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C'est Qui ? C'est Quoi ?

  • : Syndicat PACS-DAC de la Ville de Paris
  • : Blog du syndicat PACS de la Direction des Affaires Culturelles (DAC) de la Ville de Paris.
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Qui sommes nous ?

Nous sommes des personnels de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, travaillant dans les bibliothèques municipales, conservatoires d'arrondissement, ateliers des beaux-arts, services centraux...

Nous militons au sein du syndicat des personnels administratifs, de la culture et de service (PACS) pour défendre les droits des salariés, la qualité du service public

Pour vous syndiquer, demander conseil, faire des réclamations, envoyer des informations, une seule adresse : daccgtculturegmail.com

 

 

 

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19 avril 2018 4 19 /04 /avril /2018 12:57
Les agents de la bibliothèque Italie (XIIIe) écrivent à la mairie de Paris pour garder leurs collègues en charge du ménage

« Nos deux collègues ont toujours effectué un travail de qualité dans le maintien en l’état et le bon fonctionnement de la bibliothèque qui a connu (et connaît encore) des épisodes d’inondations qui nous contraignent à fermer l’établissement au public. Dans ces situations récurrentes, elles sont régulièrement en première ligne » précisent les bibliothécaires de la Place d’Italie

Les personnels de la bibliothèque de la Place d’Italie dans le XIIIème arrondissement viennent d’apprendre brutalement le départ de leurs collègues, agent de la ville de Paris, en charge du ménage, la municipallité ayant décidé de privatiser cette fonction au mépris du bon fonctionnement de l’établissement. C’est pourquoi, l’équipe de la bibliothèque Italie, unanime, a décidé de faire une lettre ouverte à la mairie de Paris pour que cette dernière revienne sur sa décision. La voici dans son intégralité.

« L’équipe de la bibliothèque a appris d’une source non officielle courant avril 2018 que le service de ménage de la bibliothèque Italie allait être privatisé dès le mois suivant. Ainsi, nos deux collègues de la Ville de Paris, chargées du ménage et affectées depuis de nombreuses années dans notre établissement vont brusquement devoir quitter l’équipe pour être déplacées vers une autre affectation. Ce changement brutal et sans préavis va fortement compliquer leur quotidien en allongeant leur temps de déplacement et en modifiant leurs conditions de travail. Nous sommes stupéfait.e.s de la brutalité de ces décisions. En effet, aucune information officielle n’a été communiquée à l’équipe, ni même au responsable de la bibliothèque qui ne l’a appris que par les deux agentes déplacées. Ces froides décisions ne tiennent aucun compte des relations humaines qui peuvent s’établir au sein d’une équipe et remettent en cause la bonne gestion de l’établissement.

Nos deux collègues ont toujours effectué un travail de qualité et ont toujours été grandement impliquées dans le maintien en l’état et le bon fonctionnement des locaux. La bibliothèque Italie a connu (et connaît encore) des épisodes d’infiltrations d’eau et d’inondations parfois très sérieux qui nous contraignent à fermer l’établissement au public (lire ici). Dans ces situations récurrentes, elles sont régulièrement en première ligne à la fois pour nettoyer les dégâts (bien que cette tâche de remise en état liée à des situations « accidentelles » ne fasse pas nécessairement partie de leurs attributions) mais également pour prévenir sans délais le responsable de la bibliothèque sur son téléphone portable. Ceci nous permet d’optimiser la réactivité lorsque l’équipe n’est pas encore arrivée dans les locaux, notamment le lundi, jour de congés des bibliothécaires où elles sont les seules à assurer une présence sur place. Allant bien au-delà de leurs tâches assignées, elles ouvrent aux entreprises qui interviennent tôt le matin et sont d’une réactivité sans faille face aux imprévus, ce qui assure un équilibre indispensable au bon fonctionnement général de l’établissement.

Il nous apparaitrait ainsi difficile de confier ces tâches à un employé d’une entreprise privée dont l’affectation peut changer du jour au lendemain. Cette situation témoigne de la privatisation rampante des services de la Ville de Paris et s’accompagnera irrémédiablement d’une baisse de la qualité des prestations rendues. En effet, selon les informations dont nous disposons, les deux postes de nos collègues sont voués être assumés par une seule personne. D’autre part, nous craignons d’avoir affaire à un roulement de personnes interchangeables et affectées au jour le jour sans stabilité qui rendrait difficile la mise en place d’une relation de confiance durable comme celle vécue actuellement. Celle-ci apparaît pourtant primordiale pour la bonne gestion des situations imprévues et préjudiciables à l’établissement.

Face à cette situation préoccupante pour le bon fonctionnement de la bibliothèque Italie, nous demandons le maintien de nos deux collègues chargées du ménage dans leurs fonctions à la bibliothèque Italie et par extension, l’arrêt de la privatisation des services de nettoyage des bibliothèques par la Ville de Paris ».

 

                 Le maire du XIIIème va-t-il venir à la rescousse de la bibliothèque Italie ?

 

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12 avril 2018 4 12 /04 /avril /2018 15:54
Les agents de la bibliothèque Václav-Havel exigent de la mairie de Paris des mesures concrètes contre la dégradation continue de leurs conditions de travail

« A l’heure où la ville de Paris fait de la lutte contre l’exclusion un engagement majeur, notre sentiment d’abandon sur le terrain est réel. Pour le dire très clairement, ce n’est rien moins que l’implication des agents en première ligne qui est en jeu » affirment les bibliothécaires

La bibliothèque Václav-Havel, située dans le quartier de La Chapelle dans le Nord de la capitale, est-elle abandonnée par son administration de tutelle, en l’occurrence la mairie de Paris? C’est en tout cas le sentiment bien réel des bibliothécaires qui y travaillent… Après avoir dénoncé un climat de violence au mois de janvier (lire ici) la situation ne s’est pas améliorée. Bien au contraire même puisque de graves incidents sont de nouveaux survenus ces dernières semaines.

« Le Mardi 20 mars à 15h, nous avons de nouveau été contraints d’évacuer et de fermer la bibliothèque en raison d’une altercation entre deux usagers. Après avoir blessé quelqu’un par arme, l’agresseur a stationné devant l’établissement armé d’une barre de fer ramassée sur l’esplanade (et qui traînait là depuis plusieurs jours), proférant des menaces de mort à l’encontre de l’agent de sécurité et de l’équipe, jusqu’à l’arrivée de la police. Celle-ci est intervenue après 25 minutes et deux appels, et a appréhendé l’individu agressif. Si cet événement témoigne d’un cran supplémentaire dans la violence à laquelle nous avons à faire face dans l’exercice de nos fonctions, il ne s’agit aucunement d’un évènement isolé. Un autre échange de coups avait été signalé à la date du samedi 10 mars, tout comme un affrontement sur l’esplanade la veille au cours duquel une jeune fille s’était réfugiée dans la bibliothèque. Bien sûr, ces évènements font écho à ceux de janvier 2018 et d’août 2017 » ont témoigné les personnels de la bibliothèque Václav-Havel lors d’un Comité Hygiène et Sécurité  (CHSCT) de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris.

Mais les agents dénoncent surtout, au-delà de ces événements, une situation devenue intenable pour fonctionner au quotidien : « c'est bien une dégradation continue de nos conditions de travail qui est à l’œuvre. Après quatre ans d'ouverture, le turnover de l’équipe est exceptionnellement élevé et traduit une fatigue grandissante de l’équipe (à titre d’exemple, l’ensemble de l’encadrement intermédiaire a déjà été renouvelé deux fois : un(e) adjoint(e) de direction, quatre responsables de pôles). Les bibliothécaires de Václav Havel ont choisi d'exercer leurs fonctions dans un quartier difficile et l’ont fait avec un volontariat sans faille, notamment en répondant à des demandes qui dépassent le cadre de leurs compétences, dans un contexte général de défaillance des pouvoirs publics à l’égard de populations en situation d’extrême précarité ». 

A preuve d’exemple la bibliothèque Václav Havel inscrit à elle seule 20% des minima sociaux de tout le réseau parisien sans parler des non-inscrits qui fréquentent aussi l’établissement. Et les personnels de constater : « pour autant, à la date du 20 mars, et malgré une situation exceptionnelle qui s’installe dans la durée, aucune des demandes de l’équipe n'avait trouvé de réponse ». Des demandes pourtant loin d’être extravagantes comme l’affectation d’un médiateur expérimenté. Par ailleurs même si un service de ménage est désormais présent également l’après-midi ce n'est pas du luxe car on ne peut pas dire qu’à Václav-Havel la mairie entretienne correctement ses locaux puisqu'une des toilettes n’a plus de lumière et une autre plus de distributeur de savon (il est cassé) depuis près de cinq mois.

Pour parer au plus pressé et calmer un peu la colère des agents, l’administration a pris une première mesure forte, affecter provisoirement des agents supplémentaires en provenance d’établissements fermés pour travaux (quoique que certains soient aussi pris autoritairement au détriment d'autres bibliothèques toujours ouvertes). Mais la seconde ne manque pas de sel dans le débat actuel puisque il s'agit de.......réduire les horaires de la bibliothèque ! Laquelle désormais n’ouvrira plus que l’après-midi ! Un message certes peu amène envers un célèbre académicien mais qui ne règle rien dans le fonds car le mal est plus profond. « Les rythmes de travail, l’intensité des plages de service public, font qu’une partie de l’équipe cherche à partir alors même que la bibliothèque a d’ores et déjà mauvaise presse dans le réseau, avec des difficultés certaines à pourvoir les postes vacants. Le risque est réel de voir les services proposés par la bibliothèque arrêtés faute de personnels qualifiés et motivés pour les assurer » déclarent, amers, les collègues de Václav-Havel qui ne peuvent même pas bénéficier d’une prime octroyée aux agents travaillant en « zone sensible ». Et oui, la bibliothèque n’y figure pas car, installée sur une ancienne friche industrielle, elle a été oubliée à une rue près dans le découpage administratif. Bienvenue en absurdie...

Et les bibliothécaires de constater, dépités, « qu'à l’heure où la Ville de Paris fait de la lutte contre l’exclusion un engagement majeur, notre sentiment d’abandon sur le terrain est réel. Pour le dire très clairement, ce n’est rien moins que l’implication des agents en première ligne qui est en jeu. La Ville de Paris ne pourra pas faire l’économie de valoriser les choix professionnels des agents qui s’impliquent chaque jour davantage, avec des moyens limités, pour proposer des services de qualité aux populations qui en ont le plus besoin ». D’autant qu’ils ne sont pas les seuls concernés puisque « ces questions de la valorisation salariale, de la mise en place d’emplois spécialisés (médiateur), de la prise en charge des publics précarisés sont des problématiques qui concernent d’ores et déjà d’autres bibliothèques et sont au cœur des mutations de notre métier et des multiples facettes qu’il recouvre désormais. Nous attendons de notre hiérarchie et des pouvoirs publics qu’ils se saisissent urgemment de ces questions ». Effectivement, il y a comme qui dirait urgence.

Les agents de la bibliothèque Václav-Havel exigent de la mairie de Paris des mesures concrètes contre la dégradation continue de leurs conditions de travail

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3 avril 2018 2 03 /04 /avril /2018 07:14
Paris : le bureau de la nouvelle directrice des affaires culturelles était bien trop petit

         Pourtant il est considéré habituellement comme plutôt assez grand

C’est une rencontre au sommet qui a eu lieu à l’Hôtel d’Albret, le prestigieux siège de la Direction des Affaires Culturelles (DAC) de la Ville de Paris. Alors qu’elle a pris ses fonctions au début de ce mois, Madame Claire Germain, nouvelle directrice de la DAC a souhaité rencontrer chaque syndicat. Ce vendredi 23 mars ce fut donc notre syndicat qui était au rendez-vous avec une délégation fournie de délégués des personnels en provenance des bibliothèques, des conservatoires ou encore des ateliers des beaux-arts. « Pfuuuu, vous être très représentatifs de la diversité de notre direction » souffla surprise l’administration devant notre aréopage. Si bien que le bureau de la directrice considéré habituellement comme plutôt assez grand s’est révélé soudainement bien trop petit. D’autant qu’il a fallut ramener des chaises.

Dans le court temps (une heure) de cette « première prise de contact », nous avons évoqué plusieurs questions : Les effectifs théoriques et réels dans les bibliothèques, ceux des personnels administratifs dans les conservatoires ou encore les questions de santé au travail. Pour ce qui est des effectifs nous avons rappelé d’emblée que depuis des années, il y a en permanence un important volant de postes vacants. Avec l’augmentation des missions dans les conservatoires et l’ouverture d’établissements le dimanche dans les bibliothèques (en plus du reste), cette réalité a un impact sur les conditions de travail des agents.  Un désaccord persiste sur la réalité de ces postes vacants, l’administration soutenant qu’au total les effectifs ont augmenté… Bon, comme on est poli on a fait semblant d’êtres convaincus…. Néanmoins ils ne nous étonneraient pas qu’une nouvelle crise soit à l’œuvre dans un laps de temps pas très lointain si l’on en croit les échos qui nous viennent du réseau.

Sur les questions de santé et de sécurité au travail. Au-delà des réponses qui ont été apportées suite aux incidents qui ont touché bibliothèque Vaclav Havel en janvier puis il y a encore quelque jours, la politique de prévention concernant des établissements potentiellement « sensibles » doit être précisée/renforcée (renforcement des effectifs, outils donnés aux équipes pour signaler les incidents, …).  La CGT ne peut que constater qu’on arrive toujours en retard sur les faits ! L’administration ne parvenant pas à établir des procédures de prévention efficace. La décharge horaire des Relais de prévention vient d’ailleurs d’être rabotée une journée par mois (contre quatre auparacvant) alors même que les questions de santé, de sécurité et d’accessibilité vont leur incomber. Un très mauvais signal… Quand aux  projets de déménagement, de restructuration ou de construction de locaux (bibliothèque, atelier des beaux arts, conservatoire) doivent associer les agents et le CHSCT et s’appuyer sur leur connaissance des métiers concernés. Plusieurs conservatoires connaissent des problèmes de vétusté (fuites d’eau, problèmes d’aération…) auxquels l’administration doit apporter des réponses !

Bon avant de prendre congés nous avons évoqué un petit point d’actualité. Ainsi, interrogée sur le rapport Orsenna, Mme Germain s’est déclarée « en accord avec les orientations, exprimant sa satisfaction de l’avance prise par le réseau parisien » et nous annonçant dans la foulée que « la question a été débattue au conseil de Paris de ce mois de mars. La majorité a adopté un vœu pour demander l’ouverture de Bibliothèques universitaires le dimanche (bien que ces dernières ne seraient accessibles ni aux collégiens ni aux élèves des classes préparatoires, gros bataillons des accapareurs de tables en bibliothèques). Devant un tel enthousiasme, et par politesse toujours, nous avons bien entendu évité de surenchérir mais nos différents ponts de vues sont disponibles ici et . L’heure étant passée nous avons alors pris congés car il n’y a pas de bonne compagnie qui ne se quitte, n’est ce pas ?

 

     Madame Claire Germain, la nouvelle directrice des affaires culturelles de la Ville de Paris

               - En tout cas moi en décembre je vote CGT, car c'est eux les plus sympas

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22 mars 2018 4 22 /03 /mars /2018 13:19
Les bibliothécaires en grève le 22 mars dans toute la France

Après le rapport Orsenna, défendre la lecture publique, défendre les services publics !

La publication du rapport Orsenna a permis une (brève !) médiatisation de quelques enjeux autour de la lecture publique. Mais quelques bonnes intentions ne peuvent masquer ni la politique d'austérité du gouvernement, qui détruit la lecture publique, ni les dangers de certaines propositions. Nous sommes bien loin d'une politique publique digne de ce nom et financée...

Car il n'y a qu'un seul crédo pour notre académicien : « Ouvrir le soir et le dimanche, avec des budgets réduits, des contrats aidés et des étudiants ». Et oui, voilà quand même en gros ce que propose ce fameux rapport. Et encore, à condition, selon Erik Orsenna, que l’État              « accompagne financièrement » la mise en œuvre de ces objectifs. C’est-à-dire l’augmentation de huit malheureux petits millions d’euros de la dotation générale de décentralisation en faveur des bibliothèques pour les cinq années à venir. Mais à condition seulement de « soutenir 200 projets d’extension d’horaires ». Il s'agit donc de ne financer que l'extension horaire alors que tous les budgets baissent... Jusqu’à la crise que subissent nombre de nos collègues partout en France.

Ainsi, sous le coup de restrictions de dotation, de nombreuses collectivités sont asphyxiées, réduisent leur budgets culturel et, à certains endroits, ferment des bibliothèques (Grenoble, Levallois-Perret...). A Brest, Metz, Rouen, Marseille, Laval, Saint-Malo, Caen, Saint-Quentin-en Yvelines, Lyon, les bibliothécaires dénoncent la baisse des moyens permettant d’exercer correctement leurs missions. La situation devrait encore s’aggraver alors que l’État doit réduire de 120 milliards d'euros la dotation aux collectivités locales d’ici la fin du quinquennat ! Pour les bibliothèques départementales de prêt s'ajoutent aussi la métropolisation et la fin des départements...

Dans ce contexte de désengagement de l’État, le rapport envisage « la mutualisation de locaux et de personnels d’accueil » entre les bibliothèques et les agences postales, le recours accru aux étudiants et aux contrats aidés, « chaînon indispensable entre les professionnels et les bénévoles ». Dans le réseau parisien, des ouvertures le dimanche se sont faites contre l'avis des équipes et sans création de postes. La baisse des effectifs  a eu aussi pour effet de réduire les horaires d’ouverture, le matin notamment ou pendant les vacances scolaires...

 

                     Un ancien directeur de la DAC, un académicien, une ministre et Jupiter

- Tenez Président, voici le rapport Corbin sur l'état désastreux des bibliothèques parisiennes

 

La « bibliothèque de demain » pour pallier à la destruction des services publics ? Considérer que les bibliothèques sont « des outils inestimables pour lutter contre les fractures de notre société » ne doit pas signifier qu'elles doivent devenir un (faux) substitut aux services publics détruits par les politiques gouvernementales. Comme l’Éducation, les bibliothèques ne peuvent pas compenser l'explosion des inégalités provoquées par les politiques libérales !

D'un côté, on gère la Poste ou la SNCF comme des entreprises privées en fermant des bureaux de poste ou des lignes de trains, on réduit les effectifs de Pôle emploi... De l'autre, on demande aux bibliothèques de contribuer à l'aide à l'insertion (avec des permanences de Pôle emploi !), à la lutte contre l’exclusion numérique (alors que la Poste va lancer des interventions d'aide numérique aux particuliers... facturées 50 euros !), d'installer des boîtes à livres dans les trains...

D'un côté, l’État et les collectivités ne donnent plus les moyens à l'Aide sociale à l'enfance de loger et de protéger les mineurs isolés étrangers (comme la loi les y oblige). Et dans l'éducation nationale les classes pour les jeunes primo-arrivants (avec des enseignants spécialisés en FLE) sont menacées par la baisse des moyens. De l'autre, le ministère de la Culture souhaite développer l’apprentissage du français dans les bibliothèques, notamment à destination des migrants.

D'un côté, le rapport entend promouvoir « l'éducation à la lecture » par le développement des partenariats avec l’Éducation Nationale et la création de modules de sensibilisation aux « fake news ». De l’autre, le budget moyen par élève baisse, les créations de poste d'enseignant sont largement insuffisantes pour répondre à la hausse du nombre d'élèves, le nombre d'élèves par classe augmente, le nombre de vacataires recruté par Pôle emploi et le nombre d'absences non remplacées augmentent aussi...

Le rapport préconise aussi des actions à destination des moins de trois ans et de leur famille, en partenariat avec les professionnels de la petite enfance. Dans le même temps, un projet d'ordonnance pour l'accueil des jeunes enfants prévoit des mesures de simplification et de nouvelles possibilités de dérogation qui risquent de se traduire par des normes d'encadrement dégradées et un appel toujours plus important à des personnels non diplômés.

Sans parler de la dernière offensive des éditeurs de la SCELF qui entendait taxer les lectures à voix haute ! Le rapport ne dit rien sur le droit de lire des livres aux enfants (et au-delà) et la protection de ces usages collectifs. Dans le réseau parisien, la fin des subventions à l’association L.I.R.E. à Paris, laquelle intervenait dans les structures de la petite enfance, avait déjà constitué un net recul sur ce plan. Les bibliothèques doivent faire partie de vrais dispositifs publics d'accès aux droits. Elles ne doivent pas devenir le cache-misère des politiques libérales de destruction des services publics.

 

 

Pas de lecture publique sans services publics ni fonctionnaires

Après le gel du point d’indice, l’instauration d’un jour de carence, la hausse de la CSG, le nouveau plan de guerre du gouvernement contre les services publics : supprimer 120 000 postes de fonctionnaires, recourir massivement aux contractuels, abandonner et privatiser des missions publiques, poursuivre les « réformes » qui aggravent les inégalités entre territoires, réaliser 16 milliards d’économies supplémentaires sur les collectivités les plus importantes ! Il veut aussi faire des performances individuelles la part la plus importante de notre salaire, pour nous mettre en concurrence, mettre fin au déroulement de carrière et au statut des agents publics (statut qui protège les missions d’intérêt général par rapport aux intérêts privés et aux pressions politiques).

Emmanuel Macron ne cesse de faire de nouveaux cadeaux financiers aux grandes entreprises dont les profits explosent. De son côté, Anne Hidalgo affecte 145 millions d'euros pour l’organisation des prochains Jeux Olympiques.  De l’argent il y en a pour développer les services publics, y créer massivement des emplois non précaires pour répondre aux besoins de la population, et améliorer les conditions de travail des agents.

L'heure est donc à la mobilisation unitaire de toutes et de tous. Et justement le 22 mars il y a une journée nationale de grève à l’appel d’une intersyndicale très large (CFTC, CGC, CGT, FAFP, FO, FSU et Solidaires). Parmi les revendications nationales de l’intersyndicale : créations massives de postes d’agents publics pour répondre aux besoins sociaux (petite enfance, éducation, culture, santé, logement, transports..), la titularisation des précaires, le dégel du point d’indice et le rattrapage salarial, ainsi que l’abrogation du jour de carence.

 

 

                                                    Le 22 mars, tous dans la rue.....

 

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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 08:03

                                               

                                               Y compris à la mairie de Paris

En 2018, les femmes en France sont toujours payées 26% de moins que les hommes. Comme si elles arrêtaient tous les jours d’être payées à 15h40 sur la base d’une journée standard (9h – 12h30/13h30 – 17h).

Dans ce contexte, un grand mouvement, auquel la CGT s'associe, lance une grande action le 8 mars qui appelle les femmes à cesser le travail dès 15h40, ce qui après tout est normal puisque elles ne sont plus payées.

A la mairie mairie de Paris, et en ce qui nous concerne dans la filière culturelle, la situation n'est guère meilleure. puisque c'est un des secteurs à majorité féminine où évidemment le personnel est le moins bien payé de toute la collectivité parisienne, notamment pour les primes. Alors le 8 mars à 15h40 envoyez tout valdinguer. Pour tout savoir sur cette journée et le mouvement de grève « pour l'égalité », cliquez ici. Pour télécharger matériel, tracts, affiches et vidéos, cliquez là. Signalons aussi la réunion d'information pour toutes celles qui travaillent à la Ville de Paris dès 9h30 à la Bourse du Travail (lire là)

 

 

                   Mairie de Paris : Le 8 mars, les femmes envoient tout valdinguer à 15h40

 

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27 février 2018 2 27 /02 /février /2018 11:09
Rapport Orsenna sur les bibliothèques : l’académicien s’en prend à Noël Corbin

Erik Orsenna étrille sévèrement la politique de lecture publique de l’ancien directeur des affaires culturelles de la Ville de Paris

L’annonce avait été faite avec tambour et trompettes. On allait voir ce que l’on allait voir. Erik Orsenna était prié par Françoise Nyssen, la ministre de la Culture d’aller faire un tour de France des bibliothèques pour les convaincre d’ouvrir le dimanche et tard le soir. Pour mieux souligner l’événement, l’académicien qui murmure aux oreilles de tous les présidents depuis…Mitterrand, se voyait flanqué d’un éminemment spécialiste de la question, Noel Corbin, nouvellement promu par Macron pour service rendu sans doute, inspecteur des affaires culturelles. On ignore comment ont été choisies les villes à visiter mais comme le hasard fait bien les choses, la plupart d’entre elles servait aussi à la promotion….d’Erik Orsenna en personne lequel en profitait pour organiser des dédicaces et vendre ses bouquins comme le révélait le site ActuaLitté. Bref, ce « voyage au pays des bibliothèques » ainsi qu’a été intitulé le rapport aurait pu s’appeler aussi «  journal d’un commis voyageur ». A moins que le financement de ce tour de France n'ai fait l'objet d'une nouvelle forme de « partenariat public privé »...

Après, c’est vrai que cet énième rapport sonne creux et enfonce les sempiternelles portes ouvertes comme le note avec goguenardise le collectif Savoir Com1. Mais si on le lit bien entre les lignes c’est carrément un flingage en règle de la politique de lecture publique menée par les hauts fonctionnaires en place, notamment un certain….Noël Corbin qui a sévi comme directeur des affaires Culturelles de la Ville de Paris et donc en charge des bibliothèques municipales de la capitale ! Lesquelles ne sont vraiment pas au mieux de leur forme. Et ça ne s’est pas amélioré depuis son passage puisque le réseau a vu diminuer ses budgets d’acquisition et ses effectifs au point de….. restreindre ses horaires d’ouverture, le matin notamment !  Sans parler des vacances scolaires ou la majorité des bibliothèques sont en horaires réduits, voire très réduits pendant l’été. Inimaginable à Paris, il y a encore dix ans.

C'est clair, certains postulats du rapport sont cinglants envers la politique culturelle de Noël Corbin. « Il faut la mise en place d'actions à destination des moins de trois ans et de leur famille, en partenariat avec les professionnels de la petite enfance. Cela permet de faire entrer le livre dans les familles, et de sensibiliser les parents à l'importance de la lecture dès les premiers mois » , assène dès la page 20 le rapport Orsenna. Un vrai coup de pied de l'âne car ce dispositif a effectivement été..... supprimé à Paris, il y a deux ans (voir ici). 

Autre coup bas, l’ouverture du lundi est également préconisé « car c’est un jour de repos pour les commerçants qui sont donc pénalisés ». Pas de chance là aussi, cette proposition avait été refusée par Noël Corbin lorsque les syndicats avaient proposé une ouverture du lundi au vendredi pour sauvegarder la bibliothèque Château d’Eau localisée dans la mairie du Xème arrondissement. La Ville de Paris préférait fermer ce qui était une des plus anciennes bibliothèques publiques de la Capitale (voir ici).

C’est alors que l’académicien à sortie la grosse artillerie au beau milieu de la page 54 : « Nous avons constaté, lors de nos déplacements que la réussite d’un projet d’extension des horaires d’ouverture tient à plusieurs critères : un projet construit avec les usagers et les personnels, un dialogue social nourri et ne rions pas, des moyens budgétaires correspondant précisément aux besoins ». Alors là c'est vraiment vache, car c'est là encore tout le contraire de ce qui s’est passé à Paname sous la direction de Noël Corbin lors de l’ouverture du dominicale de la bibliothèque Hélène Berr (XIIe), laquelle a connu plusieurs dimanches de grève successifs. Quand au projet d’extension, toujours le dimanche, de la bibliothèque Rostand (XVIIe), la Ville de Paris ne proposait au départ aucun recrutement d’agents supplémentaires. Oui, vous avez bien lu, zéro renfort. Il a fallu la promesse d’un nouveau conflit pour que Noël Corbin réécrive sa copie. Pas de doute pour participer à des propositions d’étendre l’accès à la lecture publique le nouvel inspecteur des affaires culturelles était donc un expert tout trouvé.

 

                                    - Sacré Erik, il est encore plus méchant que les syndicats

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7 février 2018 3 07 /02 /février /2018 11:03
Paris : une bibliothèque inaccessible aux handicapés depuis bientôt quatre mois

          Mais pour les personnes âgées et les parents ce n’est guère mieux...

 

Le téléphone n’arrête pas de sonner. Au bout du fil, des usagers inquiets. Il faut dire que le problème dure depuis plus de trois mois. Et toujours la même supplique : « Est-ce que votre ascenseur fonctionne à nouveau ? ».  Malheureusement,  la réponse est toujours la même :    « Non, toujours pas ! ». Si bien que la bibliothèque François Villon, située du côté de la place du Colonel Fabien, à la limite du Xe et XIXe arrondissement de Paris, n’est plus accessible aux personnes handicapées, une grande partie des collections étant soit à l’étage, soit au sous-sol.

 

Et pour les parents accompagnés d’enfants en bas âge, ça tourne aussi à la galère, la section jeunesse étant située au deuxième étage, toujours sans ascenseur. Et désormais de monter les escaliers avec enfants et poussettes sur les bras... Enfin ça, c’est pour les plus costauds, puisque après plus d’un trimestre de panne, de plus en plus de poussettes restent maintenant au bas des escaliers. Au risque d’encombrer les issues.

 

Quant au personnel, ses conditions de travail se sont également considérablement dégradées car la bibliothèque possède des automates de retour… A tous les étages ! Un système habituellement opérant avec ses mouvements de chariot à heure fixe intégrés dans le planning. Mais à condition bien entendu d'avoir un ascenseur qui fonctionne normalement. Désormais, les bibliothécaires doivent remonter - ou descendre - les documents à longueur de temps, mais à la main, eux aussi par le même escalier que les usagers, pour les redistribuer dans leur section d’origine. Au risque de chuter. Bref, à la bibliothèque François Villon, ça commence sérieusement à grogner à tous les étages.

 

Et malgré les relances incessantes de la direction de l’établissement, l’appareil reste toujours en carafe. Une panne de plus de trois mois dans un établissement qui reçoit du public, ça commence à faire tâche. Surtout dans une ville comme Paris. Et les usagers de commencer à déserter : « On attendra que ce soit réparé avant de revenir » concluent-ils au téléphone, lequel est bien décroché au bout de cinq sonneries selon les critères de QualiParis.

 

 

 

 

                                         Après tout ce temps l'affiche a fini par jaunir

            

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 17:25
Bibliothèque Václav Havel : la Mairie de Paris contrainte de tenir un CHSCT « exceptionnel »

Madame Véronique Levieux, adjointe en charge du Patrimoine, et nouvelle présidente de cette instance, a d'ailleurs ouvert la séance par une semonce assez claire envers la Direction des Affaires Culturelles

Qui accepterait de se faire balancer des insultes et des cannettes de soda à la figure pour 1600 euros par mois et deux heures de RER ? Nous avons posé la question à l'administration parisienne mais cette dernière n'a pas eu de réponse... C'est pourtant ce que nos collègues de la bibliothèque Václav Havel (XVIIIe) vivent quasi-quotidiennement. Et sans ménager leur peine. Outre les accueils scolaires pour des séances de lecture, l'équipe organise des après-midis de jeux vidéo, des démonstrations de techniques d'imagerie 3D, des ateliers de conversation en français pour les migrants, des concerts, et de nombreuses animations participatives. Lorsque les ados du quartier sèment la panique dans les salles, vident les extincteurs ou harcèlent les agents en poste, ces derniers préfèrent ne pas s'en plaindre à voix trop haute « pour ne pas stigmatiser la population du quartier ».

Ouverte en octobre 2013, la bibliothèque Václav Havel est située dans le quartier Pajol, un endroit à la fois plein d'énergie et d'idées nouvelles, mais aussi de grande misère. Misère des migrants fraîchement débarqués en France, frigorifiés et mal nourris, qui cherchent dans les bibliothèques du nord de Paris à se mettre à l'abri, à recharger leur téléphone, aller sur Internet, se faire expliquer des démarches administratives par les bibliothécaires, trouver assistance et réconfort, apprendre le français. Misère également des populations les plus pauvres, repoussées au nord-est de la Capitale, dont certains des enfants, aussi remuants que désœuvrés, voient dans la bibliothèque une institution à défier, un vigile à faire courir et des DVD à voler. C'est dans ces conditions que les jeunes et enthousiastes bibliothécaires accomplissent leurs missions d'inclusion sociale et de médiation culturelle, jour après jour, pour un salaire médiocre et peu de reconnaissance.

Pourtant le 3 janvier, ils ont craqué et nous ont raconté leur quotidien (lire ici). De notre côté, nous avons rencontré des agents épuisés, à bout de motivation, qui ne savent plus comment entrer en contact avec certains jeunes du quartier, peu nombreux mais très actifs. Ils sont à bout d'idées pour venir en aide aux migrants et manquent de relais des services sociaux. De plus en plus, ils ont la sensation que l'administration les laisse seuls au front sans outils et sans moyens.

En plus, ils n'ont pas eu de chance dans leur malheur, nos collègues, puisque leur dernier problème est tombé en pleine trêve des confiseurs et visiblement l'administration a été un peu lente à percevoir l'urgence de la situation. Il n'est d'ailleurs venu à l'idée de personne d'appliquer la procédure pourtant bien connue du décret 85-603 et d'alerter les membres du Comité Hygiène et Sécurité (CHSCT) afin d'enclencher une enquête sur les faits et une réunion exceptionnelle, malgré le signalement des incivilités. Il a fallu trois ou quatre articles dans la presse et une demande expresse de la CGT pour que la réunion ait finalement lieu... Vingt trois jours après les faits !

Madame Véronique Levieux, adjointe en charge du Patrimoine et nouvelle présidente du CHSCT de la Direction des Affaires Culturelles (DAC) de la Ville de Paris, a d'ailleurs ouvert la séance par une semonce assez claire en direction de ses propres troupes. Elle a rappelé la nécessité d'appliquer la procédure et reproché à ses services les délais excessifs de diffusion de l'information.

 

                                  La nouvelle présidente du CHSCT de la DAC (au micro)

 

La CGT, qui avait invité des agents de Vaclav Havel à venir s'exprimer, a alors donné la parole aux trois collègues présents, lesquels ont lu et commenté un document rédigé par l'équipe et exprimant leurs doléances. Tous les syndicats présents ont fait à peu près les mêmes remarques : récurrence des mêmes situations, défaut de prévention, surdité de l'administration, sous-dimensionnement du marché de sécurité de la DAC, turn over des vigiles. De notre côté, nous avons particulièrement insisté sur le manque d'analyse du travail réel, le manque de reconnaissance de l'engagement des agents. L'administration fait sa communication sur des établissements culturels ouverts et modernes mais envoie de jeunes professionnels sans outils et sans moyens,  dans des locaux inadaptés, et avec des effectifs insuffisants. Par ailleurs, notre syndicat a une nouvelle fois demandé l'attribution d'une prime dite " NBI " pour Václav Havel. La DAC prétend ne pas pouvoir accorder cette prime mais nous rappelons qu'elle a su trouver une prime pour la nouvelle équipe volante. Et puis il suffit juste d'une délibération au Conseil de Paris pour résoudre cette injustice (voir ici).

C'est alors que la représentante de la Mission d’Inspection pour la Santé au Travail (MIST), un organe directement rattaché au Secrétariat général de l’Hôtel de Ville, a manifesté sa stupéfaction à l'audition des débats. Elle a notamment rappelé la nécessité d'auditer le travail des agents sur le terrain et de faire la prévention en amont de chaque risque encouru, et qu'il est également impensable d'attendre des événements graves pour intervenir avec des regrets, et des mesurettes comme le recours aux psychologues de la Ville, comme le propose l'Administration...

Poussée dans ses retranchements et visiblement accablée par ce déluge de reproches, pour le moins justifiés, la DAC a promis deux ou trois mesures : se rapprocher de la direction des ressources humaines pour demander l'attribution de la NBI (comme à beaucoup d'établissements du nord de Paris), négocier avec la Direction des Affaires Sociales ou celle des Affaires Scolaires un poste passerelle de médiateur de terrain, (comme demandé depuis longtemps par l'équipe), et insister auprès de la direction en charge de la logistique et des services de voiries du XVIIIe pour que le nettoyage de la bibliothèque et de l'esplanade Nathalie Sarraute soit effectué plusieurs fois par jour. Les rondes des services de police et des services de sécurité municipaux sont déjà effectives et doivent être pérennisées. La CGT, pour sa part, demande l'affectation immédiate de deux collègues bibliothécaires supplémentaires à Vaclav Havel, afin de faire baisser la pression dans l'équipe et de lui permettre de reprendre un travail normal. Et peut-être même un peu de repos.

Le risque actuel se situe évidemment dans le départ de plusieurs agents vers des établissements plus calmes. Dix personnes ont déjà fui, et nous ne leur jetons pas la cannette... Curieusement, le directeur de la bibliothèque attribue ces départs à la fameuse « convenance personnelle » (connue pour la largeur de son dos...) et même à l'auto-entreprenariat... Provoquant  ainsi un petit moment de détente - de rires en fait - dans cette réunion assez dramatique.

La sous-directrice doit retourner à Václav Havel le 16 février pour constater l'évolution de la situation. La CGT s'informera de cette réunion et dénoncera immédiatement tout manque ou retard dans l'exécution des mesures proposées. Car faute de résolution efficace de ces problèmes, le personnel va-t-il être obligé d’entamer d’autres actions ? Ou bien un mouvement de " grève du zèle " ? Sûr qu’une bibliothèque sans animations, sans actions, limitée au seul transit des documents aura au moins l'avantage de reposer les agents pendant quelque temps. Et surtout, nous ne doutons pas que la mairie d'arrondissement comme la mairie centrale réagiront alors très rapidement pour faire évoluer les choses.

Bibliothèque Václav Havel : la Mairie de Paris contrainte de tenir un CHSCT « exceptionnel »

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23 janvier 2018 2 23 /01 /janvier /2018 16:19
Mairie de Paris : Les personnels de catégorie C bientôt privés de formations internes ?

                                                 Bienvenue en Absurdie !

 

Cela se passe à Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris. Mais cela concerne probablement toute l’administration parisienne. Une histoire assez hallucinante si l’on regarde de près. Une pratique qui en tout cas n’existait pas jusqu’à maintenant.

 

Il y a ce que l’on appelle à la mairie de Paris des « formateurs internes ». Des agents qui se portent volontaires généralement dans un domaine qu’ils maitrisent sur le bout des doigts. Et à la Direction des Affaires Culturelles ces formations internes portent aussi bien sur le logiciel de gestion des bibliothèques (le SIGB), les services numériques ou encore le portail internet. Sans parler des thématiques sur les collections (romans, jeunesse, musique…). Elles étaient jusqu’à présent ouvertes à tous les agents, quel que soit leur grade, en fonction de leurs besoins et des places disponibles. Avec la nouvelle mesure prise par la municipalité parisienne, de nombreux agents, principalement de catégorie C, pourraient par un effet pervers se voir privés de formation. Explication.

 

Avant le formateur interne était rémunéré quels que soient le nombre et la catégorie des agents participant à la formation. Pour la mairie de Paris c’est désormais fini. Le taux horaire ne sera pas le même si vous formez des catégories A, B ou C. Et l’écart est même abyssal. Quasiment du simple au double. Si ce sont des personnels de catégorie A, compter 35 euros de l’heure pour le formateur. Mais si ce sont des collègues de catégorie C, hop le même formateur (et pour la même formation) devra se contenter de 21 euros ! De quoi faire bondir les intéressés !

 

« En clair, nous serons payés en fonction du public formé. Je trouve ceci scandaleux et hautement discriminatoire vis-à-vis des agents formés : cela voudrait dire que les agents de catégorie  C méritent moins d’attention et d’efforts de la part du formateur » affirme ainsi un intervenant. Et une autre de rajouter : « En tant que formatrice, je ne pratique aucune discrimination de ce genre…tous les collègues, toutes catégories confondues, ont droit au même traitement. Je pense que tous les formateurs partagent ce point de vue ». Pas sûr que cela puisse continuer.

 

Car là où cela se complique c’est que ces formations internes sont suivies par des agents quel que soit leur grade…Alors comment calculer ?  Simple pour la Ville de Paris : « Le taux horaire sera en fonction de la catégorie la plus représentée dans chacune des sessions ». Ce qui peut donner lieu à de multiples combinaisons. Imaginons donc que dans une formation où il y a dix participants (en général c’est le cas) dont 4 de catégorie C, 3 de catégorie B et 3 de catégorie A, le taux horaire pour le formateur sera de 21 € de l’heure. Mettez un agent de catégorie A à la place d’un C et hop, le taux sera de 35 € de l’heure ! Et nos formateurs de s’exclamer : « On va donc être obligé de sélectionner notre public pour être mieux payé ? ». Bienvenue en Absurdie.

 

Mairie de Paris : Les personnels de catégorie C bientôt privés de formations internes ?

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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 11:02
Lecture publique : La Ville de Paris va-t-elle se laisser racketter  ?

            En tout cas, les bibliothécaires veulent pouvoir conter sans compter

On croyait le sujet enterré. Le voilà qui ressurgit brusquement dans l’actualité. Jusqu'à obliger une ministre à réagir. Faut dire que la mesure a de quoi provoquer. En effet la Société des éditeurs en langue française (SCELF) veut obliger les bibliothèques de France et de Navarre à raquer à chaque fois qu’elles organisent une heure du conte et font la lecture aux enfants ou aux adultes (car oui, on fait aussi la lecture à voix haute pour les grands).

Le funeste projet de la SCELF prévoit de réclamer une redevance sur les lectures publiques à voix haute, d'abord à l'acte, puis finalement forfaitaire, tout en demandant la liste des œuvres trois mois à l'avance. La SCELF entend aussi faire payer les auteurs qui liraient à voix haute leurs propres œuvres. Ubuesque ! Pire même les bénévoles qui s'adonnent honteusement à la lecture en public devraient passer à la caisse. On comprend que l'affaire fait scandale comme l'illustre la pétition mise en ligne et qui a déjà recueilli près de trente mille signataires. Une mobilisation qui a contraint la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, à soutenir les frondeurs de la lecture publique au cours d'une conférence de presse sous l'insistance des journalistes.

Par contre du côté de la mairie de Paris, une des premières concernées pourtant par la tentative de racket de la SCELF, c'est silence radio ! L'adjoint à la culture de la première ville de la cinquième puissance mondiale et aussi du plus grand réseau de lecture publique n'a pas jugé utile de se positionner sur un sujet qui remet en cause la raison d'être des bibliothèques : diffuser la culture et rester un des rares lieux non-marchands de partage des biens culturels. On attend donc la réaction de Bruno Julliard et qu'il use de son influence pour que le droit de conter sans compter soit inscrit dans la loi. Les bibliothèques sont un acteur majeur de la chaîne du livre, participent à la reconnaissance des œuvres littéraires, et reversent déjà des droits de prêt, il est donc hors de question qu'elles soient mises encore plus à contribution.

Hasard du calendrier : ce samedi est programmé dans tout le pays une « Nuit de la lecture ». Les bibliothécaires devront-il la faire à voix basse ? En tout cas certains ont déjà prévu de le faire pour alerter le public et protester contre le racket envisagé par la SCELF. En attendant vous pouvez encore signer la pétition du collectif Shéhérazade ici.

 

 

                    Bibliothèques : Pourra-t-il lui aussi continuer à conter sans compter ?

                                - Ouch ! Sinon je vais me substituer à mon successeur !!!

 

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