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Nous sommes des personnels de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, travaillant dans les bibliothèques, conservatoires, musées, ateliers des beaux-arts, services centraux...

Nous militons au sein de la CGT pour défendre les droits des salariés, la qualité du service public rendu aux Parisiens.

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 11:48
Un élu parisien explique pourquoi il est contre l'ouverture de la bibliothèque Picpus-Hélène Berr le dimanche

« Nous ne comprenons pas clairement quel est l’objectif politique de ce projet d’ouverture dominicale » souligne Nicolas Bonnet

La maire de Paris, Anne Hidalgo, et son adjoint à la Culture, Bruno Julliard, croyaient sans doute que ça allait passer... Mais la perspective d’ouvrir le dimanche la bibliothèque Hélène Berr, située rue de Picpus dans le XIIe arrondissement, n’a vraiment pas l’air de convaincre grand monde. Après les bibliothécaires, avec une lettre très argumentée (lire ici), ou encore des spécialistes de la Santé au Travail avec une étude également très argumentée (lire là), c’est au tour de Nicolas Bonnet, élu de l’arrondissement et par ailleurs président du Groupe Communiste-Front de Gauche au Conseil de Paris, de lancer un véritable pavé dans la mare de l’ancienne conseillère de Martine Aubry au ministère du Travail et de l’ancien syndicaliste étudiant. Voici in extenso le discours qu’il a prononcé au Conseil du XIIe arrondissement ce 12 septembre.

« Madame la Maire, Le 2 septembre, les agents de la bibliothèque Hélène Berr et leurs organisations syndicales ont organisé un temps d’échange avec les élu-es du XIIe sur le projet d’ouverture de cet établissement le dimanche. Cette discussion m’a permis de constater que nous partagions un certain nombre d’inquiétude avec les agents.

D’abord, nous ne comprenons pas clairement quel est l’objectif politique de ce projet d’ouverture dominicale. Dès que nous abordons le sujet avec Bruno Julliard, l’adjoint à la Culture, il nous répond que c’est une demande forte des Parisiens. Pourtant, à Hélène Berr, ce n’est pas ce que demandent les usagers. Dans l’enquête de satisfaction liée à la démarche « QualiParis », les usagers demandent l’ouverture du lundi ou l’ouverture plus tôt le matin ou plus tard en soirée, mais ils sont relativement peu à demander l’ouverture le dimanche. J’entends aussi parler de la nécessité de répondre aux besoins des étudiants mais une bibliothèque universitaire ouvrira à quelques dizaines de mètres d’ici quelques années.

Par principe, les élu-es communistes sont réticents au travail dominical même si nous estimons qu’il existe des exceptions nécessaires comme pour les transports publics. Concernant les bibliothèques, nous pouvons comprendre l’ouverture du dimanche si cela permet de faire venir des publics qui ne fréquentent pas ou peu les équipements culturels en temps normal. Mais manifestement la municipallté ne souhaite pas engager les moyens nécessaires pour atteindre cet objectif politique. Car il est prévu qu’Hélène Berr n’ouvre qu’avec un nombre réduit d’agents titulaires sans création de poste supplémentaires. Compte tenu de la configuration du bâtiment et des règles de sécurité incendie, les agents devront rester fixes toute la journée pour gérer les retours et sans pouvoir prendre de pause. Cela veut dire qu’ils ne pourront pas animer la bibliothèque ou accompagner les usagers alors même que ce sont ces actions de médiation qui permettent de démocratiser l’accès aux bibliothèques.

Je ne rentrerai pas plus dans l’ensemble de nos arguments qui sont exposés dans le voeu mais je rappellerai juste, qu’à ce stade, les agents de la bibliothèque sont opposés à l’ouverture du dimanche car leurs conditions de travail vont être fortement dégradées. Vous l’aurez compris, nous partageons leurs avis. Voilà pourquoi nous voulons que la Mairie du XIIe prenne position contre l’ouverture de la bibliothèque Hélène Berr le dimanche ». Pas mieux.

Mais en dehors de Nicolas Bonnet et des communistes, il semblerait que ce soit de tout bord politique que la critique fuse (pour le moins) sur les projets de la mairie centrale. Ainsi l’élue représentant le groupe Les Républicains, Valérie Montandon, a également demandé au cours de ce même Conseil d’arrondissement qu’avant toute ouverture le dimanche la ville réalise « au moins une étude » auprès du public. Pas idiot si l’on considère que les usagers demandent plutôt des ouvertures le matin ou le lundi d’après l'enquête menée... par la mairie elle-même ! Mieux : l’élue, pourtant classée à droite, demande à la mairie socialiste de faire au moins aussi bien qu’Emmanuel Macron en matière sociale sur le travail du dimanche en « engageant une concertation avec les représentants du personnel sur les extensions d’horaires en soirée ou le dimanche, en terme de volontariat, d’organisation et de compensation ». Perfide. Pour convaincre de l’ouverture d’Hélène Berr le dimanche il va falloir que la mairie se mette vraiment en marche !

                                                       Déjà en octobre 2015 dans Le Parisien

Un élu parisien explique pourquoi il est contre l'ouverture de la bibliothèque Picpus-Hélène Berr le dimanche
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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 14:16
La Ville de Paris va faire appel à des travailleurs détachés pour équiper une bibliothèque en puce RFID

Une pratique « moralement douteuse » pour le député socialiste Gilles Savary. Et même « un dumping social insupportable » pour… Manuel Valls !

C’est un épisode qui pourrait faire tâche à la Mairie de Paris. Alors que même Manuel Valls dénonce « un dispositif européen qui fait des ravages terribles dans le monde du travail, un dumping social insupportable », la municipalité parisienne pourrait faire appel... à des travailleurs détachés pour équiper les documents de la bibliothèque Parmentier (XIe) de dizaines de milliers de puces  RFID ! Une information comfirmée par la municipalité qui va passer un marché avec le prestataire Bibliotheca, lequel avait déjà fait appel à des travailleurs bulgares pour effectuer ce même travail à la bibliothèque Benjamin Rabier (XIXe) au cours de l’année 2015.

Encouragé par une directive européenne de 1996, ce système de « travailleurs détachés» permet en effet d’employer des gens d’autres pays de l’UE à moindre frais, en ne payant que les cotisations sociales en vigueur dans le pays d’origine. En général, on choisit soigneusement de faire venir ces travailleurs de là où les dites cotisations sont évidemment les plus basses, par exemple de Roumanie ou de Bulgarie. Ainsi, il s'agit non seulement d'un système de moins disant social, mais qui fait également et de manière régulière, selon les observateurs, l’objet de nombreuses dérives : non-déclaration, dépassement des durées maximales de travail, hébergement indigne, etc.

D’ailleurs, pour le député socialiste Gilles Savary, spécialiste du sujet, l’usage de salariés détachés, s’il est légal, « est moralement douteux » (lire ici). Pas que moralement. Car il est aussi douteux économiquement de faire parcourir des milliers de kilomètres puis d'héberger et de nourrir dignement à Paris une dizaine de personnes en économisant juste les charges sociales. On a du mal à voir où pourrait se dégager le bénéfice... Sauf à ce que le prestataire s’affranchisse de toutes les règles de droit social ? Plus que probable puisque la dernière fois que Bibliothèca avait fourni la main d'oeuvre bulgare, ces derniers n'avaient en tout cas pas eu même droit à des pauses-déjeuner d'après les témoignages des bibliothécaires présents....

Rappelons toutefois à ce sujet que la Mairie de Paris ne pourra pas se cacher derrière un prestataire car le Parlement a récemment fait introduire le principe de « responsabilité solidaire » qui permet de poursuivre un donneur d'ordres pour des fraudes relevant d'un de ses sous-traitants ayant recours à des travailleurs détachés.

 

         Dumping social (et fiscal) : les pratiques de la Mairie de Paris dévoilées au grand jour

La Ville de Paris va faire appel à des travailleurs détachés pour équiper une bibliothèque en puce RFID

Précisons que le recours à ces salariés corvéables à merci n’est même pas justifié pour soulager les agents puisque ceux-ci, en plus de l’installation des automates, auront de toutes façons de nombreuses tâches à effectuer dans un temps réduit.

En réalité, l’administration profiterait surtout de cette arrivée de main d’œuvre low cost… pour envoyer des bibliothécaires de Parmentier dans d’autres établissements pour parer au sous-effectif chronique ! Bref, du côté de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris on aimerait bien faire travailler des Bulgares pour redéployer le personnel en place. Belle philosophie, n’est-ce pas ? Reste à savoir ce qu’en pense Bruno Julliard, le premier adjoint également en charge de la Culture.

Mais on est surtout frappé par la méconnaissance de l’administration sur le travail que doivent effectuer des bibliothécaires, même pendant la fermeture de leur établissement. Il est donc utile de rappeler qu’en dehors de l’encodage stricto sensu des puces RFID, les personnels vont aussi utiliser ce temps à réaménager l’intégralité des espaces et effectuer le travail inhérent sur les collections. Sans parler des tâches courantes que sont le choix des acquisitions ou bien le traitement des documents lors de la réception des commandes.

Reste une question : pourquoi la Mairie de Paris persiste-t-elle à faire appel à des travailleurs détachés ? A moins de s'attaquer, tel que le concoivent le Medef et ses affidés, au modèle social de ce pays on ne voit pas trop. On se remémorera alors les déclarations de Manuel Valls sur ceux qui les utilisent : « Ils ne payent pas les mêmes cotisations sociales, sur ce point-là, ça ne peut plus durer, le dumping social est insupportable, il doit y avoir égalité de traitement par le haut. Si on ne nous entend pas, il faudra dire que la France n’applique pas cette directive sur les travailleurs détachés ». Ainsi avait martelé le chef du gouvernement il y a encore quelques semaines (lire ici). Du brutal.

Pour se prémunir de tout risque politique, il existe pourtant une solution très simple pour l’équipe d’Anne Hidalgo : le recours à des vacataires payés par la Ville avec les cotisations sociales qui vont avec. Et laisser le temps aux bibliothécaires de faire leur travail convenablement.

 

 

                  Travailleurs détachés : Anne Hidalgo va-t-elle tourner le dos au progrès social ?

La Ville de Paris va faire appel à des travailleurs détachés pour équiper une bibliothèque en puce RFID

                       - Anne ça ne peut plus durer, ce dumping social est insupportable

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 15:23
La bibliothèque Picpus-Hélène Berr (XIIe) fermée jusqu’à nouvel ordre car toujours privée d’ascenseur

               Et dire que la mairie de Paris veut la faire ouvrir le dimanche

C’est une bibliothèque que la mairie de Paris voudrait faire ouvrir le dimanche. Il faudrait déjà qu’elle puisse ouvrir en semaine tout simplement. Voire même ouvrir tout court car après plusieurs semaines de travaux la bibliothèque Picpus-Hélène Berr (XIIe) devait normalement accueillir de nouveau le public ce matin…

Mais voilà selon un communiqué de la Ville de Paris « l’ascenseur de la médiathèque Picpus-Hélène Berr n’étant pas opérationnel aujourd’hui, nous ne pouvons ouvrir l’établissement comme prévu ». Plutôt gênant quand on sait que les dit travaux avaient justement pour but…. d’installer un nouvel  ascenseur ! Et l’administration de préciser penaude qu’il n’y a pour le moment « pas de date précise de mise en service de l’appareil ». Conséquence : la bibliothèque pourrait rester fermer plusieurs jours.  

Il est vrai que l’établissement qui comporte six étages ne peut décemment pas ouvrir au public dans ces conditions, les locaux étant de facto inaccessibles aux  handicapés, personnes âgées ou encore aux parents accompagnés d'enfant en bas âge (la section jeunesse est située au quatrième étage). Pour mémoire la bibliothèque Picpus-Hélène Berr avait déjà dû fermer ses portes pendant pas mal de temps au début de l’année pour les mêmes raisons (lire ici). Et dire que la municipallité parisienne veut la faire ouvrir le dimanche.

On sait déjà que cela se fera au détriment des règles les plus élémentaires de santé et sécurité selon un document remis à Bruno Julliard lors du CHSCT (lire ici).

La bibliothèque Picpus-Hélène Berr (XIIe) fermée jusqu’à nouvel ordre car toujours privée d’ascenseur

     L'adjoint à la Culture prie ses grands dieux pour que l'ascenseur de Picpus marche un jour

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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 08:12
Paris XIIIe : des handicapés interdits de bibliothèque !

L’élévateur pour personne à mobilité réduite, en panne depuis sa mise en service, est passé de la deutsche qualität à la qualité parisienne

C’est un véritable cri du cœur que lancent les personnels de la bibliothèque Glacière-Marina Tsvetaïeva, située dans le XIIIe arrondissement de Paris ! « On ne peut pas continuer à faire venir des personnes handicapées, qui trouveront soit un appareil en panne, soit un traquenard lorsque celui-ci se bloque (c'est-à-dire tout le temps. NDR), puisqu'elles risquent de se retrouver enfermées dans une cabine sans toit, soumise à toutes les intempéries, que ce soit pluie, froid ou chaleur, selon les saisons ! ». Pas faux.

Sans compter qu'ensuite les personnes bloquées une fois libérées se retrouvent… de nouveau sur le trottoir ! Bref, pour les usagers handicapés avec fauteuil (ou à mobilité très réduite) du côté de la Glacière, c’est chaud !

Cet ascenseur est pourtant un équipement neuf puisqu'installé lors de la restructuration complète de l’établissement, qui a réouvert en février 2015. Mais voilà, depuis dix-huit mois le personnel de la bibliothèque s’arrache les cheveux devant les pannes à répétition de cet appareil, sûrement fort coûteux, fourni par la société Thyssen-Krupp. Visiblement la deutsche qualität n’est plus ce qu'elle était. Et malgré les plaintes des lecteurs qui commencent à s’accumuler sur le cahier de réclamation QualiParis, force est de constater l’impuissance de l’administration parisienne et de la mairie d’arrondissement pour que l’EPMR (élévateur pour personne à mobilité réduite) sorte une bonne fois pour toute de sa mobilité très réduite.

Sauf que la chose, même continuellement en panne, commence déjà à être complètement dégradée, comme l’ont constaté les techniciens de Thyssen-Krupp venus plusieurs fois... quand le personnel de la bibliothèque a réussi à les joindre !!! Des techniciens qui avaient l’œil (et l’odorat !!!) : apparemment l'élévateur, situé au niveau de la rue et non bordé par une clôture dissuasive, sert désormais d’urinoir à ciel ouvert (en tout cas la nuit). Si bien qu’une  couleur jaunâtre s’est dernièrement intégrée au plancher... On savait que le maire du XIIIe, Jérome Coumet, a pour ambition de faire de son arrondissement un haut lieu du street art (voir ici), peut-être finalement va-t-il être ravi d'apprendre (et avec lui Bruno Julliard,  lui aussi élu de l’arrondissement) qu’il peut désormais y ajouter une œuvre à la Marcel Duchamp ! Qualité parisienne cette fois.

Quant aux usagers à mobilité réduite qui comptaient fréquenter la bibliothèque de la rue de la Glacière : tant pis pour eux, ils devront se contenter de cette nouvelle forme de culture...

 

   Bibliothèque Glacière : le maire du XIIIe, heureux, récupère une oeuvre à la Marcel Duchamp

Paris XIIIe : des handicapés interdits de bibliothèque !

                              - Hé ben mon Jérôme, félicitations ! En plus c'est en Odorama !!!

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 11:18
Paris : le projet d'ouverture le dimanche d'une bibliothèque vue sous l’angle de la santé-sécurité au travail

Bâtiment, pénibilité, santé, sécurité, responsabilité, qualité empêchée, injonction contradictoire, inégalité femme-homme… détail d’un document remis à Bruno Julliard lors du CHSCT

La mairie de Paris compte ouvrir d'ici 2019 sept nouvelles bibliothèques le dimanche : Parmentier (XIe), Hélène Berr (XIIe), Melville (XIIIe), Aimé Césaire (XIVe), Germaine Tillion (XVIe), Rostand (XVIIIe) et Sabatier (XVIIIe)... Un projet qui n’est pas sans conséquences sur la santé et la sécurité au travail et que visiblement la mairie de Paris n’avait pas anticipé. Mais alors pas du tout. C’est pourquoi la question a été abordée au Comité Hygiène et Sécurité (CHSCT) de la direction des Affaires Culturelles.

Un véritable audit a donc été réalisé par des spécialistes de la question (relais de prévention, membre du CHSCT) sur la bibliothèque Hélène-Berr, rue de Picpus (XIIème) car cette dernière est censée ouvrir le dimanche avant la fin de l'année. Dans ce document présenté au CHSCT présidé par Bruno Julliard, le premier adjoint à la culture, il est stipulé que les conditions d’ouverture proposées par l’administration parisienne qui impliquent la présence de seulement sept bibliothécaires titulaires (pour se contenter d’une seule création nette de poste budgétaire) « ne permettent ni un travail de qualité ni la médiation culturelle dont parle la sénatrice, madame Sylvie Robert dans son rapport de novembre 2015 ». De plus, ces mauvaises conditions annoncées  « présentent des risques supplémentaires pour la santé de l’équipe et la sécurité en général dans le bâtiment ». Une analyse très argumentée.

Commençons tout d’abord par les contraintes bâtimentaires pour un établissement qui compte six étages ouverts au public, un seul ascenseur et pas de retour centralisé des documents. Un bâtiment qui en plus reçoit beaucoup de monde, jusqu’à 1500 personnes de passage à la médiathèque un samedi. Conséquence de cette forte affluence, un impact direct et non négligeable sur la pénibilité au travail car la bibliothèque Hélène-Berr effectue un nombre de prêts qui la classe troisième du réseau parisien.

« En reprenant les chiffres de prêts de ces derniers mois rapportés à chaque agent, on se rend compte que chacun a traité en moyenne 1738 prêts par mois. On est quasiment dans les mêmes proportions que Yourcenar (XVe) et Duras (XXe). Or ces bibliothèques (de tailles également comparables) ont chacune dix postes de titulaire pour ouvrir le dimanche (contre seulement sept prévus pour Hélène-Berr) ». Evidemment y a comme un hic, c’est pourquoi les personnels de la rue de Picpus qui seront contraint de travailler le dimanche réclament dix titulaires. On voit, CQFD, que ce calcul justifie au minimum cette demande. La mairie de Paris n’a pour le moment brandit aucun document, ni fait aucune étude pour contrer cet argument.

Dans cet audit sur la bibliothèque Hélène-Berr sont également détaillés les problèmes de santé lié au travail, notamment les troubles musculo-squelettique (TMS) très courants dans le métier de bibliothécaire. « Avec deux aménagements de poste et quatre tendinites, plus les maux de dos à récidive. Il semble évident de prévoir que ces problèmes iront en s’aggravant si on ajoute à la charge de travail des dimanches avec cinq heures de service public en continu » est-il écrit.

Paris : le projet d'ouverture le dimanche d'une bibliothèque vue sous l’angle de la santé-sécurité au travail

Autres problèmes soulevés dans le document présenté au CHSCT, les questions de sécurité et de responsabilité. « Les agents savent évacuer les six étages publics en 2:44 (temps établi au dernier exercice chronométré par Cecys, le consultant missionné par la Ville) mais il nous faut être onze titulaires pas sept » rappellent des agents qui non seulement connaissent bien le bâtiment mais de plus sont de mieux en mieux formés aux règles de sécurité. Comment les étudiants censés remplacer les bibliothécaires titulaires le dimanche pourront-t-ils faire face seulement en cas de problème avec la sécurité incendie mais aussi le traitement des relations houleuses avec certains usagers.

« Quand à la responsabilité prise par les cadres qui vont se trouver en charge de l’établissement le dimanche, nous osons espérer qu’elle est claire pour tous car parfois les conservateurs eux-mêmes ne réalisent pas l’étendue de leur responsabilité personnelle en cas d’accident » pointe le document remis à Bruno Julliard. Là aussi la mairie est restée sans réponses

Autre aspect parfois méconnu mais qui fait partie des familles de risques identifiées dans les trouble psycho-sociaux (RPS) et donc des questions de santé au travail :  la qualité empêchée. La bibliothèque Hélène-Berr est établissement pilote de QualiParis, labellisée, tamponnée, reconnue par tous, surtout par les usagers. « Nous assurons un gros travail de médiation auprès d’eux, autant sur les collections que sur les outils numériques, avec des accompagnements personnalisés. Nous avons un programme d’événements et d’animations exceptionnel, il se passe toujours quelque chose à Hélène Berr, toute l’année » déclarent les personnels.

Toute l’année peut être, mais une chose est sûre ce ne sera pas le dimanche. « Le dimanche les conditions de fonctionnement proposées nous permettent de passer des documents en retour, c’est tout ce que nous pourrons faire. Si jamais nous recevions ce jour là des publics dits « éloignés », il faudrait s’interroger sérieusement sur le service que nous leur rendons car il y aurait inégalité de traitement » remarquent encore les bibliothécaires.

Et oui, les élus et leur administration préfèrent la quantité à la qualité. En contradiction flagrante avec le projet d’établissement qui a été validé par la Mairie de Paris. Chez les spécialistes des questions du travail, on appelle cela une injonction contradictoire, un autre facteur bien connu des RPS comme le rappelle le site du ministère du Travail. Quant à ouvrir des bibliothèques le dimanche pour répondre aux attentes des Parisiens, pour le moment personne ne sait trop au juste de quoi il s’agit. Le bilan des ouvertures dominicales n’ayant jamais été fait, ni au regard de la santé des personnels ni à celui de la satisfaction du public ou même la réalisation d'un quelconque projet de lecture publique.

Paris : le projet d'ouverture le dimanche d'une bibliothèque vue sous l’angle de la santé-sécurité au travail

Ouvrir pour qui ? Pourquoi ? c’est vrai que cette question n’a jamais reçu de réponse en termes de politique culturelle. La seule qu’admet à demi-mot l’administration elle même, c’est « ouvrez le dimanche. Même sans personnel formé, même sans animation, même si personne ne vient » ou encore  « faites ce que vous voulez, bien ou mal, mais faites le plus longtemps, et que ça se voie ».

Enfin last but not least, surtout dans un secteur toujours ultra féminisé comme les bibliothèques, l’argumentaire présenté à Bruno Julliard se penche sur l’inégalité femme-homme. « Le travail en horaires décalés tourne toujours en défaveur des femmes » a ainsi remarqué ...madame Anne Hidalgo en personne dans son livre Travail au bord de la crise de nerfs, notamment des femmes seules avec enfant. Vu que le montant de la prime accordée aux bibliothécaires par la municipalité correspond tout juste à une journée de baby sitting (non déclaré), encore une fois, les femmes devront calculer si elles perdent de l’argent en venant travailler.

D’une manière plus générale, ces horaires vont perturber encore plus la vie familiale et sociale des agents qui travaillent déjà le samedi, tous les samedis mais aussi jusqu'à 19 heures. Des horaires déjà atypiques dont les effets ont été analysés par les sépacialistes de la santé au travail (lire ici). Quand voyons-nous nos enfants, nos conjoints, nos amis ? Et bien avec le projet de la mairie de Paris, dix fois dans l’année nous seront encore moins disponibles pour nos proches. Pas vraiment ce que l’on peut appeler un signe de progrès social.

D’autant que se pose le problème du volontariat. Il n’y a pas assez de poste dans le réseau pour faire muter toutes celles et ceux qui voudront garder leurs dimanches ; pour certains autres, c’est l’argent qui prévaudra. Dans tous les cas, le volontariat, comme l'écrivait encore une fois madame Hidalgo, « est plus que contraint » par des questions d’éloignement ou de budget. Qu'en pense la maire de Paris ?

 

                « Le travail en horaires décalés tourne toujours en défaveur des femmes »

Paris : le projet d'ouverture le dimanche d'une bibliothèque vue sous l’angle de la santé-sécurité au travail

                - Tiens Bruno, j'ai écrit un truc sur le travail du dimanche, qu'est ce t'en dis ?

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 08:30
Paris : A la bibliothèque Jacqueline de Romilly, la chaleur est tellement étouffante que même les usagers font des malaises

« Les conditions de confort thermique et de renouvellement d'air dans cet établissement ne semblent pas respecter les critères compatibles avec la préservation de la santé » alerte la médecine du travail

A la bibliothèque Jacqueline de Romilly, on étouffe ! L’établissement, situé dans le quartier de la Porte Montmartre (XVIIIe), est pourtant neuf,  inauguré en effet il y a moins de trois ans. Problème, ce dernier semble souffrir d’un véritable défaut de conception. Et pas qu'un peu…

Car voilà, cette nouvelle bibliothèque a été construite avec des baies vitrées évidemment, exposée s au soleil mais…..qui ne s’ouvrent pas !  Il s’avère, en plus, que le système d’approvisionnement d’air n’est pas visiblement efficace au regard  de la surface d’un tel bâtiment. Il y a donc un problème évident de chaleur et de renouvellement naturel de l’air.

Forcément après trois années de travail dans ces conditions, le personnel qui a été de bonne composition jusqu’à présent, arrive plus qu’à saturation. Et on les comprend, car cette situation n’est pas sans conséquence sur leur santé puisque cela entraine maux de tête, nausées, sensations de grandes fatigues mais aussi des problèmes de douleurs dans les jambes. Les bibliothécaires sont désormais au bord de l’épuisement.

Toute l’équipe a ainsi dû faire appel au médecin de travail et les conclusions envoyées à la Direction des Affaires Culturelles sont sans appel : « les conditions de confort thermique et de renouvellement d'air  dans cet établissement ne semblent pas respecter les critères compatibles avec la préservation de la santé ». De quoi jeter un froid en effet.

Mais il n’y a pas que les agents qui se plaignent des conditions thermiques de la bibliothèque Jacqueline de Romilly. Les usagers n’hésitent pas eux aussi à dénoncer les mauvaises conditions d’accueil, en particulier dans les salles de travail du premier étage, salle d’animation ou encore dans celle qui accueille la petite enfance. Des plaintes que la Mairie de Paris a normalement dû consulter car elles sont consignées dans le cahier de réclamation QualiParis. Les températures à l’intérieur du bâtiment sont d’ailleurs parfois telles que dernièrement trois lecteurs ont même eu un malaise, dont un a été transporté par le SAMU. Or ce jour-là il ne faisait pas particulièrement chaud.

On attend désormais la réaction de Bruno Julliard sur cette situation. Ça tombe bien, notre syndicat a mis ce sujet à l’ordre du jour du CHSCT de la Direction des Affaires Culturelles, présidé justement par le premier adjoint également en charge de la culture. Ce sera le 16 juin. Et en principe la salle sera climatisée.

  Le président du CHSCT interpellé sur la situation de la bibliothèque de la porte Montmartre

Paris : A la bibliothèque Jacqueline de Romilly, la chaleur est tellement étouffante que même les usagers font des malaises

                                                          - Pfff, c'est vrai que c'est chaud

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 13:41
La bibliothèque Parmentier de nouveau en plan Vigicrue

« L’établissement est en rupture de matériel de balisage » constatent noyés les bibliothécaires

La bibliothèque de l’avenue Parmentier, située à deux pas de la mairie du XIème arrondissement est encore inondée. Et la crue de la Seine n’y est pour rien. Un problème de verrière parait-t-il. Si peu étanche que les fuites sont régulières. L’an dernier déjà le déluge était tel que les collègues avaient dû installer onze seaux (oui onze !!!) pour colmater la fuite (voir ici la spectaculaire vidéo). Il n’empêche : l’eau avait envahi partiellement les deux niveaux de l'établissement, ainsi que les locaux du personnel... Lesquels venaient d’être rénovés ! 

Et puis replouf, il y a un mois. Avec cette fois un risque d’électrocution pour les enfants (et leurs parents). « Comme l’eau coule sur l’éclairage nous n’autorisons plus l’accès à la section jeunesse » préviennent auprès du public les personnels de Parmentier. Sage précaution.

Puis, en début de semaine dernière, au moment des fortes pluies qui se sont abattues sue la capitale, les collègues ont de nouveau constaté pas moins.... de huit points de fuite ! Deux en jeunesse, quatre  en adulte et deux au sous sol. N’en jetez plus. Manque plus que le Zouave ! « La fuite a abimé quelques romans jeunesse et depuis un neuvième point de fuite s’est déclaré en jeunesse à nouveau, mais a très rapidement arrêté de couler. Voilà la bibliothèque est parsemée de seaux et nous n’avons plus assez de bandeau de chantier pour baliser les fuites » constatent noyés les personnels.

Mais si l’eau reflue sur la capitale, visiblement elle se déverse sur la bibliothèque Parmentier car plouf, plouf , une énorme fuite s’est de nouveau déclarée ce mercredi 8 juin !  Et nouveau plan Vigicrue dans le XIème arrondissement. « La section jeunesse a augmenté le périmètre de sécurité en recyclant les bandeaux de chantiers d’autres points de fuite puisque l’établissement est en rupture de stock de matériel de balisage » constatent nos désormais spécialistes des voies navigables. Aux dernières nouvelles, la mairie de Paris souhaite ouvrir cette bibliothèque le dimanche. Faudra d’abord consulter Météo-France.

N’empêche, ces fuites abondantes risquent de continuer longtemps car d’après la mairie de Paris, bien que le problème soit connu et récurrent, il serait difficile de réparer la verrière car celle-ci est en multi-copropriété avec les immeubles voisins. Ce qui permet à chacun de se renvoyer la balle... De water-polo ?

                 A la bibliothèque Parmentier, la Ville de Paris fait dans le comique de répétition

La bibliothèque Parmentier de nouveau en plan Vigicrue

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 12:37
Les bibliothécaires sortis de l’enssib et recrutés par la Ville de Paris échapperont-ils aux risques psycho-sociaux ?

A peine arrivés, voilà que nos nouveaux bibliothécaires veulent déjà partir. Un vrai gâchis…

C’est un phénomène inquiétant qui vient de survenir. Et qui pourrait bien s’étendre et s’aggraver si rien n’est fait. On parle là du mauvais accueil fait aux bibliothécaires tout jute sortis de l’enssib (École Nationale Supérieure des Sciences de l’Information et des Bibliothèques) et affectés dans les bibliothèques municipales de la Ville de Paris. Mais plus qu’un mauvais accueil, signe du délitement en la matière de l’administration parisienne - Bureau des Bibliothèques et Direction des Affaires Culturelles -, c’est désormais, vu les mauvaises conditions qui ont cours au quotidien, de risques psycho-sociaux  dont il est question pour nos nouveaux collègues dont c’est la première expérience avec de telles responsabilités. Une situation qui génère une véritable souffrance au travail. Il est vrai que ces personnels sont littéralement jetés dans la nature et, pour certains d’entre eux, livrés à eux mêmes.

Pour la petite histoire, les bibliothécaires de la Ville de Paris, qui sont donc des cadres de catégorie A de la fonction publique, sont recrutés par le biais du concours externe et interne de bibliothécaire d’État, puis formés avant leur prise de poste pendant une durée de six mois à l'enssib, une école basée à Villeurbanne dans la banlieue de Lyon. Enfin en théorie. Car dans la pratique cette « formation »  ne semble absolument pas adaptée au profil et aux spécificités de la lecture publique. Pas étonnant quand on sait que la quasi totalité du programme est dédiée aux bibliothèques universitaires. Et pourtant, la ville de Paris finance en partie cette formation ! Cherchez l’erreur…

De fait en sortant de cette école, nos collègues, dont certains deviennent directement responsable d’établissement (et souvent les plus difficiles à l’image de ces profs envoyés directement en ZEP) n’ont reçu aucun cours leur permettant de faire face à des questions managériales, notamment toutes les questions de DRH, ou encore de gestion d'un bâtiment. Des notions pourtant indispensables quand on connaît la complexité de l’administration parisienne (les bibliothèques dépendent de la direction des affaires culturelles mais la gestion bâtiment, les question de sécurité des biens et des personnes ou autres… relèvent d'autres directions) sans même parler du rôle trouble joué parfois par les mairies d’arrondissement, la mairie centrale et les différentes strates administratives. Bref, aucune préparation concrète aux missions qui allaient leur incomber.

Les bibliothécaires sortis de l’enssib et recrutés par la Ville de Paris échapperont-ils aux risques psycho-sociaux ?

Des agents qui ont pourtant alerté leur futur employeur à travers une lettre ouverte. « Pendant cette formation, nous sommes rémunérés par la Ville de Paris. Quels contacts avons-nous eu avec notre hiérarchie et nos futurs collègues avant d’arriver directement en poste ? Pratiquement aucun ». Un constat guère flatteur pour le bureau des bibliothèques (BBL) pourtant bardé de chefs de secteur, d’autres en charge de « l’inspection » et d’autres, encore plus nombreux, en charge « de l’accueil et de la formation ».

Pire, ils ont eu souvent l’occasion de ne pas être les bienvenus. Il y a bien sûr les difficultés pour se loger, car beaucoup d’entre eux ne sont pas parisiens : « la Ville de Paris n’est pas capable de fournir rapidement une aide ou de nous orienter vers un service logement efficace. Ne savoir que quelques semaines avant la prise de poste dans quel établissement nous serons affectés ne nous aide pas à trouver un logement compte tenu de la situation à Paris, notamment du prix des loyers » remarquait amèrement un de ces nouveaux arrivants. Mais en plus, les affectations tournent parfois au véritable parcours du combattant.

« J'ai dû repasser des entretiens, refaire des allers-retours entre Paris et Lyon (siège de l’enssib) à des intervalles très réduits et n'ai eu mon affectation que deux semaines avant ma prise de poste. Cette période a été très très difficile pour moi : j'étais épuisée par les trajets et la fin de la scolarité à l'enssib, complètement déprimée du fait des multiples rejets de la part des établissements et je n'ai pas du tout été soutenue dans cette épreuve » a ainsi déclaré une collègue dans cette même lettre ouverte adressée au bureau des bibliothèques (BBL) de la Direction des Affaires Culturelles, son administration de tutelle.

Les bibliothécaires sortis de l’enssib et recrutés par la Ville de Paris échapperont-ils aux risques psycho-sociaux ?

Bon, si le BBL n’a pas d’idées sur comment améliorer cette (très mauvaise) situation, les intéressés lui en ont soufflé quand même. Comme les informer sur les questions de temps de travail, congés, formation…ou encore permettre aux bibliothécaires de faire leur stage de cinq semaines.... à la Ville de Paris !

Autres suggestions toutes simples : la création d’une adresse mail dans la messagerie interne avant d’arriver officiellement en poste (logique puisqu’ils sont d’ailleurs agents de la ville dès leur entrée à l'enssib) ce qui leur donnerait ainsi accès aux informations via IntraParis, mais aussi l’envoi du « guide de l’encadrant » au format PDF, lequel fourmille d’informations très utiles, notamment pour faire face aux futures demandes des agents placés sous leur autorité. Autre outil qui leur serait très utile : un annuaire « bibliothèques » avec les principaux interlocuteurs (DAC, SRH, SLA, BBL…). Des solutions pas très compliquées, non ?

Enfin une fois arrivés dans le réseau, ces cadres A aimeraient bien se voir transmettre un calendrier de travail à l’échelle d’une année (action culturelle, entretiens d’évaluation, recensement de formation, plan d’équipement, projet d’établissement, QualiParis, réunions de secteur, séminaire des cadres, visite d’architecture…). Une information capitale pour ceux qui sont en charge de la direction d’un établissement et qui ne bénéficient même pas d’un suivi particulier par leur chef de secteur. Sans doute pour des raisons organisationnelles et opérationnelles. Mais bon, n’empêche que l’administration a une responsabilité toute particulière sur ces questions.

Les bibliothécaires sortis de l’enssib et recrutés par la Ville de Paris échapperont-ils aux risques psycho-sociaux ?

Car parfois l’exercice tourne carrément au cauchemar. « J’étais quotidiennement confrontée à des problèmes techniques (portes automatiques qui dysfonctionnent, coupure de courant, appareils qui tombent en panne, mobilier à changer) mais aussi humains (pose de congés, arrêts maladie, demandes de formations, évaluation des agents), tout en ayant aucune idée de la manière de procéder ni des interlocuteurs à contacter » témoignait ainsi une autre collègue. Toutefois, malgré ce constat un peu accablant fait officiellement auprès de leur hiérarchie et ce jusqu’au plus haut niveau, les choses ne s’améliorent pas.

Bien au contraire même, car ces cadres continuent de souffrir et arrivent désormais à saturation. Beaucoup sont extrêmement fatigués avec le risque pour certains de passer l’étape de la déprime.  Et  notre syndicat de poser cette question : est-ce normal qu’une municipalité  telle que la Ville de Paris place un agent, frais émoulu certes, mais n’ayant aucune expérience professionnelle dans le milieu à la direction d’un établissement, pour encadrer une dizaine d’agents, en sachant pertinemment que le poste est difficile ? Nous poserons officiellement cette question à l’occasion du CHSCT de la direction des affaires culturelles présidé par le premier adjoint, Bruno Julliard.

En attendant les solutions que compte apporter l’adjoint en charge de la culture, ce dernier est donc officiellement alerté que ce système mis en place par ses services est clairement générateur de souffrance au travail malgré les déclarations de  la municipalité parisienne de s’attaquer « en priorité » aux risques psycho-sociaux. La mairie de Paris doit savoir que nos collègues ne pensent qu’à une chose : échapper à cette situation très vite. Certains en espérant pouvoir changer de poste au sein du réseau, d’autres en demandant leur mutation en province. D'autres encore envisagent même des solutions plus radicales comme de demander une mise en disponibilité. A peine arrivé, voilà que nos nouveaux bibliothécaires veulent déjà partir. Un vrai gâchis…

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 15:54
Ouverture le dimanche : l'équipe de la bibliothèque Parmentier en a vraiment gros sur la patate !

« Si nous ne voulons pas détériorer davantage les piètres conditions de travail le reste de la semaine, il ne nous semble pas possible d’ouvrir notre établissement le dimanche » affirment dans une lettre ouverte à Bruno Julliard les bibliothécaires du XIème arrondissement

La municipalité parisienne a annoncé vouloir ouvrir d'ici 2019 – et sans concertation aucune bien sûr - sept nouvelles bibliothèques le dimanche : Parmentier (XIe), Hélène Berr (XIIe), Melville (XIIIe), Aimé Césaire (XIVe), Germaine Tillion (XVIe), Rostand (XVIIIe) et Sabatier (XVIIIe)... Le tout, sans effectif supplémentaire ! Une véritable provocation tant le réseau parisien est actuellement exsangue (fermetures, réductions d'horaire, etc.) et que plusieurs bibliothèques, qui ouvrent déjà le dimanche, comme Sagan (Xe) ou Duras (XXe), sont dans une situation que l’on peut sans exagérer, qualifier de critique.

Conséquence :  la colère gronde dans les bibliothèques municipales de la capitale et les lettres ouvertes des équipes concernées pour protester « contre les conditions d'ouverture »  telles que présentées par la mairie de Paris se succèdent et tombent comme à Gravelotte sur la table du premier adjoint en charge la culture (lire ici). En effet, après les personnels de la bibliothèque Hélène-Berr, Rostand, Aimé-Césaire, Germaine-Tillion et Melville c’est au tour de l’équipe de la bibliothèque Parmentier, située à proximité de la mairie du XIème arrondissement, de mettre les pieds dans le plat.

Et le moins que l’on puisse dire c'est qu’à lire leur lettre ouverte, les bibliothécaires de Parmentier en ont vraiment gros sur la patate. Selon eux, avant d’ouvrir le dimanche, il faudrait déjà que leur établissement fonctionne normalement le reste de la semaine. Or Parmentier, probablement la bibliothèque la plus utilisée du réseau si l’on calcule le nombre d’usagers au mètre carré rapporté au volume horaire d’ouverture, est déjà au bord de la rupture : « la taille de l’établissement n’est pas du tout adaptée à sa fréquentation ce qui entraîne régulièrement la fermeture de postes de service public et une surcharge de travail pour les agents, qui sont nombreux à souffrir de trouble musculo-squelettique, étendre ce travail à flux tendu au dimanche risque d’aggraver les pathologies de ces collègues et de fragiliser les autres » préviennent d’ailleurs les bibliothécaires.

Des journées qui tournent parfois au calvaire tant pour les personnels que les usagers car l’établissement est réparti sur deux plateaux et une mezzanine. « Il n’y a pas de monte-charge entre les étages ; seul un petit ascenseur (fréquemment en panne) qui sert à la fois aux lecteurs et au rangement. De plus, cet ascenseur est en accès indirect, il faut donc se munir d’une clef dès que l’on a un chariot ou un carton à déplacer. La bibliothèque ne dispose ni de salle d’animation ni d’espace de travail clos et silencieux pour les usagers ». Une précision utile car il est fort probable que Bruno Julliard n’a jamais mis les pieds dans cette bibliothèque.

Ouverture le dimanche : l'équipe de la bibliothèque Parmentier en a vraiment gros sur la patate !

                                        - Désolé les amis, mais j'ai les moutons à garder

Alors comment faire pour ouvrir le dimanche cette bibliothèque, qui comme d’autres, est en sous- effectif chronique suite aux coupes sombres faites par l’Hôtel de Ville dans le budget de la culture ces dernières années. La mairie croyait avoir trouvé la solution miracle (et très smart cities) : des automates de prêt et de retour de documents, comme ça moins besoin de personnels ! Enfin, c’est ce qui a été vendu par l’administration parisienne, laquelle il est vrai, ne met jamais non plus les pieds à Parmentier (on conseille à nos bureaucrates du Bureau des Bibliothèques et de la Direction des Affaires Culturelles de venir faire un petit stage d’une semaine (surtout le mercredi et le samedi), car évidemment cette automatisation ne résoudra rien.

« L’installation des automates est programmée pour fin 2016 et nécessitera une réorganisation du service à moyens et personnels constants. A priori, il restera toujours sept postes directement associés à l’accueil, aux renseignements, aux inscriptions et à la gestion des problèmes, sans compter les postes de rangement ». Bref, il faudra du monde en permanence au sein de l’établissement. Et les collègues de sortir la calculette : « selon le scénario « RFID » avec sept postes de service public, et actuellement vingt-sept agents, pour maintenir le principe d’un dimanche sur cinq travaillé, il faudrait recruter…. huit titulaires dont trois catégories A ». Panique du côté de l’Hôtel de Ville à la Direction des Finances et à la DRH où nos technocrates voient leurs tableaux excel défaillir…

De toute façon, travailler le dimanche même au complet risque en réalité de devenir impossible dans la pratique. La faute à ces vieilles lois de la physique que l’équipe d’Anne Hidalgo n’arrivera probablement pas à supprimer. « Nos espaces internes sont déjà contraints et inconfortables, où allons nous installer les huit nouveaux collègues ? » demandent finement les bibliothécaires du XIème arrondissement. Et ces derniers, pleins de bon sens, de répondre « si nous ne voulons pas détériorer davantage les piètres conditions de travail le reste de la semaine, il ne nous semble pas possible d’ouvrir notre établissement le dimanche ». CQFD.

Ouverture le dimanche : l'équipe de la bibliothèque Parmentier en a vraiment gros sur la patate !

Ce qui est assez surprenant dans cette histoire c’est l’amateurisme de la mairie de Paris. En effet, annoncer comme ça l’ouverture le dimanche d’équipements qui n’ont jamais été prévus pour ça est complètement irréaliste, vu les contraintes de bâtiment aussi bien à Parmentier qu’à Hélène-Berr, Aimé Césaire ou encore Rostand (liste non exhaustive). D’ailleurs l’administration parisienne peine même à apporter des réponses aux questions les plus basiques. Ainsi, l’immense majorité de l’équipe de Parmentier étant opposée à l’ouverture du dimanche « que se passera-t-il  en cas de mutations massives et forcées ? » demandent candides les personnels.

Mais si les bibliothécaires du quartier de la place Voltaire sont opposés au travail du dimanche ce n’est pas sans raison. Et c'est ce qu’ils argumentent dans leur lettre. « Plus il y aura de salariés ce jour-là et moins les contreparties paraîtront légitimes (le travail du dimanche devenant progressivement la norme sociale) ; plus la gamme de services marchands et non marchands ouverts ce jour-là sera étendue plus, par ricochet, la pression sera forte pour en ouvrir de nouveaux ». C’est vrai que désormais toutes ces extensions, que ce soit le soir ou le dimanche, tournent carrément à la course à l’échalote. Une perspective combattue pourtant par de fortes personnalités politiques. 

« La masse salariale concernée par le travail le dimanche  et le soir comprend une majorité de femmes avec enfants dont la liberté de travailler en ces horaires très décalées est plus que contrainte » a ainsi déclaré récemment…. Anne Hidalgo ! Bien vu,  madame la maire ! D’autant mieux vu que dans les bibliothèques on trouve… une majorité de femmes ! Elle devrait donc en souffler un mot à son premier adjoint.

Ouverture le dimanche : l'équipe de la bibliothèque Parmentier en a vraiment gros sur la patate !

      - Docteur, y a des gens mal intentionnés qui vont fouiller dans mes anciennes déclarations

                                 - C'est bien Anne, continuez, je vois qu'on avance....

Mais surtout l’équipe de Parmentier ne comprend pas l’obstination municipale à ouvrir le dimanche. « Dans le contexte de restriction budgétaire et de suppression de postes, le projet d'ouverture n'est pas réaliste car il nécessiterait une hausse significative des moyens afin d'assurer aux agents des conditions de travail décentes et aux usagers un service public de qualité. Ce projet d’extension d’ouvertures dominicales concerne l’ensemble du réseau. En effet, les petits établissements risquent de fermer pour que les autres ouvrent plus, et les budgets de l’ensemble des bibliothèques risquent une baisse conséquente puisqu’il faudra bien augmenter les budgets des bibliothèques ouvertes le dimanche en hausse de fréquentation. Rappelons que tous les nouveaux services se font à moyens constants ! ».  Pas faux…

D’ailleurs, « les établissements actuellement ouverts le dimanche souffrent, comme l’ensemble du réseau, d’un sous-effectif chronique, ce qui les amène régulièrement à ouvrir ce jour dans des conditions totalement dégradées : non respect du nombre de titulaires nécessaires, non respect de la parité vacataires/titulaires, non respect du rythme d’un dimanche sur cinq travaillé ».  Bref, il est temps pour la municipalité de sortir de la démagogie électorale et de revenir un peu les pieds sur terre et respecter ses engagements envers les personnels. 

Mais si les collègues de Parmentier n’ont pas l’intention d’ouvrir le dimanche, ils n’en pensent pas moins à leurs collègues qui travaillent (ou travailleront) le septième jour et proposent donc  « la création d’une charte rédigée avec les représentants du personnel définissant les fonctions des vacataires (qui ne doivent pas se substituer aux titulaires pour combler un sous-effectif) et  homogénéisant la récupération dominicale à une journée et non en heures comme cela peut se pratiquer dans certains établissements » ainsi que la  « création d’un document propre à chaque établissement définissant les conditions d’ouverture (nombre de titulaires et vacataires requis pour l’ouverture…) afin que tout nouveau membre du personnel puisse s’y référer ». Pas inutile...

         Ouverture du dimanche : les bibliothécaires parisiens mettent les chiffres sur la table

Ouverture le dimanche : l'équipe de la bibliothèque Parmentier en a vraiment gros sur la patate !

Une charte qui pour les bibliothécaires de la capitale définirait ainsi le nombre de recrutements « sur les postes d’accueil nécessitant des professionnels formés, et dont le nombre doit être établi en concertation avec les équipes, respectant un nombre de titulaires supérieur au nombre de vacataire ou encore la « présence obligatoire d’un cadre A par dimanche afin que la charge  d’un établissement n’incombe pas aux catégories B, qui assument de plus en plus de responsabilités sans aucune compensation financière ».  

Enfin last but not least si la mairie veut ouvrir le dimanche elle devra mettre la main au larfeuille avec le « doublement de la prime de 100€ bruts à 200€ bruts ! » Mazette ! En effet, si l’ont suit le raisonnement de nos progressistes qui occupent actuellement le pouvoir à la mairie de Paris « le travail le dimanche doit être compensé par une véritable revalorisation salariale, rappelons qu’une heure de baby-sitting coute de 10 à 12€ de l’heure sans compter la majoration du dimanche, une prime de 85 à 100€ nets serait automatiquement absorbée dans des frais de garde ! Pour exemple un cadre B à Boulogne Billancourt est payé 212€ bruts ! » Des chiffres cruels !

Et l’équipe de Parmentier de conclure dans leur adresse à Anne Hidalgo et Bruno Julliard : « nous déplorons l’exclusion de l’ensemble des personnels du processus de négociation globale. Nous exigeons donc l’organisation d’une prochaine réunion rassemblant les représentants de tous les acteurs concernés et exigeons qu’une information soit faite à l’ensemble des bibliothèques » et invitent tout les collègues du réseau parisien « à soutenir les bibliothèques concernées directement par ce projet et à écrire également leur lettre. La qualité du service public dans l’ensemble des établissements en dépend ! ».

Bruno Julliard pourrait donc se retrouver à face à un très gros conflit social si des négociations n’étaient pas entamées ! A moins qu’il veuille revivre sa jeunesse comme au bon temps du CPE en 2006. Reste à savoir s'il endossera le costume de Dominique de Villepin ou celui de Nicolas Sarkozy.

Ouverture le dimanche : l'équipe de la bibliothèque Parmentier en a vraiment gros sur la patate !

                                   - Hmmm, je serais assez tenté par celui de Chirac finalement....

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 10:03
Une cinquième bibliothèque envoie une lettre ouverte à la mairie de Paris pour protester contre les conditions d'ouverture le dimanche

Cette fois, c'est au tour de l'équipe de la médiathèque Jean-Pierre Melville (XIIIe) d'interpeller Anne Hidalgo et Bruno Julliard

La municipalité parisienne veut ouvrir d'ici 2019 - sans concertation aucune - sept nouvelles bibliothèques le dimanche : Parmentier (XIe), Hélène Berr (XIIe), Melville (XIIIe), Aimé Césaire (XIVe), Germaine Tillion (XVIe), Rostand (XVIIIe) et Sabatier (XVIIIe)... Et ce, sans effectif supplémentaire. Une mesure qui ne passe pas, tant le réseau parisien est actuellement exsangue (fermetures, réductions d'horaires, etc.) et que plusieurs bibliothèques qui ouvrent déjà le dimanche, comme Sagan (Xe) ou Duras (XXe), sont dans une situation que l’on peut sans exagérer qualifier de critique...

Et ça gronde dans les bibliothèques municipales de la Capitale. Après les personnels des bibliothèques Hélène-Berr, Rostand, Aimé-Césaire et Germaine-Tillion, qui avaient interpellé Bruno Julliard, l’adjoint en charge de la Culture, pour préciser les conditions sans lesquelles il ne sera pas possible d’ouvrir le dimanche (lire ici), ce sont maintenant les agents de la médiathèque Jean-Pierre Melville, située entre les Olympiades et la faculté de Tolbiac, d'entrer à leur tour dans la danse.

Et les bibliothécaires de la rue Nationale de mettre d'entrée les pieds dans le plat suite aux annonces intempestives d’Anne Hidalgo et de son équipe : « Le principe de l’ouverture le dimanche pose un problème de cohérence et de qualité de service (…).Il nous semble en effet contradictoire de proposer un service public élargi en faisant reposer ce travail sur des équipes amoindries et en majorité non volontaires ». Car c’est là que le bât blesse : le travail du dimanche ne se fera pas sur la base du volontariat, quoi qu’en disent les thuriféraires du travail le septième jour de la semaine...

Et nos collègues d'avertir : « Au sein de l’équipe, une grande majorité d’agents s’est exprimée contre l’ouverture du dimanche, pour deux raisons principales : d’une part parce que nous n’avons pas choisi de travailler le dimanche en connaissance de cause, et d’autre part pour tout ce que le dimanche travaillé engendre de conséquences et de complications sur les plans de la santé et de la vie privée, rythme de travail plus dense, garde d’enfants – et donc coût supplémentaire – pour les familles monoparentales, temps de transport pour les agents vivant en banlieue parfois très éloignée, horaires de travail décalés par rapport à l’entourage et à la société en général, etc. Comme nos collègues des autres bibliothèques qui se sont déjà exprimés, nous sommes nombreux à rester convaincus que le dimanche n’est pas une journée de travail comme les autres ».

De toute façon, et même s'ils le voulaient, les agents de Melville ne pourraient pas ouvrir un sixième jour de la semaine en l’état, puisque la médiathèque, comme tous les autres établissements du réseau parisien, a subi des réductions de personnel : « Au regard de l’organisation actuelle de nos plages de service public, ouvrir l’établissement cinq heures supplémentaires est au-delà de nos capacités. En l’état, la constitution et le nombre d’agents dans l’équipe nous placent trop souvent en situation de sous-effectif. En effet, outre le nombre d’agents, en temps partiel ou contractuels, évoqué ci-dessus, nous comptons deux agents en arrêt maladie de longue durée depuis début 2016, dont un parmi les agents titulaires, deux contrats arrivant à échéance à la fin de l’été 2016, et quatre postes vacants non pourvus, dont un qui ne sera sans doute pas remplacé ». Effectivement, la situation n'est pas brillante.

Une cinquième bibliothèque envoie une lettre ouverte à la mairie de Paris pour protester contre les conditions d'ouverture le dimanche

Pour remédier à cela, les bibliothécaires de Melville ont fait un audit assez poussé et sont arrivés à la conclusion qu’il fallait un effectif en équivalent temps plein... de cinquante agents ! Un chiffre assez raisonnable quand on y regarde de près, puisque c’est celui qui est peu ou prou nécessaire aux établissements de taille comparable qui ouvrent six jours par semaine. Il faudrait donc recruter pas moins de 25 bibliothécaires puisque l’équipe ne compte actuellement que 28 titulaires, dont cinq à temps partiel et un agent en arrêt de longue durée. On sent déjà les tableaux Excel de nos technocrates de la direction des Affaires Culturelles défaillir…

On le voit, la municipalité parisienne se trouve prise à son propre piège si elle veut envisager une ouverture le dimanche car elle devra forcément créer des postes supplémentaires. Surtout si Bruno Julliard applique la délibération municipale qu’il a récemment fait (re)voter au Conseil de Paris. « Sans cette condition, le travail sur la base d’un dimanche sur cinq ne pourra pas être respecté ». Dura lex, sed lex.

Cependant, le calcul des coûts ne s’arrêtera pas là car les agents de la bibliothèque du quartier de Tolbiac, comme leurs collègues des autres établissements qui sont censés ouvrir le septième jour, demandent « une prime de cent euros net par dimanche travaillé ». Actuellement, la prime étant calculé en brut, il faudra que la mairie mette de l’argent sur la table si elle veut avoir les moyens de ses ambitions.

Mais, les bibliothécaires tracent le cercle rouge et demandent également « la garantie de deux jours consécutifs de récupération et des conditions de récupération claires, la présence de deux agents de sécurité et d’un agent d’entretien, des tickets repas en raison de la fermeture de notre restaurant administratif le samedi et le dimanche » et enfin, last but not least « la fermeture de la médiathèque à 18h le samedi au lieu de 19h pour s’aligner sur le volume horaire des bibliothèques équivalentes à la nôtre ». Comme on le voit, le niveau de revendication du côté de Melville, c'est pas du cinoche!

Anne Hidalgo et Bruno Julliard pensaient peut-être, façon Bob le Flambeur, pouvoir ouvrir autant de bibliothèques le dimanche qu'ils le souhaitaient sans pour autant avoir à financer leur démagogie électorale... A voir les réactions des personnels, c’est raté ! Car ils sont tous on ne peut plus clairs :« Il faut que la mairie de Paris nous donne les moyens de ses ambitions ». La Ville de Paris aura été prévenue. Dans le cas contraire, on se dirigerait tout droit vers un conflit social. Et ce ne sera pas du cinéma…

 

     Conditions pour l'ouverture du dimanche : l'équipe de Melville ne fait pas de cinoche

Une cinquième bibliothèque envoie une lettre ouverte à la mairie de Paris pour protester contre les conditions d'ouverture le dimanche
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