Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

C'est Qui ? C'est Quoi ?

  • : Le blog de CGT Culture DAC Ville de Paris
  • Le blog de CGT Culture DAC Ville de Paris
  • : Blog du Syndicat CGT Culture de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris.
  • Contact

Qui sommes nous ?

Nous sommes des personnels de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, travaillant dans les bibliothèques, conservatoires, musées, ateliers des beaux-arts, services centraux...

Nous militons au sein de la CGT pour défendre les droits des salariés, la qualité du service public rendu aux Parisiens.

Pour vous syndiquer, demander conseil, faire des réclamations, envoyer des informations, une seule adresse : daccgtculturegmail.com


Recherche

Pages

4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 10:51
Loi Travail : tous en grève et dans la rue le mercredi 9 mars

Allez, tous ensemble pour faire entrer ce gouvernement dans le vrai XXIe siècle

Salariés du privé, du public, précaires, chômeurs, lycéens et étudiants : Il devrait y avoir du monde le mercredi 9 mars à l’appel des syndicats et des organisations de jeunesse pour demander le retrait du projet de loi sur le code du travail. Un texte qui nous renvoyait furieusement tout droit au XIXe siècle. Un projet « ni amendable, ni discutable » pour la majorité des habitants de ce pays comme le prouve la pétition mise en ligne et qui file vers le million de signataires. La goutte de trop surtout….

En tout cas, le 9 mars ça va être sportif car deux manifestations sont prévues ce jour là. A tout seigneur, tout honneur. Un premier rassemblement sera organisé par les syndicats à 12h30 devant le siège du Medef, avenue Bosquet (VIIe) dans les beaux quartiers (le métro le plus proche est École Militaire). L’occasion d’aller saluer notre ami Pierre Gattaz. Direction ensuite le ministère du travail, Rue de Grenelle, toujours dans le même arrondissement. Comme on le voit les deux institutions déjà très proches idéologiquement le sont aussi géographiquement.

Après cette mise en jambe (et quelques merguez), direction la place de la République où aura lieu le grand rassemblement de la journée à 14 heures avec le renfort de la jeunesse. Allez tous ensemble le mercredi 9 mars pour faire entrer ce gouvernement dans le vrai XXIe siècle (lire ici).

 

                           Loi Travail : tous en grève et dans la rue le mercredi 9 mars

Loi Travail : tous en grève et dans la rue le mercredi 9 mars

                                          - Eh ben, qu'est ce que j'ai fait venir comme monde !

                                    - Ouais, plus fort que le discours du Bourget....

Repost 0
Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans Informations
commenter cet article
3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 14:46

.

La CGT de Paris-Musées dit non au projet de loi El-Khomri et appelle à manifester le 9 mars

.

Parce que nous sommes solidaires de tous les salariés du privé comme du public (et les deux coexistent dans notre établissement public) mais aussi parce ce que si ce texte passe, la prochaine étape sera la réforme du statut des fonctionnaires

Soyons tous en grève (et dans la rue)  le mercredi 9 mars à l’appel des syndicats et des organisations de jeunesse pour demander le retrait du projet de loi sur le code du travail. Un texte qui nous renvoyait furieusement tout droit au XIXe siècle (voir ici le détail). Un projet « ni amendable, ni discutable » pour la majorité des habitants de ce pays comme le prouve la pétition mise en ligne et qui file vers le million de signataires. La goutte de trop surtout….

Si la CGT de Paris-Musées dit non au projet de loi El-Khomri c’est parce que nous sommes solidaires de tous les salariés du privé comme du public (et les deux coexistent dans notre établissement public)  mais aussi parce que si ce texte passe, l’étape suivante sera la réforme du statut des fonctionnaires...

Et, pour le coup, les agents affectés à Paris-Musées ont un avant goût de ce qui pourrait arriver, eux qui depuis sa transformation en établissement public, ont pu constater les dérives d'une gestion très libérale : rentabilisation des agents, suppression de postes de veilleurs de nuit sans souci des risques encourus par le patrimoine et les réticences des prêteurs, tentatives répétées de contourner les organisations syndicales démocratiquement élues par les personnels afin de sonder directement les agents souvent mal informés, influençables et pour certains manipulables.

Mais Paris-Musées, c’est aussi la prolifération de soirées privées, l’extension des horaires sans créations de postes, la remise en cause de l'accord RTT et le recours à des contractuels ou des Contrat d’Avenir qui effectuent les tâches théoriquement confiées à des fonctionnaires. On se demande bien quelle peut être la couleur politique de l’élu qui préside cet établissement public.

En tous cas, parce que les musées sont gardiens de notre patrimoine et que notre patrimoine c'est aussi l'histoire des luttes, des acquis sociaux, des artistes engagés pour la diffusion de la culture, pour que tous aient le temps et les moyens d'y accéder, pour que ceux qui font vivre les musées soient respectés et considérés, de l'agent de surveillance au conservateur, pour toutes ces raisons et pour tant d'autres, la CGT de Paris-Musées dit non au projet de loi El-Khomri et appelle à la grève le 9 mars.

Un premier rassemblement sera organisé par les syndicats à 12h30 devant le siège du Medef, avenue Bosquet (VIIe) dans les beaux quartiers (le métro le plus proche est École Militaire). L’occasion d’aller saluer notre ami Pierre Gattaz. Direction ensuite le ministère du travail, Rue de Grenelle, toujours dans le même arrondissement. Comme on le voit les deux institutions déjà très proches idéologiquement le sont aussi géographiquement. Après cette mise en jambe (et quelques merguez), direction la place de la République où aura lieu le grand rassemblement de la journée à 14 heures avec le renfort de la jeunesse. Allez tous ensemble le mercredi 9 mars pour faire entrer ce gouvernement dans le vrai XXIe siècle (lire ici).

 

                       Pour sûr, y aura du monde le 9 mars pour protester contre la loi Travail

La CGT de Paris-Musées dit non au projet de loi El-Khomri et appelle à manifester le 9 mars
Repost 0
Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans musées
commenter cet article
1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 08:09
Les parents d’élèves dénoncent les conditions d’ouverture du nouveau conservatoire du Forum des Halles

               Pourtant Mozart avait l'habitude « de passer dans le coin » 

La mairie de Paris en était tellement fière qu’elle a sorti tambours et trompettes pour annoncer l’ouverture prochaine de quatre nouveaux équipements, notamment une bibliothèque et un conservatoire sous la canopée du Forum des Halles. « Ce sera un centre culturel majeur, l'émergence d'une nouvelle communeauté » n’hésitait d’ailleurs pas à claironner Bruno Julliard dans Le Parisien. Pour la bibliothèque on ne sait pas encore mais pour le conservatoire c’est loin d’être gagné si l’on en croit la lettre cinglante envoyée par l’association des parents d’élèves du conservatoire du centre (APEC) à la maire de Paris, Anne Hidalgo.

« A quelques jours de l’ouverture des nouveaux locaux du conservatoire, les élèves des classes de musique et de danse ne disposent toujours pas de lieux adaptés à leur travail quotidien » attaque d’entrée l’association. Si les danseurs se marcheront sur les pieds car les salles sont toutes « de dimensions étriquées », les musiciens devraient eux se passer de leurs instruments ! « Les locaux destinés à l’orchestre symphonique ne permettent pas à ses musiciens de rentrer tous ensemble » déplorent les parents d'élèves estomaqués. Heureusement, certains sont là pour leur expliquer ce qu'est un vrai centre culturel majeur.

« On veut dépoussiérer l’image du conservatoire », déclarait ainsi son directeur au Parisien. Tellement le dépoussiérer d’ailleurs que la musique et la danse, pourtant enseignements de base d’un conservatoire, devraient laisser la place à de « nouvelles disciplines » comme... le « soundpainting, un langage gestuel de création artistique » et « la musique pour jeux vidéo ». Bon, apparemment, ça prend moins de place.

N’empêche, l’association des parents d’élèves demande tout de même que la mairie pallie « cette absence surprenante de lieux de travail » surtout dans un conservatoire entièrement reconstruit ! Mieux, ce dernier n'a même pas d’auditorium ! Fallait quand même le faire. Peut être que la ville n’avait plus de sous après avoir tout dépensé dans le fameux toit en verre de la Canopée !

Face à ce couac, Bruno Julliard, l’adjoint en charge de la culture avait promis que le conservatoire pourrait utiliser de temps à autre les autres équipements du Forum des Halles qui dépendent de la Direction des Affaires Culturelles de la ville de Paris (Forum des images, Maison des pratiques amateurs...). Sauf qu’aucun accord n’a encore été signé et que de fait « les professeurs du Conservatoire du Centre ne pourront pas organiser les cours collectifs et les auditions pour leurs 1900 élèves ». Dommage pour un équipement qui aura coûté quand même des millions d’euros.

Il faut dire que le conservatoire du Forum des Halles était déjà rentré dans les annales municipales, outre sa difficile conception, puisque son nom aurait même été soufflé par les forces de l’esprit. En effet, le grand manitou du Conservatoire Mozart (c’est donc son nom de baptême) avait déclaré sur le site officiel de la Ville : « Conservatoire Mozart car Mozart, quand il était à Paris, avait pour habitude de passer dans le coin. Les obsèques de sa mère ont d'ailleurs eu lieu à l'église Saint-Eustache. Et puis Mozart, c’était un rebelle, ça plaît aux jeunes ! ». Il parait même qu'il faisait du soundpainting.

 

Les parents d’élèves dénoncent les conditions d’ouverture du nouveau conservatoire du Forum des Halles

.

Repost 0
Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans Conservatoire-ABA
commenter cet article
23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 14:30
Code du travail : aidons à faire entrer le gouvernement socialiste dans le XXIème siècle

Augmentation du temps de travail, baisse des salaires, licenciement, contournement des syndicats...   Comme le dit le Premier ministre « Il y en a qui sont encore au XIXe siècle » !

Allez soyons constructifs : aidons à faire entrer le gouvernement socialiste dans le XXIe siècle. Il faut dire qu’être de son temps est une obsession de Manuel  Valls. Pour le Premier ministre « il faut bouger. Il y en a qui sont encore au XIXe siècle, moi, et les membres du gouvernement ici présents, nous sommes dans le XXIe siècle ». Et Manu, happé par la faille spatio-temporelle, de présenter une loi proposée par sa nouvelle ministre du Travail, Myriam El Khomri. Une loi, qui par bien des points, rappelle des lois sociales dignes du XIXe siècle.

Jugez plutôt. Une entreprise pourra, par accord, baisser les salaires et changer le temps de travail. Les temps d’astreinte pourront être décomptés des temps de repos. Les apprentis mineurs pourront travailler 10 heures par jour et 40 heures par semaine. Il suffit d’un accord d’entreprise pour que les heures supplémentaires soient cinq fois moins rémunérées. Une mesure pourra être imposée par référendum contre l’avis de 70% des syndicats. Une entreprise pourra faire un plan social sans avoir de difficultés économiques. Après un accord d'entreprise, un(e) salarié(e) qui refuse un changement dans son contrat de travail pourra être licencié(e). Par simple accord on pourra passer de 10h à 12h de travail maximum par jour. Les 11 heures de repos obligatoires par tranche de 24 heures pourront être fractionnées... N'en jetons plus ! Un projet de loi décortiqué dans le détail et dont le décryptage est disponible ici.

Une régression qui, on s’en doutait, remplit d’aise... Pierre Gattaz ! « J’espère que la loi El Khomri ne sera pas dénaturée » scande le patron des patrons devenu le premier des socialistes. « C’est une véritable révolution. Il donne plus de capacité de répondre aux entreprises » renchérit l’inénarrable Jean-Marie Le Guen, apparatchick parisien bien connu. Alors comme des centaines de milliers d’entre nous, renvoyons ces tristes sires dans leurs rêves du XIXe siècle et signons la pétition contre la loi de Myriam El Khomri. Et elle est disponible ici. Et hop, en route vers le million de signataires.

Nous laisserons le mot de la fin à ce savoureux tweet posté sur les réseaux sociaux (lire ici).

Code du travail : aidons à faire entrer le gouvernement socialiste dans le XXIème siècle

                                                                     Socialistes !

Repost 0
Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans Informations
commenter cet article
18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 07:59
La mairie de Paris propose de faire marcher les petits vieux qui fréquentent la bibliothèque Château d’Eau

Mais attention, ce sera un accompagnement personnalisé pour mieux faciliter la transition

Le projet de fermeture de la bibliothèque Château d’Eau était au cœur des débats du dernier Conseil de Paris. Et celui-ci prend un tour vraiment inattendu. Pour le moins ! Il est vrai que les services de Bruno Julliard ne savent pas comment se dépêtrer de cette triste affaire.

Pour mémoire, la Ville de Paris pensait que la fermeture de cette bibliothèque située à l’intérieur de la mairie du Xème arrondissement passerait comme une lettre à la poste.  Le cachet ne devait pas vraiment faire foi car en décembre dernier cette tentative avait été rejetée à l’unanimité par le Comité Technique de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris. A cette occasion, les représentants du personnel avaient même avancé plusieurs propositions, dont certaines assez audacieuses, pour au contraire développer cet équipement (lire ici).

De plus, l’équipe qui entoure Anne Hidalgo avait « oublié » de demander leurs avis aux personnes concernés, ceux du Xème arrondissement. Pas grave les élus communistes et Les Républicains de l’arrondissement ont déposé des vœux demandant le maintien de leur bibliothèque. Il est vrai que pour les représentants des habitants du Xème « Il s’agit d’une bibliothèque de proximité, dont l’apport est indéniable pour faire vivre le quartier comme la mairie ». Pas faux.

Oui, mais alors comment fermer la bibliothèque Château d’Eau malgré tout les arguments avancés ? Simple ! En présentant cet établissement comme un véritable repoussoir. « Le public déserte en masse » n’hésite pas à assener l’exécutif transformé soudain en exécuteur. Pourtant plus de 70% de ses usagers continuent de fréquenter Château d’Eau malgré l’ouverture de Françoise Sagan dans le même arrondissement. Pire, il y en a même, les inconcients, pour venir s'y inscrire ! Mais Bruno Julliard, l’adjoint à la culture, n’en a cure et annonce déjà que « l’exode va s’amplifier ». Pour la mairie de Paris, la bibliothèque Château d’Eau n'est qu'un simple lieu pour pestiférés.

 

                      Bibliothèque Château d'Eau: la mairie de Paris pousse un cri du coeur

La mairie de Paris propose de faire marcher les petits vieux qui fréquentent la bibliothèque Château d’Eau

.

Mais alors, ce vœu présenté par les socialistes et soutenu par les seuls écologistes qu’est ce qu’il dit ? Regardons en détail les points présentés tant ils sont croquignolets. Tout d’abord, il semblerait que Château d’Eau bénéficie d’un sursis si l’on en croit le Parisien (lire ici). D’ailleurs, le vœu précise bien que « durant les prochains mois l’activité de la bibliothèque Château d’Eau et les pratiques de ses usagers soient étudiées avec la plus grande attention ». C'est-à-dire que rien ne peut être décidé avant la fin de l’année prochaine (lire ici).

Enfin ça, c’est lorsque l’on est dans une démocratie municipale... Car la Ville a toujours l’intention de fermer la bibliothèque dans trois mois ! D’ailleurs, l’établissement n’ayant plus de budget d’acquisition et n’ayant aucune nouveauté à proposer, pas même la presse, « la poursuite du déclin de l’activité » est assurée. De quoi remplir d’aise les tenants d’une fermeture coûte que coûte.

Néanmoins, où vont passer les collections, près de 30 000 documents, dont un fonds unique de 3 000 livres consacrés à la photographie ? Au départ, la Mairie aurait bien tout balancé à la poubelle, mais comme les projecteurs sont braqués désormaissur elle, difficile de commettre un tel forfait en loucedé . Et de faire preuve d’une certaine imagination. Tout d’abord, « le fonds de romans [sera] transféré à la bibliothèque jeunesse de Lancry (Xe) », avec un argument qui ne manque pas de sel puisque , selon la direction des Affaires Culturelles, c’est « afin de lui permettre d’améliorer le service offert aux adultes ». Ceux qui allaient à Château d’Eau sans doute. 

Reste le fonds photo, qui colle à la Mairie comme le sparadrap au nez du capitaine Haddock. Si bien que désormais elle espère « qu’une solution soit trouvée pour accueillir le fonds d’ouvrages photographiques ». Laquelle ? Là son cœur balance : « à la médiathèque Françoise Sagan si possible ou à défaut dans un autre établissement à Paris, comme la médiathèque Edmond Rostand (XVIIe) ». Bref, la Mairie hésite. Pour ce qui est des « rencontres photographiques » organisées par l’équipe de Château d’Eau, pas d’inquiétude toutefois puisque elles devraient être récupérées par des amis. En effet, selon la Mairie, « l’équipe du Point Ephémère s’est d'ores et déjà portée candidate ». Évidemment, si auparavant cette manifestation culturelle était organisée de manière bénévole, ce ne sera probablement pas le cas avec le Point Ephémère. Et il faudra sans doute passer par une énième (grosse) subvention au frais du contribuable. Mais on vous a gardé le meilleur pour la fin...

Que vont devenir les petits vieux qui continuent mordicus de fréquenter Château d’Eau ? La Mairie a la solution, qui devrait lui valoir le premier prix du concours Lépine organisé chaque année à la Foire de Paris, car elle propose rien moins : « qu’un accompagnement personnalisé puisse être mis en place par les équipes - notamment les jeunes en service civique - pour les plus fidèles usagers et notamment les personnes âgées et que des visites des bibliothèques avoisinantes leur soient proposées, afin de faciliter la transition ». Comme ça, ils pourront enfin découvrir et arpenter leur quartier. Mais comme le dit la Mairie puisque « c’est pour faciliter la transition ». Comme l’avenir des bibliothèques parisiennes sans doute.

 

          La Mairie de Paris emmène les séniors découvrir les bibliothèques parisiennes

La mairie de Paris propose de faire marcher les petits vieux qui fréquentent la bibliothèque Château d’Eau

                             - Eh, on serait pas en train de nous amener à Lancry, là ?

Repost 0
Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans bibliothèques
commenter cet article
16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 10:09
NBI « zone urbaine sensible » dans les bibliothèques parisiennes : les avocats de la CGT  taillent en pièce les arguments de la mairie

Il est vrai que, dans leur mémoire remis au tribunal, les baveux de l’Hôtel de Ville ont été petits joueurs

C’est une nouvelle étape dans la procédure auprès du Tribunal Administratif lancée par plus d’une centaine de bibliothécaires pour obtenir l’attribution d’une prime réglementaire s’appuyant sur une jurisprudence favorable du Conseil d'Etat (lire ici).

Pour mémoire, la plus haute juridiction administrative avait  établi que les agents exerçant dans des établissements n’entrant pas dans le découpage des Zones Urbaines Sensibles (ZUS) - mais dont la proximité a pour conséquence qu’ils reçoivent les mêmes usagers - peuvent eux aussi prétendre à une prime dite NBI (Nouvelle Bonification Indiciaire). La même que celle accordée à leurs collègues en poste dans un établissement situé en ZUS. Et oui, il suffit que des usagers habitant dans une de ces ZUS soient inscrits dans une bibliothèque ou bien fréquentent n’importe quelle autre du réseau pour qu’ils rentrent dans les critères définis par ce jugement qui s’impose à toutes les administrations.

Les bibliothèques partie prenante de cette action en justice ont ainsi été on ne peut plus nombreuses : François Villon (Xe) Parmentier (XIe), Hélène Berr (XIIe), Saint Eloi (XIIe), Melville (XIIIe), Italie (XIIIe), Aimé Césaire (XIVe), Yourcenar (XVe), Sabatier (XVIIIe), Vaclav Havel (XVIIIe), Hergé (XIXe), Levi Strauss( XIXe) ou encore Duras (XXe). Une class action à la parisienne qui n’a pas fait plaisir à notre chère mairie si l’on en croit la mauvaise foi déployée par son service juridique. Pas grave, nos avocats leur ont donné une petite leçon de droit.

Faut dire que la mairie de Paris a fait fort dans la mesquinerie : « Les requérants ne travaillent  pas de manière significative en relation directe avec les populations issues  d’une ZUS car ce public représente une part marginale de l’ensemble des usagers accueilli par les bibliothèques » ont osé déclarer les baveux de l’Hôtel de Ville dans leur mémoire remis au tribunal. Petits joueurs... Et de pousser le bouchon en affirmant qu’il faut que la moitié au moins des usagers provienne d’une ZUS pour pouvoir prétendre à la NBI. Au risque de se prendre les pieds dans le code administratif.

« La Ville interprète comme souvent le droit de manière erroné, cet argument sur la quotité n’est jamais cité dans la loi ou dans les décrets concernant l’attribution d’une NBI pour les personnels recevant du public provenant des zones sensibles » leur ont rétorqué les avocats de notre syndicat précisant même que « cet argument sur un nombre minimum d’usagers n’a pas non plus été retenu par le Conseil d’État dans son arrêt ». et vlan ! La plus haute juridiction administrative de notre pays ayant juste retenu comme critère que « l’agent doit être en relation direct avec les usagers d’une ZUS et non de savoir si l’agent côtoyait une quantité suffisante d’usagers venant d’une ZUS ». Cruel pour la mairie de Paris en train de se faire tailler une veste sur le plan juridique.

NBI « zone urbaine sensible » dans les bibliothèques parisiennes : les avocats de la CGT  taillent en pièce les arguments de la mairie

Mais alors nos collègues qui ont déposé leurs dossiers au tribunal administratif sont-ils au contact régulier d’usagers en provenance d’une ZUS ? Oui, si l’on en croit les chiffres….. qu’a été obligé de fournir l’administration à la justice. Près d’un millier à Duras, Villon, Lévi-Strauss ou encore Sabatier. Quasiment deux mille pour Parmentier. Pour Vaclav-Havel ou Hergé la part des usagers inscrits originaires d’une ZUS frise également les 10%. Et le reste est à l’avenant…Pire, les chiffres donnés par la mairie dans son mémoire de défense ne concernent que la bibliothèque d’inscription et ne donne aucune référence sur la fréquentation réelle des usagers vis-à-vis des différents équipements de son réseau. De plus  le nombre d’usagers des bibliothèques libres d’accès, ne se limitent pas aux seuls inscrits.

Et notre syndicat de rappeler un fait que les services d’Anne Hidalgo semblent ignorer  « les usagers venant de quartiers sensibles (ou  politique de la Ville) ne se limitent pas à fréquenter des établissements publics uniquement inclus dans ces quartiers ». Et oui, Paris étant plutôt bien desservi en transport public de nombreuses bibliothèques sont de facto proche d’une ZUS parfois en moins de temps qu’il n‘en faut.

Par ailleurs, la fréquentation d’un équipement n’est pas conditionnée au seul lieu de résidence, bien au contraire, tout le monde sait (sauf la ville apparemment) que le lieu de travail et d’activités sociales sont eux aussi un facteur déterminant pour aller dans une bibliothèque. Des arguments que les avocats municipaux ont semble-t-il été incapable de démonter auprès du tribunal puisque désormais ils sont muets comme des carpes. Un paradoxe pour ceux que la sagesse populaire surnomme les bavards.

Bon,  la ville n’ayant pas répondu dans les délais, nous allons faire une demande de clôture d’instruction au greffe du Tribunal Administratif. L’audience pourrait même se tenir avant l’été. En cas de victoire, outre l’attribution de la NBI aux bibliothèques concernées, nous demanderons, pour les collègues qui ont déposé un autre dossier en parallèle, le rappel des primes dues jusqu’à quatre ans en arrière. Trois cent milles euros au bas mot. Ouch ! Nous demanderions en sus le paiement des frais d’avocats. Aïe !

NBI « zone urbaine sensible » dans les bibliothèques parisiennes : les avocats de la CGT  taillent en pièce les arguments de la mairie

                                                 - Ouch, ça pourrait faire mal

Repost 0
Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans bibliothèques Primes
commenter cet article
8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 15:16
La réforme des conservatoires parisiens tombe à l'eau

                            En tout cas dans celui du XVIème arrondissement

Depuis plus de deux ans, le conservatoire Francis Poulenc situé dans le quartier Ranelagh dans le XVIème arrondissement de Paris patauge, victime d’infiltrations d’eau probablement en provenance de la Seine (quoique personne n'a pu encore en déterminer l'origine). Conséquence : avec son sous-sol continuellement inondé l’établissement est privé de plusieurs salles pour accueillir élèves et professeurs.

A cette inondation, s'ajoute une panne récurrente du chauffage. A tel point que les techniciens qui intervenaient jusqu'à présent au moins une fois par semaine doivent désormais venir tous les jours. Brrr...

Mais comme si cela ne suffisait pour cette structure empêchée depuis trop longtemps de délivrer un enseignement artistique de qualité en bénéficiant de tout son espace, la voilà désormais touchée par un débordement d'eaux usées. C'est-à-dire rien de moins que les égoûts... Ce débordement qui va jusque dans la cour du conservatoire est évidemment accompagné d'une odeur qui n'épargne malheureusement personne.

Bruno Julliard, le premier adjoint à la maire de Paris en charge de la Culture, veut porter une réforme ambitieuse des conservatoires municipaux de la Capitale via une révolution pédagogique visant notamment à augmenter la mixité sociale. Force est de constater que pour le conservatoire du XVIème arrondissement, cela sera impossible faute de locaux adéquats.

 

    Inondation, eaux usées : les personnels du conservatoire du XVIe constatent les dégâts

Repost 0
Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans Conservatoire-ABA
commenter cet article
2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 11:04
Paris Xe : les élus votent contre la fermeture d’une bibliothèque

Gauche, droite et écologistes ont présenté plusieurs textes demandant le maintien de la bibliothèque Château d’Eau

C’est ce que l’on appelle un rebondissement ! Alors que la mairie de Paris croyait l’affaire réglée, la majorité des membres du conseil municipal du Xe arrondissement, gauche, droite et écologistes confondus, a voté hier plusieurs textes demandant le maintien de l'ouverture de la bibliothèque Château d’Eau.

La Ville voulait fermer cet équipement culturel de proximité mais avait oublié un petit détail : consulter les élus de l’arrondissement sans même parler des usagers qui fréquentent cette bibliothèque, située à l’intérieur de la mairie du Xe, l'une des premières à avoir vu le jour dans la Capitale (elle a été créée en 1862, avant son déménagement dans la mairie en 1896). Une entorse manifeste à cette démocratie locale chère (en principe !) à la maire de Paris. Il est vrai que l’exécutif est dans ses petits souliers dans cette affaire car rien ne justifie cette fermeture.

Car la bibliothèque Château d’Eau, comme ses consœurs du réseau, propose des collections variées, quelques 25 000 documents, qui plaisent au public. Mais surtout, la bibliothèque abrite un fonds, unique en son genre, de 3 000 livres sur la photographie, certains très rares, et tous disponibles pour le prêt. Résultat : plus de 4 000 usagers uniques viennent emprunter régulièrement ! Auxquels il faut ajouter les milliers de visiteurs annuels qui viennent lire sur place journaux, revues et autres documents, ou simplement consulter Internet.

D’ailleurs, selon le vœu proposé par les élus communistes Didier Le Reste, Dante Bassino et Dominique Tourte : « Il s’agit d’une bibliothèque de proximité, dont l’apport est indéniable pour faire vivre le quartier comme la mairie ». Un argument repris par la droite parisienne puisque Déborah Pawlik, cheffe de file du groupe Les Républicains de l'arrondissement, a elle aussi déposé un vœu dans lequel elle demande « le maintien de la bibliothèque Château d’Eau au sein de la mairie, le temps qu’une étude soit réalisée par un groupe de travail paritaire sur les possibilités de développement de complémentarités entre les différentes bibliothèques de l'arrondissement ».

Dans la foulée, les élus écologistes ont demandé que le fonds photo de la bibliothèque Château d'Eau reste dans l'arrondissement. Texte adopté... à la majorité. Ce qui signifie peu ou prou que Château d'Eau est sauvé puisque il n'existe pas d'autre endroit où l'installer selon les considérants exposés en préambule du voeu lui-même. Imparable.

L’avenir de la bibliothèque de la mairie du Xe arrondissement sera également débattu au Conseil de Paris, avec cette fois l'ensemble des élus de la Capitale. Le vote des élus parisiens pourrait confirmer celui du Xe puisque ceux qui sont favorables au maintien de la bibliothèque Château d'Eau, au minimum avec ses collections de livres sur la photographie (Les Républicains, PCF, Parti de Gauche et EELV) seront, à cette occasion, là aussi majoritaires.

Une perspective qui devrait réjouir l’adjoint au maire en charge de la Culture ! Puisque Bruno Julliard en personne avait asséné il y a quelques semaines lors de la remise du Prix Livres-Hebdo des bibliothèques « que nous devons préserver et renforcer les bibliothèques. C'est, en ces jours dramatiques, un défi collectif que le pari de la lecture et des livres. Je souhaite longue vie à toutes les bibliothèques parisiennes ». Pas mieux.

Le projet de fermeture de la bibliothèque Château d’Eau avait déjà été rejeté à l’unanimité par le Comité Technique de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris. A cette occasion, les représentants du personnel avaient même avancé plusieurs propositions, dont certaines assez audacieuses, pour au contraire développer cet équipement (lire ici). Bruno Julliard qui aime les bibliothèques va enfin pouvoir faire parler son cœur...

 

Château d'Eau : Bruno Julliard, Anne Hidalgo et Rémi Ferraud vont-ils soutenir le vote des élus ?

Paris Xe : les élus votent contre la fermeture d’une bibliothèque

               - Bon il ne reste plus qu'à nous planquer dans la bibliothèque de l'Hôtel de Ville

                      - Désolé, Anne, on pourra pas, on la ferme à chaque Conseil, tu sais bien!

Repost 0
Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans bibliothèques
commenter cet article
1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 08:11
Un élu du CHSCT de Paris-Musées évite à Bruno Julliard d'être épinglé par la justice !

Il est vrai que l'adjoint en charge de la culture n'est guère aidé par la direction de l'établissement public en charge des musées municipaux, laquelle multiplie les entorses au droit du travail

C'est ce que l'on peut appeler une bourde. A croire que la direction de Paris-Musées, l'établissement public en charge des musées municipaux de la Capitale, essaye de mettre en difficulté Bruno Julliard dès que l'occasion se présente. Dans sa précipitation à vouloir changer l'organisation du travail des agents des catacombes et des personnels de la surveillance, la direction de Paris-Musées a voulu soumettre des projets de délibération aux partenaires sociaux sauf qu'elle s'est complètement emmêlée les pinceaux et risque pour cela d'être épinglée par la justice.

En effet qu'elle ne fut pas la surprise des membres du Comité Hygiène et Sécurité (CHSCT) de Paris-Musées de découvrir que deux modifications importantes de délibérations étaient inscrites à l'ordre du jour de leur prochaine réunion plénière convoquée par Bruno Julliard, le président de l'établissement public. Une erreur manifeste de droit. Ce qui n'a pas échappé à un élu de la CGT.

Dans une lettre recommandée envoyée au premier adjoint en charge de la culture, l'élu CGT met carrément les pieds dans le plat. « Les points présentés pour avis ne répondent pas à la compétence et aux attributions du comité hygiène et sécurité et des conditions de travail prévient-t-il , en raison que le CHSCT n'a pas à se prononcer sur les délibérations du conseil d'administration de Paris Musées et leurs modifications. Cette partie de la réflexion étant du domaine propre..... des comités techniques ! ». Et oui, Paris-Musées s'est trompé d'instance puisque toute modification de l'organisation du travail doit avant tout être présentée à un Comité Technique, l’équivalent des comité d'entreprises pour la fonction publique. Mieux, pour d'autres points mis à l'ordre du jour, Paris-Musées n'a pas envoyé les documents nécéssaires ce qui les invalides de facto.

Et notre camarade d'ajouter cinglant : « il n'est pas inutile de rappeler que le comité n'est pas une chambre d'enregistrement à l'instar du conseil d'administration de Paris Musées. Le CHSCT ne peut œuvrer utilement que s'il procède à l'analyse des risques professionnels dans les conditions définies par l'article L. 4612-2 du Code du travail. Ce n'est qu'à cette condition qu'il peut proposer ou suggérer toutes mesures de nature à améliorer l'hygiène et la sécurité du travail. » Et toc ! voilà pour le premier adjoint d'Anne Hidalgo qui aurait dû se renseigner auprès d'une (ancienne) inspectrice du travail.

Au cas où l'ordre du jour serait maintenu, Bruno Julliard, outre le fait de voir ces délibérations annulées par le préfet lors du contrôle de légalité risquerait surtout illico d'être condamné pour entrave, ce qui ferait tâche pour un ancien syndicaliste étudiant.

Il est vrai que Bruno Julliard n'est guère aidé par la direction de Paris-Musées, laquelle multiplie les entorses au droit du travail.selon notre camarade qui pointe « les dysfonctionnements récurrents de Paris Musées, les manquements relatifs à leurs obligations de sécurité sont amplifiés par l'absence du bureau de prévention des risques professionnels. L'absence d'enquête sur les accidents de travail et leur empêchement par la direction de Paris Musées ». Un constat alarmant qui devrait inquiéter Bruno Julliard.

Et l'élu CGT de conclure : « les lois Auroux qui avaient pour ambition de transformer profondément les relations de travail au profit des travailleurs et mettre l'accent sur la responsabilisation des différents acteurs sociaux devraient interpeller le président du CHSCT de Paris Musées en tant que garant de l'application de l'esprit de l'esprit des ces textes légaux ». Pour mémoire, Jean Auroux était un ministre socialiste et selon la fondation Jean-Jaures proche de la rue de Solférino, le promoteur de l'ambition sociale (lire ici).

 

   Un élu CGT du CHSCT de Paris-Musées évite à Bruno Julliard des ennuis avec la justice

Un élu du CHSCT de Paris-Musées évite à Bruno Julliard d'être épinglé par la justice !

- Bernard, remercie le camarade pour moi car je suis vraiment pas aidé par ces branquignoles

Repost 0
Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans musées
commenter cet article
26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 08:13
Les responsables des bibliothèques parisiennes échapperont-ils aux troubles psycho sociaux ?

En tout cas la mairie de Paris dépense des millions d’euros pour les mettre en situation de souffrance au travail.

« J’attache la plus grande importance à la prévention des risques psycho sociaux car je considère le travail comme un lieu de vie et d’échange où chacun doit pouvoir trouver son épanouissement » avait déclaré le Directeur des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, Noël Corbin, à l’occasion de sa prise de fonction. Il est vrai que les personnels des bibliothèques avaient alors mené une véritable fronde, pendant que les conservateurs exprimaient publiquement leur malaise (lire ici).

Une déclaration réitérée au moment d’une conférence …sur les risques-Psycho sociaux organisée par ses services ! On ne doute pas de la sincérité (ni de la bonne volonté) du directeur, mais force est de constater que les responsables des bibliothèques municipales parisiennes sont au bord de l’épuisement, notamment ceux obligés d’appliquer les directives QualiParis.

Qu’est ce que QualiParis ? Officiellement un label qui (en gros) certifie que les établissements qui reçoivent du public … reçoivent bien leur public ! On dirait une formule de Pierre Dac. Il y a quelques années, les bâtiments municipaux avaient déjà été contraints d’afficher une charte d’accueil, laquelle ne faisait qu’énumérer ce qu'ils faisaient depuis toujours.

Seulement voilà, la charte d’accueil, une vulgaire affichette, était un tantinet défraîchie et pas assez moderne aux yeux de la mairie. Et puis, il était temps d'ouvrir de nouveaux marchés et de dépenser enfin de nouveaux millions. Car, en plus QualiParis coûte un prix exhorbitant. Ainsi le seul marché pour la « formation des cadres responsables de site et des chefs de projets sectoriels à la démarche de labellisation QualiParis » (sic) a même été évalué par les services de la mairie à… 600 000 euros. Cela sans compter les nombreuses dépenses complémentaires (réalisation ..d’un audit ou rémunération de « clients mystère ») le total atteint plusieurs millions d’euros TTC.

Plutôt cher pour mettre en situation de souffrance au travail de nombreux agents de la Ville de Paris. Car entre les injonctions contradictoires,  les conflits de valeurs, le manque de moyens accordés pour des objectifs trop élevés, sans parler des multiples réunions avec compte rendu à la clef, on est en plein dans les familles de risques qui caractérisent les troubles psycho-sociaux (lire ici).

N'oublions pas que la mise en marche (forcée) de Qualiparis n’est pas sans conséquence pour la santé de ceux qui sont obligés de l’appliquer : d’abord la mise en œuvre de QualiParis est on ne peut plus chronophage. Dans un premier temps, la direction convoque les chefs d’établissement puis les envoie dans des formations pour les « mettre en condition ». A charge pour eux d’organiser ensuite des réunions avec leurs équipes au détriment de toutes les tâches « ordinaires ».. Pendant ce temps, le travail quotidien s’accumule. A chacun ensuite de se débrouiller seul pour le rattraper. Pendant ce temps, le cadre s’initie aux joies des rétro-planning et autres reporting (excusez nous pour ces anglicismes) car la direction, elle même sous pression, veut quasiment à chaque seconde, savoir où en est l'avancement de ce qui est devenu son unique obsession.

Les responsables des bibliothèques parisiennes échapperont-ils aux troubles psycho sociaux ?

Et c'est pas fini, car les objectifs à atteindre sont tout simplement irréalisables. Pour être certifiés QualiParis, les lieux doivent ainsi être propres et en bon état. Le minimum certes. Sauf que depuis les restrictions budgétaires mises en place par la mairie ce n'est plus le cas. Mais alors pas du tout. Le problème est que cette obligation de propreté échappe complètement aux chefs d'établissement, lesquels dépendent de multiples autres directions que ce soit pour l’entretien courant du bâtiment (ménage) ou plus prosaïquement pour de simples réparations électriques ou de serrurerie. On nage en pleine injonction contradictoire.

Autre obstacle dans l’accueil du public et il est de taille...la réduction des horaires d'ouverture faute de personnel disponible car les directrices et directeurs de bibliothèque ont vu diminuer drastiquement les postes budgétaires de leur établissement. Mais peut être que l'ouverture d'une bibliothèque ne fait pas partie des « critères qualité du référentiel » comme le vante le cahier des charges de QualiParis.

Le pire dans tout ça c'est que l'on demande à ces cadres d'appliquer une politique à laquelle plus personne ne croit. Ni la haute administration, ni bien sûr eux-mêmes ! Un véritable conflit de valeurs. Quant aux équipes n'en parlons pas. On ne compte plus les railleries des collègues devant ces palinodies imbéciles voire le dégoût exprimé devant cet immense gâchis d'argent public. L'exercice tourne même au supplice de Tantale car il ne s'arrête jamais.

« Un audit de surveillance est organisé à mi-parcours, au bout d’un an et demi. Ainsi, la démarche n’est pas un acquis mais une volonté de toujours progresser et de s’améliorer » assène la Ville de Paris. Un charabia que l'on croirait tout droit sorti d'un manuel de scientologie. Et après ? On se retrouve comme dans le film un jour sans fin car c'est un éternel recommencement.

« Le label n’est pas reconduit de façon automatique, les services labellisés devront repasser un audit de renouvellement qui garantira que les efforts fournis sont probants ». Et toc. De nouvelles réunions chronophages en perspective avec comptes rendus et exercices de motivation des équipes. Elle est pas belle la vie ? Reste à savoir combien de cadres résisteront à ce véritable plan d'action de souffrance au travail.

Car ces méthodes en rappellent furieusement d'autres. Elles ont eu cours notamment à La Poste et France Télécom avec les dégâts que l'on sait. Une situation non seulement dénoncée par les syndicats mais aussi par les médecins du travail et les spécialistes en relations sociales. Nous allons demander au CHSCT de la Direction des Affaires Culturelles de se saisir de cette situation et de stopper (ou au mois modifier) cette entreprise de décérébration qu'est QualiParis.

 « J’attache la plus grande importance à la prévention des risques psycho sociaux car je considère le travail comme un lieu de vie et d’échange ou chacun doit pouvoir trouver son épanouissement » a encore réaffirmé le directeur des affaires culturelles en ce début d'année dans ses vœux aux personnels. Dans le cas de contraire il serait lui aussi confronté à véritable conflit de valeurs.

 

Les responsables des bibliothèques parisiennes échapperont-ils aux troubles psycho sociaux ?
Repost 0
Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans santé au travail bibliothèques
commenter cet article