnant de ses mauvais souvenirs : il avait en effet auparavant confessé que dans sa jeunesse « les cours de piano étaient vite devenus une contrainte plus qu’un plaisir ». Allegro et fortissimo ! Mais de là à faire accuser les professeurs par le biais d’un rapport….on comprend que ces derniers soient écœurés.

Quatre situations de risque d’abus sexuels sur mineurs auraient été identifiées à la Direction des Affaires Culturelles (DAC). Or, ce sont plus de mille enseignants qui sont accusés par ce rapport. Inacceptable ! Alors, on peut s’interroger sur les moyens mis en place. Depuis la précédente mandature, les conservatoires vont à marche forcée au rythme effréné des réformes toujours imposées. Conséquences : manque de moyens pour d’abord accueillir trois mille élèves de plus (dans des lieux si mal famés), manque de moyens pour la mise en place des rythmes éducatifs, manque de moyens pour la mise en place du plan de sensibilisation musical auprès des élèves de CP. Une véritable anaphore. Bien que la CGT approuve cette ouverture à tous : où sont les moyens ?

Et puis, si le contexte musical favorise à ce point la banalisation des relations sexuelles, au risque de se répéter, il faut des moyens pour protéger les agents et les élèves. Des améliorations des conditions de vie des conservatoires qui passent par le recrutement d’appariteurs, l’installation de portes avec hublot dans des locaux adaptés. Sans oublier un système de communications adapté et performant avec les professeurs et la mise en place de véritables formations pour ces enseignants, y compris avec des notions juridiques. Enfin en cas de fragilité psychologique d’un agent en contact avec des mineurs, que la Ville mette très vite en place une cellule d’accompagnement et de soutien avant un éventuel passage à l’acte avant d’accuser ses agents.

Selon nos inspecteurs généraux, dans leur position du missionnaire, pour empêcher tout geste à caractère sexuel dans les conservatoires, le temps est venu de limiter les cours individuels et de privilégier les cours collectifs.

Et s’il s’agissait plutôt d’une réduction de budget qui ne veut pas dire son nom ? On peut d’autant plus s’interroger sur la finalité perverse de ce rapport que parmi les cas suspectés à la DAC, il n’y a pas que des professeurs : pourquoi le rapport ne dénonce-t-il que les cours individuels ? Alors, faut-il suspecter les professeurs ou le rapport ? Honnie la Ville de Paris qui très mal y pense…

Les conservatoires municipaux classés X par la mairie de Paris ?

                   - Oh my dear, ces inspecteurs parisiens ont l'esprit vraiment très mal tourné

                      - Hélas majesté, comme vous le savez, honni soit qui mal y pense

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 15:54
Ouverture le dimanche : l'équipe de la bibliothèque Parmentier en a vraiment gros sur la patate !

« Si nous ne voulons pas détériorer davantage les piètres conditions de travail le reste de la semaine, il ne nous semble pas possible d’ouvrir notre établissement le dimanche » affirment dans une lettre ouverte à Bruno Julliard les bibliothécaires du XIème arrondissement

La municipalité parisienne a annoncé vouloir ouvrir d'ici 2019 – et sans concertation aucune bien sûr - sept nouvelles bibliothèques le dimanche : Parmentier (XIe), Hélène Berr (XIIe), Melville (XIIIe), Aimé Césaire (XIVe), Germaine Tillion (XVIe), Rostand (XVIIIe) et Sabatier (XVIIIe)... Le tout, sans effectif supplémentaire ! Une véritable provocation tant le réseau parisien est actuellement exsangue (fermetures, réductions d'horaire, etc.) et que plusieurs bibliothèques, qui ouvrent déjà le dimanche, comme Sagan (Xe) ou Duras (XXe), sont dans une situation que l’on peut sans exagérer, qualifier de critique.

Conséquence :  la colère gronde dans les bibliothèques municipales de la capitale et les lettres ouvertes des équipes concernées pour protester « contre les conditions d'ouverture »  telles que présentées par la mairie de Paris se succèdent et tombent comme à Gravelotte sur la table du premier adjoint en charge la culture (lire ici). En effet, après les personnels de la bibliothèque Hélène-Berr, Rostand, Aimé-Césaire, Germaine-Tillion et Melville c’est au tour de l’équipe de la bibliothèque Parmentier, située à proximité de la mairie du XIème arrondissement, de mettre les pieds dans le plat.

Et le moins que l’on puisse dire c'est qu’à lire leur lettre ouverte, les bibliothécaires de Parmentier en ont vraiment gros sur la patate. Selon eux, avant d’ouvrir le dimanche, il faudrait déjà que leur établissement fonctionne normalement le reste de la semaine. Or Parmentier, probablement la bibliothèque la plus utilisée du réseau si l’on calcule le nombre d’usagers au mètre carré rapporté au volume horaire d’ouverture, est déjà au bord de la rupture : « la taille de l’établissement n’est pas du tout adaptée à sa fréquentation ce qui entraîne régulièrement la fermeture de postes de service public et une surcharge de travail pour les agents, qui sont nombreux à souffrir de trouble musculo-squelettique, étendre ce travail à flux tendu au dimanche risque d’aggraver les pathologies de ces collègues et de fragiliser les autres » préviennent d’ailleurs les bibliothécaires.

Des journées qui tournent parfois au calvaire tant pour les personnels que les usagers car l’établissement est réparti sur deux plateaux et une mezzanine. « Il n’y a pas de monte-charge entre les étages ; seul un petit ascenseur (fréquemment en panne) qui sert à la fois aux lecteurs et au rangement. De plus, cet ascenseur est en accès indirect, il faut donc se munir d’une clef dès que l’on a un chariot ou un carton à déplacer. La bibliothèque ne dispose ni de salle d’animation ni d’espace de travail clos et silencieux pour les usagers ». Une précision utile car il est fort probable que Bruno Julliard n’a jamais mis les pieds dans cette bibliothèque.

Ouverture le dimanche : l'équipe de la bibliothèque Parmentier en a vraiment gros sur la patate !

                                        - Désolé les amis, mais j'ai les moutons à garder

Alors comment faire pour ouvrir le dimanche cette bibliothèque, qui comme d’autres, est en sous- effectif chronique suite aux coupes sombres faites par l’Hôtel de Ville dans le budget de la culture ces dernières années. La mairie croyait avoir trouvé la solution miracle (et très smart cities) : des automates de prêt et de retour de documents, comme ça moins besoin de personnels ! Enfin, c’est ce qui a été vendu par l’administration parisienne, laquelle il est vrai, ne met jamais non plus les pieds à Parmentier (on conseille à nos bureaucrates du Bureau des Bibliothèques et de la Direction des Affaires Culturelles de venir faire un petit stage d’une semaine (surtout le mercredi et le samedi), car évidemment cette automatisation ne résoudra rien.

« L’installation des automates est programmée pour fin 2016 et nécessitera une réorganisation du service à moyens et personnels constants. A priori, il restera toujours sept postes directement associés à l’accueil, aux renseignements, aux inscriptions et à la gestion des problèmes, sans compter les postes de rangement ». Bref, il faudra du monde en permanence au sein de l’établissement. Et les collègues de sortir la calculette : « selon le scénario « RFID » avec sept postes de service public, et actuellement vingt-sept agents, pour maintenir le principe d’un dimanche sur cinq travaillé, il faudrait recruter…. huit titulaires dont trois catégories A ». Panique du côté de l’Hôtel de Ville à la Direction des Finances et à la DRH où nos technocrates voient leurs tableaux excel défaillir…

De toute façon, travailler le dimanche même au complet risque en réalité de devenir impossible dans la pratique. La faute à ces vieilles lois de la physique que l’équipe d’Anne Hidalgo n’arrivera probablement pas à supprimer. « Nos espaces internes sont déjà contraints et inconfortables, où allons nous installer les huit nouveaux collègues ? » demandent finement les bibliothécaires du XIème arrondissement. Et ces derniers, pleins de bon sens, de répondre « si nous ne voulons pas détériorer davantage les piètres conditions de travail le reste de la semaine, il ne nous semble pas possible d’ouvrir notre établissement le dimanche ». CQFD.

Ouverture le dimanche : l'équipe de la bibliothèque Parmentier en a vraiment gros sur la patate !

Ce qui est assez surprenant dans cette histoire c’est l’amateurisme de la mairie de Paris. En effet, annoncer comme ça l’ouverture le dimanche d’équipements qui n’ont jamais été prévus pour ça est complètement irréaliste, vu les contraintes de bâtiment aussi bien à Parmentier qu’à Hélène-Berr, Aimé Césaire ou encore Rostand (liste non exhaustive). D’ailleurs l’administration parisienne peine même à apporter des réponses aux questions les plus basiques. Ainsi, l’immense majorité de l’équipe de Parmentier étant opposée à l’ouverture du dimanche « que se passera-t-il  en cas de mutations massives et forcées ? » demandent candides les personnels.

Mais si les bibliothécaires du quartier de la place Voltaire sont opposés au travail du dimanche ce n’est pas sans raison. Et c'est ce qu’ils argumentent dans leur lettre. « Plus il y aura de salariés ce jour-là et moins les contreparties paraîtront légitimes (le travail du dimanche devenant progressivement la norme sociale) ; plus la gamme de services marchands et non marchands ouverts ce jour-là sera étendue plus, par ricochet, la pression sera forte pour en ouvrir de nouveaux ». C’est vrai que désormais toutes ces extensions, que ce soit le soir ou le dimanche, tournent carrément à la course à l’échalote. Une perspective combattue pourtant par de fortes personnalités politiques. 

« La masse salariale concernée par le travail le dimanche  et le soir comprend une majorité de femmes avec enfants dont la liberté de travailler en ces horaires très décalées est plus que contrainte » a ainsi déclaré récemment…. Anne Hidalgo ! Bien vu,  madame la maire ! D’autant mieux vu que dans les bibliothèques on trouve… une majorité de femmes ! Elle devrait donc en souffler un mot à son premier adjoint.

Ouverture le dimanche : l'équipe de la bibliothèque Parmentier en a vraiment gros sur la patate !

      - Docteur, y a des gens mal intentionnés qui vont fouiller dans mes anciennes déclarations

                                 - C'est bien Anne, continuez, je vois qu'on avance....

Mais surtout l’équipe de Parmentier ne comprend pas l’obstination municipale à ouvrir le dimanche. « Dans le contexte de restriction budgétaire et de suppression de postes, le projet d'ouverture n'est pas réaliste car il nécessiterait une hausse significative des moyens afin d'assurer aux agents des conditions de travail décentes et aux usagers un service public de qualité. Ce projet d’extension d’ouvertures dominicales concerne l’ensemble du réseau. En effet, les petits établissements risquent de fermer pour que les autres ouvrent plus, et les budgets de l’ensemble des bibliothèques risquent une baisse conséquente puisqu’il faudra bien augmenter les budgets des bibliothèques ouvertes le dimanche en hausse de fréquentation. Rappelons que tous les nouveaux services se font à moyens constants ! ».  Pas faux…

D’ailleurs, « les établissements actuellement ouverts le dimanche souffrent, comme l’ensemble du réseau, d’un sous-effectif chronique, ce qui les amène régulièrement à ouvrir ce jour dans des conditions totalement dégradées : non respect du nombre de titulaires nécessaires, non respect de la parité vacataires/titulaires, non respect du rythme d’un dimanche sur cinq travaillé ».  Bref, il est temps pour la municipalité de sortir de la démagogie électorale et de revenir un peu les pieds sur terre et respecter ses engagements envers les personnels. 

Mais si les collègues de Parmentier n’ont pas l’intention d’ouvrir le dimanche, ils n’en pensent pas moins à leurs collègues qui travaillent (ou travailleront) le septième jour et proposent donc  « la création d’une charte rédigée avec les représentants du personnel définissant les fonctions des vacataires (qui ne doivent pas se substituer aux titulaires pour combler un sous-effectif) et  homogénéisant la récupération dominicale à une journée et non en heures comme cela peut se pratiquer dans certains établissements » ainsi que la  « création d’un document propre à chaque établissement définissant les conditions d’ouverture (nombre de titulaires et vacataires requis pour l’ouverture…) afin que tout nouveau membre du personnel puisse s’y référer ». Pas inutile...

         Ouverture du dimanche : les bibliothécaires parisiens mettent les chiffres sur la table

Ouverture le dimanche : l'équipe de la bibliothèque Parmentier en a vraiment gros sur la patate !

Une charte qui pour les bibliothécaires de la capitale définirait ainsi le nombre de recrutements « sur les postes d’accueil nécessitant des professionnels formés, et dont le nombre doit être établi en concertation avec les équipes, respectant un nombre de titulaires supérieur au nombre de vacataire ou encore la « présence obligatoire d’un cadre A par dimanche afin que la charge  d’un établissement n’incombe pas aux catégories B, qui assument de plus en plus de responsabilités sans aucune compensation financière ».  

Enfin last but not least si la mairie veut ouvrir le dimanche elle devra mettre la main au larfeuille avec le « doublement de la prime de 100€ bruts à 200€ bruts ! » Mazette ! En effet, si l’ont suit le raisonnement de nos progressistes qui occupent actuellement le pouvoir à la mairie de Paris « le travail le dimanche doit être compensé par une véritable revalorisation salariale, rappelons qu’une heure de baby-sitting coute de 10 à 12€ de l’heure sans compter la majoration du dimanche, une prime de 85 à 100€ nets serait automatiquement absorbée dans des frais de garde ! Pour exemple un cadre B à Boulogne Billancourt est payé 212€ bruts ! » Des chiffres cruels !

Et l’équipe de Parmentier de conclure dans leur adresse à Anne Hidalgo et Bruno Julliard : « nous déplorons l’exclusion de l’ensemble des personnels du processus de négociation globale. Nous exigeons donc l’organisation d’une prochaine réunion rassemblant les représentants de tous les acteurs concernés et exigeons qu’une information soit faite à l’ensemble des bibliothèques » et invitent tout les collègues du réseau parisien « à soutenir les bibliothèques concernées directement par ce projet et à écrire également leur lettre. La qualité du service public dans l’ensemble des établissements en dépend ! ».

Bruno Julliard pourrait donc se retrouver à face à un très gros conflit social si des négociations n’étaient pas entamées ! A moins qu’il veuille revivre sa jeunesse comme au bon temps du CPE en 2006. Reste à savoir s'il endossera le costume de Dominique de Villepin ou celui de Nicolas Sarkozy.

Ouverture le dimanche : l'équipe de la bibliothèque Parmentier en a vraiment gros sur la patate !

                                   - Hmmm, je serais assez tenté par celui de Chirac finalement....

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 13:16
Au musée Carnavalet on veut s’en mettre plein derrière la cravate

Franchement faire les (maigres) poches des personnels pour renflouer les caisses fallait y penser… 

Il n’y a pas de petits bénéfices pour le musée Carnavalet. Visiblement la fermeture de l’établissement prévu pour cet automne est l’occasion d’écouler les invendus puisque l'association Les Amis du Musée s'est permis d'organiser in situ une braderie pour écouler ses stocks de livres et autres catalogues.

Une démarche pourtant étrange car cette vente n’est pas destinée au public mais seulement…. aux agents du musée Carnavalet ! Franchement faire les (maigres) poches des personnels pour renflouer les caisses fallait y penser…  Rappelons que tout commerce est interdit sur nos lieux de travail.

Encore une fois, Paris-Musées, l'établissement public en charge des musées municipaux de la capitale, ferme les yeux et montre sa conception de la légalité à deux vitesses : intraitable avec les uns (les personnels, la CGT)  et très pemissive ave d'autres : Les Amis du Musées  en l'occurrence

Ah petit détail croustillant : pour tout achat de livre… une cravate était offerte ! Les agents en sont tombés à la renverse en apprenant ce geste commercial. Pour le costard en revanche Les amis du musées n’avaient rien prévu. Mais comme dirait un célèbre ministre, « pour en voir un, faudra bosser, bande de feignasses ! ».

N’empêche quand on pense à cette vente privée on se dit que les agents de la surveillance de Carnavalet étaient bien bêtes, eux qui prenaient la peine de collecter d'anciens uniformes afin d'en faire don à des associations caritatives.

A l’avenir ce genre d’acte gratuit n’aura donc plus court avec les nouvelles pratiques de Paris-Musées toujours en quête d’argent frais. Et la proposition sera ainsi libellée : pour tout achat d'une veste, nous vous accorderons un bon de réduction pour une cravate estampillée Carnavalet.

 

     Carnavalet tente de faire les (maigres) poches des personnels pour renflouer les caisses

Au musée Carnavalet on veut s’en mettre plein derrière la cravate
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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 10:03
Une cinquième bibliothèque envoie une lettre ouverte à la mairie de Paris pour protester contre les conditions d'ouverture le dimanche

Cette fois, c'est au tour de l'équipe de la médiathèque Jean-Pierre Melville (XIIIe) d'interpeller Anne Hidalgo et Bruno Julliard

La municipalité parisienne veut ouvrir d'ici 2019 - sans concertation aucune - sept nouvelles bibliothèques le dimanche : Parmentier (XIe), Hélène Berr (XIIe), Melville (XIIIe), Aimé Césaire (XIVe), Germaine Tillion (XVIe), Rostand (XVIIIe) et Sabatier (XVIIIe)... Et ce, sans effectif supplémentaire. Une mesure qui ne passe pas, tant le réseau parisien est actuellement exsangue (fermetures, réductions d'horaires, etc.) et que plusieurs bibliothèques qui ouvrent déjà le dimanche, comme Sagan (Xe) ou Duras (XXe), sont dans une situation que l’on peut sans exagérer qualifier de critique...

Et ça gronde dans les bibliothèques municipales de la Capitale. Après les personnels des bibliothèques Hélène-Berr, Rostand, Aimé-Césaire et Germaine-Tillion, qui avaient interpellé Bruno Julliard, l’adjoint en charge de la Culture, pour préciser les conditions sans lesquelles il ne sera pas possible d’ouvrir le dimanche (lire ici), ce sont maintenant les agents de la médiathèque Jean-Pierre Melville, située entre les Olympiades et la faculté de Tolbiac, d'entrer à leur tour dans la danse.

Et les bibliothécaires de la rue Nationale de mettre d'entrée les pieds dans le plat suite aux annonces intempestives d’Anne Hidalgo et de son équipe : « Le principe de l’ouverture le dimanche pose un problème de cohérence et de qualité de service (…).Il nous semble en effet contradictoire de proposer un service public élargi en faisant reposer ce travail sur des équipes amoindries et en majorité non volontaires ». Car c’est là que le bât blesse : le travail du dimanche ne se fera pas sur la base du volontariat, quoi qu’en disent les thuriféraires du travail le septième jour de la semaine...

Et nos collègues d'avertir : « Au sein de l’équipe, une grande majorité d’agents s’est exprimée contre l’ouverture du dimanche, pour deux raisons principales : d’une part parce que nous n’avons pas choisi de travailler le dimanche en connaissance de cause, et d’autre part pour tout ce que le dimanche travaillé engendre de conséquences et de complications sur les plans de la santé et de la vie privée, rythme de travail plus dense, garde d’enfants – et donc coût supplémentaire – pour les familles monoparentales, temps de transport pour les agents vivant en banlieue parfois très éloignée, horaires de travail décalés par rapport à l’entourage et à la société en général, etc. Comme nos collègues des autres bibliothèques qui se sont déjà exprimés, nous sommes nombreux à rester convaincus que le dimanche n’est pas une journée de travail comme les autres ».

De toute façon, et même s'ils le voulaient, les agents de Melville ne pourraient pas ouvrir un sixième jour de la semaine en l’état, puisque la médiathèque, comme tous les autres établissements du réseau parisien, a subi des réductions de personnel : « Au regard de l’organisation actuelle de nos plages de service public, ouvrir l’établissement cinq heures supplémentaires est au-delà de nos capacités. En l’état, la constitution et le nombre d’agents dans l’équipe nous placent trop souvent en situation de sous-effectif. En effet, outre le nombre d’agents, en temps partiel ou contractuels, évoqué ci-dessus, nous comptons deux agents en arrêt maladie de longue durée depuis début 2016, dont un parmi les agents titulaires, deux contrats arrivant à échéance à la fin de l’été 2016, et quatre postes vacants non pourvus, dont un qui ne sera sans doute pas remplacé ». Effectivement, la situation n'est pas brillante.

Une cinquième bibliothèque envoie une lettre ouverte à la mairie de Paris pour protester contre les conditions d'ouverture le dimanche

Pour remédier à cela, les bibliothécaires de Melville ont fait un audit assez poussé et sont arrivés à la conclusion qu’il fallait un effectif en équivalent temps plein... de cinquante agents ! Un chiffre assez raisonnable quand on y regarde de près, puisque c’est celui qui est peu ou prou nécessaire aux établissements de taille comparable qui ouvrent six jours par semaine. Il faudrait donc recruter pas moins de 25 bibliothécaires puisque l’équipe ne compte actuellement que 28 titulaires, dont cinq à temps partiel et un agent en arrêt de longue durée. On sent déjà les tableaux Excel de nos technocrates de la direction des Affaires Culturelles défaillir…

On le voit, la municipalité parisienne se trouve prise à son propre piège si elle veut envisager une ouverture le dimanche car elle devra forcément créer des postes supplémentaires. Surtout si Bruno Julliard applique la délibération municipale qu’il a récemment fait (re)voter au Conseil de Paris. « Sans cette condition, le travail sur la base d’un dimanche sur cinq ne pourra pas être respecté ». Dura lex, sed lex.

Cependant, le calcul des coûts ne s’arrêtera pas là car les agents de la bibliothèque du quartier de Tolbiac, comme leurs collègues des autres établissements qui sont censés ouvrir le septième jour, demandent « une prime de cent euros net par dimanche travaillé ». Actuellement, la prime étant calculé en brut, il faudra que la mairie mette de l’argent sur la table si elle veut avoir les moyens de ses ambitions.

Mais, les bibliothécaires tracent le cercle rouge et demandent également « la garantie de deux jours consécutifs de récupération et des conditions de récupération claires, la présence de deux agents de sécurité et d’un agent d’entretien, des tickets repas en raison de la fermeture de notre restaurant administratif le samedi et le dimanche » et enfin, last but not least « la fermeture de la médiathèque à 18h le samedi au lieu de 19h pour s’aligner sur le volume horaire des bibliothèques équivalentes à la nôtre ». Comme on le voit, le niveau de revendication du côté de Melville, c'est pas du cinoche!

Anne Hidalgo et Bruno Julliard pensaient peut-être, façon Bob le Flambeur, pouvoir ouvrir autant de bibliothèques le dimanche qu'ils le souhaitaient sans pour autant avoir à financer leur démagogie électorale... A voir les réactions des personnels, c’est raté ! Car ils sont tous on ne peut plus clairs :« Il faut que la mairie de Paris nous donne les moyens de ses ambitions ». La Ville de Paris aura été prévenue. Dans le cas contraire, on se dirigerait tout droit vers un conflit social. Et ce ne sera pas du cinéma…

 

     Conditions pour l'ouverture du dimanche : l'équipe de Melville ne fait pas de cinoche

Une cinquième bibliothèque envoie une lettre ouverte à la mairie de Paris pour protester contre les conditions d'ouverture le dimanche
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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 10:42
La mairie de Paris rame pour expliquer comment elle compte ouvrir de nouvelles bibliothèques le dimanche

Pour ne pas la laisser couler, l'intersyndicale lui suggère donc de repousser à plus tard son projet

Bruno Julliard et Anne Hidalgo ne s'y attendaient sûrement pas : la colère gronde dans les bibliothèques suite à l'annonce d'ouvrir sept nouveaux établissements le dimanche. Et les lettres ouvertes des équipes concernées pour protester « contre les conditions d'ouverture »  telles que présentées par la mairie de Paris se succèdent et tombent comme à Gravelotte sur la table du premier adjoint en charge la culture (lire ici)

Après une assemblée générale à la Bourse du travail fin avril, puis le lancement d'une pétition, cette fois-ci les bibliothécaires ont décidé de venir manifester au siège de la Direction des Affaires Culturelles ce 12 mai. L'expression d'un véritable malaise social a contraint l’administration à recevoir une délégation composée de syndicalistes et de collègues des établissements concernés par l'ouverture dominicale. Une réunion pleine de surprises...

Ainsi la mairie de Paris est bien incapable d'expliquer comment elle compte ouvrir sept établissements un jour supplémentaire en pleine restriction budgétaire et de suppressions de poste de bibliothécaire.

« Il y aura des recrutements pour la bibliothèque Hélène-Berr » a pourtant lancé d’emblée, le directeur mais sans dire combien. « il faut dix postes supplémentaires » ont répliqué à l'unisson les syndicats et comme expliqué par les personnels d'Hélène-Berr dans leur lettre ouverte à Bruno Julliard. L'administration dans ses petits souliers a alors répondu qu'elle préférait se lancer « dans une démarche pragmatique ». C'est à dire avec le moins de personnels possible. Et le directeur de promettre de venir visiter Hélène-Berr pour tâter le terrain et calculer à sa façon les effectifs cibles pour ouvrir le dimanche. Si besoin, après une savante étude de faisabilité. Étude qui pour le moment...n’existe pas. Visiblement les annonces de Bruno Julliard ont pris de court l'administration.

La direction des Affaires Culturelles a ensuite évoqué la possibilité de rencontrer les équipes des sept bibliothèques concernées par l'ouverture dominicale. Toutefois, après réflexion il s'agissait en fait de rencontrer uniquement les responsables d'établissement. Histoire de s'éviter les questions des personnels sans doute. Ambiance..

 

La mairie de Paris rame pour expliquer comment elle compte ouvrir de nouvelles bibliothèques le dimanche

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Nous avons ensuite demandé qu'un bilan social sur les ouvertures du dimanche soit fait avant toute nouvelle extension. Un bilan assez simple : combien de fois les bibliothèques actuellement ouvertes le dimanche, à savoir Truffaut (Ier), Yourcenar (XVe), Duras(XXe) et Sagan (Xe), ont dû fermer ce jour là pour manque d'effectif ? On sait que c'est arrivé à plusieurs reprises ces dernières années. Ensuite, combien de fois la délibération qui fixe les conditions d'ouverture du dimanche, laquelle impose une parité entre titulaires et emploi étudiants et une rotation d'un dimanche sur cinq, a t-elle été foulée au pied ?

On peut d'ors et déjà affirmer que cette fameuse délibération municipale n'a jamais été appliquée depuis son inauguration à la médiathèque Françoise-Sagan (Xe) et est régulièrement mise à mal à Marguerite-Duras (XXe). Autres réponses qui doit figurer : quel est le taux de turn-over dans les bibliothèques qui ouvrent le dimanche ? Ou bien le temps de réaction de l'administration en cas de panne informatique, de dégâts des eaux, de problème électrique ou encore d’agression ? Là aussi les exemples ne manquent pas... Bref, de vrais sujets pour alimenter un bon bilan social.

Des question qui ont rendu coite la mairie de Paris. La présentation de ce bilan sera pourtant obligatoire lorsque l’exécutif devra présenter son nouveau projet de délibération. Les syndicats l’exigeront lors du Comité Technique et quelques élus en feront de même lorsque celle-ci devra être soumise au Conseil de Paris

Autre demande de l'intersyndicale : l'impact de ces prochaines ouvertures sur le réseau des bibliothèques municipales de la capitale. L'ouverture du dimanche ne peut pas être acceptée si c'est au détriment des autres établissements. Il faut donc que la Direction des Affaires Culturelles présente son plan d'action en terme de recrutement et de moyens budgétaires. Visiblement, aucun haut fonctionnaire à l'Hôtel de Ville que ce soit à la DRH ou aux Finances, n'a fait de projection comptable. Bref, cela ressemble à de l'amateurisme quand on rentre un peu dans le concret.

Pour sortir de cette impasse, l'intersyndicale a fait une proposition toute simple : « puisque vous n 'êtes pas prêt dans les modalités pour ouvrir le dimanche, retirez ce projet de l'ordre du jour du prochain Comité Technique de juin, le temps pour vous de mettre en place une véritable concertation avec les personnels et ainsi vous donner les moyens de vos ambitions ». Réponse droit dans le mur du directeur « pas question de retirer quoique ce soit ». Pas grave, l'intersyndicale a renouvelé cette demande directement à Bruno Julliard. On verra bien si la mairie de Paris veut faire naître un conflit social à la rentrée.

Prochaine étape : L'intersyndicale (CGT, FO, SUPAP, UCP et UNSA) va réunir les personnels des sept bibliothèques du dimanche le 9 juin à Hélène-Berr, histoire de convenir de prochaines actions.

 

                   Ouverture des bibliothèques le dimanche : la mairie de Paris va droit dans le mur

La mairie de Paris rame pour expliquer comment elle compte ouvrir de nouvelles bibliothèques le dimanche

             - Madame la maire, c'est tout droit mais je vous préviens c'est un peu casse gueule

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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 18:48
Paris : La fronde gagne les bibliothèques municipales

Cette fois, c'est au tour des personnels de la bibliothèque Germaine-Tillion d'envoyer une lettre ouverte à Bruno Julliard pour protester contre « les conditions d'ouverture le dimanche »

La municipalité parisienne veut ouvrir d'ici 2019 - sans concertation aucune - sept nouvelles bibliothèques le dimanche : Parmentier (XIe), Hélène Berr (XIIe), Melville (XIIIe), Aimé Césaire (XIVe), Germaine Tillion (XVIe), Rostand (XVIIIe) et Sabatier (XVIIIe)... Et ce sans effectif supplémentaire. Une mesure qui ne passe pas tant le réseau parisien est actuellement exsangue (fermetures, réductions d'horaire, etc.) et que plusieurs bibliothèques, qui ouvrent déjà le dimanche, comme Sagan (Xe) ou Duras (XXe), sont dans une situation que l’on peut sans exagérer qualifier de critique.

Mais la fronde gronde dans les bibliothèques municipales de la capitale car après les personnels de la bibliothèque Hélène Berr, Rostand et Aimé Césaire, qui avaient interpellé Bruno Julliard pour préciser les conditions sans lesquelles il ne sera pas possible d’ouvrir le dimanche (lire ici, et encore ), ce sont maintenant les agents de la bibliothèque Germaine-Tillion, située juste à proximité du Trocadéro d'entrer à leur tour dans la danse.

Et pour les bibliothécaires du XVIème arrondissement, les obstacles pour ouvrir un jour supplémentaire semblent incommensurables. Il faut dire que la bibliothèque Germaine Tillion est exsangue puisque l'établissement est passé de 32 agents en équivalent temps plein..à 25 ! Une véritable saignée de la part de la mairie de Paris. Malheureusement l'avenir ne prête guère à l'optimisme car actuellement l’équipe « compte deux agents absents pour longue maladie, un autre (responsable de section) partant à le retraite et un dernier partant lui prochainement en détachement » ont comptabilisé les bibliothécaires dans leur lettre ouverte at constatent amers que « d’autres départs à la retraite (non remplacés) suivront d’ici 2019, ce qui diminuera en conséquence les effectifs ». Une véritable bérézina qui rendra impossible le fonctionnement de cet établissement sur six jours par semaine à moins de casser le code du travail...

Paris : La fronde gagne les bibliothèques municipales

De fait, la mairie de Paris va droit dans le mur à vouloir ouvrir le dimanche si elle persiste dans sa réduction des effectifs, ce que ne manque pas de relever les personnels de Trocadéro. « Le travail à flux tendu, suivant une semaine de travail et en particulier le samedi, jour traditionnel de grande affluence, risque d’aggraver les problèmes de santé de certains agents déjà touchés et de fragiliser précocement les autres (troubles musculo-squelettiques, fatigue oculaire et douleur lombaire). Et donc de provoquer des congés maladies par ricochet ». Ce qu'on appelle un cercle vicieux.

Mais surtout les bibliothécaires pointent ce qui pose vraiment problème à être contraint de travailler le dimanche. « La fréquence des transports étant extrêmement réduite le dimanche, cela impacterait fortement le temps de transports des agents concernés. Et un bon nombre de bibliothécaires résidant en banlieue éloignée ou en province n’auront que la possibilité de prendre un train très tôt et en fin de journée plus tard ou de ne pas travailler ce jour-là, peu ou pas de trains SNCF le dimanche car en effet de plus en plus de lignes de trains sont supprimées le dimanche ». En effet, dans ce cas de figure, le Vélib' ne suffirait pas.

De plus pour les personnels de Germaine-Tillion « l’ouverture de la bibliothèque le dimanche aura aussi des conséquences sur la vie sociale et associative de l’équipe de la bibliothèque ainsi que sur la vie familiale. Qu’en est-il des familles monoparentales ? Comment envisager dans ces conditions une vie familiale normale ? Des modes de garde des enfants ? Des indemnités ? ». Pour le moment, la mairie de Paris garde le silence sur des questions qui pourtant sont de sa prérogative.

Un silence qui risque de ne pas suffire car l'équipe de la bibliothèque en conclusion de sa lettre à Bruno Julliard est très claire. : « le changement de cycle de travail engendré par un jour supplémentaire d’ouverture de la bibliothèque entraînerait une dégradation des conditions de travail, des risques sanitaires et réduirait sensiblement la qualité du service public rendu aux usagers (personnel non qualifié, sélection et valorisation des collections, animations et accueil des classes, orientation et renseignements des lecteurs). C’est pourquoi la majorité des bibliothécaires de Germaine Tillion n’est pas prête à travailler le dimanche et, à défaut d’être entendus, un grand nombre se verra conduit à demander une mutation ». Comme le remarquent les observateurs de la vie sociale, pour la mairie de Paris la partie semble bien mal emmanchée !

 

      Ouverture du dimanche : les bibliothécaires de Germaine-Tillion préfèrent être en famille

Paris : La fronde gagne les bibliothèques municipales
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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 18:48
Ouverture des bibliothèques le dimanche : l'équipe d'Aimé Césaire (XIVe) interpelle à son tour la Mairie de Paris

« Cette ouverture ne doit pas se faire au détriment de la qualité de notre accueil et de nos services, saluée par nos usagers sur le terrain et dans les enquêtes de satisfaction » déclarent les bibliothécaires de la Porte de Vanves

La municipalité parisienne veut ouvrir d'ici 2019 - sans concertation aucune - sept nouvelles bibliothèques le dimanche : Parmentier (XIe), Hélène Berr (XIIe), Melville (XIIIe), Aimé Césaire (XIVe), Germaine Tillion (XVIe), Rostand (XVIIIe) et Sabatier (XVIIIe)... Et ce, sans effectif supplémentaire. Une mesure qui ne passe pas, tant le réseau parisien est actuellement exsangue (fermetures, réductions d'horaire, etc.) et que plusieurs bibliothèques, qui ouvrent déjà le dimanche, comme Sagan (Xe) ou Duras (XXe), sont dans une situation que l’on peut sans exagérer qualifier de critique.

Après les personnels de la bibliothèque Hélène Berr (XIIe) et Edmond Rostand (XVIIe) qui avaient interpellé Bruno Julliard pour préciser les conditions sans lesquelles il ne sera pas possible d’ouvrir le dimanche (lire ici et ), c'est au tour maintenant des agents de la bibliothèque Aimé Césaire située dans le quartier Plaisance, non loin de la porte de Vanves, dans le XIVe arrondissement, de leur emboîter le pas..

Pour l'équipe de la bibliothèque Aimé Césaire, pourtant pas opposé par principe à l'ouverture du dimanche, l'annonce de la mairie de Paris ne passe pas. « Nous regrettons le manque de concertation en amont » déclarent d'emblée dans leur lettre, les personnels. Ceci dit « pas opposé » ne veut pas dire prêt à ouvrir dans n'importe quelles conditions. « Cette ouverture ne doit pas se faire au détriment de la qualité de notre accueil et de nos services, saluée par nos usagers sur le terrain et dans les enquêtes de satisfaction. L’ouverture du dimanche ne doit en aucun cas remettre en cause le dynamisme des agents » préviennent les bibliothécaires.

Ouverture des bibliothèques le dimanche : l'équipe d'Aimé Césaire (XIVe) interpelle à son tour la Mairie de Paris

Et, les personnels de l'établissement de la rue Ridder de mettre les choses au point. « C'est pourquoi le personnel de la bibliothèque Aimé Césaire demande : « un dimanche travaillé sur cinq, suivant les modalités de la délibération votés par le Conseil de Paris » mais aussi « une prime de 100€ net et la mise en place de tickets restaurant ». Autre revendication, « le recrutement de nouveaux agents titulaires », en plus des recrutements de vacataires, « pour assurer dans de bonnes conditions la règle définie par le Conseil de Paris « et maintenir le droit à chacun de prendre des congés ». Un minimum dans une municipalité progressiste, non ?

Enfin, si la mairie de Paris tient vraiment à ouvrir cette petite bibliothèque de 600m2 un jour supplémentaire, il faudra, pour les bibliothécaires, forcément prévoir des travaux « pour pouvoir accueillir dans de bonnes conditions ces nouveaux collègues. L’ouverture du dimanche ne peut se faire non plus sans garantir au personnel de la bibliothèque la permanence de bonnes conditions de travail, notamment en terme d’espaces (bureaux et lieu de repos) pour le personnel. En effet, la bibliothèque a été conçue pour accueillir 12 agents et nous sommes déjà 14 avec le volontaire du service civique et l’emploi d’avenir » sans compter le personnel titulaire nécessaire pour ouvrir sur six jours.

Autre écueil auquel n'avait pas pensé Bruno Julliard, l'adjoint en charge de la culture : ouvrir une bibliothèque le dimanche oblige à lui fournir de quoi satisfaire un éventuel public. Les personnels d'Aimé Césaire demandent donc également « une augmentation de notre budget d’acquisition afin de maintenir un fonds dans un bon état et de tenir compte de la hausse de fréquentation du fait de l’ouverture du dimanche ». Logique! Surtout, ils précisent « qu' à l’heure actuelle notre budget ne permet pas le renouvellement de nos collections ». Plutôt génant pour une bibliothèque de proximité.

Si Anne Hidalgo et Bruno Julliard veulent absolument ouvrir cette bibliothèque le dimanche, le personnel d'Aimé Césaire est on ne peut plus clair « il faut que la Mairie de Paris nous donne les moyens de ses ambitions ». Dans le cas contraire, on se dirigerait tout droit vers un conflit social. Comme à Picpus, Rostand, Parmentier, Melville, Trocadéro ou encore Clignancourt....

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 18:47
L’équipe de la médiathèque Rostand interpelle Bruno Julliard dans une lettre ouverte sur  « les conditions d’ouverture le dimanche »

Comme leurs collègues de la bibliothèque Hélène Berr, les personnels de Rostand sont « très mécontents de la façon dont a été annoncée cette décision »

La municipalité parisienne veut ouvrir d'ici 2019 - sans concertation aucune - sept nouvelles bibliothèques le dimanche : Parmentier (XIe), Hélène Berr (XIIe), Melville (XIIIe), Aimé Césaire (XIVe), Germaine Tillion (XVIe), Rostand (XVIIIe) et Sabatier (XVIIIe)... Et ce sans effectifs supplémentaires. Une mesure qui ne passe pas tant le réseau parisien est actuellement exsangue (fermetures, réductions d'horaires, etc.) et que plusieurs bibliothèques, qui ouvrent déjà le dimanche, comme Sagan (Xe) ou Duras (XXe), sont dans une situation que l’on peut sans exagérer qualifier de critique !

Et après les personnels de la bibliothèque Hélène Berr (située rue de Picpus dans le XIIe arrondissement), qui avaient interpellé Bruno Julliard pour préciser les conditions sans lesquelles il ne sera pas possible d’ouvrir le dimanche (lire ici), ce sont maintenant les agents de la médiathèque Edmond Rostand (située entre Wagram et la porte de Champerret dans le XVIIe arrondissement) qui se manifestent.

Et les bibliothécaires d’attaquer d’entrée les méthodes d’Anne Hidalgo, pourtant ancienne inspectrice du travail, et de Bruno Julliard, ancien syndicaliste (étudiant certes) : « Nous prenons la parole pour soutenir l’initiative de l’équipe de la médiathèque Hélène Berr et dans le but d’exposer, à notre tour, les conditions indispensables à la mise en place d’un tel projet, en rappelant que l’ouverture du dimanche n’est pas une base contractuelle sur laquelle nous avons été recrutés a priori. Nous sommes très mécontents de la façon dont a été annoncée cette décision. Certains collègues l’ont appris par voie de presse, d’autres via les syndicats. L’annonce est soudaine, opaque et décevante : nous déplorons le manque de préconisation et l’absence de dialogue, que nous trouvons irrespectueux et désolidarisants pour les équipes. Ce lourd silence n’est guère rassurant et entretient un climat d’incertitude que nous ne tolérons plus ! » C’est sûr qu'au niveau du dialogue social à la Ville de Paris, on est à la limite du 49.3 !

Mais surtout, banaliser l’ouverture du dimanche ne passe pas pour une partie des bibliothécaires de la rue Nicolas Chuquet : « Au sein de l’équipe, les avis sont partagés. Dix personnes se sont déclarées fondamentalement hostiles au travail le dimanche, pressenti comme un facteur « de désocialisation, d’isolement et d’usure ». Nous restons convaincus que le dimanche n’est pas une journée de travail comme les autres. En tant que travailleurs du samedi, nous savons déjà que travailler le weekend entraîne un décalage constant avec les rythmes de notre entourage et de la société en général. Cela représenterait une contrainte pour la vie personnelle, d’autant plus forte que nous n’avons pas choisi de travailler le dimanche en connaissance de cause ». Sans oublier que les personnels sont rarement chez eux avant 20 heures en semaine (sauf ceux qui habitent à proximité de leur lieu de travail bien entendu).

Et l’équipe de Rostand de renvoyer la Mairie à ses injonctions contradictoires : « Il faut savoir que dès septembre 2013, par manque d’effectif, nous avons dû supprimer la nocturne du jeudi soir qui permettait à un public d’actifs et d’étudiants d’accéder à nos services plus largement ! ». En effet : les bibliothèques municipales parisiennes réduisent leurs horaires !!! Mais pour la Ville le dimanche c’est sacré... Et sans doute pas pour les bonnes raisons car, comme le rappellent les agents dans leur lettre, « en février 2016, la médiathèque Edmond Rostand a mené une enquête auprès de son public : dans les suggestions libres, il y a plus de répondants qui s’expriment pour des horaires d’ouverture élargis que de répondants qui évoquent le dimanche ». Et effectivement, on demande des ouvertures le lundi, en matinée, ou encore à des horaires normaux pendant les vacances scolaires !!! Mais pas le dimanche. Dur pour Saint Bruno !

L’équipe de la médiathèque Rostand interpelle Bruno Julliard dans une lettre ouverte sur  « les conditions d’ouverture le dimanche »

                                                                           - Dominica sanctus

Mais surtout comment fonctionnerait l’établissement un jour où l’administration est aux abonnées absentes ? Sûr on veut bien l’ouverture du dimanche mais pour les autres. « Nous avons besoin de la présence d’un agent de sécurité, d’un service de nettoyage des locaux, du service d’astreinte pour le bâtiment en cas de problèmes électrique ou dégâts des eaux, du bureau des bibliothèques (BBL) et d’une maintenance informatique » plus évidement la présence obligatoire d'un cadre A. Car comme le rappellent justement l’équipe de Rostand « si le dimanche doit être considéré comme un jour de semaine ordinaire, les services auxquels nous sommes rattachés doivent prendre leurs propres dispositions et faire le nécessaire pour être à nos côtés ». Bien vu !

Et les bibliothécaires de rappeler (comme leurs collègue d’Hélène Berr) les fortes contraintes d’un bâtiment sur quatre niveaux  « qui tous demandent la présence d’agents postés ». « Au regard de l’organisation actuelle de nos plages de service public, ouvrir l’établissement une journée supplémentaire est au-delà de nos capacités. En l’état, la constitution et le nombre d’agents dans l’équipe nous placent trop souvent en situation de sous-effectif et envisager une ouverture le dimanche, c’est d’abord ouvrir des postes de titulaires supplémentaires. Sans cette condition, le travail sur la base d’un dimanche sur cinq ne pourra pas être respecté ». Un ratio pourtant obligatoire…. car fixé par une délibération votée par le Conseil de Paris !

En tout cas favorable ou non à une ouverture dominicale, vu que cela doit se faire sans recrutement supplémentaires les bibliothécaires de Rostand sont unanimes : « nous nous déclarons contre le projet d’ouverture le dimanche dans les conditions annoncées par la municipalité ». Et les personnels de préciser les conditions sine qua non. « Pour déterminer les conditions de travail et d’accueil du public décentes, nous avons fait une simulation sur 2016, nous avons besoin de 28  agents équivalent temps plein, soit cinq titulaires supplémentaires ».  Et encore ce calcul tiens compte du renfort d’un très gros contingent d’emploi étudiant à temps très partiel comme le préconise toujours Bruno Julliard, l’ancien pourfendeur du CPE. Autre revendication, l'augmentation de la prime dominicale à 100 euros net (somme déjà réclamée par les collègues de Yourcenar et Duras en 2008 puis en 2010 et désormais ceux d’Hélène-Berr).

Et en réponse à l’affirmation de la mairie qui la main sur le cœur parle de « volontariat » pour le travail dominical les bibliothécaires pose une question pratique mais qui pourrait bien embêter l’administration. « La possibilité d’une mutation « accompagnée » des agents réfractaires au travail le dimanche a été  évoquée. Le BBL envisage-t-il sérieusement une alternative pour les personnes qui souhaitent travailler dans une bibliothèque fermée le dimanche ? » Pour le moment, selon nos informations, strictement aucune.

Et le personnels de Rostand de porter comme Cyrano l'estocade finale en demandant à ce que cette municipalité de gauche adopte enfin des méthodes progressistes en matière de dialogue social et que « les bibliothèques prochainement concernées par l’ouverture du dimanche soient toutes conviées ensemble à une table de négociation commune où les positions de l’administration seraient annoncées clairement à tous et pourraient former un socle de discussion collective ». À la fin de l’envoi, je touche..

 

          Conditions d'ouverture le dimanche : à Edmond Rostand, on porte l'estocade !

L’équipe de la médiathèque Rostand interpelle Bruno Julliard dans une lettre ouverte sur  « les conditions d’ouverture le dimanche »

                                                          - Et toc ! À la fin de l’envoi, je touche..

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