Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

C'est Qui ? C'est Quoi ?

  • : Le blog de CGT Culture DAC Ville de Paris
  • Le blog de CGT Culture DAC Ville de Paris
  • : Blog du Syndicat CGT Culture de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris.
  • Contact

Qui sommes nous ?

Nous sommes des personnels de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, travaillant dans les bibliothèques, conservatoires, musées, ateliers des beaux-arts, services centraux...

Nous militons au sein de la CGT pour défendre les droits des salariés, la qualité du service public rendu aux Parisiens.

Pour vous syndiquer, demander conseil, faire des réclamations, envoyer des informations, une seule adresse : daccgtculturegmail.com


Recherche

Pages

16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 10:09
NBI « zone urbaine sensible » dans les bibliothèques parisiennes : les avocats de la CGT  taillent en pièce les arguments de la mairie

Il est vrai que, dans leur mémoire remis au tribunal, les baveux de l’Hôtel de Ville ont été petits joueurs

C’est une nouvelle étape dans la procédure auprès du Tribunal Administratif lancée par plus d’une centaine de bibliothécaires pour obtenir l’attribution d’une prime réglementaire s’appuyant sur une jurisprudence favorable du Conseil d'Etat (lire ici).

Pour mémoire, la plus haute juridiction administrative avait  établi que les agents exerçant dans des établissements n’entrant pas dans le découpage des Zones Urbaines Sensibles (ZUS) - mais dont la proximité a pour conséquence qu’ils reçoivent les mêmes usagers - peuvent eux aussi prétendre à une prime dite NBI (Nouvelle Bonification Indiciaire). La même que celle accordée à leurs collègues en poste dans un établissement situé en ZUS. Et oui, il suffit que des usagers habitant dans une de ces ZUS soient inscrits dans une bibliothèque ou bien fréquentent n’importe quelle autre du réseau pour qu’ils rentrent dans les critères définis par ce jugement qui s’impose à toutes les administrations.

Les bibliothèques partie prenante de cette action en justice ont ainsi été on ne peut plus nombreuses : François Villon (Xe) Parmentier (XIe), Hélène Berr (XIIe), Saint Eloi (XIIe), Melville (XIIIe), Italie (XIIIe), Aimé Césaire (XIVe), Yourcenar (XVe), Sabatier (XVIIIe), Vaclav Havel (XVIIIe), Hergé (XIXe), Levi Strauss( XIXe) ou encore Duras (XXe). Une class action à la parisienne qui n’a pas fait plaisir à notre chère mairie si l’on en croit la mauvaise foi déployée par son service juridique. Pas grave, nos avocats leur ont donné une petite leçon de droit.

Faut dire que la mairie de Paris a fait fort dans la mesquinerie : « Les requérants ne travaillent  pas de manière significative en relation directe avec les populations issues  d’une ZUS car ce public représente une part marginale de l’ensemble des usagers accueilli par les bibliothèques » ont osé déclarer les baveux de l’Hôtel de Ville dans leur mémoire remis au tribunal. Petits joueurs... Et de pousser le bouchon en affirmant qu’il faut que la moitié au moins des usagers provienne d’une ZUS pour pouvoir prétendre à la NBI. Au risque de se prendre les pieds dans le code administratif.

« La Ville interprète comme souvent le droit de manière erroné, cet argument sur la quotité n’est jamais cité dans la loi ou dans les décrets concernant l’attribution d’une NBI pour les personnels recevant du public provenant des zones sensibles » leur ont rétorqué les avocats de notre syndicat précisant même que « cet argument sur un nombre minimum d’usagers n’a pas non plus été retenu par le Conseil d’État dans son arrêt ». et vlan ! La plus haute juridiction administrative de notre pays ayant juste retenu comme critère que « l’agent doit être en relation direct avec les usagers d’une ZUS et non de savoir si l’agent côtoyait une quantité suffisante d’usagers venant d’une ZUS ». Cruel pour la mairie de Paris en train de se faire tailler une veste sur le plan juridique.

NBI « zone urbaine sensible » dans les bibliothèques parisiennes : les avocats de la CGT  taillent en pièce les arguments de la mairie

Mais alors nos collègues qui ont déposé leurs dossiers au tribunal administratif sont-ils au contact régulier d’usagers en provenance d’une ZUS ? Oui, si l’on en croit les chiffres….. qu’a été obligé de fournir l’administration à la justice. Près d’un millier à Duras, Villon, Lévi-Strauss ou encore Sabatier. Quasiment deux mille pour Parmentier. Pour Vaclav-Havel ou Hergé la part des usagers inscrits originaires d’une ZUS frise également les 10%. Et le reste est à l’avenant…Pire, les chiffres donnés par la mairie dans son mémoire de défense ne concernent que la bibliothèque d’inscription et ne donne aucune référence sur la fréquentation réelle des usagers vis-à-vis des différents équipements de son réseau. De plus  le nombre d’usagers des bibliothèques libres d’accès, ne se limitent pas aux seuls inscrits.

Et notre syndicat de rappeler un fait que les services d’Anne Hidalgo semblent ignorer  « les usagers venant de quartiers sensibles (ou  politique de la Ville) ne se limitent pas à fréquenter des établissements publics uniquement inclus dans ces quartiers ». Et oui, Paris étant plutôt bien desservi en transport public de nombreuses bibliothèques sont de facto proche d’une ZUS parfois en moins de temps qu’il n‘en faut.

Par ailleurs, la fréquentation d’un équipement n’est pas conditionnée au seul lieu de résidence, bien au contraire, tout le monde sait (sauf la ville apparemment) que le lieu de travail et d’activités sociales sont eux aussi un facteur déterminant pour aller dans une bibliothèque. Des arguments que les avocats municipaux ont semble-t-il été incapable de démonter auprès du tribunal puisque désormais ils sont muets comme des carpes. Un paradoxe pour ceux que la sagesse populaire surnomme les bavards.

Bon,  la ville n’ayant pas répondu dans les délais, nous allons faire une demande de clôture d’instruction au greffe du Tribunal Administratif. L’audience pourrait même se tenir avant l’été. En cas de victoire, outre l’attribution de la NBI aux bibliothèques concernées, nous demanderons, pour les collègues qui ont déposé un autre dossier en parallèle, le rappel des primes dues jusqu’à quatre ans en arrière. Trois cent milles euros au bas mot. Ouch ! Nous demanderions en sus le paiement des frais d’avocats. Aïe !

NBI « zone urbaine sensible » dans les bibliothèques parisiennes : les avocats de la CGT  taillent en pièce les arguments de la mairie

                                                 - Ouch, ça pourrait faire mal

Repost 0
Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans bibliothèques Primes
commenter cet article
2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 11:04
Paris Xe : les élus votent contre la fermeture d’une bibliothèque

Gauche, droite et écologistes ont présenté plusieurs textes demandant le maintien de la bibliothèque Château d’Eau

C’est ce que l’on appelle un rebondissement ! Alors que la mairie de Paris croyait l’affaire réglée, la majorité des membres du conseil municipal du Xe arrondissement, gauche, droite et écologistes confondus, a voté hier plusieurs textes demandant le maintien de l'ouverture de la bibliothèque Château d’Eau.

La Ville voulait fermer cet équipement culturel de proximité mais avait oublié un petit détail : consulter les élus de l’arrondissement sans même parler des usagers qui fréquentent cette bibliothèque, située à l’intérieur de la mairie du Xe, l'une des premières à avoir vu le jour dans la Capitale (elle a été créée en 1862, avant son déménagement dans la mairie en 1896). Une entorse manifeste à cette démocratie locale chère (en principe !) à la maire de Paris. Il est vrai que l’exécutif est dans ses petits souliers dans cette affaire car rien ne justifie cette fermeture.

Car la bibliothèque Château d’Eau, comme ses consœurs du réseau, propose des collections variées, quelques 25 000 documents, qui plaisent au public. Mais surtout, la bibliothèque abrite un fonds, unique en son genre, de 3 000 livres sur la photographie, certains très rares, et tous disponibles pour le prêt. Résultat : plus de 4 000 usagers uniques viennent emprunter régulièrement ! Auxquels il faut ajouter les milliers de visiteurs annuels qui viennent lire sur place journaux, revues et autres documents, ou simplement consulter Internet.

D’ailleurs, selon le vœu proposé par les élus communistes Didier Le Reste, Dante Bassino et Dominique Tourte : « Il s’agit d’une bibliothèque de proximité, dont l’apport est indéniable pour faire vivre le quartier comme la mairie ». Un argument repris par la droite parisienne puisque Déborah Pawlik, cheffe de file du groupe Les Républicains de l'arrondissement, a elle aussi déposé un vœu dans lequel elle demande « le maintien de la bibliothèque Château d’Eau au sein de la mairie, le temps qu’une étude soit réalisée par un groupe de travail paritaire sur les possibilités de développement de complémentarités entre les différentes bibliothèques de l'arrondissement ».

Dans la foulée, les élus écologistes ont demandé que le fonds photo de la bibliothèque Château d'Eau reste dans l'arrondissement. Texte adopté... à la majorité. Ce qui signifie peu ou prou que Château d'Eau est sauvé puisque il n'existe pas d'autre endroit où l'installer selon les considérants exposés en préambule du voeu lui-même. Imparable.

L’avenir de la bibliothèque de la mairie du Xe arrondissement sera également débattu au Conseil de Paris, avec cette fois l'ensemble des élus de la Capitale. Le vote des élus parisiens pourrait confirmer celui du Xe puisque ceux qui sont favorables au maintien de la bibliothèque Château d'Eau, au minimum avec ses collections de livres sur la photographie (Les Républicains, PCF, Parti de Gauche et EELV) seront, à cette occasion, là aussi majoritaires.

Une perspective qui devrait réjouir l’adjoint au maire en charge de la Culture ! Puisque Bruno Julliard en personne avait asséné il y a quelques semaines lors de la remise du Prix Livres-Hebdo des bibliothèques « que nous devons préserver et renforcer les bibliothèques. C'est, en ces jours dramatiques, un défi collectif que le pari de la lecture et des livres. Je souhaite longue vie à toutes les bibliothèques parisiennes ». Pas mieux.

Le projet de fermeture de la bibliothèque Château d’Eau avait déjà été rejeté à l’unanimité par le Comité Technique de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris. A cette occasion, les représentants du personnel avaient même avancé plusieurs propositions, dont certaines assez audacieuses, pour au contraire développer cet équipement (lire ici). Bruno Julliard qui aime les bibliothèques va enfin pouvoir faire parler son cœur...

 

Château d'Eau : Bruno Julliard, Anne Hidalgo et Rémi Ferraud vont-ils soutenir le vote des élus ?

Paris Xe : les élus votent contre la fermeture d’une bibliothèque

               - Bon il ne reste plus qu'à nous planquer dans la bibliothèque de l'Hôtel de Ville

                      - Désolé, Anne, on pourra pas, on la ferme à chaque Conseil, tu sais bien!

Repost 0
Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans bibliothèques
commenter cet article
26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 08:13
Les responsables des bibliothèques parisiennes échapperont-ils aux troubles psycho sociaux ?

En tout cas la mairie de Paris dépense des millions d’euros pour les mettre en situation de souffrance au travail.

« J’attache la plus grande importance à la prévention des risques psycho sociaux car je considère le travail comme un lieu de vie et d’échange où chacun doit pouvoir trouver son épanouissement » avait déclaré le Directeur des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, Noël Corbin, à l’occasion de sa prise de fonction. Il est vrai que les personnels des bibliothèques avaient alors mené une véritable fronde, pendant que les conservateurs exprimaient publiquement leur malaise (lire ici).

Une déclaration réitérée au moment d’une conférence …sur les risques-Psycho sociaux organisée par ses services ! On ne doute pas de la sincérité (ni de la bonne volonté) du directeur, mais force est de constater que les responsables des bibliothèques municipales parisiennes sont au bord de l’épuisement, notamment ceux obligés d’appliquer les directives QualiParis.

Qu’est ce que QualiParis ? Officiellement un label qui (en gros) certifie que les établissements qui reçoivent du public … reçoivent bien leur public ! On dirait une formule de Pierre Dac. Il y a quelques années, les bâtiments municipaux avaient déjà été contraints d’afficher une charte d’accueil, laquelle ne faisait qu’énumérer ce qu'ils faisaient depuis toujours.

Seulement voilà, la charte d’accueil, une vulgaire affichette, était un tantinet défraîchie et pas assez moderne aux yeux de la mairie. Et puis, il était temps d'ouvrir de nouveaux marchés et de dépenser enfin de nouveaux millions. Car, en plus QualiParis coûte un prix exhorbitant. Ainsi le seul marché pour la « formation des cadres responsables de site et des chefs de projets sectoriels à la démarche de labellisation QualiParis » (sic) a même été évalué par les services de la mairie à… 600 000 euros. Cela sans compter les nombreuses dépenses complémentaires (réalisation ..d’un audit ou rémunération de « clients mystère ») le total atteint plusieurs millions d’euros TTC.

Plutôt cher pour mettre en situation de souffrance au travail de nombreux agents de la Ville de Paris. Car entre les injonctions contradictoires,  les conflits de valeurs, le manque de moyens accordés pour des objectifs trop élevés, sans parler des multiples réunions avec compte rendu à la clef, on est en plein dans les familles de risques qui caractérisent les troubles psycho-sociaux (lire ici).

N'oublions pas que la mise en marche (forcée) de Qualiparis n’est pas sans conséquence pour la santé de ceux qui sont obligés de l’appliquer : d’abord la mise en œuvre de QualiParis est on ne peut plus chronophage. Dans un premier temps, la direction convoque les chefs d’établissement puis les envoie dans des formations pour les « mettre en condition ». A charge pour eux d’organiser ensuite des réunions avec leurs équipes au détriment de toutes les tâches « ordinaires ».. Pendant ce temps, le travail quotidien s’accumule. A chacun ensuite de se débrouiller seul pour le rattraper. Pendant ce temps, le cadre s’initie aux joies des rétro-planning et autres reporting (excusez nous pour ces anglicismes) car la direction, elle même sous pression, veut quasiment à chaque seconde, savoir où en est l'avancement de ce qui est devenu son unique obsession.

Les responsables des bibliothèques parisiennes échapperont-ils aux troubles psycho sociaux ?

Et c'est pas fini, car les objectifs à atteindre sont tout simplement irréalisables. Pour être certifiés QualiParis, les lieux doivent ainsi être propres et en bon état. Le minimum certes. Sauf que depuis les restrictions budgétaires mises en place par la mairie ce n'est plus le cas. Mais alors pas du tout. Le problème est que cette obligation de propreté échappe complètement aux chefs d'établissement, lesquels dépendent de multiples autres directions que ce soit pour l’entretien courant du bâtiment (ménage) ou plus prosaïquement pour de simples réparations électriques ou de serrurerie. On nage en pleine injonction contradictoire.

Autre obstacle dans l’accueil du public et il est de taille...la réduction des horaires d'ouverture faute de personnel disponible car les directrices et directeurs de bibliothèque ont vu diminuer drastiquement les postes budgétaires de leur établissement. Mais peut être que l'ouverture d'une bibliothèque ne fait pas partie des « critères qualité du référentiel » comme le vante le cahier des charges de QualiParis.

Le pire dans tout ça c'est que l'on demande à ces cadres d'appliquer une politique à laquelle plus personne ne croit. Ni la haute administration, ni bien sûr eux-mêmes ! Un véritable conflit de valeurs. Quant aux équipes n'en parlons pas. On ne compte plus les railleries des collègues devant ces palinodies imbéciles voire le dégoût exprimé devant cet immense gâchis d'argent public. L'exercice tourne même au supplice de Tantale car il ne s'arrête jamais.

« Un audit de surveillance est organisé à mi-parcours, au bout d’un an et demi. Ainsi, la démarche n’est pas un acquis mais une volonté de toujours progresser et de s’améliorer » assène la Ville de Paris. Un charabia que l'on croirait tout droit sorti d'un manuel de scientologie. Et après ? On se retrouve comme dans le film un jour sans fin car c'est un éternel recommencement.

« Le label n’est pas reconduit de façon automatique, les services labellisés devront repasser un audit de renouvellement qui garantira que les efforts fournis sont probants ». Et toc. De nouvelles réunions chronophages en perspective avec comptes rendus et exercices de motivation des équipes. Elle est pas belle la vie ? Reste à savoir combien de cadres résisteront à ce véritable plan d'action de souffrance au travail.

Car ces méthodes en rappellent furieusement d'autres. Elles ont eu cours notamment à La Poste et France Télécom avec les dégâts que l'on sait. Une situation non seulement dénoncée par les syndicats mais aussi par les médecins du travail et les spécialistes en relations sociales. Nous allons demander au CHSCT de la Direction des Affaires Culturelles de se saisir de cette situation et de stopper (ou au mois modifier) cette entreprise de décérébration qu'est QualiParis.

 « J’attache la plus grande importance à la prévention des risques psycho sociaux car je considère le travail comme un lieu de vie et d’échange ou chacun doit pouvoir trouver son épanouissement » a encore réaffirmé le directeur des affaires culturelles en ce début d'année dans ses vœux aux personnels. Dans le cas de contraire il serait lui aussi confronté à véritable conflit de valeurs.

 

Les responsables des bibliothèques parisiennes échapperont-ils aux troubles psycho sociaux ?
Repost 0
Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans santé au travail bibliothèques
commenter cet article
14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 11:11
RFID et automates de prêts : A la bibliothèque Parmentier, les personnels craignent une mise en place trop précipitée

.

On évoque deux mois de fermeture pendant lesquels l'effectif des bibliothécaires sera réduit de moitié. Intenable !

La bibliothèque Parmentier (XIe), une des plus fréquentées du réseau parisien, va bientôt être équipée d’automates de prêt. Si officiellement ces appareils sont censés soulager un peu les bibliothécaires affectés aux opérations de prêt ou de retour de documents (mais on est en droit de penser qu’ils servent surtout à justifier la compression du personnel), leur mise en place, notamment en termes de calendrier, d’aménagement des espaces ou encore du traitement des collections, ne manque pas d’inquiéter.

En effet, sous l’impulsion de la mairie d’arrondissement, l’installation de ces automates serait avancée pour cet été... Au lieu de début 2017 ! Un calendrier déraisonnable si l’on tient compte du fait qu’il faut d’ici là équiper une bonne centaine de milliers de documents de puces RFID, pour ensuite les "encoder" dans un nouveau logiciel.

Certes, il est question d’après l’administration qu’une entreprise se charge de l’encodage, mais rien n’est moins sûr en ces périodes de disettes budgétaires. En outre, cette entreprise n’interviendra pas sur le réaménagement des espaces ni sur le nécessaire travail sur les collections que cette nouveauté implique. Pourtant, le temps accordé  pour toutes ces opérations semble se réduire à la portion congrue. On a tout d’abord évoqué trois mois de fermeture. Désormais, on ne parle plus que de deux mois, pendant lesquels, vacances d’été oblige, l'effectif des bibliothécaires sera réduit de moitié. Intenable !

Autre inquiétude et non des moindres, les endroits où seront installés les automates de prêt et de retour. Pour information, la bibliothèque Parmentier n’est pas un établissement de plein pied mais agencée sur plusieurs niveaux. Or, il semblerait que le retour des documents soit désormais rendu possible à chaque étage. Problème : il n’y a qu’un seul petit ascenseur, souvent en panne d’ailleurs, pour le public, et pas de monte-charge pour le personnel. Conclusion : le rangement  et le transport des documents risquent de tourner très rapidement au casse-tête, surtout dans un établissement très fréquenté comme Parmentier ! On imagine déjà les incessants allers-retours des chariots dans ce tout petit ascenseur qui ne serait de fait plus destiné au public. Cela semble vraiment impensable, surtout les jours d’affluence.

 

                    Bibliothèque Parmentier : pas de plein pieds et avec un seul petit ascenseur

RFID et automates de prêts : A la bibliothèque Parmentier, les personnels craignent une mise en place trop précipitée

Quant au choix des grandes vacances pour effectuer toute ces transformations, il est certainement pratique pour minimiser la gêne occasionnée pour les lecteurs, mais semble d’une part trop court et d’autre part totalement inadapté à un travail d’équipe alors que le personnel prendra ses congés. On le voit cette précipitation ne permettra pas une réouverture dans de bonnes conditions. On comprend donc que les agents veulent êtres associés à la future organisation, or ces conditions, pourtant indispensables, ne semblent pas se profiler pour le moment !

De plus, la mise en place de ces automates dès l’été prochain pourrait avoir des conséquences inattendues. En effet, l’équipe de la bibliothèque Parmentier doit déterminer ce que dans le jargon des bibliothécaires on appelle la « politique documentaire ». Autrement dit : quels sont les documents que l’on va devoir retirer des rayonnages. Une opération qui doit en principe se tenir tout au long de l’année 2016. Or, avec une mise en place précipitée de la RFID, l’équipe va-t-elle pouvoir finir ce désherbage avant que les livres ne soient équipés de puces ?  Il serait dommage que des milliers de livres (ou des disques) soient équipés de ces puces avant de partir au pilon ! Ce serait un vrai gâchis à Parmentier !

N’en déplaise à l’administration parisienne, ces gros chantiers nécessitent un temps de préparation conséquent avec une période et un temps de fermeture adaptés, c'est à dire surtout pas pendant les grandes vacances estivales ni concentré sur deux mois, ainsi que du matériel de qualité !

Car reste une dernière inconnue : les automates vont-ils marcher ? Si ce sont des appareils de la marque bibliothéca faut voir, car visiblement les automates ne sont pas très fiables et posent problèmes au quotidien, encore en ce moment à la médiathèque Yourcenar (XVe). Pour preuve, la société intervient à chaque récrimination au coup par coup ce qui n’est pas pratique pour les équipes qui travaillent avec ces machines (lire ici). Bref, tous les spécialistes prient pour que ce soit la société 3M qui remporte le marché pour Parmentier. Pas de pot : 3 M a été rachetée par Bibliothéca !

 

                                                A Parmentier, les automates vont-ils marcher ?

RFID et automates de prêts : A la bibliothèque Parmentier, les personnels craignent une mise en place trop précipitée

                                                    - Gosh, c'est le même qu'à Yourcenar !

Repost 0
Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans bibliothèques
commenter cet article
6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 16:13
A la bibliothèque Picpus-Hélène Berr, les personnels et les usagers subissent le coup de la panne

Malgré son label QualiParis, la grande bibliothèque du XIIème arrondissement est inaccessible depuis plusieurs mois aux handicapés, aux personnes âgées ou encore aux parents accompagnés d'enfants en bas âge!

Les bibliothécaires et les usagers de la bibliothèque Hélène Berr, située rue de Picpus dans le XIIème arrondissement de Paris, en ont vraiment plein le dos car l'unique ascenseur de cette grande médiathèque, régulièrement en panne, est cette fois  en carafe depuis le mois de novembre. Plutôt gênant pour un établissement qui compte ...six étages !

Une situation d'autant plus critique que désormais l'établissement est déserté par une partie du public (handicapés, personnes âgées, parents accompagnés d'enfant en bas âge), les locaux leur étant devenus inaccessibles.

Pendant ce temps, les bibliothécaires font tout ce qu'ils peuvent pour réduire les inconvénients pour les utilisateurs et gérer leur mécontentement : retour des documents et renouvellement de carte au rez-de-chaussée pour les plus invalides, proposition d’aller chercher des livres à emprunter dans les étages, aide au port des chariots pleins de livres pour les personnes fatiguées. Mieux, la bibliothèque qui reçoit de nombreuses crèches et autres groupes de la petite enfance au quatrième étage, voit alors ses agents aider à porter les bébés et les gros sacs de livres. A ce rythme, il ne serait pas étonnant qu'une partie du personnel se retrouve bientôt en arrêt de travail pour cause de lumbago ou de déplacement de vertébres. De plus, si le moindre accident se produisait, la responsabilité des agents pourrait même être engagée. Bref, ça ne peut plus durer.

 

 

                                  Hélène Berr, une bibliothèque labélisée CaddieParis

A la bibliothèque Picpus-Hélène Berr, les personnels et les usagers subissent le coup de la panne

 

Malheureusement, depuis novembre, l'ascenseur reste toujours en panne malgré les suppliques de l'administration et des responsables de l'établissement auprès de la société Thyssen en charge de la maintenance de l'appareil. Et l'on ne sait toujours pas quand il sera réparé car la situation a, semble-t-il, basculé dans une dimension que certains qualifieraient d'irréelle. En effet, un technicien est bien venu constater qu'il fallait changer une pièce mais il a ensuite malheureusement été victime d’un grave accident de voiture. Et depuis, plus rien ! La société Thyssen ne sachant pas où en est la commande des pièces nécéssaires à cette réparation. Une commande devenue introuvable parait-il. Surréaliste, n'est ce pas ?

Une situation que ne peut plus supporter un personnel fatigué et excédé qui doit quotidiennement manutentionner des piles de livres sur six étages, porter des nourrissons, subir le mécontentement légitime des utilisateurs qui sont de plus en plus nombreux à déclarer ne plus fréquenter l’établissement tant que la situation perdurera. Ironie de l'histoire, le projet d’établissement de la bibliothèque Hélène Berr est centré..... sur la qualité de l’accueil. Il a même été labellisé QualiParis dont l'une des obligations premières est... de rendre les locaux accessibles (voir ici) ! Une information que l'on transmet sans attendre à l'adjoint à la Culture de la Ville de Paris, Bruno Julliard et la maire du XIIème arrondissement, Catherine  Baratti-Elbaz.

 

              Bruno Julliard et la maire du XIIème devisent de l'état de la bibliothèque Hélène Berr

A la bibliothèque Picpus-Hélène Berr, les personnels et les usagers subissent le coup de la panne

.

Repost 0
Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans bibliothèques
commenter cet article
17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 09:28
Bibliothèque Château d’Eau : les syndicats font des propositions à Bruno Julliard

Ils ont d’ailleurs présenté un avis au Comité Technique de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris

La mairie de Paris a mis à l’ordre du jour du Comité Technique de la Direction des Affaires Culturelle - une instance présidée par le premier adjoint en charge de la Culture, Bruno Julliard - la fermeture de la bibliothèque Château d’Eau, située à l’intérieur même de la mairie du Xe arrondissement (voir ici). Toutefois, les arguments avancés pour justifier la fermeture de cet équipement culturel de proximité ont du mal à convaincre. A tout le moins.

C’est pourquoi les représentants des personnels - CGT, FO, SUPAP, UCP, UNSA -  qui siègent à ce Comité Technique ont soumi au vote un avis demandant le maintien de la bibliothèque. Il faut dire que les arguments ne manquent pas.

Ainsi dans les considérants en introduction de cet avis, les syndicats affirment que « la fermeture de la bibliothèque Château d’Eau ne peut se justifier que si l’établissement ne répond plus à un besoin et une offre de service public utile ». Or, il est très loin d’en être ainsi… Bien au contraire même ! En effet, l’établissement, très apprécié par ses usagers, bénéficie toujours d’une fréquentation importante et d’un nombre d'emprunt de livres égal à 75% de ceux qui étaient prêtés avant l’ouverture de la nouvelle médiathèque Françoise Sagan dans le même arrondissement.

D’ailleurs, la construction de ce dernier équipement n’a même jamais été conditionnée à la fermeture de Château d’Eau par ses concepteurs d’origine ! Mais comme la mairie cherche à récupérer des sous coûte que coûte (elle supprime encore de nombreux postes dans son budget 2016), elle tente de justifier son forfait par une baisse drastique de la fréquentation.

Pour cela la municipalité ne manque de souffle puisque la période choisie par l’administration (quelques mois à peine…) pour évaluer la situation en termes de prêts comprenait la période des grandes vacances ! Une évaluation ni pertinente ni honnête... Sauf si la décision de fermer était déjà prise !

 

     Maintien de la bibliothèque Chateau d'Eau : Bruno Julliard pourra-t-il verrouiller le débat ?

Bibliothèque Château d’Eau : les syndicats font des propositions à Bruno Julliard

                                                    - Non, car je ne suis que cadenas d'amour ....

En tout cas chez les professionnels de la lecture publique, l’expérience leur a appris que toute nouvelle ouverture entraîne une baisse des prêts dans les établissements situés à proximité. Mais il arrive aussi que ces prêts recommencent à monter au bout de quelques mois comme ce fût le cas à la bibliothèque Vaugirard (XVe). Une bibliothèque que la mairie voulait également fermer suite à l’ouverture de la grande médiathèque Marguerite Yourcenar en 2008.

Surtout, on ne peut pas dire que la mairie ait voulu donner une chance à la bibliothèque Château d’Eau. Elle aurait ainsi pu faire preuve de créativité sur les horaires et les jours d’ouverture en proposant par exemple d’ouvrir le lundi puisqu’elle est située à l’intérieur d’une mairie ouverte ce jour là. Cela aurait notamment permis à la Ville de Paris de pouvoir se vanter d’avoir un réseau ouvert…sept jour sur sept !!!

Mais le pire c’est que la fermeture de Château d’Eau aura pour conséquence de priver de nombreux usagers de bibliothèque. En effet, nombre d’entre eux n’iront pas à la nouvelle médiathèque Françoise Sagan ni ailleurs pour de multiples raisons (proximité, spécificité du lieu ou des collections, salariés travaillant dans le quartier mais habitant en banlieue…). Pour exemple : la bibliothèque Marguerite Duras (XXe) n’aurait récupéré que la moitié des usagers de l’ancienne bibliothèque St-Blaise qu’elle a remplacée. Une déperdition significative, non ?

Enfin, last but not least, la bibliothèque Château d’Eau abrite un fonds, unique en son genre, de livres spécialisés sur la photographie sous toutes ses formes. Un fonds qui devrait partir à la poubelle en cas de fermeture puisque l’administration n’a même pas trouvé un lieu pour le relocaliser. Il est vrai qu’il n’existe nulle part où aller dans les autres bibliothèques du réseau parisien. Sur la base de tous ces éléments, rien pour les syndicats ne peut permettre de justifier la décision de fermer cette bibliothèque.

C’est pourquoi, dans un souci de préserver et même de développer la lecture publique, les membres du Comité Technique de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris ont proposé pour avis « le maintien de la bibliothèque Château d’Eau tant que n’est pas donnée la preuve de son manque de rayonnement et la fuite du public et l’expérimentation de l’ouverture du lundi sur une période d’un an avant d’en faire le bilan en termes de fréquentation et de prêts ».

A également été présenté au vote de ce Comité Technique « le maintien du fonds de livres sur la photo et la poursuite des rencontres photographiques dans le Xe arrondissement autour de la bibliothèque et de la mairie et une réflexion suivie pour améliorer les synergies et l’offre à tous les publics ». Qui a dit que les syndicats ne faisaient jamais de propositions ?

 

        L'ancien syndicaliste étudiant sera-t-il sensible aux propositions des partenaires sociaux ?

Bibliothèque Château d’Eau : les syndicats font des propositions à Bruno Julliard

                              - Faut reconnaitre que les arguments sont plutôt bien amenés

Repost 0
Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans bibliothèques
commenter cet article
14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 16:40
Culture : Quand des élus parisiens sont flashés en plein excès de démagogie et de populisme

Mais à force de ramer, Bruno Julliard et Rémi Féraud vont bientôt devoir attaquer la falaise.

Quand des hommes politiques disent ce que veulent entendre leur auditoire, on appelle cela de la démagogie, voire du populisme. C'est dans cette discipline, certes prisée par de nombreux élus, que ce sont illustrés dernièrement Bruno Julliard, premier adjoint en charge de la culture à la Ville de Paris et Rémi féraud, maire du Xème arrondissement. Deux figures éminentes du socialisme municipal dans la capitale.

Mais qu'est ce qui a bien pu pousser nos deux personnalités parisiennes à se prendre les pieds dans le tapis ? Tout simplement leur justification, sans vergogne, à vouloir fermer une bibliothèque simplement pour faire de (petites) économies alors que celle-ci fonctionne encore très bien en terme de fréquentation. On parle ici de la bibliothèque Château d'Eau, nichée au cœur de la mairie du Xème arrondissement. Pourtant, Rémi Féraud puis Bruno Julliard ont juré, la main sur le cœur, leur amour des bibliothèques en général et leur attachement à Château d'Eau en particulier.

Ainsi, le maire du Xe n'a pas hésité à clamer : « Je suis très attaché à l’existence de la bibliothèque Château d’Eau au sein de la mairie et ne souhaite pas récupérer ses locaux ». Bon, il est vrai que c'était face à des représentants syndicaux et juste avant les dernières élections municipales. Démagogie quand tu nous tient.

Toutefois, le premier prix de cynisme a été décroché, haut la main, par Bruno Jullliard. Alors que ses services annonçaient officiellement aux représentants des personnels la fermeture de la bibliothèque Château d'Eau, l'adjoint à la culture d'Anne Hidalgo clamait.... son amour des bibliothèques !

C'était il y a dix jours à peine. Un discours, là aussi, adapté à son auditoire puisque prononcé à l'occasion de la remise du prix Livres-Hebdo des bibliothèques. « Aujourd'hui, les bibliothèques en France sont tellement intégrées qu'elles sont considérées comme une évidence. Mais plus que jamais, nous devons les préserver et les renforcer ». Du lourd.

Plus fort, il n'hésitait pas alors à relier le tout aux attentats du 13 novembre ! « C'est, en ces jours dramatiques, un défi collectif que le pari de la lecture et des livres ». Qu'est ce que l'on ne ferait pas pour simplement flatter son public.

On aurait pu en rester là, mais Bruno Julliard, probablement grisé par l’événement, a aussi lâché sans prévenir : « Je souhaite longue vie à toutes les bibliothèques parisiennes et françaises ». Et là on peut dire qu'il a été flashé en plein excès de démagogie et de populisme. Pour en sortir il va devoir ramer. Mais à force de ramer il va bientôt attaquer la falaise.

 

 

         Démagogie et populisme en politique : actuellement à l'affiche à l'Hôtel de Ville de Paris

Culture : Quand des élus parisiens sont flashés en plein excès de démagogie et de populisme

.

Repost 0
Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans bibliothèques
commenter cet article
11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 12:25
Fermeture de bibliothèques : Avec Rémi Féraud et Bruno Julliard la parole politique tombe à l’eau

                                             …Et même dans le château d’Eau !

La Ville de Paris veut fermer une bibliothèque, celle de Château d’Eau, située dans la mairie du Xe arrondissement. Évidemment, personne n’a été consulté pour fermer cet équipement culturel de proximité. Ni les usagers, ni les membres des Conseils de Quartier du Xe, pas plus que les élus du Conseil d’arrondissement. Il paraît qu’il y a dans le Xe un adjoint chargé de la démocratie locale. On ne rit pas….

Une fermeture qui lorsque elle a été dévoilée au grand jour par les syndicats a embarrassé nos élus progressistes, lesquels pour justifier l’injustifiable n’ont pas hésité à affirmer n’importe quoi. Et sans vergogne. « Il a toujours été envisagé que l’ouverture de la médiathèque Françoise Sagan s’accompagnerait de la fermeture de Château d’Eau », a ainsi osé déclarer au Parisien, le maire du Xe Rémi Féraud (lire ici).

Problème, rien n’est plus faux. En effet, Il n’a jamais été question, lorsque le projet de nouvelle médiathèque été mis sur les rails, que cela « s’accompagne de la fermeture de Château d’Eau ». Mais alors, jamais! Pour preuve, les déclarations…. du même Rémi Féraud en 2012 alors que le projet de Françoise Sagan était déjà bien avancé. « Je suis très attaché à l’existence de la bibliothèque Château d’Eau au sein de la mairie et ne souhaite pas récupérer ses locaux ». Un véritable grand écart à 180 degrés. Certes, c’est nouveau comme figure de style mais Rémi Ferraud viens de la réaliser avec brio.

 

               Parole politique : Rémi Féraud viens d'inventer une nouvelle figure de style

Fermeture de bibliothèques : Avec Rémi Féraud et Bruno Julliard la parole politique tombe à l’eau

                                        - Le grand écart à 180 dégrés, c'est maintenant

Par ailleurs, à une question écrite du groupe Europe Écologie-Les Verts (EELV) sur l’avenir de cette même bibliothèque, à l’occasion du Conseil de Paris du mois de juin dernier, le premier adjoint à la maire, en charge de la culture, monsieur Bruno Julliard n’a jamais annoncé, ni même évoqué cette fermeture. Donc, là encore, personne de véritablement honnête ne peux soutenir qu’« il a toujours été envisagé que l’ouverture de la médiathèque Françoise Sagan s’accompagnerait de la fermeture de Château d’Eau ». Une bibliothèque qui, rappelons-le, abrite un fonds unique en son genre, de 3 000 livres sur la photographie. Certains très rares et tous disponibles pour le prêt. Sa disparition serait une véritable perte.

C’est peut être pour rester un homme de gauche que Rémi Féraud, toujours dans le Parisien souhaite « que le fonds photo  reste dans le réseau des bibliothèques de la Ville » ? Malheureusement pour notre élu, cette incantation semble relever de la simple posture politicienne (une de plus ?) car de son côté la Direction des Affaires Culturelles sait pertinemment qu’aucune bibliothèque du réseau parisien n’est en mesure d’accueillir ce fonds.

On laissera le mot de la fin à Bruno Julliard, lequel n’a pas hésité à s’exposer politiquement le 3 décembre lors de la remise du prix Livres-Hebdo des bibliothèques. « Aujourd'hui, les bibliothèques en France sont tellement intégrées qu'elles sont considérées comme une évidence. Mais plus que jamais, nous devons les préserver et les renforcer. C'est, en ces jours dramatiques, un défi collectif que le pari de la lecture et des livres ». Et l’adjoint à la culture d’Anne Hidalgo, probablement grisé par l’événement, de lâcher sans prévenir : « Je souhaite longue vie à toutes les bibliothèques parisiennes et françaises ». Il a visiblement changé d’avis en décidant de fermer sans préavis la bibliothèque Château d’Eau.

Une bibliothèque qui attire pourtant encore un nombreux public (voir ici) et qui pourrait même en calant ses jours et horaires d’ouvertures sur la mairie du Xe, offrir une véritable complémentarité à l'offre de lecture publique à Paris (lire ici). Hélas, tous ces arguments laissent de marbre la Ville de Paris qui ne s'intérèsse plus qu'à des concepts aussi fumeux de bibliothèques métropolitaines ou remixées. Le plus triste dans tout ça, c’est qu’avec cet épisode de fermeture à marche forcée d’une bibliothèque, on ne peut que constater que la parole politique de Rémi Féraud et Bruno Julliard est tombée à l’eau. Et même dans le château d’Eau.

 

                              La mairie de Paris à la recherche de sa parole politique perdue

Fermeture de bibliothèques : Avec Rémi Féraud et Bruno Julliard la parole politique tombe à l’eau

                                                - Mince, je crois qu'elle vient d'exploser en plein vol

Repost 0
Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans bibliothèques
commenter cet article
7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 13:30
Fermeture de bibliothèque à Paris : Bruno Julliard a-t-il été trahi par ses services ?

« Nous devons préserver et renforcer les bibliothèques. C'est, en ces jours dramatiques, un défi collectif que le pari de la lecture et des livres. Je souhaite longue vie à toutes les bibliothèques parisiennes » a ainsi affirmé l’adjoint à la Culture, visiblement pas informé de la fermeture de la bibliothèque Château d’Eau.

La Ville de Paris veut fermer une bibliothèque, celle de Château d’Eau, située dans la mairie du Xe arrondissement. Pour justifier cette fermeture d’un équipement culturel de proximité, la municipalité n’hésite pas à s’éloigner de la vérité. Et même à des haureurs stratosphériques, si l’on en croit le document soumis au Comité Technique de la Direction des Affaires Culturelles qui va (peut-être…) se tenir le 17 décembre. Une instance présidée par le premier adjoint, également en charge de la Culture, Bruno Julliard.

D’après les services de la mairie, la bibliothèque Château d’Eau doit fermer car « elle serait devenue inutile ». La ville s’appuie sur la récente ouverture dans le même arrondissement de la nouvelle médiathèque Françoise Sagan laquelle « a rencontré un vif succès » d’après la mairie. Encore heureux qu’un nouvel équipement, surtout de cette taille, rencontre son public !!! On espère même que c’était l’ambition de ceux qui ont lancé ce projet il y a des années. Un projet qui n’impliquait en aucun cas la fermeture de la bibliothèque Château d’Eau.

Oui, mais voilà, la ville cherche des sous. A tel point qu’elle coupe dans des services pourtant utiles aux Parisiens, quitte à avancer les arguments les plus fallacieux. Ainsi la mairie de Paris affirme sans vergogne que les usagers « auraient quitté en masse la bibliothèque Château d’Eau » depuis l’ouverture de François Sagan. Rien n’est plus faux ! Certes, une partie du public, rien de plus normal, fréquente désormais la nouvelle médiathèque, essentiellement parce qu’elle est plus proche de leur domicile. Mais il n’empêche que les usagers fréquentent toujours Château d’Eau et ils sont en nombre. Près de 75% d’entre eux osent encore mettre les pieds dans une des plus anciennes bibliothèques de la Capitale. Un véritable plébiscite !

Il faut dire que la bibliothèque Château d’Eau, comme ses consœurs du réseau, propose des collections variées, quelques 25 0000 documents, qui plaisent au public. Mais surtout, la bibliothèque abrite un fonds, unique en son genre, de 3 000 livres sur la photographie. Certains très rares et tous disponibles pour le prêt. Résultat : plus de quatre mille usagers uniques viennent emprunter régulièrement tout au long de l’année. Pas vraiment ce que l’on appelle un établissement déserté. Et on ne parle que des lecteurs régulièrement inscrits !!! Car il faut aussi ajouter les milliers d’usagers annuels qui viennent lire sur place journaux, revues et autres documents ou simplement consulter Internet.

Fermeture de bibliothèque à Paris : Bruno Julliard a-t-il été trahi par ses services ?

     - Mon dieu, faite que personne ne prenne connaissance des argumentaires de la CGT

Évidemment personne n’a été consulté pour fermer cet établissement. Ni les usagers, ni les membres des Conseils de Quartier du Xe, pas plus que les élus du Conseil d’arrondissement. Il paraît qu’il y a dans le Xe un adjoint chargé de la démocratie locale. Zappé lui aussi. C’est finalement les syndicats qui vont les informer. Ben quoi ?!? Il faut bien pallier les manques de la municipalité pour faire vivre la démocratie citoyenne à Paris. Comme quoi les organisations syndicales sont vraiment utiles.

Mais le pire dans tout ça, preuve d’une absence totale de vision culturelle à long terme, c’est que la fermeture de la bibliothèque Château d’Eau semble complètement improvisée. Pour commencer, quid de l’avenir des collections, notamment du très précieux fonds photographique ? « On ne sait pas » selon les dires de l’administration elle-même, qui affirme juste qu’elle va « étudier avec le réseau, les possibilités de reprise de ce fonds ». Une étude pas encore faite donc.

D’autant qu’à notre connaissance aucune bibliothèque municipale de la Capitale n’est en mesure de « reprendre ce fonds ». Encore moins depuis que la direction des Affaires Culturelles leur ordonne (sous le nom, barbare pour le néophyte, de volumétrie) de diminuer le nombre de rayonnages et de documents qui composent leurs collections. C’est « pour aérer » affirment nos architectes d’intérieur toujours en quête de troisième lieu et d’espace ludique. Alors le fonds photographique partira-t-il à la poubelle ? Sans doute car l’administration précise dans les documents officiels « que sa spécificité sera prise en compte dans la mesure du possible ». Dans la mesure du possible ? On ne savait pas le bureau des bibliothèques si blagueur.

 

Fermeture de bibliothèque à Paris : Bruno Julliard a-t-il été trahi par ses services ?

                                      -  Dis Bruno, BBL ça veut dire bureau des blagues ?

                                                            - Et du ludique !

Quand aux devenir des personnels, on touche là au sublime. « Un accompagnement particulier sera mis en œuvre ». Accompagnement qui se traduira par « des entretiens individuels, propositions de poste » voire des « propositions de formation ». Une méthode de reclassement à la hauteur des défis que se donnent les services des ressources humaines puisque selon eux « le nombre d’agents ayant beaucoup d’ancienneté sur le site est important ». Diantre ! ces bibliothécaires désormais considérés comme de vieux croulants auront donc droit à toute la bienveillance nécessaire.

Et l’administration d’enfoncer le clou : « les préoccupations légitimes des agents d’être reclassés au mieux seront prises en compte et constitueront une priorité ». Autant dire, vu les derniers bilans en la matière à la Ville, que cela va se traduire par des mutations forcées. On voit mal quel syndicat va l’accepter. En tout cas pas la CGT. Ni probablement la majorité des organisations de la direction des Affaires Culturelles, lesquelles se sont d’ailleurs réunies en intersyndicale (lire ici).

Mais les usagers et les personnels de Château d’Eau pourraient bien se trouver un allié de dernière minute. Et même un soutien de poids. On laissera ainsi le mot de la fin à Bruno Julliard lequel n’a pas hésité à s’exposer politiquement le 3 décembre lors de la remise du prix Livres-Hebdo des bibliothèques. « Aujourd'hui, les bibliothèques en France sont tellement intégrées qu'elles sont considérées comme une évidence. Mais plus que jamais, nous devons les préserver et les renforcer. C'est, en ces jours dramatiques, un défi collectif que le pari de la lecture et des livres ». Et l’adjoint à culture d’Anne Hidalgo, probablement grisé par l’événement, de lâcher sans prévenir : « Je souhaite longue vie à toutes les bibliothèques parisiennes et françaises ».

Une audace qui a dû effrayer au sein de son administration car c’est pile-poil au moment où elle propose de fermer la bibliothèque Château d’Eau. Visiblement Bruno Julliard a été trahi par ses services. Mais on sait notre élu de tutelle homme de conviction il devrait donc sans peine remiser les funestes projets de son administration à l’occasion du prochain Comité Technique de la Direction de Affaires Culturelles. C’est ce que l’on appellerait en politique un acte fort.

 

 

                      Finalement Bruno Julliard a clamé son amour pour la bibliothèque Château d'Eau

Fermeture de bibliothèque à Paris : Bruno Julliard a-t-il été trahi par ses services ?

                       - Pour preuve je vais même leur apporter des cadenas d'amour

Repost 0
Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans bibliothèques
commenter cet article
3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 09:07
Paris : les syndicats dénoncent la fermeture d’une bibliothèque dans le Xème arrondissement

                                        Un drôle de signal dans le contexte actuel

La Mairie de Paris vient de mettre à l'ordre du jour du prochain Comité Technique de la Direction des Affaires Culturelles, qui doit se tenir dans moins de deux semaines, la fermeture, sans justification aucune, de la bibliothèque Château d’Eau située à l’intérieur de la mairie du Xème arrondissement. Un projet qui se fait évidemment sans aucune consultation, ni des élus locaux, ni des usagers et encore moins des syndicats. Un vrai passage en force. C’est pourtant l'une des premières à avoir vu le jour dans la Capitale (elle a été créée en 1862, avant son déménagement dans la mairie en 1896). Un drôle de signal dans le contexte actuel.

D’autant que la bibliothèque Château d’Eau, toujours appréciée de ses usagers, possède, en plus de ses collections habituelles, un fonds unique en France de livres consacré à la photo et à la vidéo d'art. De plus, ce fonds, riche de plusieurs milliers de documents, ne peut être transféré dans aucune bibliothèque du réseau parisien. La Mairie de Paris compte-t-elle s'en débarrasser ? Quel gâchis écologique.

La bibliothèque Château d’Eau est également réputée pour l'organisation des Rencontres photographiques du Xe dont les colloques et expositions autour de la photographie dépassent le cadre des spécialistes. La majorité des organisations syndicales représentatives (CGT, FO, UCP, SUPAP-FSU) de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris s’opposent donc clairement à ce projet de fermeture.

En 2012, l’intersyndicale avait rencontré l’équipe municipale du Xème. Cette dernière avait alors déclaré « partager la vision de la richesse du fonds photo de Château d’Eau, fonds précieux pour la mairie, et qu’il serait dommage de disperser. Le maire est également  très attaché à l’existence de la bibliothèque au sein de la mairie et ne souhaite pas récupérer ses locaux ». Comme aucun des actuels élus du quartier n’a été saisi de cette question on suppose que cette position n’a pas changé.

Par ailleurs à une question écrite du groupe Europe Écologie-Les Verts (EELV) sur l’avenir de cette même bibliothèque à l’occasion du Conseil de Paris du mois de juin dernier, le premier adjoint au maire en charge de la culture, monsieur Bruno Julliard n’a jamais annoncé, ni même évoqué cette fermeture.

La fermeture d’une bibliothèque est toujours un signal négatif. L’intersyndicale va donc alerter les usagers, les élus et les professionnels du secteur pour maintenir une offre diversifiée de lecture publique dans la capitale.

 

                  La contestation monte contre la fermeture de la bibliothèque Chateau d'Eau

Paris : les syndicats dénoncent la fermeture d’une bibliothèque dans le Xème arrondissement

.

Repost 0
Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans bibliothèques
commenter cet article