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Qui sommes nous ?

Nous sommes des personnels de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, travaillant dans les bibliothèques, conservatoires, musées, ateliers des beaux-arts, services centraux...

Nous militons au sein de la CGT pour défendre les droits des salariés, la qualité du service public rendu aux Parisiens.

Pour vous syndiquer, demander conseil, faire des réclamations, envoyer des informations, une seule adresse : daccgtculturegmail.com


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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 14:16
La Ville de Paris va faire appel à des travailleurs détachés pour équiper une bibliothèque en puce RFID

Une pratique « moralement douteuse » pour le député socialiste Gilles Savary. Et même « un dumping social insupportable » pour… Manuel Valls !

C’est un épisode qui pourrait faire tâche à la Mairie de Paris. Alors que même Manuel Valls dénonce « un dispositif européen qui fait des ravages terribles dans le monde du travail, un dumping social insupportable », la municipalité parisienne pourrait faire appel... à des travailleurs détachés pour équiper les documents de la bibliothèque Parmentier (XIe) de dizaines de milliers de puces  RFID ! Une information comfirmée par la municipalité qui va passer un marché avec le prestataire Bibliotheca, lequel avait déjà fait appel à des travailleurs bulgares pour effectuer ce même travail à la bibliothèque Benjamin Rabier (XIXe) au cours de l’année 2015.

Encouragé par une directive européenne de 1996, ce système de « travailleurs détachés» permet en effet d’employer des gens d’autres pays de l’UE à moindre frais, en ne payant que les cotisations sociales en vigueur dans le pays d’origine. En général, on choisit soigneusement de faire venir ces travailleurs de là où les dites cotisations sont évidemment les plus basses, par exemple de Roumanie ou de Bulgarie. Ainsi, il s'agit non seulement d'un système de moins disant social, mais qui fait également et de manière régulière, selon les observateurs, l’objet de nombreuses dérives : non-déclaration, dépassement des durées maximales de travail, hébergement indigne, etc.

D’ailleurs, pour le député socialiste Gilles Savary, spécialiste du sujet, l’usage de salariés détachés, s’il est légal, « est moralement douteux » (lire ici). Pas que moralement. Car il est aussi douteux économiquement de faire parcourir des milliers de kilomètres puis d'héberger et de nourrir dignement à Paris une dizaine de personnes en économisant juste les charges sociales. On a du mal à voir où pourrait se dégager le bénéfice... Sauf à ce que le prestataire s’affranchisse de toutes les règles de droit social ? Plus que probable puisque la dernière fois que Bibliothèca avait fourni la main d'oeuvre bulgare, ces derniers n'avaient en tout cas pas eu même droit à des pauses-déjeuner d'après les témoignages des bibliothécaires présents....

Rappelons toutefois à ce sujet que la Mairie de Paris ne pourra pas se cacher derrière un prestataire car le Parlement a récemment fait introduire le principe de « responsabilité solidaire » qui permet de poursuivre un donneur d'ordres pour des fraudes relevant d'un de ses sous-traitants ayant recours à des travailleurs détachés.

 

         Dumping social (et fiscal) : les pratiques de la Mairie de Paris dévoilées au grand jour

La Ville de Paris va faire appel à des travailleurs détachés pour équiper une bibliothèque en puce RFID

Précisons que le recours à ces salariés corvéables à merci n’est même pas justifié pour soulager les agents puisque ceux-ci, en plus de l’installation des automates, auront de toutes façons de nombreuses tâches à effectuer dans un temps réduit.

En réalité, l’administration profiterait surtout de cette arrivée de main d’œuvre low cost… pour envoyer des bibliothécaires de Parmentier dans d’autres établissements pour parer au sous-effectif chronique ! Bref, du côté de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris on aimerait bien faire travailler des Bulgares pour redéployer le personnel en place. Belle philosophie, n’est-ce pas ? Reste à savoir ce qu’en pense Bruno Julliard, le premier adjoint également en charge de la Culture.

Mais on est surtout frappé par la méconnaissance de l’administration sur le travail que doivent effectuer des bibliothécaires, même pendant la fermeture de leur établissement. Il est donc utile de rappeler qu’en dehors de l’encodage stricto sensu des puces RFID, les personnels vont aussi utiliser ce temps à réaménager l’intégralité des espaces et effectuer le travail inhérent sur les collections. Sans parler des tâches courantes que sont le choix des acquisitions ou bien le traitement des documents lors de la réception des commandes.

Reste une question : pourquoi la Mairie de Paris persiste-t-elle à faire appel à des travailleurs détachés ? A moins de s'attaquer, tel que le concoivent le Medef et ses affidés, au modèle social de ce pays on ne voit pas trop. On se remémorera alors les déclarations de Manuel Valls sur ceux qui les utilisent : « Ils ne payent pas les mêmes cotisations sociales, sur ce point-là, ça ne peut plus durer, le dumping social est insupportable, il doit y avoir égalité de traitement par le haut. Si on ne nous entend pas, il faudra dire que la France n’applique pas cette directive sur les travailleurs détachés ». Ainsi avait martelé le chef du gouvernement il y a encore quelques semaines (lire ici). Du brutal.

Pour se prémunir de tout risque politique, il existe pourtant une solution très simple pour l’équipe d’Anne Hidalgo : le recours à des vacataires payés par la Ville avec les cotisations sociales qui vont avec. Et laisser le temps aux bibliothécaires de faire leur travail convenablement.

 

 

                  Travailleurs détachés : Anne Hidalgo va-t-elle tourner le dos au progrès social ?

La Ville de Paris va faire appel à des travailleurs détachés pour équiper une bibliothèque en puce RFID

                       - Anne ça ne peut plus durer, ce dumping social est insupportable

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 15:23
La bibliothèque Picpus-Hélène Berr (XIIe) fermée jusqu’à nouvel ordre car toujours privée d’ascenseur

               Et dire que la mairie de Paris veut la faire ouvrir le dimanche

C’est une bibliothèque que la mairie de Paris voudrait faire ouvrir le dimanche. Il faudrait déjà qu’elle puisse ouvrir en semaine tout simplement. Voire même ouvrir tout court car après plusieurs semaines de travaux la bibliothèque Picpus-Hélène Berr (XIIe) devait normalement accueillir de nouveau le public ce matin…

Mais voilà selon un communiqué de la Ville de Paris « l’ascenseur de la médiathèque Picpus-Hélène Berr n’étant pas opérationnel aujourd’hui, nous ne pouvons ouvrir l’établissement comme prévu ». Plutôt gênant quand on sait que les dit travaux avaient justement pour but…. d’installer un nouvel  ascenseur ! Et l’administration de préciser penaude qu’il n’y a pour le moment « pas de date précise de mise en service de l’appareil ». Conséquence : la bibliothèque pourrait rester fermer plusieurs jours.  

Il est vrai que l’établissement qui comporte six étages ne peut décemment pas ouvrir au public dans ces conditions, les locaux étant de facto inaccessibles aux  handicapés, personnes âgées ou encore aux parents accompagnés d'enfant en bas âge (la section jeunesse est située au quatrième étage). Pour mémoire la bibliothèque Picpus-Hélène Berr avait déjà dû fermer ses portes pendant pas mal de temps au début de l’année pour les mêmes raisons (lire ici). Et dire que la municipallité parisienne veut la faire ouvrir le dimanche.

On sait déjà que cela se fera au détriment des règles les plus élémentaires de santé et sécurité selon un document remis à Bruno Julliard lors du CHSCT (lire ici).

La bibliothèque Picpus-Hélène Berr (XIIe) fermée jusqu’à nouvel ordre car toujours privée d’ascenseur

     L'adjoint à la Culture prie ses grands dieux pour que l'ascenseur de Picpus marche un jour

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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 09:18

De leur côté, les personnels commencent à en avoir vraiment marre du climat délétère qui règne dans l’ossuaire de la place Denfert-Rochereau

La mairie de Paris voulait s’en mettre plein les fouilles avec les catacombes en augmentant de manière spectaculaire le prix des tickets (lire ici) mais promettait à ce tarif des conditions d’attente optimales. Une manoeuvre obtenue en réduisant… la durée de la visite ! Habile...

« Le temps d’attente sera considérablement réduit, ce qui permettra d’ailleurs d’attirer de nouveau les Parisiens qui boudaient les catacombes parce qu’ils n’avaient pas envie d’attendre trois heures avant d’entrer dans le site » pronostiquait ainsi la patronne de Paris-Musées au quotidien 20 minutes.

Eh ben c’est raté, car selon le témoignage des agents il faut désormais compter…. deux à trois heures avant de pouvoir espérer mettre un pied dans l’ossuaire de la Place Denfert- Rochereau. Il est vrai que la file fait plusieurs centaines de mètres comme le montre notre vidéo. Et aucune mesure n’est prise par Paris-Musées pour rassurer ou renseigner les visiteurs. Conséquence : les agents doivent régulièrement calmer et réguler une foule au bord de l’explosion sans qu’aucune mesure ne soit prise par Paris-Musées pour rassurer ou renseigner les visiteurs.

De leur côté, les personnels commencent à en avoir vraiment marre du climat délétère qui règne aux Catacombes, comme l’illustre, parmi d'autres épisodes, l’état de leur salle de repos occupée illégalement par des cartons qui dégagent par ailleurs une odeur pestilentielle au mépris de toutes les règles d’hygiène et de sécurité. A Paris-Musées d’agir pour mettre fin aux mauvaises conditions qui touchent aussi bien les agents que le public.

 

                                           Aux Catacombes, même les cartons font la queue...

Deux à trois heures d’attente pour pouvoir entrer aux Catacombes
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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 08:12
Paris XIIIe : des handicapés interdits de bibliothèque !

L’élévateur pour personne à mobilité réduite, en panne depuis sa mise en service, est passé de la deutsche qualität à la qualité parisienne

C’est un véritable cri du cœur que lancent les personnels de la bibliothèque Glacière-Marina Tsvetaïeva, située dans le XIIIe arrondissement de Paris ! « On ne peut pas continuer à faire venir des personnes handicapées, qui trouveront soit un appareil en panne, soit un traquenard lorsque celui-ci se bloque (c'est-à-dire tout le temps. NDR), puisqu'elles risquent de se retrouver enfermées dans une cabine sans toit, soumise à toutes les intempéries, que ce soit pluie, froid ou chaleur, selon les saisons ! ». Pas faux.

Sans compter qu'ensuite les personnes bloquées une fois libérées se retrouvent… de nouveau sur le trottoir ! Bref, pour les usagers handicapés avec fauteuil (ou à mobilité très réduite) du côté de la Glacière, c’est chaud !

Cet ascenseur est pourtant un équipement neuf puisqu'installé lors de la restructuration complète de l’établissement, qui a réouvert en février 2015. Mais voilà, depuis dix-huit mois le personnel de la bibliothèque s’arrache les cheveux devant les pannes à répétition de cet appareil, sûrement fort coûteux, fourni par la société Thyssen-Krupp. Visiblement la deutsche qualität n’est plus ce qu'elle était. Et malgré les plaintes des lecteurs qui commencent à s’accumuler sur le cahier de réclamation QualiParis, force est de constater l’impuissance de l’administration parisienne et de la mairie d’arrondissement pour que l’EPMR (élévateur pour personne à mobilité réduite) sorte une bonne fois pour toute de sa mobilité très réduite.

Sauf que la chose, même continuellement en panne, commence déjà à être complètement dégradée, comme l’ont constaté les techniciens de Thyssen-Krupp venus plusieurs fois... quand le personnel de la bibliothèque a réussi à les joindre !!! Des techniciens qui avaient l’œil (et l’odorat !!!) : apparemment l'élévateur, situé au niveau de la rue et non bordé par une clôture dissuasive, sert désormais d’urinoir à ciel ouvert (en tout cas la nuit). Si bien qu’une  couleur jaunâtre s’est dernièrement intégrée au plancher... On savait que le maire du XIIIe, Jérome Coumet, a pour ambition de faire de son arrondissement un haut lieu du street art (voir ici), peut-être finalement va-t-il être ravi d'apprendre (et avec lui Bruno Julliard,  lui aussi élu de l’arrondissement) qu’il peut désormais y ajouter une œuvre à la Marcel Duchamp ! Qualité parisienne cette fois.

Quant aux usagers à mobilité réduite qui comptaient fréquenter la bibliothèque de la rue de la Glacière : tant pis pour eux, ils devront se contenter de cette nouvelle forme de culture...

 

   Bibliothèque Glacière : le maire du XIIIe, heureux, récupère une oeuvre à la Marcel Duchamp

Paris XIIIe : des handicapés interdits de bibliothèque !

                              - Hé ben mon Jérôme, félicitations ! En plus c'est en Odorama !!!

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 11:18
Paris : le projet d'ouverture le dimanche d'une bibliothèque vue sous l’angle de la santé-sécurité au travail

Bâtiment, pénibilité, santé, sécurité, responsabilité, qualité empêchée, injonction contradictoire, inégalité femme-homme… détail d’un document remis à Bruno Julliard lors du CHSCT

La mairie de Paris compte ouvrir d'ici 2019 sept nouvelles bibliothèques le dimanche : Parmentier (XIe), Hélène Berr (XIIe), Melville (XIIIe), Aimé Césaire (XIVe), Germaine Tillion (XVIe), Rostand (XVIIIe) et Sabatier (XVIIIe)... Un projet qui n’est pas sans conséquences sur la santé et la sécurité au travail et que visiblement la mairie de Paris n’avait pas anticipé. Mais alors pas du tout. C’est pourquoi la question a été abordée au Comité Hygiène et Sécurité (CHSCT) de la direction des Affaires Culturelles.

Un véritable audit a donc été réalisé par des spécialistes de la question (relais de prévention, membre du CHSCT) sur la bibliothèque Hélène-Berr, rue de Picpus (XIIème) car cette dernière est censée ouvrir le dimanche avant la fin de l'année. Dans ce document présenté au CHSCT présidé par Bruno Julliard, le premier adjoint à la culture, il est stipulé que les conditions d’ouverture proposées par l’administration parisienne qui impliquent la présence de seulement sept bibliothécaires titulaires (pour se contenter d’une seule création nette de poste budgétaire) « ne permettent ni un travail de qualité ni la médiation culturelle dont parle la sénatrice, madame Sylvie Robert dans son rapport de novembre 2015 ». De plus, ces mauvaises conditions annoncées  « présentent des risques supplémentaires pour la santé de l’équipe et la sécurité en général dans le bâtiment ». Une analyse très argumentée.

Commençons tout d’abord par les contraintes bâtimentaires pour un établissement qui compte six étages ouverts au public, un seul ascenseur et pas de retour centralisé des documents. Un bâtiment qui en plus reçoit beaucoup de monde, jusqu’à 1500 personnes de passage à la médiathèque un samedi. Conséquence de cette forte affluence, un impact direct et non négligeable sur la pénibilité au travail car la bibliothèque Hélène-Berr effectue un nombre de prêts qui la classe troisième du réseau parisien.

« En reprenant les chiffres de prêts de ces derniers mois rapportés à chaque agent, on se rend compte que chacun a traité en moyenne 1738 prêts par mois. On est quasiment dans les mêmes proportions que Yourcenar (XVe) et Duras (XXe). Or ces bibliothèques (de tailles également comparables) ont chacune dix postes de titulaire pour ouvrir le dimanche (contre seulement sept prévus pour Hélène-Berr) ». Evidemment y a comme un hic, c’est pourquoi les personnels de la rue de Picpus qui seront contraint de travailler le dimanche réclament dix titulaires. On voit, CQFD, que ce calcul justifie au minimum cette demande. La mairie de Paris n’a pour le moment brandit aucun document, ni fait aucune étude pour contrer cet argument.

Dans cet audit sur la bibliothèque Hélène-Berr sont également détaillés les problèmes de santé lié au travail, notamment les troubles musculo-squelettique (TMS) très courants dans le métier de bibliothécaire. « Avec deux aménagements de poste et quatre tendinites, plus les maux de dos à récidive. Il semble évident de prévoir que ces problèmes iront en s’aggravant si on ajoute à la charge de travail des dimanches avec cinq heures de service public en continu » est-il écrit.

Paris : le projet d'ouverture le dimanche d'une bibliothèque vue sous l’angle de la santé-sécurité au travail

Autres problèmes soulevés dans le document présenté au CHSCT, les questions de sécurité et de responsabilité. « Les agents savent évacuer les six étages publics en 2:44 (temps établi au dernier exercice chronométré par Cecys, le consultant missionné par la Ville) mais il nous faut être onze titulaires pas sept » rappellent des agents qui non seulement connaissent bien le bâtiment mais de plus sont de mieux en mieux formés aux règles de sécurité. Comment les étudiants censés remplacer les bibliothécaires titulaires le dimanche pourront-t-ils faire face seulement en cas de problème avec la sécurité incendie mais aussi le traitement des relations houleuses avec certains usagers.

« Quand à la responsabilité prise par les cadres qui vont se trouver en charge de l’établissement le dimanche, nous osons espérer qu’elle est claire pour tous car parfois les conservateurs eux-mêmes ne réalisent pas l’étendue de leur responsabilité personnelle en cas d’accident » pointe le document remis à Bruno Julliard. Là aussi la mairie est restée sans réponses

Autre aspect parfois méconnu mais qui fait partie des familles de risques identifiées dans les trouble psycho-sociaux (RPS) et donc des questions de santé au travail :  la qualité empêchée. La bibliothèque Hélène-Berr est établissement pilote de QualiParis, labellisée, tamponnée, reconnue par tous, surtout par les usagers. « Nous assurons un gros travail de médiation auprès d’eux, autant sur les collections que sur les outils numériques, avec des accompagnements personnalisés. Nous avons un programme d’événements et d’animations exceptionnel, il se passe toujours quelque chose à Hélène Berr, toute l’année » déclarent les personnels.

Toute l’année peut être, mais une chose est sûre ce ne sera pas le dimanche. « Le dimanche les conditions de fonctionnement proposées nous permettent de passer des documents en retour, c’est tout ce que nous pourrons faire. Si jamais nous recevions ce jour là des publics dits « éloignés », il faudrait s’interroger sérieusement sur le service que nous leur rendons car il y aurait inégalité de traitement » remarquent encore les bibliothécaires.

Et oui, les élus et leur administration préfèrent la quantité à la qualité. En contradiction flagrante avec le projet d’établissement qui a été validé par la Mairie de Paris. Chez les spécialistes des questions du travail, on appelle cela une injonction contradictoire, un autre facteur bien connu des RPS comme le rappelle le site du ministère du Travail. Quant à ouvrir des bibliothèques le dimanche pour répondre aux attentes des Parisiens, pour le moment personne ne sait trop au juste de quoi il s’agit. Le bilan des ouvertures dominicales n’ayant jamais été fait, ni au regard de la santé des personnels ni à celui de la satisfaction du public ou même la réalisation d'un quelconque projet de lecture publique.

Paris : le projet d'ouverture le dimanche d'une bibliothèque vue sous l’angle de la santé-sécurité au travail

Ouvrir pour qui ? Pourquoi ? c’est vrai que cette question n’a jamais reçu de réponse en termes de politique culturelle. La seule qu’admet à demi-mot l’administration elle même, c’est « ouvrez le dimanche. Même sans personnel formé, même sans animation, même si personne ne vient » ou encore  « faites ce que vous voulez, bien ou mal, mais faites le plus longtemps, et que ça se voie ».

Enfin last but not least, surtout dans un secteur toujours ultra féminisé comme les bibliothèques, l’argumentaire présenté à Bruno Julliard se penche sur l’inégalité femme-homme. « Le travail en horaires décalés tourne toujours en défaveur des femmes » a ainsi remarqué ...madame Anne Hidalgo en personne dans son livre Travail au bord de la crise de nerfs, notamment des femmes seules avec enfant. Vu que le montant de la prime accordée aux bibliothécaires par la municipalité correspond tout juste à une journée de baby sitting (non déclaré), encore une fois, les femmes devront calculer si elles perdent de l’argent en venant travailler.

D’une manière plus générale, ces horaires vont perturber encore plus la vie familiale et sociale des agents qui travaillent déjà le samedi, tous les samedis mais aussi jusqu'à 19 heures. Des horaires déjà atypiques dont les effets ont été analysés par les sépacialistes de la santé au travail (lire ici). Quand voyons-nous nos enfants, nos conjoints, nos amis ? Et bien avec le projet de la mairie de Paris, dix fois dans l’année nous seront encore moins disponibles pour nos proches. Pas vraiment ce que l’on peut appeler un signe de progrès social.

D’autant que se pose le problème du volontariat. Il n’y a pas assez de poste dans le réseau pour faire muter toutes celles et ceux qui voudront garder leurs dimanches ; pour certains autres, c’est l’argent qui prévaudra. Dans tous les cas, le volontariat, comme l'écrivait encore une fois madame Hidalgo, « est plus que contraint » par des questions d’éloignement ou de budget. Qu'en pense la maire de Paris ?

 

                « Le travail en horaires décalés tourne toujours en défaveur des femmes »

Paris : le projet d'ouverture le dimanche d'une bibliothèque vue sous l’angle de la santé-sécurité au travail

                - Tiens Bruno, j'ai écrit un truc sur le travail du dimanche, qu'est ce t'en dis ?

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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 14:09
Bruno Julliard se prend une veste de la part de la majorité des syndicats de Paris-Musées

Les élus du CHSCT ont refusé de participer à ce qui n'est devenu qu'une simple mascarade

Il n’y a pas qu’avec le gouvernement de Manuel Valls que le dialogue social tourne à l’affrontement.  À la mairie de Paris, bien qu’occupée par des « frondeurs », c'est également le cas. Et plus particulièrement au sein des musées municipaux de la capitale.

A tel point que la quasi-totalité des syndicats (CGT, FO, UNSA et SUPAP) a annoncé le boycott du Comité d’Hygiène et de Sécurité (CHSCT) de l’établissement public, Paris-Musées. Son président, Bruno Julliard ayant, il est vrai, refusé la mise à l'ordre du jour de nombreux points pourtant demandé par le secrétaire en charge de l’instance.

« Le président empêche, limite, fait le tri. Il peut ainsi orienter et évacuer les sujets qui dérangent, sans qu’ils ne puissent aucunement faire l’objet d’un vote, d'une délibération qui pourrait lui être opposable » on déclaré les syndicats pour justifier leur refus de participer à cette mascarade.

Autre reproche fait par les partenaires sociaux : « Paris-Musées limite et refuse l'information nécessaire aux missions du comité et de son secrétaire ». Un délit selon le Conseil Constitutionnel  qui a ainsi jugé en 1993 que le « respect du VIIe alinéa du Préambule de la Constitution de 1946 implique que les représentants des salariés bénéficient des informations nécessaires pour que soit assurée la participation du personnel à la détermination collective des conditions de travail et à la gestion de l’entreprise (déc. no 93-328 DC du 16 décembre 1993) ». On ignore si Bruno Julliard compte couvrir encore longtemps toutes les irrégularités de la direction de l'établissement public en charge des musées parisiens.

Avant toute reprise des discussions les syndicats demandent donc au premier adjoint d’Anne Hidalgo « l’application des textes réglementaires » Ce qui est, convenons - en, le moins que l’on puisse attendre de la part de l’ancien syndicaliste étudiant. Les élus du CHSCT demandent également des « moyens pour l’accomplissement des missions du comité de prévention des risques professionnels » largement insuffisant jusque là. Ils exigent surtout « que leurs missions et leur travail se déroulent dans un climat serein et non semés d’embûches, lesquelles sont posées ça et là par Paris-Musées ».

Mais les représentants des personnels ont gardé le meilleur pour la fin en déclarant qu'ils « aimeraient bien que le Président consacre suffisamment de temps à chaque ordre du jour et n'expédie pas la séance en deux heures de temps comme c’est le cas actuellement ». En effet, Bruno Julliard cumulant les fonctions à la mairie de Paris (premier adjoint, adjoint à la culture, adjoint à la nuit, adjoint en charge des relations avec les mairies d’arrondissement, adjoint en charge du Patrimoine, président de Paris-Musées, administrateur à la RIVP, au syndicat d’assainissement, etc….)  est en général peu ( voire pas du tout) disponible lorsqu’il s’agit d’aborder les questions sociales. A croire que rencontrer des syndicalistes lui fait horreur….

Bruno Julliard se prend une veste de la part de la majorité des syndicats de Paris-Musées

                - Jesus, Marie, Joseph, délivrez-moi des syndicats de Paris-Musées

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 08:30
Paris : A la bibliothèque Jacqueline de Romilly, la chaleur est tellement étouffante que même les usagers font des malaises

« Les conditions de confort thermique et de renouvellement d'air dans cet établissement ne semblent pas respecter les critères compatibles avec la préservation de la santé » alerte la médecine du travail

A la bibliothèque Jacqueline de Romilly, on étouffe ! L’établissement, situé dans le quartier de la Porte Montmartre (XVIIIe), est pourtant neuf,  inauguré en effet il y a moins de trois ans. Problème, ce dernier semble souffrir d’un véritable défaut de conception. Et pas qu'un peu…

Car voilà, cette nouvelle bibliothèque a été construite avec des baies vitrées évidemment, exposée s au soleil mais…..qui ne s’ouvrent pas !  Il s’avère, en plus, que le système d’approvisionnement d’air n’est pas visiblement efficace au regard  de la surface d’un tel bâtiment. Il y a donc un problème évident de chaleur et de renouvellement naturel de l’air.

Forcément après trois années de travail dans ces conditions, le personnel qui a été de bonne composition jusqu’à présent, arrive plus qu’à saturation. Et on les comprend, car cette situation n’est pas sans conséquence sur leur santé puisque cela entraine maux de tête, nausées, sensations de grandes fatigues mais aussi des problèmes de douleurs dans les jambes. Les bibliothécaires sont désormais au bord de l’épuisement.

Toute l’équipe a ainsi dû faire appel au médecin de travail et les conclusions envoyées à la Direction des Affaires Culturelles sont sans appel : « les conditions de confort thermique et de renouvellement d'air  dans cet établissement ne semblent pas respecter les critères compatibles avec la préservation de la santé ». De quoi jeter un froid en effet.

Mais il n’y a pas que les agents qui se plaignent des conditions thermiques de la bibliothèque Jacqueline de Romilly. Les usagers n’hésitent pas eux aussi à dénoncer les mauvaises conditions d’accueil, en particulier dans les salles de travail du premier étage, salle d’animation ou encore dans celle qui accueille la petite enfance. Des plaintes que la Mairie de Paris a normalement dû consulter car elles sont consignées dans le cahier de réclamation QualiParis. Les températures à l’intérieur du bâtiment sont d’ailleurs parfois telles que dernièrement trois lecteurs ont même eu un malaise, dont un a été transporté par le SAMU. Or ce jour-là il ne faisait pas particulièrement chaud.

On attend désormais la réaction de Bruno Julliard sur cette situation. Ça tombe bien, notre syndicat a mis ce sujet à l’ordre du jour du CHSCT de la Direction des Affaires Culturelles, présidé justement par le premier adjoint également en charge de la culture. Ce sera le 16 juin. Et en principe la salle sera climatisée.

  Le président du CHSCT interpellé sur la situation de la bibliothèque de la porte Montmartre

Paris : A la bibliothèque Jacqueline de Romilly, la chaleur est tellement étouffante que même les usagers font des malaises

                                                          - Pfff, c'est vrai que c'est chaud

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 13:41
La bibliothèque Parmentier de nouveau en plan Vigicrue

« L’établissement est en rupture de matériel de balisage » constatent noyés les bibliothécaires

La bibliothèque de l’avenue Parmentier, située à deux pas de la mairie du XIème arrondissement est encore inondée. Et la crue de la Seine n’y est pour rien. Un problème de verrière parait-t-il. Si peu étanche que les fuites sont régulières. L’an dernier déjà le déluge était tel que les collègues avaient dû installer onze seaux (oui onze !!!) pour colmater la fuite (voir ici la spectaculaire vidéo). Il n’empêche : l’eau avait envahi partiellement les deux niveaux de l'établissement, ainsi que les locaux du personnel... Lesquels venaient d’être rénovés ! 

Et puis replouf, il y a un mois. Avec cette fois un risque d’électrocution pour les enfants (et leurs parents). « Comme l’eau coule sur l’éclairage nous n’autorisons plus l’accès à la section jeunesse » préviennent auprès du public les personnels de Parmentier. Sage précaution.

Puis, en début de semaine dernière, au moment des fortes pluies qui se sont abattues sue la capitale, les collègues ont de nouveau constaté pas moins.... de huit points de fuite ! Deux en jeunesse, quatre  en adulte et deux au sous sol. N’en jetez plus. Manque plus que le Zouave ! « La fuite a abimé quelques romans jeunesse et depuis un neuvième point de fuite s’est déclaré en jeunesse à nouveau, mais a très rapidement arrêté de couler. Voilà la bibliothèque est parsemée de seaux et nous n’avons plus assez de bandeau de chantier pour baliser les fuites » constatent noyés les personnels.

Mais si l’eau reflue sur la capitale, visiblement elle se déverse sur la bibliothèque Parmentier car plouf, plouf , une énorme fuite s’est de nouveau déclarée ce mercredi 8 juin !  Et nouveau plan Vigicrue dans le XIème arrondissement. « La section jeunesse a augmenté le périmètre de sécurité en recyclant les bandeaux de chantiers d’autres points de fuite puisque l’établissement est en rupture de stock de matériel de balisage » constatent nos désormais spécialistes des voies navigables. Aux dernières nouvelles, la mairie de Paris souhaite ouvrir cette bibliothèque le dimanche. Faudra d’abord consulter Météo-France.

N’empêche, ces fuites abondantes risquent de continuer longtemps car d’après la mairie de Paris, bien que le problème soit connu et récurrent, il serait difficile de réparer la verrière car celle-ci est en multi-copropriété avec les immeubles voisins. Ce qui permet à chacun de se renvoyer la balle... De water-polo ?

                 A la bibliothèque Parmentier, la Ville de Paris fait dans le comique de répétition

La bibliothèque Parmentier de nouveau en plan Vigicrue

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 17:09
A Carnavalet, Paris-Musées nous fait la TOTAL !

Un partenariat pourtant en complète contradiction avec les valeurs affichées par Anne Hidalgo et Bruno Julliard

Encore un pas franchi dans la marchandisation des musées municipaux de la capitale. Après la location des catacombes au site Airbnb, voilà que Paris-Musée va nous faire la Total, cette fois à Carnavalet. Et attention, c’est aussi lourd que du pétrole brut.

La prestation est prévue pour ce vendredi 10 juin et pour cela il a été lancé un appel en direction des agents d’accueil du musée pour une visite privée nocturne destinée…. au groupe Total ! Oui, oui, le Total que vous connaissez dont le PDG, songe à réviser sérieusement  « les investissements prévus en France en raison du blocage de raffineries par des opposants à la loi travail » exerçant la un honteux chantage sur les personnels.

Last but not least, Il est spécifié qu'aucun plateau-repas ne sera délivré aux agents qui seront d’astreinte à cette occasion...Qui dort dîne ?

Cela coûterait probablement trop cher à Total bien que son PDG ait touché en 2015 un salaire de 4,7 millions d'euros. Une paille, puisque ce dernier a osé déclarer « dans le marché européen et mondial je peux vous dire que, par rapport à mes collègues américains et anglo-saxons, ils me prennent pour un petit rigolo ». Totalement ?

Chez Total on ose tout d'ailleurs puisque c'est aussi un groupe, « qui ne paie pas d'impôt sur les sociétés en France, et qui pourrait toucher un chèque du fisc de 80 millions en 2017 au titre du CICE (crédit d’impôt compétitivité) et du Crédit d'Impôt Recherche. Ce qui suscite des critiques... »  peut-on lire…. jusque dans Le Figaro ! Un journal qu'on ne peut pourtant pas soupçonner de gauchisme échevelé (lire ici).

Reste à la mairie de Paris d'annuler ce partenariat en complète contradiction avec les valeurs véhiculées par le socialisme municipal. A moins de finalement faire appel à un traiteur ?

A Carnavalet, Paris-Musées nous fait la TOTAL !

                                    - Tiens mon gars, va t'chercher un petit sandwich

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Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans musées
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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 12:37
Les bibliothécaires sortis de l’enssib et recrutés par la Ville de Paris échapperont-ils aux risques psycho-sociaux ?

A peine arrivés, voilà que nos nouveaux bibliothécaires veulent déjà partir. Un vrai gâchis…

C’est un phénomène inquiétant qui vient de survenir. Et qui pourrait bien s’étendre et s’aggraver si rien n’est fait. On parle là du mauvais accueil fait aux bibliothécaires tout jute sortis de l’enssib (École Nationale Supérieure des Sciences de l’Information et des Bibliothèques) et affectés dans les bibliothèques municipales de la Ville de Paris. Mais plus qu’un mauvais accueil, signe du délitement en la matière de l’administration parisienne - Bureau des Bibliothèques et Direction des Affaires Culturelles -, c’est désormais, vu les mauvaises conditions qui ont cours au quotidien, de risques psycho-sociaux  dont il est question pour nos nouveaux collègues dont c’est la première expérience avec de telles responsabilités. Une situation qui génère une véritable souffrance au travail. Il est vrai que ces personnels sont littéralement jetés dans la nature et, pour certains d’entre eux, livrés à eux mêmes.

Pour la petite histoire, les bibliothécaires de la Ville de Paris, qui sont donc des cadres de catégorie A de la fonction publique, sont recrutés par le biais du concours externe et interne de bibliothécaire d’État, puis formés avant leur prise de poste pendant une durée de six mois à l'enssib, une école basée à Villeurbanne dans la banlieue de Lyon. Enfin en théorie. Car dans la pratique cette « formation »  ne semble absolument pas adaptée au profil et aux spécificités de la lecture publique. Pas étonnant quand on sait que la quasi totalité du programme est dédiée aux bibliothèques universitaires. Et pourtant, la ville de Paris finance en partie cette formation ! Cherchez l’erreur…

De fait en sortant de cette école, nos collègues, dont certains deviennent directement responsable d’établissement (et souvent les plus difficiles à l’image de ces profs envoyés directement en ZEP) n’ont reçu aucun cours leur permettant de faire face à des questions managériales, notamment toutes les questions de DRH, ou encore de gestion d'un bâtiment. Des notions pourtant indispensables quand on connaît la complexité de l’administration parisienne (les bibliothèques dépendent de la direction des affaires culturelles mais la gestion bâtiment, les question de sécurité des biens et des personnes ou autres… relèvent d'autres directions) sans même parler du rôle trouble joué parfois par les mairies d’arrondissement, la mairie centrale et les différentes strates administratives. Bref, aucune préparation concrète aux missions qui allaient leur incomber.

Les bibliothécaires sortis de l’enssib et recrutés par la Ville de Paris échapperont-ils aux risques psycho-sociaux ?

Des agents qui ont pourtant alerté leur futur employeur à travers une lettre ouverte. « Pendant cette formation, nous sommes rémunérés par la Ville de Paris. Quels contacts avons-nous eu avec notre hiérarchie et nos futurs collègues avant d’arriver directement en poste ? Pratiquement aucun ». Un constat guère flatteur pour le bureau des bibliothèques (BBL) pourtant bardé de chefs de secteur, d’autres en charge de « l’inspection » et d’autres, encore plus nombreux, en charge « de l’accueil et de la formation ».

Pire, ils ont eu souvent l’occasion de ne pas être les bienvenus. Il y a bien sûr les difficultés pour se loger, car beaucoup d’entre eux ne sont pas parisiens : « la Ville de Paris n’est pas capable de fournir rapidement une aide ou de nous orienter vers un service logement efficace. Ne savoir que quelques semaines avant la prise de poste dans quel établissement nous serons affectés ne nous aide pas à trouver un logement compte tenu de la situation à Paris, notamment du prix des loyers » remarquait amèrement un de ces nouveaux arrivants. Mais en plus, les affectations tournent parfois au véritable parcours du combattant.

« J'ai dû repasser des entretiens, refaire des allers-retours entre Paris et Lyon (siège de l’enssib) à des intervalles très réduits et n'ai eu mon affectation que deux semaines avant ma prise de poste. Cette période a été très très difficile pour moi : j'étais épuisée par les trajets et la fin de la scolarité à l'enssib, complètement déprimée du fait des multiples rejets de la part des établissements et je n'ai pas du tout été soutenue dans cette épreuve » a ainsi déclaré une collègue dans cette même lettre ouverte adressée au bureau des bibliothèques (BBL) de la Direction des Affaires Culturelles, son administration de tutelle.

Les bibliothécaires sortis de l’enssib et recrutés par la Ville de Paris échapperont-ils aux risques psycho-sociaux ?

Bon, si le BBL n’a pas d’idées sur comment améliorer cette (très mauvaise) situation, les intéressés lui en ont soufflé quand même. Comme les informer sur les questions de temps de travail, congés, formation…ou encore permettre aux bibliothécaires de faire leur stage de cinq semaines.... à la Ville de Paris !

Autres suggestions toutes simples : la création d’une adresse mail dans la messagerie interne avant d’arriver officiellement en poste (logique puisqu’ils sont d’ailleurs agents de la ville dès leur entrée à l'enssib) ce qui leur donnerait ainsi accès aux informations via IntraParis, mais aussi l’envoi du « guide de l’encadrant » au format PDF, lequel fourmille d’informations très utiles, notamment pour faire face aux futures demandes des agents placés sous leur autorité. Autre outil qui leur serait très utile : un annuaire « bibliothèques » avec les principaux interlocuteurs (DAC, SRH, SLA, BBL…). Des solutions pas très compliquées, non ?

Enfin une fois arrivés dans le réseau, ces cadres A aimeraient bien se voir transmettre un calendrier de travail à l’échelle d’une année (action culturelle, entretiens d’évaluation, recensement de formation, plan d’équipement, projet d’établissement, QualiParis, réunions de secteur, séminaire des cadres, visite d’architecture…). Une information capitale pour ceux qui sont en charge de la direction d’un établissement et qui ne bénéficient même pas d’un suivi particulier par leur chef de secteur. Sans doute pour des raisons organisationnelles et opérationnelles. Mais bon, n’empêche que l’administration a une responsabilité toute particulière sur ces questions.

Les bibliothécaires sortis de l’enssib et recrutés par la Ville de Paris échapperont-ils aux risques psycho-sociaux ?

Car parfois l’exercice tourne carrément au cauchemar. « J’étais quotidiennement confrontée à des problèmes techniques (portes automatiques qui dysfonctionnent, coupure de courant, appareils qui tombent en panne, mobilier à changer) mais aussi humains (pose de congés, arrêts maladie, demandes de formations, évaluation des agents), tout en ayant aucune idée de la manière de procéder ni des interlocuteurs à contacter » témoignait ainsi une autre collègue. Toutefois, malgré ce constat un peu accablant fait officiellement auprès de leur hiérarchie et ce jusqu’au plus haut niveau, les choses ne s’améliorent pas.

Bien au contraire même, car ces cadres continuent de souffrir et arrivent désormais à saturation. Beaucoup sont extrêmement fatigués avec le risque pour certains de passer l’étape de la déprime.  Et  notre syndicat de poser cette question : est-ce normal qu’une municipalité  telle que la Ville de Paris place un agent, frais émoulu certes, mais n’ayant aucune expérience professionnelle dans le milieu à la direction d’un établissement, pour encadrer une dizaine d’agents, en sachant pertinemment que le poste est difficile ? Nous poserons officiellement cette question à l’occasion du CHSCT de la direction des affaires culturelles présidé par le premier adjoint, Bruno Julliard.

En attendant les solutions que compte apporter l’adjoint en charge de la culture, ce dernier est donc officiellement alerté que ce système mis en place par ses services est clairement générateur de souffrance au travail malgré les déclarations de  la municipalité parisienne de s’attaquer « en priorité » aux risques psycho-sociaux. La mairie de Paris doit savoir que nos collègues ne pensent qu’à une chose : échapper à cette situation très vite. Certains en espérant pouvoir changer de poste au sein du réseau, d’autres en demandant leur mutation en province. D'autres encore envisagent même des solutions plus radicales comme de demander une mise en disponibilité. A peine arrivé, voilà que nos nouveaux bibliothécaires veulent déjà partir. Un vrai gâchis…

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