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Nous sommes des personnels de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, travaillant dans les bibliothèques, conservatoires, musées, ateliers des beaux-arts, services centraux...

Nous militons au sein de la CGT pour défendre les droits des salariés, la qualité du service public rendu aux Parisiens.

Pour vous syndiquer, demander conseil, faire des réclamations, envoyer des informations, une seule adresse : daccgtculturegmail.com


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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 15:12
« Mais pourquoi tenez-vous donc tant à garder la bibliothèque Château d'Eau ouverte ? » demande interloqué le premier des socialistes parisiens

Rémi Féraud, maire du Xe arrondissement et président du groupe Socialiste au Conseil de Paris, ne comprend pas que l'on conteste les décisions de la Direction des Finances de la Ville de Paris

Le projet de fermeture de la bibliothèque Château d'Eau, située dans la mairie du Xe arrondissement, n'en finit plus, tel le sparadrap du capitaine Haddock, de coller aux doigts des socialistes parisiens. Dernier épisode en date, l'entrevue entre l'intersyndicale (CGT, FO, SUPAP, UCP et UNSA) et le maire de l’arrondissement, Rémi Féraud, accompagné de deux de ses adjoints.

Bien que très cordiaux, les trois élus du Xe arrondissement ont néanmoins été interloqués par la position des syndicats majoritaires à la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris : « Mais pourquoi tenez-vous donc tant à garder la bibliothèque Château d'Eau ouverte ? » ont interrogé, candides, Rémi Féraud et ses deux acolytes. Mais c'est vrai pourquoi des syndicats de bibliothécaires défendent-ils la lecture publique et la culture de proximité ? On se le demande...

Les élus étaient d'autant plus surpris de la réaction des syndicats - mais aussi des élus de gauche comme de droite, tant de l'arrondissement que du Conseil de Paris (lire ici) - que pour eux la décision avait déjà été prise par l'administration parisienne. Un aveu qui, on doit le dire, nous a peu cloué sur place car Rémi Féraud est, en principe, un poids lourd de la politique municipale parisienne, puisque après avoir été le patron de la fédération socialiste de la Capitale le voilà désormais président du groupe Socialiste au Conseil de Paris. Un cador quoi ! Enfin croyait-on... Car l'élu, censé par ailleurs représenter tous les habitants de son arrondissement, s’efface visiblement devant la décision de la Direction des Finances de l'Hôtel de Ville. Pas très glorieux, en effet.

Toutefois, comme cette histoire de fermeture de bibliothèque ne s'est pas passé, avec la fronde d'une partie des élus, comme ce qui avait été prévu par l’exécutif municipal, le Conseil de Paris a été contraint de voter que « durant les prochains mois, l'activité de cette bibliothèque soit étudiée avec la plus grande attention et la fermeture prévue de l'établissement soit conditionnée à la poursuite du déclin de l'activité » (lire ici). Ce qui veut dire que la mairie de Paris devrait réunir normalement une commission regroupant des élus et des habitants du Xe pour trancher sur cette question, démocratie locale et participative oblige.

Une étude qui pourrait apporter des surprises car la bibliothèque Château d'Eau, une bibliothèque de quartier, prête plus de documents que... la bibliothèqe numérique, ce service fort coûteux disponible via Internet, ouvert en permanence, qui touche un bassin de plusieurs millions de lecteurs potentiels, et qui aurait donc dû écraser la concurrence...

Quant aux organisations syndicales, elles ont demandé à l’administration et à Bruno Julliard, le premier adjoint d'Anne Hidalgo en charge de la Culture, de présenter cette nouvelle étude des chiffres de fréquentation de la bibliothèque Château d'Eau au prochain Comité Technique de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris.

 

 

Chateau d'Eau : Le maire du Xe, poids lourd politique, a-t-il cédé à la direction des finances ?

« Mais pourquoi tenez-vous donc tant à garder la bibliothèque Château d'Eau ouverte ? » demande interloqué le premier des socialistes parisiens

                                 - Mais qui m'a mis cette banderolle au dessus de ma tête ?

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 14:50
A quoi ressembleront les médiathèques de demain ? Un colloque organisé le 14 avril par les bibliothécaires de Plaine-Commune

Réorganisation, parcellisation des tâches, management, évolution du métier, souffrance au travail… autant de thèmes qui seront abordés par des sociologues du travail, des conservateurs de bibliothèque, des usagers ou encore des chercheurs du CNRS

Saluons l’initiative de nos collègues du collectif des bibliothèques-CGT de la communauté d’agglomération de Plaine-Commune (Seine-Saint-Denis), lesquels proposent une journée d’étude le jeudi 14 avril sur l’avenir de leur métier. Un colloque qui sera animé par des sociologues du travail, des conservateurs de la Bibliothèque Nationale de France (BnF), des usagers des bibliothèques ou encore des chercheurs du CNRS.

Les médiathèques de Plaine commune (25 établissements, 250 agents et un million de documents) remportent régulièrement des prix prestigieux : Prix de l'animation en 2012, Grand prix Livres-hebdo en 2015, distinctions du ministère de la Culture… Faut-il en conclure que tout va bien dans le meilleur des mondes ? Comme d'autres réseaux de lecture publique la situation est pourtant loin d’être aussi idyllique.

« Au cours de ces dernières années, nous avons vu les organisations et les conditions de travail se modifier. La politique de la lecture publique de Plaine-Commune évolue, nous le savons et sommes les premiers concernés. Des choix sont faits par nos directions en « consultant » les agents avec peu, voire aucune marge de manœuvre leur permettant d’être force de propositions sur l’avenir des médiathèques, de leur métier et de leurs conditions de travail » remarquent, amers, nos collègues.

A quoi ressembleront les médiathèques de demain ? Un colloque organisé le 14 avril par les bibliothécaires de Plaine-Commune

Car dans cette communauté d'agglomération de Seine-Saint-Denis « la mutualisation du travail en médiathèque a hiérarchisé et parcellisé davantage le travail de chacun, générant ainsi moins d’autonomie, un sentiment de dévalorisation, de perte de compétence, de baisse de qualité entraînant à terme un manque de motivation chez certains agents. En janvier 2014, la mutualisation des acquisitions est mise en place au niveau du réseau (sans concertation avec les organismes paritaires, alors que modifiant de manière significative les organisations de travail des différentes équipes) ». Ça ne vous rappelle rien ?

Et les bibliothécaires du 93 d'enfoncer le clou « Cette réorganisation, vécue comme une division du savoir, des pratiques et des agents, est souvent la cause d'un mal-être et d'une souffrance au travail, entraînant encore plus de malaise dans les équipes, un sentiment d’inégalité de traitement, d’isolement, et de difficulté à donner du sens à nos missions. Nous craignons encore des modifications dans les missions des bibliothécaires et des nouveaux services qui entraînent de nouvelles pratiques et organisations professionnelles. Et pour quel résultat ? Le risque de perdre certains adhérents qui ont déjà de grosses difficultés à retrouver une réponse à leur besoin, principalement de lecture ». Une analyse de nos collègues de Plaine-Communes que partagent sans doute de nombreux professionnels qui travaillent dans la lecture publique que ce soit à Paris ou sur le reste du territoire.

Et les bibliothécaires de Seine-Saint-Denis, pas passeistes pour autant, de préciser : « nous avons conscience que notre métier est en pleine évolution et ne le contestons pas, mais ces nouvelles orientations engagées par Plaine Commune sans concertation avec les agents créent un sentiment de négation chez nos collègues et nous interpelle. Nous voulons être force de propositions, pouvoir apporter notre pierre à la construction de l'édifice, dans la concertation. Il s’agit du devenir de notre coeur de métier et de l’offre que nous diffuserons au plus grand nombre. Il s’agit aussi de préciser quel sens est donné aux nouvelles médiathèques, quelles valeurs y seront développées et pour quel avenir ? » Des interrogations qui seront au coeur du colloque qui aura lieu le jeudi 14 avril 2016 à la Bourse du Travail de Saint-Denis (Auditorium Marcel Paul, 1er étage), M° Saint-Denis-Porte de Paris  et dont le programme et les modalités d’inscriptions se trouvent ici.

       Le 14 avril, vous êtes tous invités au colloque sur l'avenir des bibliothèques à Saint-Denis

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 07:34
L.I.R.E à Paris : la mairie de Paris sucre 150 000 euros à l’association en charge d’éveiller les très jeunes enfants au livre et à la lecture

Drôle de façon de considérer une structure qui s’investit dans la lutte contre l'exclusion qui est, en principe, une priorité d’Anne Hidalgo et de son équipe

Encore un coup bas pour la lecture à Paris. Cette fois c’est l’association L.I.R.E à Paris, laquelle intervenait dans les structures de la petite enfance telles que les PMI mais aussi les centres sociaux ou les bibliothèques jeunesse, de faire les frais de la politique de la mairie de Paris. « Nous venons d’apprendre que la subvention qui nous est versée depuis plus de dix ans, serait amputée, sans délai de prévenance  de 40%, soit 150 000€. » Du brutal.

Tellement brutal que l’association qui avait déjà programmé ses interventions pour l’année en cours et « recruté les effectifs nécessaires pour les mener » va être dans l’obligation de licencier cinq personnes. C’est pas comme ça que la courbe du chômage va s’inverser !

Drôle de façon de considérer une structure qui fidèle à son acronyme, « Le Livre pour l’Insertion et le Refus de l’Exclusion » s’investit dans un domaine qui est, en principe, une priorité d’Anne Hidalgo et de son équipe, puisque L.I.R.E à Paris se démène pour rapprocher du livre les publics les plus éloignés, au moyen d’actions culturelles dont, entre autres, les bibliothèques hors les murs (BHLM).

Une chose est sûre, si la ville de Paris persistait dans ces mesure d’économie cela contraindrait l'association « à abandonner tout un travail développé dans la durée, toute une série d’actions transversales avec d’autres institutions du territoire (bibliothèques, centre sociaux…) dans l’accompagnement social et culturel des parents et de leur enfants ». Elle lance donc un véritable cri d’alarme (lire ici).

Un appel à l'aide qui a déjà reçu le soutien de parents et de professionnels de la petite enfance (lire ici et). Une pétition vient également d'être mise en ligne (pour la signer, c'est ici). Espérons que L.I.R.E à Paris sera entendu par la mairie de Paris pour que cette dernière revienne sur sa décision.

 

L.I.R.E à Paris : la mairie de Paris sucre 150 000 euros à l’association en charge d’éveiller les très jeunes enfants au livre et à la lecture

               La lutte contre l'exclusion est pourtant, en principe, la priorité d’Anne Hidalgo

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 07:59
La mairie de Paris propose de faire marcher les petits vieux qui fréquentent la bibliothèque Château d’Eau

Mais attention, ce sera un accompagnement personnalisé pour mieux faciliter la transition

Le projet de fermeture de la bibliothèque Château d’Eau était au cœur des débats du dernier Conseil de Paris. Et celui-ci prend un tour vraiment inattendu. Pour le moins ! Il est vrai que les services de Bruno Julliard ne savent pas comment se dépêtrer de cette triste affaire.

Pour mémoire, la Ville de Paris pensait que la fermeture de cette bibliothèque située à l’intérieur de la mairie du Xème arrondissement passerait comme une lettre à la poste.  Le cachet ne devait pas vraiment faire foi car en décembre dernier cette tentative avait été rejetée à l’unanimité par le Comité Technique de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris. A cette occasion, les représentants du personnel avaient même avancé plusieurs propositions, dont certaines assez audacieuses, pour au contraire développer cet équipement (lire ici).

De plus, l’équipe qui entoure Anne Hidalgo avait « oublié » de demander leurs avis aux personnes concernés, ceux du Xème arrondissement. Pas grave les élus communistes et Les Républicains de l’arrondissement ont déposé des vœux demandant le maintien de leur bibliothèque. Il est vrai que pour les représentants des habitants du Xème « Il s’agit d’une bibliothèque de proximité, dont l’apport est indéniable pour faire vivre le quartier comme la mairie ». Pas faux.

Oui, mais alors comment fermer la bibliothèque Château d’Eau malgré tout les arguments avancés ? Simple ! En présentant cet établissement comme un véritable repoussoir. « Le public déserte en masse » n’hésite pas à assener l’exécutif transformé soudain en exécuteur. Pourtant plus de 70% de ses usagers continuent de fréquenter Château d’Eau malgré l’ouverture de Françoise Sagan dans le même arrondissement. Pire, il y en a même, les inconcients, pour venir s'y inscrire ! Mais Bruno Julliard, l’adjoint à la culture, n’en a cure et annonce déjà que « l’exode va s’amplifier ». Pour la mairie de Paris, la bibliothèque Château d’Eau n'est qu'un simple lieu pour pestiférés.

 

                      Bibliothèque Château d'Eau: la mairie de Paris pousse un cri du coeur

La mairie de Paris propose de faire marcher les petits vieux qui fréquentent la bibliothèque Château d’Eau

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Mais alors, ce vœu présenté par les socialistes et soutenu par les seuls écologistes qu’est ce qu’il dit ? Regardons en détail les points présentés tant ils sont croquignolets. Tout d’abord, il semblerait que Château d’Eau bénéficie d’un sursis si l’on en croit le Parisien (lire ici). D’ailleurs, le vœu précise bien que « durant les prochains mois l’activité de la bibliothèque Château d’Eau et les pratiques de ses usagers soient étudiées avec la plus grande attention ». C'est-à-dire que rien ne peut être décidé avant la fin de l’année prochaine (lire ici).

Enfin ça, c’est lorsque l’on est dans une démocratie municipale... Car la Ville a toujours l’intention de fermer la bibliothèque dans trois mois ! D’ailleurs, l’établissement n’ayant plus de budget d’acquisition et n’ayant aucune nouveauté à proposer, pas même la presse, « la poursuite du déclin de l’activité » est assurée. De quoi remplir d’aise les tenants d’une fermeture coûte que coûte.

Néanmoins, où vont passer les collections, près de 30 000 documents, dont un fonds unique de 3 000 livres consacrés à la photographie ? Au départ, la Mairie aurait bien tout balancé à la poubelle, mais comme les projecteurs sont braqués désormaissur elle, difficile de commettre un tel forfait en loucedé . Et de faire preuve d’une certaine imagination. Tout d’abord, « le fonds de romans [sera] transféré à la bibliothèque jeunesse de Lancry (Xe) », avec un argument qui ne manque pas de sel puisque , selon la direction des Affaires Culturelles, c’est « afin de lui permettre d’améliorer le service offert aux adultes ». Ceux qui allaient à Château d’Eau sans doute. 

Reste le fonds photo, qui colle à la Mairie comme le sparadrap au nez du capitaine Haddock. Si bien que désormais elle espère « qu’une solution soit trouvée pour accueillir le fonds d’ouvrages photographiques ». Laquelle ? Là son cœur balance : « à la médiathèque Françoise Sagan si possible ou à défaut dans un autre établissement à Paris, comme la médiathèque Edmond Rostand (XVIIe) ». Bref, la Mairie hésite. Pour ce qui est des « rencontres photographiques » organisées par l’équipe de Château d’Eau, pas d’inquiétude toutefois puisque elles devraient être récupérées par des amis. En effet, selon la Mairie, « l’équipe du Point Ephémère s’est d'ores et déjà portée candidate ». Évidemment, si auparavant cette manifestation culturelle était organisée de manière bénévole, ce ne sera probablement pas le cas avec le Point Ephémère. Et il faudra sans doute passer par une énième (grosse) subvention au frais du contribuable. Mais on vous a gardé le meilleur pour la fin...

Que vont devenir les petits vieux qui continuent mordicus de fréquenter Château d’Eau ? La Mairie a la solution, qui devrait lui valoir le premier prix du concours Lépine organisé chaque année à la Foire de Paris, car elle propose rien moins : « qu’un accompagnement personnalisé puisse être mis en place par les équipes - notamment les jeunes en service civique - pour les plus fidèles usagers et notamment les personnes âgées et que des visites des bibliothèques avoisinantes leur soient proposées, afin de faciliter la transition ». Comme ça, ils pourront enfin découvrir et arpenter leur quartier. Mais comme le dit la Mairie puisque « c’est pour faciliter la transition ». Comme l’avenir des bibliothèques parisiennes sans doute.

 

          La Mairie de Paris emmène les séniors découvrir les bibliothèques parisiennes

La mairie de Paris propose de faire marcher les petits vieux qui fréquentent la bibliothèque Château d’Eau

                             - Eh, on serait pas en train de nous amener à Lancry, là ?

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 10:09
NBI « zone urbaine sensible » dans les bibliothèques parisiennes : les avocats de la CGT  taillent en pièce les arguments de la mairie

Il est vrai que, dans leur mémoire remis au tribunal, les baveux de l’Hôtel de Ville ont été petits joueurs

C’est une nouvelle étape dans la procédure auprès du Tribunal Administratif lancée par plus d’une centaine de bibliothécaires pour obtenir l’attribution d’une prime réglementaire s’appuyant sur une jurisprudence favorable du Conseil d'Etat (lire ici).

Pour mémoire, la plus haute juridiction administrative avait  établi que les agents exerçant dans des établissements n’entrant pas dans le découpage des Zones Urbaines Sensibles (ZUS) - mais dont la proximité a pour conséquence qu’ils reçoivent les mêmes usagers - peuvent eux aussi prétendre à une prime dite NBI (Nouvelle Bonification Indiciaire). La même que celle accordée à leurs collègues en poste dans un établissement situé en ZUS. Et oui, il suffit que des usagers habitant dans une de ces ZUS soient inscrits dans une bibliothèque ou bien fréquentent n’importe quelle autre du réseau pour qu’ils rentrent dans les critères définis par ce jugement qui s’impose à toutes les administrations.

Les bibliothèques partie prenante de cette action en justice ont ainsi été on ne peut plus nombreuses : François Villon (Xe) Parmentier (XIe), Hélène Berr (XIIe), Saint Eloi (XIIe), Melville (XIIIe), Italie (XIIIe), Aimé Césaire (XIVe), Yourcenar (XVe), Sabatier (XVIIIe), Vaclav Havel (XVIIIe), Hergé (XIXe), Levi Strauss( XIXe) ou encore Duras (XXe). Une class action à la parisienne qui n’a pas fait plaisir à notre chère mairie si l’on en croit la mauvaise foi déployée par son service juridique. Pas grave, nos avocats leur ont donné une petite leçon de droit.

Faut dire que la mairie de Paris a fait fort dans la mesquinerie : « Les requérants ne travaillent  pas de manière significative en relation directe avec les populations issues  d’une ZUS car ce public représente une part marginale de l’ensemble des usagers accueilli par les bibliothèques » ont osé déclarer les baveux de l’Hôtel de Ville dans leur mémoire remis au tribunal. Petits joueurs... Et de pousser le bouchon en affirmant qu’il faut que la moitié au moins des usagers provienne d’une ZUS pour pouvoir prétendre à la NBI. Au risque de se prendre les pieds dans le code administratif.

« La Ville interprète comme souvent le droit de manière erroné, cet argument sur la quotité n’est jamais cité dans la loi ou dans les décrets concernant l’attribution d’une NBI pour les personnels recevant du public provenant des zones sensibles » leur ont rétorqué les avocats de notre syndicat précisant même que « cet argument sur un nombre minimum d’usagers n’a pas non plus été retenu par le Conseil d’État dans son arrêt ». et vlan ! La plus haute juridiction administrative de notre pays ayant juste retenu comme critère que « l’agent doit être en relation direct avec les usagers d’une ZUS et non de savoir si l’agent côtoyait une quantité suffisante d’usagers venant d’une ZUS ». Cruel pour la mairie de Paris en train de se faire tailler une veste sur le plan juridique.

NBI « zone urbaine sensible » dans les bibliothèques parisiennes : les avocats de la CGT  taillent en pièce les arguments de la mairie

Mais alors nos collègues qui ont déposé leurs dossiers au tribunal administratif sont-ils au contact régulier d’usagers en provenance d’une ZUS ? Oui, si l’on en croit les chiffres….. qu’a été obligé de fournir l’administration à la justice. Près d’un millier à Duras, Villon, Lévi-Strauss ou encore Sabatier. Quasiment deux mille pour Parmentier. Pour Vaclav-Havel ou Hergé la part des usagers inscrits originaires d’une ZUS frise également les 10%. Et le reste est à l’avenant…Pire, les chiffres donnés par la mairie dans son mémoire de défense ne concernent que la bibliothèque d’inscription et ne donne aucune référence sur la fréquentation réelle des usagers vis-à-vis des différents équipements de son réseau. De plus  le nombre d’usagers des bibliothèques libres d’accès, ne se limitent pas aux seuls inscrits.

Et notre syndicat de rappeler un fait que les services d’Anne Hidalgo semblent ignorer  « les usagers venant de quartiers sensibles (ou  politique de la Ville) ne se limitent pas à fréquenter des établissements publics uniquement inclus dans ces quartiers ». Et oui, Paris étant plutôt bien desservi en transport public de nombreuses bibliothèques sont de facto proche d’une ZUS parfois en moins de temps qu’il n‘en faut.

Par ailleurs, la fréquentation d’un équipement n’est pas conditionnée au seul lieu de résidence, bien au contraire, tout le monde sait (sauf la ville apparemment) que le lieu de travail et d’activités sociales sont eux aussi un facteur déterminant pour aller dans une bibliothèque. Des arguments que les avocats municipaux ont semble-t-il été incapable de démonter auprès du tribunal puisque désormais ils sont muets comme des carpes. Un paradoxe pour ceux que la sagesse populaire surnomme les bavards.

Bon,  la ville n’ayant pas répondu dans les délais, nous allons faire une demande de clôture d’instruction au greffe du Tribunal Administratif. L’audience pourrait même se tenir avant l’été. En cas de victoire, outre l’attribution de la NBI aux bibliothèques concernées, nous demanderons, pour les collègues qui ont déposé un autre dossier en parallèle, le rappel des primes dues jusqu’à quatre ans en arrière. Trois cent milles euros au bas mot. Ouch ! Nous demanderions en sus le paiement des frais d’avocats. Aïe !

NBI « zone urbaine sensible » dans les bibliothèques parisiennes : les avocats de la CGT  taillent en pièce les arguments de la mairie

                                                 - Ouch, ça pourrait faire mal

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 11:04
Paris Xe : les élus votent contre la fermeture d’une bibliothèque

Gauche, droite et écologistes ont présenté plusieurs textes demandant le maintien de la bibliothèque Château d’Eau

C’est ce que l’on appelle un rebondissement ! Alors que la mairie de Paris croyait l’affaire réglée, la majorité des membres du conseil municipal du Xe arrondissement, gauche, droite et écologistes confondus, a voté hier plusieurs textes demandant le maintien de l'ouverture de la bibliothèque Château d’Eau.

La Ville voulait fermer cet équipement culturel de proximité mais avait oublié un petit détail : consulter les élus de l’arrondissement sans même parler des usagers qui fréquentent cette bibliothèque, située à l’intérieur de la mairie du Xe, l'une des premières à avoir vu le jour dans la Capitale (elle a été créée en 1862, avant son déménagement dans la mairie en 1896). Une entorse manifeste à cette démocratie locale chère (en principe !) à la maire de Paris. Il est vrai que l’exécutif est dans ses petits souliers dans cette affaire car rien ne justifie cette fermeture.

Car la bibliothèque Château d’Eau, comme ses consœurs du réseau, propose des collections variées, quelques 25 000 documents, qui plaisent au public. Mais surtout, la bibliothèque abrite un fonds, unique en son genre, de 3 000 livres sur la photographie, certains très rares, et tous disponibles pour le prêt. Résultat : plus de 4 000 usagers uniques viennent emprunter régulièrement ! Auxquels il faut ajouter les milliers de visiteurs annuels qui viennent lire sur place journaux, revues et autres documents, ou simplement consulter Internet.

D’ailleurs, selon le vœu proposé par les élus communistes Didier Le Reste, Dante Bassino et Dominique Tourte : « Il s’agit d’une bibliothèque de proximité, dont l’apport est indéniable pour faire vivre le quartier comme la mairie ». Un argument repris par la droite parisienne puisque Déborah Pawlik, cheffe de file du groupe Les Républicains de l'arrondissement, a elle aussi déposé un vœu dans lequel elle demande « le maintien de la bibliothèque Château d’Eau au sein de la mairie, le temps qu’une étude soit réalisée par un groupe de travail paritaire sur les possibilités de développement de complémentarités entre les différentes bibliothèques de l'arrondissement ».

Dans la foulée, les élus écologistes ont demandé que le fonds photo de la bibliothèque Château d'Eau reste dans l'arrondissement. Texte adopté... à la majorité. Ce qui signifie peu ou prou que Château d'Eau est sauvé puisque il n'existe pas d'autre endroit où l'installer selon les considérants exposés en préambule du voeu lui-même. Imparable.

L’avenir de la bibliothèque de la mairie du Xe arrondissement sera également débattu au Conseil de Paris, avec cette fois l'ensemble des élus de la Capitale. Le vote des élus parisiens pourrait confirmer celui du Xe puisque ceux qui sont favorables au maintien de la bibliothèque Château d'Eau, au minimum avec ses collections de livres sur la photographie (Les Républicains, PCF, Parti de Gauche et EELV) seront, à cette occasion, là aussi majoritaires.

Une perspective qui devrait réjouir l’adjoint au maire en charge de la Culture ! Puisque Bruno Julliard en personne avait asséné il y a quelques semaines lors de la remise du Prix Livres-Hebdo des bibliothèques « que nous devons préserver et renforcer les bibliothèques. C'est, en ces jours dramatiques, un défi collectif que le pari de la lecture et des livres. Je souhaite longue vie à toutes les bibliothèques parisiennes ». Pas mieux.

Le projet de fermeture de la bibliothèque Château d’Eau avait déjà été rejeté à l’unanimité par le Comité Technique de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris. A cette occasion, les représentants du personnel avaient même avancé plusieurs propositions, dont certaines assez audacieuses, pour au contraire développer cet équipement (lire ici). Bruno Julliard qui aime les bibliothèques va enfin pouvoir faire parler son cœur...

 

Château d'Eau : Bruno Julliard, Anne Hidalgo et Rémi Ferraud vont-ils soutenir le vote des élus ?

Paris Xe : les élus votent contre la fermeture d’une bibliothèque

               - Bon il ne reste plus qu'à nous planquer dans la bibliothèque de l'Hôtel de Ville

                      - Désolé, Anne, on pourra pas, on la ferme à chaque Conseil, tu sais bien!

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 08:13
Les responsables des bibliothèques parisiennes échapperont-ils aux troubles psycho sociaux ?

En tout cas la mairie de Paris dépense des millions d’euros pour les mettre en situation de souffrance au travail.

« J’attache la plus grande importance à la prévention des risques psycho sociaux car je considère le travail comme un lieu de vie et d’échange où chacun doit pouvoir trouver son épanouissement » avait déclaré le Directeur des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, Noël Corbin, à l’occasion de sa prise de fonction. Il est vrai que les personnels des bibliothèques avaient alors mené une véritable fronde, pendant que les conservateurs exprimaient publiquement leur malaise (lire ici).

Une déclaration réitérée au moment d’une conférence …sur les risques-Psycho sociaux organisée par ses services ! On ne doute pas de la sincérité (ni de la bonne volonté) du directeur, mais force est de constater que les responsables des bibliothèques municipales parisiennes sont au bord de l’épuisement, notamment ceux obligés d’appliquer les directives QualiParis.

Qu’est ce que QualiParis ? Officiellement un label qui (en gros) certifie que les établissements qui reçoivent du public … reçoivent bien leur public ! On dirait une formule de Pierre Dac. Il y a quelques années, les bâtiments municipaux avaient déjà été contraints d’afficher une charte d’accueil, laquelle ne faisait qu’énumérer ce qu'ils faisaient depuis toujours.

Seulement voilà, la charte d’accueil, une vulgaire affichette, était un tantinet défraîchie et pas assez moderne aux yeux de la mairie. Et puis, il était temps d'ouvrir de nouveaux marchés et de dépenser enfin de nouveaux millions. Car, en plus QualiParis coûte un prix exhorbitant. Ainsi le seul marché pour la « formation des cadres responsables de site et des chefs de projets sectoriels à la démarche de labellisation QualiParis » (sic) a même été évalué par les services de la mairie à… 600 000 euros. Cela sans compter les nombreuses dépenses complémentaires (réalisation ..d’un audit ou rémunération de « clients mystère ») le total atteint plusieurs millions d’euros TTC.

Plutôt cher pour mettre en situation de souffrance au travail de nombreux agents de la Ville de Paris. Car entre les injonctions contradictoires,  les conflits de valeurs, le manque de moyens accordés pour des objectifs trop élevés, sans parler des multiples réunions avec compte rendu à la clef, on est en plein dans les familles de risques qui caractérisent les troubles psycho-sociaux (lire ici).

N'oublions pas que la mise en marche (forcée) de Qualiparis n’est pas sans conséquence pour la santé de ceux qui sont obligés de l’appliquer : d’abord la mise en œuvre de QualiParis est on ne peut plus chronophage. Dans un premier temps, la direction convoque les chefs d’établissement puis les envoie dans des formations pour les « mettre en condition ». A charge pour eux d’organiser ensuite des réunions avec leurs équipes au détriment de toutes les tâches « ordinaires ».. Pendant ce temps, le travail quotidien s’accumule. A chacun ensuite de se débrouiller seul pour le rattraper. Pendant ce temps, le cadre s’initie aux joies des rétro-planning et autres reporting (excusez nous pour ces anglicismes) car la direction, elle même sous pression, veut quasiment à chaque seconde, savoir où en est l'avancement de ce qui est devenu son unique obsession.

Les responsables des bibliothèques parisiennes échapperont-ils aux troubles psycho sociaux ?

Et c'est pas fini, car les objectifs à atteindre sont tout simplement irréalisables. Pour être certifiés QualiParis, les lieux doivent ainsi être propres et en bon état. Le minimum certes. Sauf que depuis les restrictions budgétaires mises en place par la mairie ce n'est plus le cas. Mais alors pas du tout. Le problème est que cette obligation de propreté échappe complètement aux chefs d'établissement, lesquels dépendent de multiples autres directions que ce soit pour l’entretien courant du bâtiment (ménage) ou plus prosaïquement pour de simples réparations électriques ou de serrurerie. On nage en pleine injonction contradictoire.

Autre obstacle dans l’accueil du public et il est de taille...la réduction des horaires d'ouverture faute de personnel disponible car les directrices et directeurs de bibliothèque ont vu diminuer drastiquement les postes budgétaires de leur établissement. Mais peut être que l'ouverture d'une bibliothèque ne fait pas partie des « critères qualité du référentiel » comme le vante le cahier des charges de QualiParis.

Le pire dans tout ça c'est que l'on demande à ces cadres d'appliquer une politique à laquelle plus personne ne croit. Ni la haute administration, ni bien sûr eux-mêmes ! Un véritable conflit de valeurs. Quant aux équipes n'en parlons pas. On ne compte plus les railleries des collègues devant ces palinodies imbéciles voire le dégoût exprimé devant cet immense gâchis d'argent public. L'exercice tourne même au supplice de Tantale car il ne s'arrête jamais.

« Un audit de surveillance est organisé à mi-parcours, au bout d’un an et demi. Ainsi, la démarche n’est pas un acquis mais une volonté de toujours progresser et de s’améliorer » assène la Ville de Paris. Un charabia que l'on croirait tout droit sorti d'un manuel de scientologie. Et après ? On se retrouve comme dans le film un jour sans fin car c'est un éternel recommencement.

« Le label n’est pas reconduit de façon automatique, les services labellisés devront repasser un audit de renouvellement qui garantira que les efforts fournis sont probants ». Et toc. De nouvelles réunions chronophages en perspective avec comptes rendus et exercices de motivation des équipes. Elle est pas belle la vie ? Reste à savoir combien de cadres résisteront à ce véritable plan d'action de souffrance au travail.

Car ces méthodes en rappellent furieusement d'autres. Elles ont eu cours notamment à La Poste et France Télécom avec les dégâts que l'on sait. Une situation non seulement dénoncée par les syndicats mais aussi par les médecins du travail et les spécialistes en relations sociales. Nous allons demander au CHSCT de la Direction des Affaires Culturelles de se saisir de cette situation et de stopper (ou au mois modifier) cette entreprise de décérébration qu'est QualiParis.

 « J’attache la plus grande importance à la prévention des risques psycho sociaux car je considère le travail comme un lieu de vie et d’échange ou chacun doit pouvoir trouver son épanouissement » a encore réaffirmé le directeur des affaires culturelles en ce début d'année dans ses vœux aux personnels. Dans le cas de contraire il serait lui aussi confronté à véritable conflit de valeurs.

 

Les responsables des bibliothèques parisiennes échapperont-ils aux troubles psycho sociaux ?
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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 11:11
RFID et automates de prêts : A la bibliothèque Parmentier, les personnels craignent une mise en place trop précipitée

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On évoque deux mois de fermeture pendant lesquels l'effectif des bibliothécaires sera réduit de moitié. Intenable !

La bibliothèque Parmentier (XIe), une des plus fréquentées du réseau parisien, va bientôt être équipée d’automates de prêt. Si officiellement ces appareils sont censés soulager un peu les bibliothécaires affectés aux opérations de prêt ou de retour de documents (mais on est en droit de penser qu’ils servent surtout à justifier la compression du personnel), leur mise en place, notamment en termes de calendrier, d’aménagement des espaces ou encore du traitement des collections, ne manque pas d’inquiéter.

En effet, sous l’impulsion de la mairie d’arrondissement, l’installation de ces automates serait avancée pour cet été... Au lieu de début 2017 ! Un calendrier déraisonnable si l’on tient compte du fait qu’il faut d’ici là équiper une bonne centaine de milliers de documents de puces RFID, pour ensuite les "encoder" dans un nouveau logiciel.

Certes, il est question d’après l’administration qu’une entreprise se charge de l’encodage, mais rien n’est moins sûr en ces périodes de disettes budgétaires. En outre, cette entreprise n’interviendra pas sur le réaménagement des espaces ni sur le nécessaire travail sur les collections que cette nouveauté implique. Pourtant, le temps accordé  pour toutes ces opérations semble se réduire à la portion congrue. On a tout d’abord évoqué trois mois de fermeture. Désormais, on ne parle plus que de deux mois, pendant lesquels, vacances d’été oblige, l'effectif des bibliothécaires sera réduit de moitié. Intenable !

Autre inquiétude et non des moindres, les endroits où seront installés les automates de prêt et de retour. Pour information, la bibliothèque Parmentier n’est pas un établissement de plein pied mais agencée sur plusieurs niveaux. Or, il semblerait que le retour des documents soit désormais rendu possible à chaque étage. Problème : il n’y a qu’un seul petit ascenseur, souvent en panne d’ailleurs, pour le public, et pas de monte-charge pour le personnel. Conclusion : le rangement  et le transport des documents risquent de tourner très rapidement au casse-tête, surtout dans un établissement très fréquenté comme Parmentier ! On imagine déjà les incessants allers-retours des chariots dans ce tout petit ascenseur qui ne serait de fait plus destiné au public. Cela semble vraiment impensable, surtout les jours d’affluence.

 

                    Bibliothèque Parmentier : pas de plein pieds et avec un seul petit ascenseur

RFID et automates de prêts : A la bibliothèque Parmentier, les personnels craignent une mise en place trop précipitée

Quant au choix des grandes vacances pour effectuer toute ces transformations, il est certainement pratique pour minimiser la gêne occasionnée pour les lecteurs, mais semble d’une part trop court et d’autre part totalement inadapté à un travail d’équipe alors que le personnel prendra ses congés. On le voit cette précipitation ne permettra pas une réouverture dans de bonnes conditions. On comprend donc que les agents veulent êtres associés à la future organisation, or ces conditions, pourtant indispensables, ne semblent pas se profiler pour le moment !

De plus, la mise en place de ces automates dès l’été prochain pourrait avoir des conséquences inattendues. En effet, l’équipe de la bibliothèque Parmentier doit déterminer ce que dans le jargon des bibliothécaires on appelle la « politique documentaire ». Autrement dit : quels sont les documents que l’on va devoir retirer des rayonnages. Une opération qui doit en principe se tenir tout au long de l’année 2016. Or, avec une mise en place précipitée de la RFID, l’équipe va-t-elle pouvoir finir ce désherbage avant que les livres ne soient équipés de puces ?  Il serait dommage que des milliers de livres (ou des disques) soient équipés de ces puces avant de partir au pilon ! Ce serait un vrai gâchis à Parmentier !

N’en déplaise à l’administration parisienne, ces gros chantiers nécessitent un temps de préparation conséquent avec une période et un temps de fermeture adaptés, c'est à dire surtout pas pendant les grandes vacances estivales ni concentré sur deux mois, ainsi que du matériel de qualité !

Car reste une dernière inconnue : les automates vont-ils marcher ? Si ce sont des appareils de la marque bibliothéca faut voir, car visiblement les automates ne sont pas très fiables et posent problèmes au quotidien, encore en ce moment à la médiathèque Yourcenar (XVe). Pour preuve, la société intervient à chaque récrimination au coup par coup ce qui n’est pas pratique pour les équipes qui travaillent avec ces machines (lire ici). Bref, tous les spécialistes prient pour que ce soit la société 3M qui remporte le marché pour Parmentier. Pas de pot : 3 M a été rachetée par Bibliothéca !

 

                                                A Parmentier, les automates vont-ils marcher ?

RFID et automates de prêts : A la bibliothèque Parmentier, les personnels craignent une mise en place trop précipitée

                                                    - Gosh, c'est le même qu'à Yourcenar !

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 16:13
A la bibliothèque Picpus-Hélène Berr, les personnels et les usagers subissent le coup de la panne

Malgré son label QualiParis, la grande bibliothèque du XIIème arrondissement est inaccessible depuis plusieurs mois aux handicapés, aux personnes âgées ou encore aux parents accompagnés d'enfants en bas âge!

Les bibliothécaires et les usagers de la bibliothèque Hélène Berr, située rue de Picpus dans le XIIème arrondissement de Paris, en ont vraiment plein le dos car l'unique ascenseur de cette grande médiathèque, régulièrement en panne, est cette fois  en carafe depuis le mois de novembre. Plutôt gênant pour un établissement qui compte ...six étages !

Une situation d'autant plus critique que désormais l'établissement est déserté par une partie du public (handicapés, personnes âgées, parents accompagnés d'enfant en bas âge), les locaux leur étant devenus inaccessibles.

Pendant ce temps, les bibliothécaires font tout ce qu'ils peuvent pour réduire les inconvénients pour les utilisateurs et gérer leur mécontentement : retour des documents et renouvellement de carte au rez-de-chaussée pour les plus invalides, proposition d’aller chercher des livres à emprunter dans les étages, aide au port des chariots pleins de livres pour les personnes fatiguées. Mieux, la bibliothèque qui reçoit de nombreuses crèches et autres groupes de la petite enfance au quatrième étage, voit alors ses agents aider à porter les bébés et les gros sacs de livres. A ce rythme, il ne serait pas étonnant qu'une partie du personnel se retrouve bientôt en arrêt de travail pour cause de lumbago ou de déplacement de vertébres. De plus, si le moindre accident se produisait, la responsabilité des agents pourrait même être engagée. Bref, ça ne peut plus durer.

 

 

                                  Hélène Berr, une bibliothèque labélisée CaddieParis

A la bibliothèque Picpus-Hélène Berr, les personnels et les usagers subissent le coup de la panne

 

Malheureusement, depuis novembre, l'ascenseur reste toujours en panne malgré les suppliques de l'administration et des responsables de l'établissement auprès de la société Thyssen en charge de la maintenance de l'appareil. Et l'on ne sait toujours pas quand il sera réparé car la situation a, semble-t-il, basculé dans une dimension que certains qualifieraient d'irréelle. En effet, un technicien est bien venu constater qu'il fallait changer une pièce mais il a ensuite malheureusement été victime d’un grave accident de voiture. Et depuis, plus rien ! La société Thyssen ne sachant pas où en est la commande des pièces nécéssaires à cette réparation. Une commande devenue introuvable parait-il. Surréaliste, n'est ce pas ?

Une situation que ne peut plus supporter un personnel fatigué et excédé qui doit quotidiennement manutentionner des piles de livres sur six étages, porter des nourrissons, subir le mécontentement légitime des utilisateurs qui sont de plus en plus nombreux à déclarer ne plus fréquenter l’établissement tant que la situation perdurera. Ironie de l'histoire, le projet d’établissement de la bibliothèque Hélène Berr est centré..... sur la qualité de l’accueil. Il a même été labellisé QualiParis dont l'une des obligations premières est... de rendre les locaux accessibles (voir ici) ! Une information que l'on transmet sans attendre à l'adjoint à la Culture de la Ville de Paris, Bruno Julliard et la maire du XIIème arrondissement, Catherine  Baratti-Elbaz.

 

              Bruno Julliard et la maire du XIIème devisent de l'état de la bibliothèque Hélène Berr

A la bibliothèque Picpus-Hélène Berr, les personnels et les usagers subissent le coup de la panne

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 09:28
Bibliothèque Château d’Eau : les syndicats font des propositions à Bruno Julliard

Ils ont d’ailleurs présenté un avis au Comité Technique de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris

La mairie de Paris a mis à l’ordre du jour du Comité Technique de la Direction des Affaires Culturelle - une instance présidée par le premier adjoint en charge de la Culture, Bruno Julliard - la fermeture de la bibliothèque Château d’Eau, située à l’intérieur même de la mairie du Xe arrondissement (voir ici). Toutefois, les arguments avancés pour justifier la fermeture de cet équipement culturel de proximité ont du mal à convaincre. A tout le moins.

C’est pourquoi les représentants des personnels - CGT, FO, SUPAP, UCP, UNSA -  qui siègent à ce Comité Technique ont soumi au vote un avis demandant le maintien de la bibliothèque. Il faut dire que les arguments ne manquent pas.

Ainsi dans les considérants en introduction de cet avis, les syndicats affirment que « la fermeture de la bibliothèque Château d’Eau ne peut se justifier que si l’établissement ne répond plus à un besoin et une offre de service public utile ». Or, il est très loin d’en être ainsi… Bien au contraire même ! En effet, l’établissement, très apprécié par ses usagers, bénéficie toujours d’une fréquentation importante et d’un nombre d'emprunt de livres égal à 75% de ceux qui étaient prêtés avant l’ouverture de la nouvelle médiathèque Françoise Sagan dans le même arrondissement.

D’ailleurs, la construction de ce dernier équipement n’a même jamais été conditionnée à la fermeture de Château d’Eau par ses concepteurs d’origine ! Mais comme la mairie cherche à récupérer des sous coûte que coûte (elle supprime encore de nombreux postes dans son budget 2016), elle tente de justifier son forfait par une baisse drastique de la fréquentation.

Pour cela la municipalité ne manque de souffle puisque la période choisie par l’administration (quelques mois à peine…) pour évaluer la situation en termes de prêts comprenait la période des grandes vacances ! Une évaluation ni pertinente ni honnête... Sauf si la décision de fermer était déjà prise !

 

     Maintien de la bibliothèque Chateau d'Eau : Bruno Julliard pourra-t-il verrouiller le débat ?

Bibliothèque Château d’Eau : les syndicats font des propositions à Bruno Julliard

                                                    - Non, car je ne suis que cadenas d'amour ....

En tout cas chez les professionnels de la lecture publique, l’expérience leur a appris que toute nouvelle ouverture entraîne une baisse des prêts dans les établissements situés à proximité. Mais il arrive aussi que ces prêts recommencent à monter au bout de quelques mois comme ce fût le cas à la bibliothèque Vaugirard (XVe). Une bibliothèque que la mairie voulait également fermer suite à l’ouverture de la grande médiathèque Marguerite Yourcenar en 2008.

Surtout, on ne peut pas dire que la mairie ait voulu donner une chance à la bibliothèque Château d’Eau. Elle aurait ainsi pu faire preuve de créativité sur les horaires et les jours d’ouverture en proposant par exemple d’ouvrir le lundi puisqu’elle est située à l’intérieur d’une mairie ouverte ce jour là. Cela aurait notamment permis à la Ville de Paris de pouvoir se vanter d’avoir un réseau ouvert…sept jour sur sept !!!

Mais le pire c’est que la fermeture de Château d’Eau aura pour conséquence de priver de nombreux usagers de bibliothèque. En effet, nombre d’entre eux n’iront pas à la nouvelle médiathèque Françoise Sagan ni ailleurs pour de multiples raisons (proximité, spécificité du lieu ou des collections, salariés travaillant dans le quartier mais habitant en banlieue…). Pour exemple : la bibliothèque Marguerite Duras (XXe) n’aurait récupéré que la moitié des usagers de l’ancienne bibliothèque St-Blaise qu’elle a remplacée. Une déperdition significative, non ?

Enfin, last but not least, la bibliothèque Château d’Eau abrite un fonds, unique en son genre, de livres spécialisés sur la photographie sous toutes ses formes. Un fonds qui devrait partir à la poubelle en cas de fermeture puisque l’administration n’a même pas trouvé un lieu pour le relocaliser. Il est vrai qu’il n’existe nulle part où aller dans les autres bibliothèques du réseau parisien. Sur la base de tous ces éléments, rien pour les syndicats ne peut permettre de justifier la décision de fermer cette bibliothèque.

C’est pourquoi, dans un souci de préserver et même de développer la lecture publique, les membres du Comité Technique de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris ont proposé pour avis « le maintien de la bibliothèque Château d’Eau tant que n’est pas donnée la preuve de son manque de rayonnement et la fuite du public et l’expérimentation de l’ouverture du lundi sur une période d’un an avant d’en faire le bilan en termes de fréquentation et de prêts ».

A également été présenté au vote de ce Comité Technique « le maintien du fonds de livres sur la photo et la poursuite des rencontres photographiques dans le Xe arrondissement autour de la bibliothèque et de la mairie et une réflexion suivie pour améliorer les synergies et l’offre à tous les publics ». Qui a dit que les syndicats ne faisaient jamais de propositions ?

 

        L'ancien syndicaliste étudiant sera-t-il sensible aux propositions des partenaires sociaux ?

Bibliothèque Château d’Eau : les syndicats font des propositions à Bruno Julliard

                              - Faut reconnaitre que les arguments sont plutôt bien amenés

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