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C'est Qui ? C'est Quoi ?

  • : Syndicat PACS-DAC de la Ville de Paris
  • : Blog du syndicat PACS de la Direction des Affaires Culturelles (DAC) de la Ville de Paris.
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Qui sommes nous ?

Nous sommes des personnels de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, travaillant dans les bibliothèques municipales, conservatoires d'arrondissement, ateliers des beaux-arts, services centraux...

Nous militons au sein du syndicat des personnels administratifs, de la culture et de service (PACS) pour défendre les droits des salariés, la qualité du service public

Pour vous syndiquer, demander conseil, faire des réclamations, envoyer des informations, une seule adresse : daccgtculturegmail.com

 

 

 

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10 octobre 2018 3 10 /10 /octobre /2018 13:10
Dumping social : comment la mairie de Paris désorganise ses bibliothèques tout en pulvérisant son empreinte carbone !

Christophe Girard, le nouvel adjoint à la Culture, nommé après le départ fracassant de Bruno Julliard, va devoir affronter un des ses premiers dossiers brûlants

Ça grogne dans les bibliothèques de la Capitale. En cause le changement de prestataire pour le marché de reliure des livres. Un prestataire qui en plus de désorganiser le travail interne des personnels par son amateurisme se permet même d’engueuler au bout du fil les bibliothécaires qui protestent contre sa façon de faire…Si bien que tout le monde se demande pourquoi cette nouvelle société a été choisie par les services de la Ville de Paris. Justement certains ont fait une petite découverte. Révélations….

Jusqu’à récemment, les bibliothécaires parisiens s’adressaient à la société Bibliothéca ou Rénov’livres pour rendre « prêtables » des livres amenés à passer dans des dizaines, voire des centaines de mains. Il faut donc plastifier et renforcer les documents avant que ces derniers soient mis dans les rayonnages. Un système qui fonctionnait parfaitement au dire des agents. Mais voilà que la mairie de Paris a lancé un nouvel appel d’offre pour ses futurs marchés de reliure, lequel a donc été remporté par la société Nordprint. Et là les choses ont commencé à se gâter… Cela a commencé quand les établissements ont fournir moult renseignements sur l’insistance parfois gênante du nouveau prestataire Il est apparu toutefois que ce dernier n’était pas en capacité de les traiter. Conséquence : il a donc fait une nouvelle demande ! Là les bibliothécaires commençaient à devenir circonspects face à un tel amateurisme

Ensuite, il a été demandé aux agents du réseau parisien d’envoyer les documents à traiter via des caisses en plastiques au lieu des habituels cartons. « Cela est plus solide » annonça un Nordprint qui visiblement prévoyait déjà des modes de transports périlleux. Toutefois les dites caisses n’arrivèrent jamais. En effet le prestataire découvrant finalement que certains établissements n’avaient pas les places pour les entreposer décida finalement de n’en envoyer nulle part. Et bien sûr sans en avertir quiconque. Mais bon les bibliothécaires prenaient toujours leur mal en patience

Puis ce fut la goutte d’eau : Norprint exigeât alors du réseau de préparer des cartons pour…. le lendemain ! Et fissa. Et gare aux récalcitrants. « Mais nous ne pouvions pas être prêts du jour au lendemain » protesta un responsable d’établissement un brin énervé. Un argument visiblement pas du goût de la « référente » de NordPrint qui décida de lui envoyer alors une volée de bois vert bien que certaines mauvaises langues affirment pourtant qu’elle travaille au service de « relation avec la clientèle ». Ouch. « Ces gens n’ont visiblement aucune idée du fonctionnement d’une bibliothèque. Leur changement unilatéral de date sans concertation aucune et leur mauvaise organisation ont bien failli nous faire perdre notre budget » complètent alarmés d’autres collègues du réseau

En fait si cette société, visiblement pas très efficace à ce que l’on vient de voir, a réussit à rafler la mise c’est qu’elle avait des arguments sonnants et trébuchants. Enfin plus pour elle que pour ses employés en charge d’exécuter les travaux de reliure car en effet la production….. a été délocalisée dans un pays très compétitif en terme de salaire selon des infos trouvés rien moins que sur le site officiel de Nodrprint ! Il est vrai que ce dernier pour justifier cette délocalisation n’hésite pas à se vanter avant tout d’être un bienfaiteur de l’humanité (lire ici).

Mais bon reste que les salaires de ce pays (la Tunisie donc) sont si compétitifs qu’ils figurent parmi les plus bas de tout le Maghreb et du Moyen Orient (voir ici). En fait dans cette histoire il n’y a vraiment que le bilan carbone qui part vraiment à la hausse puisque les documents vont eux voir du pays en voyageant en camion jusqu’à Marseille, puis traverser la méditerranée en bateau avant de reprendre à nouveau un camion pour arriver à l'atelier de reliure. Il ne manquerait plus que les poids lourds roulent en diésel. Un véritable camouflet à Anne Hidalgo ?

Par contre on ignore si cette délocalisation faisait partie des critères de l’appel d’offre lancée par la Ville de Paris. C’est pourquoi notre syndicat a mis cette question à l'ordre du jour du prochain Comité Technique de la Direction des Affaires Culturelles, qui sera de nouveau présidé par Christophe Girard, le nouvel adjoint à la Culture, nommé après le départ fracassant de Bruno Julliard. Même si le créateur des Nuits Blanches connait bien la maison, il va néanmoins devoir affronter un de ses premiers dossiers brûlants.

 

                          - Pfff Bruno, me voilà à peine arrivé que la CGT me met au pied du mur

                    - Tu sais Christophe, je suis parti parce que vraiment j'en pouvais plus

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20 septembre 2018 4 20 /09 /septembre /2018 09:21
Démission de Bruno Julliard : la vraie raison !

La goutte de trop sans doute pour l'adjoint à la culture face à la volonté de l’équipe d’Anne Hidalgo de vouloir faire « tchoupi » dans les bibliothèques

Avec la mairie de Paris on n’est jamais déçu. Il faut dire que chaque année elle se surpasse. Notamment en ce qui concerne cette « innovation démocratique majeure » qu’est le budget participatif. Déjà il y deux ans nous avions révélé cette supercherie en ce qui concerne les bibliothèques et les conservatoires (voir ici ). Dans le genre 2018 sera-t-il un meilleur cru ? Assurément !

En fait nombre de bibliothécaires se sont insurgés en découvrant le pot au rose. Un pot coûteux toute de même : deux cent mille euros. Pas moins. Une somme faramineuse pour obliger les bibliothécaires à acheter, entre autres, des livres comme « Tchoupi va sur le pot » en plusieurs centaines d’exemplaires ! Ou quelques autres ouvrages du même genre, qui seront, là aussi, chacun acheté forcément en plusieurs centaines d’exemplaires vu le budget alloué. En effet selon notre anonyme (un cache nez de la mairie de Paris peut être ?) cette demande citoyenne est une véritable nécessité car « tout cela reste introuvable ou trop emprunté dans nos bibliothèques ». Bref, y a pas ce que je veux, quand je veux et où je veux se scandalise notre « citoyen » qui ne supporte vraiment pas la frustration ! Véridique, la demande est ici.

Évidemment une telle demande est assez hallucinante dans le cadre du service public qui doit s’adresser à tous. Mais pour les professionnels du réseau parisien cette demande, à priori simplement puérile, pointe quelque chose qui pourrait s’avérer bien plus important. « C’est assez grave à mon sens : il s’agit de faire décider à notre place ce que nous devons acheter. Cela ouvre une voie royale à tous les groupes de pression politiques ou mercantiles pour faire enter en masse leur « littérature », 200 000€ pour des Tchoupi et autres, on est en droit de se demander qui est derrière » se demande ainsi cette bibliothécaire que nous avons rencontrée.

« Rappelons-nous que l’histoire du déménagement de Marguerite Durand, la bibliothèque des femmes avait commencé par un projet déposé par une anonyme là aussi « Olympe de G » sur le budget participatif… Avec le résultat catastrophique que l’on sait. Cette fois c’est carrément la Mairie qui inspire ce truc ! Plus de super héros en bibliothèque et en plusieurs centaines d’exemplaires, mais qu’en pensent les libraires ?! C’est de la provocation ! » complète une autre.

Le plus grave dans cette histoire, c’est que dans le même temps, les budgets d’acquisition de l’ensemble des bibliothèques parisiennes fondent comme neige au soleil. Mais surtout, ce n’est pas au budget participatif de décider ce qui va figurer dans nos rayonnages, remettant ainsi en cause notre métier et ouvrant la voie à tous les groupes de pressions qui peuvent ainsi avancer masqués. L'épisode de trop sans doute pour Bruno Julliard, l'adjoint en charge de la Culture lequel a donc décidé de démissionner séance tenante de toutes ses fonctions au sein de la l’exécutif de la mairie de Paris. Ouch !

 

  Budget participatif : Bruno Julliard en a ras le ponpon qu'on s'attaque encore aux bibliothécaires

                                                           - Là trop, c'est trop, je démissionne !

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18 septembre 2018 2 18 /09 /septembre /2018 17:10
Drame à la bibliothèque Couronnes (XXe) : la CGT demande la tenue d’urgence d’un CHSCT exceptionnel

Notre collègue retrouvée décédée travaillait en effet toute seule dans l’établissement fermé au public

C’est une macabre découverte qui a été faite ce lundi à la bibliothèque Couronnes (XXe) par une étudiante qui passait devant l’établissement.  Intriguée de voir de l'eau qui passait sous la porte, elle est entrée dans l'établissement, qui n'était semble-t-il pas fermé, et a découvert notre collègue femme de ménage inanimée. Les secours, appelés dans la foulée n'ont rien pu faire. Comme il était déjà 18h30, on peut supposer que notre collègue était décédée depuis nombreuses heures puisque elle aurait dû quitter les lieux en milieu de matinée. Le problème c’est qu’elle était aussi toute seule de service ce jour là (c’est le jour de fermeture de la bibliothèque) en dépit des risques évidents dans une telle situation.

Pourtant au dernier Comité Hygiène et Sécurité (CHSCT) de la Direction des Affaires Culturelles (DAC) de la Ville de Paris notre syndicat avait interpellé l’administration par rapport aux règles de sécurité des agents de ménage alors que le passage à un prestataire privé s’était fait dans les pires conditions : équipes non informées, matériel non disponible, des agents assurant seuls une mission réalisée à deux auparavant. Mieux, certains étaient même sans contrat de travail (voir ici). L'administration n'avait pas été en capacité de nous donner des réponses et des assurances par rapport à la sécurité et aux conditions de travail de ces agents nouvellement affectés. Ce qui n’était en principe pas le cas en ce qui concerne la bibliothèque Couronnes.

 

En effet, dans cet établissement les prestations de ménage sont encore assurées par des agents salariés de la mairie de Paris, gérés par la direction de la logistique (DILT), lesquels devraient normalement être plusieurs à travailler ensemble dans les locaux. Une précaution élémentaire en cas de problème. Sauf qu’à la bibliothèque Couronnes ce n’étais plus le cas depuis plusieurs jours. De deux agents on est passé à un seul, l’autre étant parti dans un autre service. Quelles que soient donc les circonstances de ce décès une chose est sûre : notre collègue était bien toute seule dans un bâtiment où il n’y avait personne d’autre. Et force est de constater que les organisations syndicales ont à plusieurs reprises soulevé les risques liés au travail isolé.

 

Ce drame est malheureusement l'occasion de rappeler la responsabilité de notre administration en matière de prévention des risques professionnels. Ceux-ci doivent être évalués et des moyens de prévention suffisants doivent y être apportés. Lorsqu’un risque est identifié, l'employeur a même une « obligation de résultat ». Nous demandons qu'un CHSCT exceptionnel de la DAC et de la DILT ait lieu pour évaluer l'ensemble des situations de ce type et y apporter des réponses immédiates.

 

Drame à la bibliothèque Couronnes (XXe) : la CGT demande la tenue d’urgence d’un CHSCT exceptionnel

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10 août 2018 5 10 /08 /août /2018 14:06
La Ville de Paris va-t-elle rester sourde aux besoins de nos collègues bibliothécaires ?

Mais la Mairie de Paris compte peut-être régler définitivement le problème en supprimant l’appel aux interprètes…

C’est un modèle de réussite que beaucoup de bibliothèques en France admirent : l'existence depuis plus d’une dizaine d’années au sein du réseau parisien de cinq « pôles sourds » (les bibliothèques Canopée, Chaptal, Fessard, Malraux et Saint-Eloi), lesquels intègrent une dizaine de collègues sourds. Signe de cette vitalité : des formations en LSF (Langue des Signes Française) sont accordées aux agents, et des interprètes sont régulièrement  sollicités, en particulier pour les réunions d’équipe ou des formations. Mais ça c’était avant…

En effet, la structure prestataire du marché qui proposait ces interprètes a déposé le bilan il y a quelques mois et la Ville a dû faire appel dans l’urgence à d’autres sociétés. Sauf qu'il y a peu la Mairie de Paris  a voulu une nouvelle fois être dans une « démarche innovante » et a décidé de proposer aux agents sourds d’expérimenter Tadéo, un « service de Transcription Instantanée de la Parole et de visio-interprétation LSF à distance et en temps réel ». A l’origine, cette technologie était surtout destinée à faciliter les conversations pour la téléphonie des bibliothécaires sourds. Et « il n’a pas été question à ce moment-là de l’étendre à d’autres situations » ont d’ailleurs rappelé les équipes dans une lettre officielle à l’administration parisienne. Problème : la municipalité veut désormais étendre Tadéo en vue de remplacer les interprètes, dans les bibliothèques comme dans d’autres services de la Ville...  Cacophonie assurée ! 

Concrètement, une réunion d’équipe se passerait de la manière suivante : sur la table un « micro haut-parleur » et les collègues sourds devant un ordinateur portable. L’interprète à distance serait censé entendre tout ce qui se dit et le traduire en LSF. Et dire à haute voix ce que les sourds signent. Les collègues sourds auraient les yeux fixés sur l’écran. Évidemment, l’interprète ne saurait pas forcément qui vient de parler à haute voix…Bref : pas très pratique tout ça ! Enfin si ça marche... Car d’après les retours de nos collègues utilisateurs, nous savons que sur les trois comptes actuellement ouverts, après seulement une trentaine d’appels passés (dont cinq professionnels...), les problèmes de connexion ont été flagrants. Sans parler d'une mauvaise pixellisation de l’image qui a été constatée pour environ un tiers des appels.

Actuellement, la présence d’un interprète oblige chaque entendant à tenir compte de la présence de collègues sourds et de l’interprète. Les collègues sourds peuvent voir l’ensemble de l’équipe, il y a de l’interaction entre tous-tes. Avec la nouvelle formule souhaitée par la Ville de Paris, les agents sourds devraient de fait restés les yeux rivés à l’écran, et cela signifierait plus d’isolement et de difficulté pour communiquer avec les membres de l’équipe.  Sans parler de probables problèmes techniques ou logistiques (Wifi, matériel…). D’abord pour les agents sourds, c’est la probabilité de voir apparaître des risques psychosociaux liés à une forme de discrimination, un isolement accru au travail, une diminution de l’interaction avec les collègues. A cela s’ajoutent les risques liés au travail sur ordinateur, la fatigue visuelle notamment.

« En outre, la présence de l’interprète dans la réunion impose naturellement à chacun une discipline : parler chacun son tour, éviter les apartés... La présence des collègues sourds est de ce fait mieux prise en compte, et leur participation facilitée » précisent  les cinq « pôles sourds » dans leur lettre à la direction des affaires culturelles de la Ville de Paris. Pour les équipes, le travail d’inclusion mené ces dix dernières années sera sans aucun doute mis en péril, alors que jusque-là, les agents travaillaient sur un pied d’égalité. Situation absurde alors que la Ville se targue d’être à la pointe de l’inclusion des agents en situation de handicap…

Ainsi, il y a quelques semaines, un collègue sourd n’a eu aucune traduction pour sa journée d’accueil, en présence pourtant de Christophe Girard, l’élu en charge des personnels et ancien adjoint aux Affaires Culturelles : il n’y avait pas d’interprète ! Mais peut-être que la Mairie de Paris compte régler définitivement le problème en supprimant l’appel aux interprètes ? De leur côté, les bibliothécaires des « pôles sourds » ont sollicité un rendez-vous avec la « mission handicap » de la Ville pour que cette dernière revoit sa copie.

La Ville de Paris va-t-elle rester sourde aux besoins de nos collègues bibliothécaires ?

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5 juillet 2018 4 05 /07 /juillet /2018 15:06
Paris : la bibliothèque Jacqueline de Romilly ferme pour cause de pollution bactérienne

La municipalité parisienne va devoir désormais mettre en œuvre de très très gros travaux de mise aux normes : un chantier titanesque de plusieurs mois sans doute

 

C’est ce que l’on avait appelé une catastrophe « bâtimentaire ». Il est vrai que la bibliothèque Jacqueline de Romilly, située dans le quartier de la Porte Montmartre (XVIIIe), cumulait les ratés depuis maintenant cinq ans, la date de son inauguration. Selon l’avis unanime du Comité Hygiène et Sécurité et Condition de Travail (CHSCT) de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, cet établissement n’avait désormais pas d’autre avenir que de fermer pour une rénovation indispensable. En effet, c’était bien la santé des agents et du public qui était clairement remise en cause dans ces espaces véritablement pollués (lire ici).

Si cette fermeture était actée, un délai avait toutefois été accordé par le CHSCT pour permettre des analyses de la qualité de l'air in situ en présence des bibliothécaires et des usagers. Et le résultat est sans appel : l’analyse a révélé un taux de bactéries très élevé dans l’environnement, notamment les bureaux des personnels, et force a été de constater (mais ça on le savait déjà) que le système d’aération défaillant n’était pas en mesure de les évacuer.

Désormais, la décision est bien officielle : la bibliothèque Jacqueline de Romilly fermera le samedi 7 juillet pour une période indéterminée… Même si une réouverture est envisagée par la municipalité à l’automne 2018. Une annonce qui semble pour le moment bien prématurée, en tout cas très optimiste, car pour rouvrir cette bibliothèque la Mairie de Paris va devoir désormais mettre en œuvre de très très gros travaux de mise aux normes. Un chantier titanesque de plusieurs mois sans doute !

 

Paris : la bibliothèque Jacqueline de Romilly ferme pour cause de pollution bactérienne

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26 juin 2018 2 26 /06 /juin /2018 09:07
Paris : Une bibliothèque va devoir fermer pour cause de pollution

Mais le bâtiment est aussi victime de problèmes thermiques, d’inondation, de chutes de plafond et même de la présence de rats…

 

C’est ce que l’on peut appeler une catastrophe « bâtimentaire ». Un établissement qui cumule les ratés depuis maintenant cinq ans, date de son inauguration, et qui n’a désormais pas d’autre avenir que de fermer pour une refonte totale car c’est la santé des agents et du public qui est clairement remise en cause à la bibliothèque Jacqueline de Romilly, située dans le quartier de la Porte Montmartre (XVIIIe).

 

Car voilà, ce fiasco architectural cumule vraiment tous les défauts. Tout d’abord cette bibliothèque a été construite uniquement avec des baies vitrées…. qui ne s’ouvrent pas ! Résultat : des chaleurs insoutenables dès que le soleil cogne la façade et des températures glaciales en hiver. A cela s’ajoute un système d’approvisionnement d’air complètement défaillant au regard de la surface d’un tel bâtiment. Et là c’est l’environnement intérieur qui fini par être complètement pollué comme nous l’avions révélé dans une première alerte il y a …maintenant deux ans. De son côté la médecine du travail avait également alerté la Mairie de Paris. Et les conclusions envoyées à la Direction des Affaires Culturelles sont sans appel : « les conditions de confort thermique et de renouvellement d'air  dans cet établissement ne semblent pas respecter les critères compatibles avec la préservation de la santé » (lire ici).

 

Pour pallier ces carences, la Mairie de Paris s’est contentée de mesurettes avec la fourniture de climatiseurs mobiles (mais néanmoins très bruyants) ou d'humidificateurs (et ses fils électriques qui trainaient partout). Si ces appareils ont atténué l’inconfort lié à la chaleur, ils n’ont pas apporté de solution pérenne au problème de pollution de l’air jamais renouvelé. Ainsi rien n’a changé pour le personnel qui continue à souffrir de maux de tête, de nausées, de fatigue chronique et de douleurs musculaires dans les jambes.

 

Et comme les dix plaies d’Égypte, le bâtiment a été aussi victime d’inondations au rez-de-chaussée, lorsqu’il pleut un peu trop fort sur la capitale puisque l’entrée de la bibliothèque est en contrebas du trottoir (incroyable mais vrai !) sans parler des infiltrations, des chutes de plafonds et désormais de la présence de rats… Quand ça veut pas. Ainsi rien que sur les six premiers mois de cette année, la direction de la bibliothèque Romilly a transmis cinquante-trois fiches de signalement (oui vous avez bien lu 53) à l’administration en charge de la santé des personnels. Un record sans doute…

 

Ultime coup de théâtre, la semaine dernière, les personnels en charge du ménage ont constaté qu’ils étaient couverts de plaques rouges sur le corps, conséquence sans doute de l’effet de produits chimiques, dans un espace qui n’est pas du tout ventilé ce qui a entrainé …leur droit de retrait immédiat en mettant désormais la Mairie de Paris devant ses responsabilités pénales. L’événement de trop ?

 

Sans doute car le même jour, pur hasard, se tenait le Comité Hygiène et Sécurité (CHSCT) de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, lequel a voté, à l’unanimité de ses membres (CFDT, CGT, FO, SUPAP, UCP et UNSA), une résolution demandant la mise en sécurité des agents et donc la fermeture de cette bibliothèque à titre conservatoire. Un délai a toutefois été accordé car des analyses de la qualité de l'air doivent d’abord être réalisées en situation réelle cette semaine. Le CHSCT et la Mairie de Paris ont alors convenu que la fermeture pouvait avoir lieu à l’issue de ces analyses et ce sans attendre les résultats, soit dès début juillet. Pour rouvrir la bibliothèque Jacqueline de Romilly, la municipalité parisienne va devoir désormais mettre en œuvre de très très gros travaux de mise aux normes. Un chantier titanesque de plusieurs mois sans doute.

 

  Bibliothèque Jacqueline de Romilly : la brigade anti-pollution envoyée pour faire des analyses

                                                      - Ben Chef, c'est encore pire que prévu !

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22 juin 2018 5 22 /06 /juin /2018 12:33
Le Sapeur Camember au secours des bibliothèques parisiennes

 

    Pourtant quand on a entendu cette histoire on a vraiment cru à un canular

 

L’idée est née l’an dernier. En pleine crise sur les conditions d’ouverture le dimanche à la bibliothèque Hélène Berr (XIIe), et les mouvements de grève qui ont suivis. C’est là que la Direction des Affaires Culturelles de Paris a inventé le concept  d’« équipe volante » de bibliothécaires titulaires pour aller travailler le dimanche dans les établissements justement en manque de personnel puisque la mairie a toujours refusé de créer des postes permanents nécessaires pour ouvrir un jour supplémentaire (lire ici).

 

Et puis la mairie pensait faire d’une pierre deux coups puisque le reste de la semaine ces agents volants allaient être affectés dans les bibliothèques dont les manques sont si criants qu’elles sont parfois contraintes de fermer faute de personnels suffisants. Et après des mois d’incertitudes (la DRH tardant à créée des postes budgétaires pour former ladite équipe, cette dernière a finalement vu le jour en février. Avec des conséquences savoureuses façon Sapeur Camember.

 

Le Sapeur Camember est un personnage de bande dessinée du début du XXe siècle qui a la particularité de creuser un deuxième trou pour en extirper de la terre afin de boucher le premier trou. Et pour boucher ce second trou ? Ben il en creusa finalement un troisième. Et ceatera... Et l’illustration dans la mémoire populaire  de l’adage « faire et défaire c’est toujours travailler ». Une devise appliquée à merveille par la Ville de Paris.

 

Pourtant, quand on a entendu cette histoire on a vraiment cru à un canular. C’est vrai que c’était trop gros. Même une fake news semblerait plus crédible. Sauf que là, elle est vraie. Cela se passe à la bibliothèque Andrée Chedid (XVe). Un beau jour un collègue de la section jeunesse se porte volontaire pour intégrer la nouvelle équipe volante. Bon jusque là rien de plus normal.

 

Oui mais voilà le départ de ce collègue, qui n’avait pas été remplacé alors que c’était l’engagement d'origine de l'administration, mettait en péril le fonctionnement de la section jeunesse de la bibliothèque Chedid. Et c’est alors que la Ville de Paris eu une idée de génie : pallier l’absence de cet agent parti pour l’équipe volante...... par un autre membre de l’équipe volante ! Incroyable mais vrai. Bienvenue en absurdie

 

 

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20 juin 2018 3 20 /06 /juin /2018 06:58
Quand la Mairie de Paris utilise du personnel sans contrat de travail

        Mais bon : c’est Nickel ! Car ils n’ont pas non plus de fiche de paye…

A peine un mois et demi après avoir alerté la Mairie de Paris sur les possibles conséquences sociales de la sous-traitance du service de ménage dans les bibliothèques de la Capitale (lire ici ) le constat est encore pire que ce que l’on craignait.

Petit retour en arrière : la Ville a décidé de confier toutes ses prestations de ménage, assurées jusqu’à il y a peu majoritairement par des agents municipaux, à la société de nettoyage Nickel. Plutôt mal nommée d’ailleurs car depuis le début du mois de mai certaines bibliothèques sont devenues extrêmement cradingues, Il est vrai que là où il y avait deux voire trois agents, il n’y en a désormais plus qu’un seul. Sans parler que ce dernier se retrouve souvent sans équipement ni matériel. Dans certains établissements, il a ainsi fallu que les bibliothécaires fournissent eux-mêmes des gants adéquats aux agents en question. On comprend que la société Nickel a pu proposer des prestations les moins chères de France. Les spécialistes à la Mairie de Paris ont d'ailleurs été étonnés que les prix soient inférieurs de 25% à ce qu’ils escomptaient ! Forcément, à lire ce qui suit.

Ainsi, à la bibliothèque de la rue de la Glacière (Paris XIIIe), la personne en charge du ménage a fini par jeter l’éponge. Faut dire que le 14 juin elle n’avait toujours pas signé de contrat de travail depuis son embauche le 2 mai. Il est vrai là aussi qu’elle n’avait toujours pas été payée, six semaines après avoir commencé son travail. Une habitude semble-t-il pour la société Nickel, puisque sa remplaçante, arrivée le 19 juin n’a pas elle non plus signé de contrat. De plus, au mépris de toutes les règles de sécurité, ces agents sont laissés seuls dans l’établissement, puisque commençant dès six heures du matin ! Embêtant pour la Mairie de Paris en cas d’accident du travail dans ses propres locaux.

Du côté de la bibliothèque Hélène-Berr (XIIe) on confirme. « L’homme de ménage auquel j’ai parlé ce matin me dit « n’avoir vu personne » de la société Nickel » témoigne une bibliothécaire. Pourtant, le pauvre malheureux fait ce qu’il peut puisque il porte une blouse qu’il a récupérée d’un de ses autres boulots... Lui non plus n’a pas de contrat. Il a téléphoné trois fois déjà et nous rapporte que « c’est une entreprise fantôme ! ». Pas faux, tant la société Nickel semble se cacher dans les profondeurs du Web puisque lorsque l’on y fait des recherches, on découvre que cette petite entreprise… a trois adresses différentes !

D’autres bibliothèques ne sont pas en reste puisque il y a encore quelques temps à Marguerite Yourcenar (XVe) la personne de ménage était toute seule depuis le changement de marché, et ce pour nettoyer une surface de plus de 3000 mètres carrés, sans consignes et ne connaissait même pas le nom de la boîte qui a repris le marché ! Et un bibliothécaire de constater accablé : « l'agent n’a même pas de matériel pour travailler, papier toilettes, sac aspirateur, etc. Pas de planning. Rien. ». Et probablement pas de contrat de travail non plus. Nickel chrome quoi ! I

Pourtant la Mairie de Paris est au courant du désastre puisque des personnels de la bibliothèque de la place d’Italie (XIIIe) ont pris des photos et les ont envoyées aux représentants des personnels. Qui les ont eux-mêmes renvoyées à la Direction des Affaires Culturelles et Bruno Julliard, le premier adjoint d’Anne Hidalgo. D’après nos informations, ça commencerait à ruer dans les brancards. Faut dire, qu’outre une dégradation d’un service qui était auparavant assuré parfaitement par des agents de la Ville de Paris, faire travailler des gens sans contrat de travail ni fiche de paye, voire pas de paye du tout ça, ça la fiche très mal pour une municipalité dirigée par une ancienne inspectrice du Travail.

C’est pourquoi devant ce scandale que Le collectif CGT parisien du Nettoyage organise des formations avec l'aide des défenseurs des agents. Prochain rendez-vous : samedi 23 juin de 14 heures à 17 heures à la Bourse du Travail, 85 rue Charlot, salle Léon Frot (métro République), dont les thèmes, ça tombe bien, porteront sur le contrat de Travail, les avenants, la procédure de licenciement et les moyens de se défendre !!!

 

 

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2 mai 2018 3 02 /05 /mai /2018 08:02
Contre la privatisation du service de ménage dans les bibliothèques, manifestons-nous le vendredi 4 mai devant le 103 avenue de France

Une action qui pourrait en annoncer d’autres car du côté des directeurs et directrices des bibliothèques municipales parisiennes certains proposent de boycotter également la prochaine réunion « QualiParis » prévue le 31 mai

 

La mairie de Paris veut privatiser le service de ménage actuellement effectué par des agents municipaux dans les bibliothèques de la capitale. Une décision, faite sans concertation aucune qui a mis en émoi les agents du réseau, notamment ceux de la bibliothèque de la Place d’Italie (lire ici). Et nombre de chefs d’établissement ont également été scandalisés de cette décision « alors qu’ils et elles se sont battus dans le cadre de la mise en place du label Qualiparis pour avoir des horaires d’agents de ménage plus adaptés » rapporte l’un d’eux.

 

Dans les prochains jours, dix-sept bibliothèques vont ainsi être concernées par ce changement sans qu’aucune discussion et information au Comité Hygiène et Sécurité (CHSCT) de la Direction des Affaires Culturelles (DAC) n’ait été faite, sans que le bien-fondé de cette décision soit vu avec les services concernés. C'est pourquoi les syndicats (CGT, FO, SUPAP-FSU, UCP) déposent un préavis de grève couvrant les personnels, pour le vendredi matin 4 mai à partir de 9h 30 jusqu’à 11h30 pour leur permettre de manifester leur opposition. En effet au même moment des responsables de bibliothèque dont le service de ménage va être privatisé sont convié(e)s à 9h au 103 avenue de France (salle Phénix) par la mairie de Paris pour une présentation des nouveaux marchés de nettoyage de leurs locaux. L'intersyndicale donne donc rendez-vous à 8h45 (oui, c'est tôt) aux bibliothécaires qui s'opposent à cette privatisation juste avant la tenue de cette réunion. Il faut savoir que dans les bibliothèques dont le service de ménage est déjà privatisé la réalité est c’est peu de le dire loin d’être idyllique.

 

Ainsi à Hélène-Berr (XIIe) un agent pointe « le respect approximatif des termes du marché. Quand au nombre d’intervenants et la durée d’intervention il est a noter que  les employés très mal traités doivent enchainer les différents lieux d’intervention le plus vite possible ». Du côté de la médiathèque Yourcenar dans la XVème, même topo : « chez nous aussi c’est une société privée qui assure le nettoyage dans des conditions déplorables, avec des personnels de ménage mal équipés et surtout trop peu nombreux. Par exemple pendant des mois un homme de ménage a du nettoyer tout seul l’ensemble des espaces publics (3000 mètres carrés) » témoigne un bibliothécaire.  Bref le service public est à défendre. Pourtant jusqu’ici la Ville de Paris avait acquis au sein de son administration le savoir-faire nécessaire, d’autant que cela ne coûte pas plus cher, tout en offrant de meilleures conditions de travail et de vie pour les agents. Cela permet de travailler en synergie dans un même lieu pour le bien de tous, ce qui n’est pas possible avec le privé.

 

Comme le disent nos collègues de la bibliothèque Italie (XIIIe) : « cette situation témoigne de la privatisation rampante des services de la Ville de Paris et s’accompagnera irrémédiablement d’une baisse de la qualité des prestations rendues. En effet, selon les informations dont nous disposons, les deux postes de nos collègues sont voués être assumés par une seule personne. D’autre part, nous craignons d’avoir affaire à un roulement de personnes interchangeables et affectées au jour le jour sans stabilité qui rendrait difficile la mise en place d’une relation de confiance durable comme celle vécue actuellement. Celle-ci apparaît pourtant primordiale pour la bonne gestion des situations imprévues et préjudiciables à l’établissement ».

 

Il faut donc impérativement revenir sur cette décision qui va affecter les bibliothèques dans leur fonctionnement quotidien, c’est pourquoi nous demandons donc le passage au public de l’ensemble des fonctions de nettoyage des locaux et la création des emplois publics nécessaires. Alors rendez-vous le vendredi 4 mai devant le 103 avenue de France. Une action qui pourrait en annoncer d’autres car du côté des directeurs et directrices des bibliothèques municipales parisiennes certains proposent de boycotter également la prochaine réunion « QualiParis » prévue, elle, le 31 mai « puisque le confort et la propreté font partie du référentiel de ce label, nous pourrions nous en servir pour protester contre cette mascarade ». Un vrai coup de balai contre la communication de la mairie de Paris.

Contre la privatisation du service de ménage dans les bibliothèques, manifestons-nous le vendredi 4 mai devant le 103 avenue de France

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25 avril 2018 3 25 /04 /avril /2018 10:04
Service de ménage dans les bibliothèques parisiennes : non au recours aux sociétés privées qui maltraitent leurs salarié.e.s !

Ce vaste mouvement de privatisation révèle la façon dont la Ville de Paris traite les personnes qui nettoient ses établissements publics

Le service du ménage avait déjà été privatisé dans une partie des bibliothèques parisiennes... Et voilà que la Ville décide de généraliser le recours à la sous-traitance privée dans toutes les bibliothèques, et de déplacer d’autorité les personnels de ménage municipaux qui y exerçaient jusqu’alors. Il va sans dire que cette méthode a provoqué l'émoi des collègues (lire ici).

Le travail du ménage est un travail sous-payé, et très peu reconnu, physiquement pénible et fatigant, souvent invisible, pourtant c’est un travail indispensable. Un travail essentiel au fonctionnement de nos établissements, et à notre bien-être à tous, personnels comme usagers. Faire le ménage est toujours un travail dur et usant, mais ce n’est pas la même chose de l’effectuer en tant qu’agent municipal et en tant que salarié.e d’une société privée.

En tant qu’agents municipaux, les hommes et les femmes qui font le ménage dans nos bibliothèques bénéficient de la sécurité de l’emploi, ils ont accès aux services proposés par la Ville à ses agents, ils sont intégré.e.s dans des équipes de façon pérenne et peuvent nouer des relations de confiance et d’amitié avec leurs collègues même si leur quotidien est loin d'être rose bien sûr.

Par contre en tant que salarié.e.s de sociétés privées, ces personnes sont embauchées dans le cadre de contrats précaires, elles ne sont pas affectées à un endroit mais déplacées comme des pions, elles multiplient les lieux de travail et les trajets dans une même journée, leur temps de travail est haché, leurs tâches décuplées (un seul agent prévu pour remplacer les deux agents municipaux de la bibliothèque Italie, un agent laissé seul pendant des mois pour nettoyer les 3000 mètres carrés de la médiathèque Yourcenar…), avec très peu ou pas de moyens pour défendre leurs droits.

Ce vaste mouvement de privatisation révèle la façon dont la Ville de Paris traite les personnes qui nettoient ses établissements publics, ces personnes qui assurent au quotidien ce travail si difficile et si indispensable. Sous-effectif ? Sous-équipement ? Horaires intenables ? Épuisement, souffrance au travail, santé en danger ? La Ville de Paris s’en lave les mains : ce n’est pas son problème, ce n’est plus elle l’employeur ! Oui au maintien du personnel de ménage municipal ! Non au recours aux sociétés privées qui maltraitent leurs salarié.e.s !

Service de ménage dans les bibliothèques parisiennes : non au recours aux sociétés privées qui maltraitent leurs salarié.e.s !

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