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  • : Blog du Syndicat CGT Culture de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris.
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Nous sommes des personnels de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, travaillant dans les bibliothèques, conservatoires, musées, ateliers des beaux-arts, services centraux...

Nous militons au sein de la CGT pour défendre les droits des salariés, la qualité du service public rendu aux Parisiens.

Pour vous syndiquer, demander conseil, faire des réclamations, envoyer des informations, une seule adresse : daccgtculturegmail.com


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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 08:26
La mairie de Paris va (enfin) rendre gratuit l’emprunt des CD et des DVD dans les bibliothèques municipales

Enfin presque, car cette gratuité ne sera réservée pour le moment qu’au mineurs et aux bénéficiaires des minima sociaux…Pas très juppéiste.

C’était une vieille idée lancée par les bibliothécaires parisiens et les syndicats : la gratuité de tous les supports pour tous les usagers. Car si aujourd’hui, le prêt de livres et de revues dans les bibliothèques municipales parisiennes est gratuit en revanche celui des disques est facturé trente euros pour l’année (et soixante et un euros pour le forfait CD + DVD). Une limite financière qui empêche nombre d’usagers d’avoir accès à l’ensemble des collections.

Mais, et c’est désormais officiel, la mairie de Paris va enfin mettre fin à cette barrière dans l’accès à la culture pour tous et instaurer la gratuité pour l’emprunt des CD et des DVD via une nouvelle délibération qui sera proposée aux élus lors du prochain Conseil de Paris. Enfin presque, car cette gratuité ne sera réservée pour le moment qu’aux mineurs et aux bénéficiaires des minima sociaux.

Un premier pas certes…mais pas très ambitieux puisque les étudiants ou les smicards notamment sont exclus de cette mesure. Et même pas très juppéiste. En effet, on ne peut que constater que sur ce sujet la mairie de Paris été débordée sur sa gauche par certaines collectivités…. de droite. Ainsi, la communauté urbaine de Bordeaux dirigée par Alain Juppé a mis en place la gratuité de tous les supports et pour tous les usagers sans restriction d’âge, de sexe, ni de condition (lire ici) Et quand on dit tous les usagers c'est aussi bien les.étudiants que les actifs, les retraités que les gens en recherche d'emploi. Et toc pour Anne Hidalgo et Bruno Julliard qui prennent un sale coup de vieux dans leur politique culturelle.

Alors la municipalité parisienne va-t-elle rester droite dans ses bottes ou s’aligner vers le mieux disant culturel de l’ancien premier ministre ? Allez encore un effort, d’autant que cette gratuité avait été réclamée il n’y a pas si longtemps … par les élus parisiens eux même ! Lesquels avaient proposé lors d’un conseil de Paris à l’Hôtel de Ville que « la culture doit être accessible à tous sans distinction de revenu ». On est bien d'accord.

En attendant la gratuité pour tous, ce seront au moins les mineurs ou les usagers qui rentrent dans les critères de cette nouvelle mesure qui vont donc bientôt pouvoir emprunter les supports qui étaient jusque là payants dans les bibliothèques de la capitale. En effet, selon la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, les paramétrages du logiciel V.Smart, qui équipe les établissements de prêt, devraient êtres effectifs courant avril.

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 17:35
La Ville de Paris oblige des bibliothèques à acheter les DVD dont les prix sont au-dessus du marché

Quand des bibliothécaires se sont adressés à l'administration pour soulever ce problème on leur a dit « faites au mieux »

Il fallait y penser ! Alors qu’auparavant les bibliothèques municipales parisiennes avaient le choix de leur fournisseur pour commander leurs DVD, désormais celui-ci leur est imposé en fonction de leur zone géographique. Pour les établissements situés du Ier au Xème arrondissement le prestataire sera l’ADAV, du XIe au XVe, CVS et du XVIe au XXe, RDM.

Problème : certains établissements payeront leur DVD plus cher que leurs collègues. Parfois vraiment plus cher. Par exemple pour la société CVS, on constate des prix plus élevés de un à six euros (voire plus) sur les mêmes DVD que ceux proposés chez l'ADAV ! Du coup, les bibliothèques qui ont hérité de CVS cette année (Faidherbe, Parmentier, Hélène Berr, Melville, Brassens, Andrée Chedid ou encore Yourcenar) sont pénalisées alors que les budgets sont déjà en baisse.

Autre problème, tous ces prestataires ne proposent pas le même catalogue. Évidemment ce serait trop simple. Par exemple l'ADAV est très complet dans sa proposition de DVD de documentaires alors que du côté CVS (encore une fois) l’offre est nettement insuffisante. Encore pas de pot, car il y a justement, entre les XIe et XVe arrondissements, des bibliothèques qui sont un peu pointues dans ce domaine. A croire que ceux qui ont inventé cette nouvelle forme de marché public l’on fait exprès.

D’ailleurs, la Ville de Paris est dans ses petits souliers car lorsque des bibliothécaires se sont adressés à l'administration pour soulever ce problème on leur a dit « faites au mieux » ! A part changer les numéros des arrondissements, on ne voit pas trop comment…Certes, chaque bibliothèque peut dépenser un tiers de son budget chez les autres prestataires mais les établissements n’iront pas très loin malgré cet arrangement au vu du prix des DVD.

Ceci dit, que les bibliothèques qui ont héritées de l’ADAV ou de RDM ne se réjouissent pas trop vite, car l’année prochaine les prestataires…. changent d’arrondissement. Un scénario tout droit sorti d’un cerveau diabolique !

Notre syndicat demande donc à la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris de revenir au mode de fonctionnement précédent et laisser les bibliothécaires passer librement leurs commandes auprès de l’un ou l’autre de ces trois prestataires avec pour seul critère le prix de vente ou la qualité des titres proposés.

 

La Ville de Paris oblige des bibliothèques à acheter les DVD dont les prix sont au-dessus du marché
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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 11:26
RFID en bibliothèque : les failles de sécurité révélées par une revue informatique

Une faille reconnue même par Bibliothéca, le fournisseur des automates et des puces RFID des bibliothèques parisiennes et qui devrait coûter des centaines de milliers d'euros

Le système RFID a été installé à la Ville de Paris il y a huit ans déjà. Dans trois bibliothèques dans un premier temps, puis il a été étendu à d'autres établissements parisiens,bien que cette technologie soit loin de remplir tous ses objectifs : un système de vérification des documents qui ne fonctionne pas toujours, des logiciels défectueux, un matériel fragile, un système antivol peu fiable, le tout pour un coût toujours très élevé. L'administration en charge de son installation et qui en vantait ses nombreux mérites se garde bien d'en faire le moindre bilan.

C'est donc une véritable petite bombe que vient de lâcher la revue spécialisée Le Virus Informatique. Dans son numéro 27, daté de février 2016, ces spécialistes révèlent rien moins que les failles de sécurité des puces RFID et le coût que cela va engendrer pour réparer ces defaillances (voir ici). Pour prouver leur dire, ces informaticiens se sont appuyés sur des données accessibles publiquement. Bon, à la lecture de l'article faut quand même être un familier des AEAS, des AFI, des MHz, des ICODE SLI ou encore des BasicCards double interfac mais la démonstration est imparable.

D’après eux, il est non seulement possible de se fabriquer une fausse carte de lecteur (avec les données d'un véritable usager) en récupérant une puce d’un bouquin, mais ce sont surtout les antivols qui sont facilement désactivables pour ces spécialistes des nouvelles technologies. « On l’a bien vu, les protections antivols uniquement basées sur les fonctions EAS ou AFI sont d’une terrible faiblesse et rien n’empêche de les désactiver sur place avec un ordinateur portable (généralement bienvenu en salle de lecture !) équipé du lecteur had hoc » précise tout de go la revue. Et les journalistes du Virus informatique d’interroger la société BIbliothéca désormais hégémonique sur ce secteur après avoir absorbée son concurrent 3M pour connaître leur position. Et là, surprise...

« La norme française est assez simpliste, il est très aisé de cloner ou de modifier des données via un simple mobile équipé en NFC avec la bonne application » reconnaît ainsi penaude Bibliothéca. Toutefois, le fournisseur en RFID affirme qu'une norme supérieure de sécurité est déjà disponible. Petit problème néanmoins selon le leader du secteur, celle-ci « n'est pas encore appliquée officiellement en France ». Mais BIbliothéca se dit prête à mettre en œuvre cette nouvelle technologie « qui rendra caduque le clonage ».

Une affirmation qui laisse pantois les observateurs car comme le rappelle la revue « il semble surprenant que des bibliothèques dernier cri inaugurées en 2015 aient dépensé des centaines de millions d’euros pour lui faire pucer leurs collections avec ces normes obsolètes les exposant ouvertement à un pillage en règle ». « Comment expliquer un tel immobilisme ? » s’alarme Le Virus Informatique. Bonne question.

La réponse pourrait faire mal aux finances parisiennes (et des autres collectivités locales) car selon les spécialistes, il faudrait alors remettre la main à la poche pour réencoder tous les documents selon la nouvelle norme. Et la facture devrait se chiffrer en plusieurs centaines de milliers d'euros. Une bonne affaire sans doute pour Bibliothéca mais certainement pas pour les bibliothécaires dont les budgets sont en diminution constante. Mais au fait, qu'en pense la Ville de Paris ? Désormais, la question lui est publiquement posée.

RFID en bibliothèque : les failles de sécurité révélées par une revue informatique

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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 15:12
« Mais pourquoi tenez-vous donc tant à garder la bibliothèque Château d'Eau ouverte ? » demande interloqué le premier des socialistes parisiens

Rémi Féraud, maire du Xe arrondissement et président du groupe Socialiste au Conseil de Paris, ne comprend pas que l'on conteste les décisions de la Direction des Finances de la Ville de Paris

Le projet de fermeture de la bibliothèque Château d'Eau, située dans la mairie du Xe arrondissement, n'en finit plus, tel le sparadrap du capitaine Haddock, de coller aux doigts des socialistes parisiens. Dernier épisode en date, l'entrevue entre l'intersyndicale (CGT, FO, SUPAP, UCP et UNSA) et le maire de l’arrondissement, Rémi Féraud, accompagné de deux de ses adjoints.

Bien que très cordiaux, les trois élus du Xe arrondissement ont néanmoins été interloqués par la position des syndicats majoritaires à la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris : « Mais pourquoi tenez-vous donc tant à garder la bibliothèque Château d'Eau ouverte ? » ont interrogé, candides, Rémi Féraud et ses deux acolytes. Mais c'est vrai pourquoi des syndicats de bibliothécaires défendent-ils la lecture publique et la culture de proximité ? On se le demande...

Les élus étaient d'autant plus surpris de la réaction des syndicats - mais aussi des élus de gauche comme de droite, tant de l'arrondissement que du Conseil de Paris (lire ici) - que pour eux la décision avait déjà été prise par l'administration parisienne. Un aveu qui, on doit le dire, nous a peu cloué sur place car Rémi Féraud est, en principe, un poids lourd de la politique municipale parisienne, puisque après avoir été le patron de la fédération socialiste de la Capitale le voilà désormais président du groupe Socialiste au Conseil de Paris. Un cador quoi ! Enfin croyait-on... Car l'élu, censé par ailleurs représenter tous les habitants de son arrondissement, s’efface visiblement devant la décision de la Direction des Finances de l'Hôtel de Ville. Pas très glorieux, en effet.

Toutefois, comme cette histoire de fermeture de bibliothèque ne s'est pas passé, avec la fronde d'une partie des élus, comme ce qui avait été prévu par l’exécutif municipal, le Conseil de Paris a été contraint de voter que « durant les prochains mois, l'activité de cette bibliothèque soit étudiée avec la plus grande attention et la fermeture prévue de l'établissement soit conditionnée à la poursuite du déclin de l'activité » (lire ici). Ce qui veut dire que la mairie de Paris devrait réunir normalement une commission regroupant des élus et des habitants du Xe pour trancher sur cette question, démocratie locale et participative oblige.

Une étude qui pourrait apporter des surprises car la bibliothèque Château d'Eau, une bibliothèque de quartier, prête plus de documents que... la bibliothèqe numérique, ce service fort coûteux disponible via Internet, ouvert en permanence, qui touche un bassin de plusieurs millions de lecteurs potentiels, et qui aurait donc dû écraser la concurrence...

Quant aux organisations syndicales, elles ont demandé à l’administration et à Bruno Julliard, le premier adjoint d'Anne Hidalgo en charge de la Culture, de présenter cette nouvelle étude des chiffres de fréquentation de la bibliothèque Château d'Eau au prochain Comité Technique de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris.

 

 

Chateau d'Eau : Le maire du Xe, poids lourd politique, a-t-il cédé à la direction des finances ?

« Mais pourquoi tenez-vous donc tant à garder la bibliothèque Château d'Eau ouverte ? » demande interloqué le premier des socialistes parisiens

                                 - Mais qui m'a mis cette banderolle au dessus de ma tête ?

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 14:50
A quoi ressembleront les médiathèques de demain ? Un colloque organisé le 14 avril par les bibliothécaires de Plaine-Commune

Réorganisation, parcellisation des tâches, management, évolution du métier, souffrance au travail… autant de thèmes qui seront abordés par des sociologues du travail, des conservateurs de bibliothèque, des usagers ou encore des chercheurs du CNRS

Saluons l’initiative de nos collègues du collectif des bibliothèques-CGT de la communauté d’agglomération de Plaine-Commune (Seine-Saint-Denis), lesquels proposent une journée d’étude le jeudi 14 avril sur l’avenir de leur métier. Un colloque qui sera animé par des sociologues du travail, des conservateurs de la Bibliothèque Nationale de France (BnF), des usagers des bibliothèques ou encore des chercheurs du CNRS.

Les médiathèques de Plaine commune (25 établissements, 250 agents et un million de documents) remportent régulièrement des prix prestigieux : Prix de l'animation en 2012, Grand prix Livres-hebdo en 2015, distinctions du ministère de la Culture… Faut-il en conclure que tout va bien dans le meilleur des mondes ? Comme d'autres réseaux de lecture publique la situation est pourtant loin d’être aussi idyllique.

« Au cours de ces dernières années, nous avons vu les organisations et les conditions de travail se modifier. La politique de la lecture publique de Plaine-Commune évolue, nous le savons et sommes les premiers concernés. Des choix sont faits par nos directions en « consultant » les agents avec peu, voire aucune marge de manœuvre leur permettant d’être force de propositions sur l’avenir des médiathèques, de leur métier et de leurs conditions de travail » remarquent, amers, nos collègues.

A quoi ressembleront les médiathèques de demain ? Un colloque organisé le 14 avril par les bibliothécaires de Plaine-Commune

Car dans cette communauté d'agglomération de Seine-Saint-Denis « la mutualisation du travail en médiathèque a hiérarchisé et parcellisé davantage le travail de chacun, générant ainsi moins d’autonomie, un sentiment de dévalorisation, de perte de compétence, de baisse de qualité entraînant à terme un manque de motivation chez certains agents. En janvier 2014, la mutualisation des acquisitions est mise en place au niveau du réseau (sans concertation avec les organismes paritaires, alors que modifiant de manière significative les organisations de travail des différentes équipes) ». Ça ne vous rappelle rien ?

Et les bibliothécaires du 93 d'enfoncer le clou « Cette réorganisation, vécue comme une division du savoir, des pratiques et des agents, est souvent la cause d'un mal-être et d'une souffrance au travail, entraînant encore plus de malaise dans les équipes, un sentiment d’inégalité de traitement, d’isolement, et de difficulté à donner du sens à nos missions. Nous craignons encore des modifications dans les missions des bibliothécaires et des nouveaux services qui entraînent de nouvelles pratiques et organisations professionnelles. Et pour quel résultat ? Le risque de perdre certains adhérents qui ont déjà de grosses difficultés à retrouver une réponse à leur besoin, principalement de lecture ». Une analyse de nos collègues de Plaine-Communes que partagent sans doute de nombreux professionnels qui travaillent dans la lecture publique que ce soit à Paris ou sur le reste du territoire.

Et les bibliothécaires de Seine-Saint-Denis, pas passeistes pour autant, de préciser : « nous avons conscience que notre métier est en pleine évolution et ne le contestons pas, mais ces nouvelles orientations engagées par Plaine Commune sans concertation avec les agents créent un sentiment de négation chez nos collègues et nous interpelle. Nous voulons être force de propositions, pouvoir apporter notre pierre à la construction de l'édifice, dans la concertation. Il s’agit du devenir de notre coeur de métier et de l’offre que nous diffuserons au plus grand nombre. Il s’agit aussi de préciser quel sens est donné aux nouvelles médiathèques, quelles valeurs y seront développées et pour quel avenir ? » Des interrogations qui seront au coeur du colloque qui aura lieu le jeudi 14 avril 2016 à la Bourse du Travail de Saint-Denis (Auditorium Marcel Paul, 1er étage), M° Saint-Denis-Porte de Paris  et dont le programme et les modalités d’inscriptions se trouvent ici.

       Le 14 avril, vous êtes tous invités au colloque sur l'avenir des bibliothèques à Saint-Denis

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 07:34
L.I.R.E à Paris : la mairie de Paris sucre 150 000 euros à l’association en charge d’éveiller les très jeunes enfants au livre et à la lecture

Drôle de façon de considérer une structure qui s’investit dans la lutte contre l'exclusion qui est, en principe, une priorité d’Anne Hidalgo et de son équipe

Encore un coup bas pour la lecture à Paris. Cette fois c’est l’association L.I.R.E à Paris, laquelle intervenait dans les structures de la petite enfance telles que les PMI mais aussi les centres sociaux ou les bibliothèques jeunesse, de faire les frais de la politique de la mairie de Paris. « Nous venons d’apprendre que la subvention qui nous est versée depuis plus de dix ans, serait amputée, sans délai de prévenance  de 40%, soit 150 000€. » Du brutal.

Tellement brutal que l’association qui avait déjà programmé ses interventions pour l’année en cours et « recruté les effectifs nécessaires pour les mener » va être dans l’obligation de licencier cinq personnes. C’est pas comme ça que la courbe du chômage va s’inverser !

Drôle de façon de considérer une structure qui fidèle à son acronyme, « Le Livre pour l’Insertion et le Refus de l’Exclusion » s’investit dans un domaine qui est, en principe, une priorité d’Anne Hidalgo et de son équipe, puisque L.I.R.E à Paris se démène pour rapprocher du livre les publics les plus éloignés, au moyen d’actions culturelles dont, entre autres, les bibliothèques hors les murs (BHLM).

Une chose est sûre, si la ville de Paris persistait dans ces mesure d’économie cela contraindrait l'association « à abandonner tout un travail développé dans la durée, toute une série d’actions transversales avec d’autres institutions du territoire (bibliothèques, centre sociaux…) dans l’accompagnement social et culturel des parents et de leur enfants ». Elle lance donc un véritable cri d’alarme (lire ici).

Un appel à l'aide qui a déjà reçu le soutien de parents et de professionnels de la petite enfance (lire ici et). Une pétition vient également d'être mise en ligne (pour la signer, c'est ici). Espérons que L.I.R.E à Paris sera entendu par la mairie de Paris pour que cette dernière revienne sur sa décision.

 

L.I.R.E à Paris : la mairie de Paris sucre 150 000 euros à l’association en charge d’éveiller les très jeunes enfants au livre et à la lecture

               La lutte contre l'exclusion est pourtant, en principe, la priorité d’Anne Hidalgo

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 07:59
La mairie de Paris propose de faire marcher les petits vieux qui fréquentent la bibliothèque Château d’Eau

Mais attention, ce sera un accompagnement personnalisé pour mieux faciliter la transition

Le projet de fermeture de la bibliothèque Château d’Eau était au cœur des débats du dernier Conseil de Paris. Et celui-ci prend un tour vraiment inattendu. Pour le moins ! Il est vrai que les services de Bruno Julliard ne savent pas comment se dépêtrer de cette triste affaire.

Pour mémoire, la Ville de Paris pensait que la fermeture de cette bibliothèque située à l’intérieur de la mairie du Xème arrondissement passerait comme une lettre à la poste.  Le cachet ne devait pas vraiment faire foi car en décembre dernier cette tentative avait été rejetée à l’unanimité par le Comité Technique de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris. A cette occasion, les représentants du personnel avaient même avancé plusieurs propositions, dont certaines assez audacieuses, pour au contraire développer cet équipement (lire ici).

De plus, l’équipe qui entoure Anne Hidalgo avait « oublié » de demander leurs avis aux personnes concernés, ceux du Xème arrondissement. Pas grave les élus communistes et Les Républicains de l’arrondissement ont déposé des vœux demandant le maintien de leur bibliothèque. Il est vrai que pour les représentants des habitants du Xème « Il s’agit d’une bibliothèque de proximité, dont l’apport est indéniable pour faire vivre le quartier comme la mairie ». Pas faux.

Oui, mais alors comment fermer la bibliothèque Château d’Eau malgré tout les arguments avancés ? Simple ! En présentant cet établissement comme un véritable repoussoir. « Le public déserte en masse » n’hésite pas à assener l’exécutif transformé soudain en exécuteur. Pourtant plus de 70% de ses usagers continuent de fréquenter Château d’Eau malgré l’ouverture de Françoise Sagan dans le même arrondissement. Pire, il y en a même, les inconcients, pour venir s'y inscrire ! Mais Bruno Julliard, l’adjoint à la culture, n’en a cure et annonce déjà que « l’exode va s’amplifier ». Pour la mairie de Paris, la bibliothèque Château d’Eau n'est qu'un simple lieu pour pestiférés.

 

                      Bibliothèque Château d'Eau: la mairie de Paris pousse un cri du coeur

La mairie de Paris propose de faire marcher les petits vieux qui fréquentent la bibliothèque Château d’Eau

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Mais alors, ce vœu présenté par les socialistes et soutenu par les seuls écologistes qu’est ce qu’il dit ? Regardons en détail les points présentés tant ils sont croquignolets. Tout d’abord, il semblerait que Château d’Eau bénéficie d’un sursis si l’on en croit le Parisien (lire ici). D’ailleurs, le vœu précise bien que « durant les prochains mois l’activité de la bibliothèque Château d’Eau et les pratiques de ses usagers soient étudiées avec la plus grande attention ». C'est-à-dire que rien ne peut être décidé avant la fin de l’année prochaine (lire ici).

Enfin ça, c’est lorsque l’on est dans une démocratie municipale... Car la Ville a toujours l’intention de fermer la bibliothèque dans trois mois ! D’ailleurs, l’établissement n’ayant plus de budget d’acquisition et n’ayant aucune nouveauté à proposer, pas même la presse, « la poursuite du déclin de l’activité » est assurée. De quoi remplir d’aise les tenants d’une fermeture coûte que coûte.

Néanmoins, où vont passer les collections, près de 30 000 documents, dont un fonds unique de 3 000 livres consacrés à la photographie ? Au départ, la Mairie aurait bien tout balancé à la poubelle, mais comme les projecteurs sont braqués désormaissur elle, difficile de commettre un tel forfait en loucedé . Et de faire preuve d’une certaine imagination. Tout d’abord, « le fonds de romans [sera] transféré à la bibliothèque jeunesse de Lancry (Xe) », avec un argument qui ne manque pas de sel puisque , selon la direction des Affaires Culturelles, c’est « afin de lui permettre d’améliorer le service offert aux adultes ». Ceux qui allaient à Château d’Eau sans doute. 

Reste le fonds photo, qui colle à la Mairie comme le sparadrap au nez du capitaine Haddock. Si bien que désormais elle espère « qu’une solution soit trouvée pour accueillir le fonds d’ouvrages photographiques ». Laquelle ? Là son cœur balance : « à la médiathèque Françoise Sagan si possible ou à défaut dans un autre établissement à Paris, comme la médiathèque Edmond Rostand (XVIIe) ». Bref, la Mairie hésite. Pour ce qui est des « rencontres photographiques » organisées par l’équipe de Château d’Eau, pas d’inquiétude toutefois puisque elles devraient être récupérées par des amis. En effet, selon la Mairie, « l’équipe du Point Ephémère s’est d'ores et déjà portée candidate ». Évidemment, si auparavant cette manifestation culturelle était organisée de manière bénévole, ce ne sera probablement pas le cas avec le Point Ephémère. Et il faudra sans doute passer par une énième (grosse) subvention au frais du contribuable. Mais on vous a gardé le meilleur pour la fin...

Que vont devenir les petits vieux qui continuent mordicus de fréquenter Château d’Eau ? La Mairie a la solution, qui devrait lui valoir le premier prix du concours Lépine organisé chaque année à la Foire de Paris, car elle propose rien moins : « qu’un accompagnement personnalisé puisse être mis en place par les équipes - notamment les jeunes en service civique - pour les plus fidèles usagers et notamment les personnes âgées et que des visites des bibliothèques avoisinantes leur soient proposées, afin de faciliter la transition ». Comme ça, ils pourront enfin découvrir et arpenter leur quartier. Mais comme le dit la Mairie puisque « c’est pour faciliter la transition ». Comme l’avenir des bibliothèques parisiennes sans doute.

 

          La Mairie de Paris emmène les séniors découvrir les bibliothèques parisiennes

La mairie de Paris propose de faire marcher les petits vieux qui fréquentent la bibliothèque Château d’Eau

                             - Eh, on serait pas en train de nous amener à Lancry, là ?

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 10:09
NBI « zone urbaine sensible » dans les bibliothèques parisiennes : les avocats de la CGT  taillent en pièce les arguments de la mairie

Il est vrai que, dans leur mémoire remis au tribunal, les baveux de l’Hôtel de Ville ont été petits joueurs

C’est une nouvelle étape dans la procédure auprès du Tribunal Administratif lancée par plus d’une centaine de bibliothécaires pour obtenir l’attribution d’une prime réglementaire s’appuyant sur une jurisprudence favorable du Conseil d'Etat (lire ici).

Pour mémoire, la plus haute juridiction administrative avait  établi que les agents exerçant dans des établissements n’entrant pas dans le découpage des Zones Urbaines Sensibles (ZUS) - mais dont la proximité a pour conséquence qu’ils reçoivent les mêmes usagers - peuvent eux aussi prétendre à une prime dite NBI (Nouvelle Bonification Indiciaire). La même que celle accordée à leurs collègues en poste dans un établissement situé en ZUS. Et oui, il suffit que des usagers habitant dans une de ces ZUS soient inscrits dans une bibliothèque ou bien fréquentent n’importe quelle autre du réseau pour qu’ils rentrent dans les critères définis par ce jugement qui s’impose à toutes les administrations.

Les bibliothèques partie prenante de cette action en justice ont ainsi été on ne peut plus nombreuses : François Villon (Xe) Parmentier (XIe), Hélène Berr (XIIe), Saint Eloi (XIIe), Melville (XIIIe), Italie (XIIIe), Aimé Césaire (XIVe), Yourcenar (XVe), Sabatier (XVIIIe), Vaclav Havel (XVIIIe), Hergé (XIXe), Levi Strauss( XIXe) ou encore Duras (XXe). Une class action à la parisienne qui n’a pas fait plaisir à notre chère mairie si l’on en croit la mauvaise foi déployée par son service juridique. Pas grave, nos avocats leur ont donné une petite leçon de droit.

Faut dire que la mairie de Paris a fait fort dans la mesquinerie : « Les requérants ne travaillent  pas de manière significative en relation directe avec les populations issues  d’une ZUS car ce public représente une part marginale de l’ensemble des usagers accueilli par les bibliothèques » ont osé déclarer les baveux de l’Hôtel de Ville dans leur mémoire remis au tribunal. Petits joueurs... Et de pousser le bouchon en affirmant qu’il faut que la moitié au moins des usagers provienne d’une ZUS pour pouvoir prétendre à la NBI. Au risque de se prendre les pieds dans le code administratif.

« La Ville interprète comme souvent le droit de manière erroné, cet argument sur la quotité n’est jamais cité dans la loi ou dans les décrets concernant l’attribution d’une NBI pour les personnels recevant du public provenant des zones sensibles » leur ont rétorqué les avocats de notre syndicat précisant même que « cet argument sur un nombre minimum d’usagers n’a pas non plus été retenu par le Conseil d’État dans son arrêt ». et vlan ! La plus haute juridiction administrative de notre pays ayant juste retenu comme critère que « l’agent doit être en relation direct avec les usagers d’une ZUS et non de savoir si l’agent côtoyait une quantité suffisante d’usagers venant d’une ZUS ». Cruel pour la mairie de Paris en train de se faire tailler une veste sur le plan juridique.

NBI « zone urbaine sensible » dans les bibliothèques parisiennes : les avocats de la CGT  taillent en pièce les arguments de la mairie

Mais alors nos collègues qui ont déposé leurs dossiers au tribunal administratif sont-ils au contact régulier d’usagers en provenance d’une ZUS ? Oui, si l’on en croit les chiffres….. qu’a été obligé de fournir l’administration à la justice. Près d’un millier à Duras, Villon, Lévi-Strauss ou encore Sabatier. Quasiment deux mille pour Parmentier. Pour Vaclav-Havel ou Hergé la part des usagers inscrits originaires d’une ZUS frise également les 10%. Et le reste est à l’avenant…Pire, les chiffres donnés par la mairie dans son mémoire de défense ne concernent que la bibliothèque d’inscription et ne donne aucune référence sur la fréquentation réelle des usagers vis-à-vis des différents équipements de son réseau. De plus  le nombre d’usagers des bibliothèques libres d’accès, ne se limitent pas aux seuls inscrits.

Et notre syndicat de rappeler un fait que les services d’Anne Hidalgo semblent ignorer  « les usagers venant de quartiers sensibles (ou  politique de la Ville) ne se limitent pas à fréquenter des établissements publics uniquement inclus dans ces quartiers ». Et oui, Paris étant plutôt bien desservi en transport public de nombreuses bibliothèques sont de facto proche d’une ZUS parfois en moins de temps qu’il n‘en faut.

Par ailleurs, la fréquentation d’un équipement n’est pas conditionnée au seul lieu de résidence, bien au contraire, tout le monde sait (sauf la ville apparemment) que le lieu de travail et d’activités sociales sont eux aussi un facteur déterminant pour aller dans une bibliothèque. Des arguments que les avocats municipaux ont semble-t-il été incapable de démonter auprès du tribunal puisque désormais ils sont muets comme des carpes. Un paradoxe pour ceux que la sagesse populaire surnomme les bavards.

Bon,  la ville n’ayant pas répondu dans les délais, nous allons faire une demande de clôture d’instruction au greffe du Tribunal Administratif. L’audience pourrait même se tenir avant l’été. En cas de victoire, outre l’attribution de la NBI aux bibliothèques concernées, nous demanderons, pour les collègues qui ont déposé un autre dossier en parallèle, le rappel des primes dues jusqu’à quatre ans en arrière. Trois cent milles euros au bas mot. Ouch ! Nous demanderions en sus le paiement des frais d’avocats. Aïe !

NBI « zone urbaine sensible » dans les bibliothèques parisiennes : les avocats de la CGT  taillent en pièce les arguments de la mairie

                                                 - Ouch, ça pourrait faire mal

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 11:04
Paris Xe : les élus votent contre la fermeture d’une bibliothèque

Gauche, droite et écologistes ont présenté plusieurs textes demandant le maintien de la bibliothèque Château d’Eau

C’est ce que l’on appelle un rebondissement ! Alors que la mairie de Paris croyait l’affaire réglée, la majorité des membres du conseil municipal du Xe arrondissement, gauche, droite et écologistes confondus, a voté hier plusieurs textes demandant le maintien de l'ouverture de la bibliothèque Château d’Eau.

La Ville voulait fermer cet équipement culturel de proximité mais avait oublié un petit détail : consulter les élus de l’arrondissement sans même parler des usagers qui fréquentent cette bibliothèque, située à l’intérieur de la mairie du Xe, l'une des premières à avoir vu le jour dans la Capitale (elle a été créée en 1862, avant son déménagement dans la mairie en 1896). Une entorse manifeste à cette démocratie locale chère (en principe !) à la maire de Paris. Il est vrai que l’exécutif est dans ses petits souliers dans cette affaire car rien ne justifie cette fermeture.

Car la bibliothèque Château d’Eau, comme ses consœurs du réseau, propose des collections variées, quelques 25 000 documents, qui plaisent au public. Mais surtout, la bibliothèque abrite un fonds, unique en son genre, de 3 000 livres sur la photographie, certains très rares, et tous disponibles pour le prêt. Résultat : plus de 4 000 usagers uniques viennent emprunter régulièrement ! Auxquels il faut ajouter les milliers de visiteurs annuels qui viennent lire sur place journaux, revues et autres documents, ou simplement consulter Internet.

D’ailleurs, selon le vœu proposé par les élus communistes Didier Le Reste, Dante Bassino et Dominique Tourte : « Il s’agit d’une bibliothèque de proximité, dont l’apport est indéniable pour faire vivre le quartier comme la mairie ». Un argument repris par la droite parisienne puisque Déborah Pawlik, cheffe de file du groupe Les Républicains de l'arrondissement, a elle aussi déposé un vœu dans lequel elle demande « le maintien de la bibliothèque Château d’Eau au sein de la mairie, le temps qu’une étude soit réalisée par un groupe de travail paritaire sur les possibilités de développement de complémentarités entre les différentes bibliothèques de l'arrondissement ».

Dans la foulée, les élus écologistes ont demandé que le fonds photo de la bibliothèque Château d'Eau reste dans l'arrondissement. Texte adopté... à la majorité. Ce qui signifie peu ou prou que Château d'Eau est sauvé puisque il n'existe pas d'autre endroit où l'installer selon les considérants exposés en préambule du voeu lui-même. Imparable.

L’avenir de la bibliothèque de la mairie du Xe arrondissement sera également débattu au Conseil de Paris, avec cette fois l'ensemble des élus de la Capitale. Le vote des élus parisiens pourrait confirmer celui du Xe puisque ceux qui sont favorables au maintien de la bibliothèque Château d'Eau, au minimum avec ses collections de livres sur la photographie (Les Républicains, PCF, Parti de Gauche et EELV) seront, à cette occasion, là aussi majoritaires.

Une perspective qui devrait réjouir l’adjoint au maire en charge de la Culture ! Puisque Bruno Julliard en personne avait asséné il y a quelques semaines lors de la remise du Prix Livres-Hebdo des bibliothèques « que nous devons préserver et renforcer les bibliothèques. C'est, en ces jours dramatiques, un défi collectif que le pari de la lecture et des livres. Je souhaite longue vie à toutes les bibliothèques parisiennes ». Pas mieux.

Le projet de fermeture de la bibliothèque Château d’Eau avait déjà été rejeté à l’unanimité par le Comité Technique de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris. A cette occasion, les représentants du personnel avaient même avancé plusieurs propositions, dont certaines assez audacieuses, pour au contraire développer cet équipement (lire ici). Bruno Julliard qui aime les bibliothèques va enfin pouvoir faire parler son cœur...

 

Château d'Eau : Bruno Julliard, Anne Hidalgo et Rémi Ferraud vont-ils soutenir le vote des élus ?

Paris Xe : les élus votent contre la fermeture d’une bibliothèque

               - Bon il ne reste plus qu'à nous planquer dans la bibliothèque de l'Hôtel de Ville

                      - Désolé, Anne, on pourra pas, on la ferme à chaque Conseil, tu sais bien!

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 08:13
Les responsables des bibliothèques parisiennes échapperont-ils aux troubles psycho sociaux ?

En tout cas la mairie de Paris dépense des millions d’euros pour les mettre en situation de souffrance au travail.

« J’attache la plus grande importance à la prévention des risques psycho sociaux car je considère le travail comme un lieu de vie et d’échange où chacun doit pouvoir trouver son épanouissement » avait déclaré le Directeur des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, Noël Corbin, à l’occasion de sa prise de fonction. Il est vrai que les personnels des bibliothèques avaient alors mené une véritable fronde, pendant que les conservateurs exprimaient publiquement leur malaise (lire ici).

Une déclaration réitérée au moment d’une conférence …sur les risques-Psycho sociaux organisée par ses services ! On ne doute pas de la sincérité (ni de la bonne volonté) du directeur, mais force est de constater que les responsables des bibliothèques municipales parisiennes sont au bord de l’épuisement, notamment ceux obligés d’appliquer les directives QualiParis.

Qu’est ce que QualiParis ? Officiellement un label qui (en gros) certifie que les établissements qui reçoivent du public … reçoivent bien leur public ! On dirait une formule de Pierre Dac. Il y a quelques années, les bâtiments municipaux avaient déjà été contraints d’afficher une charte d’accueil, laquelle ne faisait qu’énumérer ce qu'ils faisaient depuis toujours.

Seulement voilà, la charte d’accueil, une vulgaire affichette, était un tantinet défraîchie et pas assez moderne aux yeux de la mairie. Et puis, il était temps d'ouvrir de nouveaux marchés et de dépenser enfin de nouveaux millions. Car, en plus QualiParis coûte un prix exhorbitant. Ainsi le seul marché pour la « formation des cadres responsables de site et des chefs de projets sectoriels à la démarche de labellisation QualiParis » (sic) a même été évalué par les services de la mairie à… 600 000 euros. Cela sans compter les nombreuses dépenses complémentaires (réalisation ..d’un audit ou rémunération de « clients mystère ») le total atteint plusieurs millions d’euros TTC.

Plutôt cher pour mettre en situation de souffrance au travail de nombreux agents de la Ville de Paris. Car entre les injonctions contradictoires,  les conflits de valeurs, le manque de moyens accordés pour des objectifs trop élevés, sans parler des multiples réunions avec compte rendu à la clef, on est en plein dans les familles de risques qui caractérisent les troubles psycho-sociaux (lire ici).

N'oublions pas que la mise en marche (forcée) de Qualiparis n’est pas sans conséquence pour la santé de ceux qui sont obligés de l’appliquer : d’abord la mise en œuvre de QualiParis est on ne peut plus chronophage. Dans un premier temps, la direction convoque les chefs d’établissement puis les envoie dans des formations pour les « mettre en condition ». A charge pour eux d’organiser ensuite des réunions avec leurs équipes au détriment de toutes les tâches « ordinaires ».. Pendant ce temps, le travail quotidien s’accumule. A chacun ensuite de se débrouiller seul pour le rattraper. Pendant ce temps, le cadre s’initie aux joies des rétro-planning et autres reporting (excusez nous pour ces anglicismes) car la direction, elle même sous pression, veut quasiment à chaque seconde, savoir où en est l'avancement de ce qui est devenu son unique obsession.

Les responsables des bibliothèques parisiennes échapperont-ils aux troubles psycho sociaux ?

Et c'est pas fini, car les objectifs à atteindre sont tout simplement irréalisables. Pour être certifiés QualiParis, les lieux doivent ainsi être propres et en bon état. Le minimum certes. Sauf que depuis les restrictions budgétaires mises en place par la mairie ce n'est plus le cas. Mais alors pas du tout. Le problème est que cette obligation de propreté échappe complètement aux chefs d'établissement, lesquels dépendent de multiples autres directions que ce soit pour l’entretien courant du bâtiment (ménage) ou plus prosaïquement pour de simples réparations électriques ou de serrurerie. On nage en pleine injonction contradictoire.

Autre obstacle dans l’accueil du public et il est de taille...la réduction des horaires d'ouverture faute de personnel disponible car les directrices et directeurs de bibliothèque ont vu diminuer drastiquement les postes budgétaires de leur établissement. Mais peut être que l'ouverture d'une bibliothèque ne fait pas partie des « critères qualité du référentiel » comme le vante le cahier des charges de QualiParis.

Le pire dans tout ça c'est que l'on demande à ces cadres d'appliquer une politique à laquelle plus personne ne croit. Ni la haute administration, ni bien sûr eux-mêmes ! Un véritable conflit de valeurs. Quant aux équipes n'en parlons pas. On ne compte plus les railleries des collègues devant ces palinodies imbéciles voire le dégoût exprimé devant cet immense gâchis d'argent public. L'exercice tourne même au supplice de Tantale car il ne s'arrête jamais.

« Un audit de surveillance est organisé à mi-parcours, au bout d’un an et demi. Ainsi, la démarche n’est pas un acquis mais une volonté de toujours progresser et de s’améliorer » assène la Ville de Paris. Un charabia que l'on croirait tout droit sorti d'un manuel de scientologie. Et après ? On se retrouve comme dans le film un jour sans fin car c'est un éternel recommencement.

« Le label n’est pas reconduit de façon automatique, les services labellisés devront repasser un audit de renouvellement qui garantira que les efforts fournis sont probants ». Et toc. De nouvelles réunions chronophages en perspective avec comptes rendus et exercices de motivation des équipes. Elle est pas belle la vie ? Reste à savoir combien de cadres résisteront à ce véritable plan d'action de souffrance au travail.

Car ces méthodes en rappellent furieusement d'autres. Elles ont eu cours notamment à La Poste et France Télécom avec les dégâts que l'on sait. Une situation non seulement dénoncée par les syndicats mais aussi par les médecins du travail et les spécialistes en relations sociales. Nous allons demander au CHSCT de la Direction des Affaires Culturelles de se saisir de cette situation et de stopper (ou au mois modifier) cette entreprise de décérébration qu'est QualiParis.

 « J’attache la plus grande importance à la prévention des risques psycho sociaux car je considère le travail comme un lieu de vie et d’échange ou chacun doit pouvoir trouver son épanouissement » a encore réaffirmé le directeur des affaires culturelles en ce début d'année dans ses vœux aux personnels. Dans le cas de contraire il serait lui aussi confronté à véritable conflit de valeurs.

 

Les responsables des bibliothèques parisiennes échapperont-ils aux troubles psycho sociaux ?
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