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C'est Qui ? C'est Quoi ?

  • : Syndicat PACS-DAC de la Ville de Paris
  • : Blog du syndicat PACS de la Direction des Affaires Culturelles (DAC) de la Ville de Paris.
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Qui sommes nous ?

Nous sommes des personnels de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, travaillant dans les bibliothèques municipales, conservatoires d'arrondissement, ateliers des beaux-arts, services centraux...

Nous militons au sein du syndicat des personnels administratifs, de la culture et de service (PACS) pour défendre les droits des salariés, la qualité du service public

Pour vous syndiquer, demander conseil, faire des réclamations, envoyer des informations, une seule adresse : daccgtculturegmail.com

 

 

 

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 14:20
Amiante : deux cent agents de l'établissement public Eau de Paris, toujours exposés huit ans après leur première alerte !

Pour obliger la mairie de Paris à tenir ses engagements, ils seront en grève le 25 février

Si les affaires se succèdent pendant cette incroyable campagne pour la conquête de la mairie de Paris, celle-ci en revanche concerne directement Anne Hidalgo, candidate à sa réélection, puisque deux cents agents qui travaillent pour Eau de Paris, la structure municipale en charge des conduites d’eau potable situées dans les sous-sols de la capitale,sont toujours exposés à l’amiante et dont la première alerte remonte…. à près de huit ans !

Ces agents, certes de droit privé mais qui dépendent entièrement de la Ville de Paris propriétaire à 100% de cet établissement public, ont en effet découvert en 2012 que de nombreuses conduites d’eau étaient recouvertes de peinture d’amiante et avaient alors alerté leur direction à l’occasion d’un comité hygiène et sécurité (CHSCT) pour dénoncer cette grave atteinte à leur santé, la dangerosité de l’amiante étant désormais avérée par tous. Une exposition d’ailleurs ensuite confirmée par les analyses du laboratoire qui  dépend directement…. de la mairie de Paris !

Pourtant depuis huit ans rien n’a bougé malgré un protocole d’accord signé en 2014 (voir ici) puis un rapport de la Chambre Régionale des Comptes (CRC) d’Ile de France qui précisait en 2017 que les agents d’Eau de Paris étaient bel et bien exposés. Ce que confirmait... la direction de l'établissement municipal ! « Sur ces conduites d’eau (installées dans le même réseau souterrain que celui des égouts Ndr), le rapport de la CRC revient en particulier sur l’exposition à des particules d’amiante dans le cas d’une simple déambulation. Le risque n’est pas inexistant, la Chambre a donc raison de le rappeler » répondait alors penaud le directeur d’Eau de Paris à la CRC.

De leur côté, les personnels pensaient que la Ville de Paris allait enfin régler fissa ce grave problème de santé au travail revelé au grand jour par les institutions de la République. Ils attendent toujours. De quoi laisser éclater une colère trop contenue jusque-là. C’est pourquoi ils seront en grève le 25 février pour que la mairie de Paris tienne enfin ses engagements, lesquels, rappelons le pour les oublieux, ont déjà été écrits noir sur blanc dans le fameux protocole de 2014. Voilà la maire de Paris désormais mouillée sur des questions de santé au travail en pleine campagne pour sa réélection.

 

 

                Amiante : 200 agents d'Eau de Paris, toujours exposés, interpellent Anne Hidalgo !

                                            - Grrr, me voilà bien mouillée désormais

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28 octobre 2019 1 28 /10 /octobre /2019 11:59
A la réserve centrale des bibliothèques parisiennes, les conditions sont désormais pires que chez Amazon (c'est dire)

Le service est actuellement suspendu, résultat d'une gestion calamiteuse de l'administration parisienne

C’est un service dont la Ville est d’habitude très fière et qu’elle n’hésite pas à mettre en avant. Il faut dire qu’il est des plus uniques, non seulement en France mais aussi dans le reste du monde. Quezako ? C’est la réserve centrale des bibliothèques de la Ville de Paris. « La plus grande bibliothèque du réseau » selon les dires même de la mairie qui rajoute pas peu fière  « qu'avec son fonds de 150 000 livres, 75 000 CD et 5 000 partitions, la Réserve centrale possède sûrement le document que vous cherchez ! Vous y trouverez aussi bien des documents tous publics que des documents plus pointus et rares exclusivement présents à la Réserve centrale ». Des documents que les usagers peuvent commander en un clic et qui sont ensuite livrés dans n’importe quelles des soixante bibliothèques municipales de la capitale. Enfin ça c’était avant.

Car voilà, symbole de la faillite de sa gestion, la mairie de Paris n’est plus capable de la faire fonctionner correctement.  À  tel  point qu’elle est désormais obligée de la stopper en urgence selon un communiqué officiel de la Ville  « en raison des vacances scolaires, les réservations de la Réserve centrale seront suspendues du 26 octobre inclus au 4 novembre ». Un communiqué qui a néanmoins un petit côté fake news car la vérité est non seulement ailleurs mais tout autre.

En fait de « vacances », il faut plutôt parler de celui des postes. Les effectifs de la réserve centrale, initialement prévus pour être treize, ont dramatiquement fondu. Ces derniers temps les agents se sont parfois retrouvés à quatre seulement ! Intenable ! D’autant que l’activité de ce service a été multipliée par trois en dix ans du fait notamment de la possibilité donnée aux usagers de réserver via internet jusqu’à dix documents en même temps. Et une fois ces derniers empruntés, la possibilité d’en réserver….. de nouveau une dizaine ! Des cas certes minoritaires mais fréquents dans certaines bibliothèques et qui à eux seuls peuvent faire exploser tous les compteurs.

Résultat, les personnels de la réserve centrale passent leur temps à aller chercher dans les cinq kilomètres de rayonnages les documents pour ensuite leur glisser un signet d’identification et de localisation . Et enfin ils doivent mettre ça dans des bacs, cercler les bacs et transporter le tout par transpalette. En gros ça fait entre cinquante et quatre-vingts caisse à remplir tous les jours de plusieurs centaines de bouquins. Un peu comme chez Amazon….

Sauf qu’à la réserve centrale on récupère aussi la marchandise. Les documents ont une durée de prêt limitée et reviennent  ensuite dans le service où là encore les opérations se multiplient : transporter les caisses, vider les caisses, réceptionner les documents en lisant chaque code-barre puis enfin les remettre à leur place initiale dans les rayonnages qui font toujours dans les cinq kilomètres. Au total les agents manipulent près de quatre cent mille documents dont certains, comme les livres d’arts peuvent être assez lourd (voir dans la rubrique commentaire le détail de leur quotidien).

Mais si encore il n’y avait que ça. Car en réalité il y a énormément de travail interne qui se rajoute entre l’intégration de nouveaux documents dans les collections de la réserve centrale, le désherbage ou encore la redistribution de livres aux associations. On comprend donc aisément que les maigres troupes qui restent soient à bout de souffle, et que ceux qui ne sont pas en arrêt maladie ne songent qu’à partir. De leur côté, les représentants des personnels dénoncent depuis un moment la gestion calamiteuse de la Direction des affaires culturelles de la Ville de Paris sur le sujet des effectifs ou encore des arrêts maladies. Il est donc pour le moment plus sage et surtout plus réaliste de suspendre le service sine die et donc au-delà du 4 novembre.

 

 

       A la réserve centrale des bibs de Paris, les conditions sont désormais pires que chez Amazon

             - Bah pour sûr car nos patrons bien qu'exploiteurs, il nous filent au moins du matos !

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16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 09:01

 

Après l'invasion de rampants dans une bibliothèque du XIIIe arrondissement cet été, l'administration parisienne a délibérément tenté de cacher l'information 

L’affaire a fait les gros titres de la presse locale : la bibliothèque de l’Alcazar à Marseille avait dû fermer ses portes en urgence pour cause d’invasion de punaises de lit. La presse nationale en avait même fait ses choux gras : « On connaissait les punaises de lit, voici les punaises de livre » galéjeait Libération. « Notons que les ouvrages en prêt numérique ne seraient, eux, pas atteints par cette épidémie de bug » osait de son côté le site spécialisé, ActuaLitté. Sauf que Marseille avait été devancée par une rivale parisienne... Et pas qu’un peu.

L'info vient juste de nous parvenir. Faut dire que la mairie de Paris avait mis soigneusement cette affaire de punaises de lit sous le tapis... Même le CHSCT a été maintenu délibérément dans l’ignorance, comme pulvérisé sous les insecticides par l'administration parisienne. Mais bon, mieux vaut tard que jamais !!! L’histoire est quand même venue à nos oreilles...

Nous étions au cœur de l’été à la bibliothèque Glacière dans le XIIIe arrondissement lorsqu'une lectrice a fait un retour de livres, quasiment tous infestés de punaises de lit, de différentes tailles. Évidemment une fois les livres posés sur le comptoir de prêt, les bestioles s’égayèrent de partout. Dont certaines déjà d'une taille conséquentes. « On était un peu horrifié » nous a rapporté un membre de l’équipe. Pas de doute, à Glacière, les bibliothécaires ont alors sacrément été refroidit et l’établissement a dû être fermé d’urgence pour une désinsectisation.

Problème : au retour des personnels quelques jours plus tard, toute l’équipe a eu des maux de têtes, la gorge sèche ainsi les yeux qui piquaient, à des degrés divers, pendant au moins quinze jours. Normal car le produit utilisé pour éliminer les punaises « est beaucoup, beaucoup plus toxique que celui utilisé normalement pour les cafards et autres rampants » a précisé l’employé de l'entreprise de désinsectisation. Malgré les fiches de signalements, l’administration n’a pourtant jamais alerté le comité hygiène et sécurité (CHSCT) de la direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, piétinant ainsi toute la règlementation en la matière

De quoi inquiéter les agents de la bibliothèque Glacière qui se sont depuis posé énormément de questions  : « Nous tenons à réagir et à communiquer sur ce problème, qui n’est pas des moindres. Déjà pour tenir au courant les collègues des autres établissements du besoin d’être vigilant sur ce problème précis » nous ont-ils ainsi affirmé. Sans parler de leurs effets possibles sur la santé et des précautions réglementaires d’usage. C'est pourquoi le CHSCT, toujours vivant et plus que jamais résistant au DDT municipal, va exiger les noms et le descriptif chimique des produits utilisés et de leur dosage, et de savoir également si d'autres bibliothèques de la Capitale ont été touchées par l'invasion de ces petites bêtes. Sur ce coup la mairie est dans de sales draps. Oh punaise...

 

 

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17 septembre 2019 2 17 /09 /septembre /2019 07:15
La mairie de Paris va-t-elle priver ses agents de mutuelle santé ?

              Une belle boulette que n'avait pas vu venir les services d'Anne Hidalgo !

C'est ce qu'on appelle un sacré couac. Une boulette qui en tout cas n'était pas prévue par les services de la Ville de Paris. Et qui pourrait priver une partie de ses agents d'une couverture santé alors qu'elle est un des principaux employeur du pays. Plutôt gênant

Un couac qui part d'un fait à priori complètement anodin, l 'histoire d'un simple débat technique réservé en général aux seuls spécialistes qui est de passer un accord d'exclusivité avec une société d'assurance pour proposer aux agents municipaux parisiens une couverture « prévoyance ». Oui, mais attention  pas une prévoyance « santé ». Et c'est là que la bombe à retardement s'est mise en place.

En effet, pour la plupart des gens avoir une assurance prévoyance, c'est tout bonnement avoir ce que l'on appelle dans le jargon une mutuelle, laquelle rembourse les frais médicaux qui ne sont plus pris en charge par la sécurité sociale. Souvent cette mutuelle a aussi un volet « prévoyance » ce qui consiste à assurer un maintien du salaire en cas de longue maladie ou couvrir les risques de décès, d’invalidité, qui ne seraient pas pris en charge par un contrat de base… sauf que pour beaucoup ça fait un peu partie de la même chose. Et c'est là que ça complique.

Il y a quelques jours à peine les soixante mille agents de la Ville de Paris reçoivent à leur domicile un bien curieux courrier. Une proposition de la société de courtage, Collecteam de souscrire cette fameuse prévoyance au profit du géant de l'assurance, Allianz. Plus curieux encore le dit courtier est en possession de toutes les coordonnées des agents de la capitale avec nom, âge, adresse et profession. Une vraie mine d'or pour ces spécialistes du Big Data. Certains susurrent même que ce serait les services municipaux qui auraient laissé fuiter eux même ce fichier !  On n’ose le croire ; Il est vrai cependant  que sur les différents documents envoyés certains sont estampillés du logo officiel... de la Ville de Paris ? Usage de faux ? On laissera à Anne Hidalgo le soin de répondre à cette interrogation. Ce qui ne devrait donc pas tarder vu le problème législatif que cela pose dans le domaine des protections personnelles et du respect de la vie privée. Mais s’il n’ y avait que ça…  

Car stupeur, les agents ont aussi la surprise de découvrir dans cet envoi, dont on ne sait plus trop désormais s'il est d'origine municipale ou pas, une lettre type pour résilier son ancien contrat de prévoyance. À envoyer directement  bien sûr au nouveau prestataire qui se chargera ensuite du reste avec l'efficacité que l'on imagine. Mais comme on l'a dit plus haut ce nouveau contrat ne prends pas en charge les frais médicaux ce que le courtier, faux nez d'Allianz, se garde d'ailleurs bien de préciser dans sa brochure. Si bien que si des agents envoient malheureusement ce courrier de résiliation ils seront probablement illico privés de mutuelle. Un peu comme ces usagers qui découvrent un jour qu'ils ont changé de fournisseur d' électricité avec un contrat plus cher après avoir reçu un démarcheur à domicile.

Un bug que la Ville de Paris n'avait donc pas vu venir et qu'elle tente en catastrophe de réparer. « Ne résilier pas votre mutuelle, seulement votre prévoyance » dit-elle désormais lors de réunions d'information montées à la hâte avec Collecteam. sans doute trop tard pour certains agents qui avaient évidemment comme la majorité un numéro de contrat unique.

Pour corser le tout cette histoire pourrait aussi à l'avenir ressembler aux emprunts « toxiques » qui ont plombé il y a peu  les finances de nombre de collectivité dans l'hexagone puisque le désormais fameux courtier a dans la passé augmenté tous les tarifs de 30 à 40 % sans crier gare. Un lièvre soulevé dans un communiqué par l'Union syndicale CGT des Services Publics Parisiens.et confirmé par la Gazette des Communes (lire ici).  Alors un conseil ne résiliez rien du tout car vous risqueriez de perdre votre mutuelle. Et si vous aviez déjà une assurance prévoyance gardez là. De son côté la mairie de Paris risque d’avoir du souci à se faire si des agents qui ont renvoyé par erreur la lettre type tombent malades. Avec le risque ensuite de plonger dans la précarité ?

 

 

                                      La mairie de Paris va-t-elle priver ses agents de mutuelle santé ?

                                    - Ouch, la CGT vient à nouveau de soulever un lièvre

  - Alors  là ma chère Anne, je te le dis d'emblée, ça ne peut être que toi ma candidate pour Paris !

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4 septembre 2019 3 04 /09 /septembre /2019 09:49
Alerte sur le fonctionnement des conservatoires parisiens selon un rapport d'un service de la mairie

Et pas que dans les conservatoires d’ailleurs puisque les bibliothèques sont elles aussi touchées selon les mêmes spécialistes

C’est une sacrée pierre dans la politique mise en place depuis plusieurs années par la mairie de Paris. D’autant qu’elle provient d’un service municipal on ne peut plus officiel et à l’expertise incontestable : le service de médecine préventive (SMP) de la Ville de Paris, l’équivalent de la médecine du travail pour les agents travaillant sous les ordres d’Anne Hidalgo.

De nouveau, les médecins du SMP référents pour la Direction des Affaires Culturelles (DAC) de la Ville se sont penchés sur l’état des conservatoires municipaux d'arrondissement, lesquels sont au nombre de dix-sept dans toute la capitale. La lecture du rapport vient malheureusement confirmer les constats accablants des agents et des organisations syndicales car, comme nousles médecins du travail décrivent une «  charge et une intensité de travail de l’équipe administrative et d’encadrement  importantes et croissantes » avec l’augmentation du nombre d’élèves accueillis, « sans adaptation en conséquence, des effectifs ». Les spécialistes de la santé notent ainsi que cette charge de travail « intense » a augmenté avec « l’ouverture des établissements à des activités de partenariat avec les structures scolaires ». Et bien que « l’équipe pédagogique ait été augmentée, l’équipe administrative serait restée à effectif constant ».

Chacun des dix-sept conservatoires de la capitale accueille entre neuf-cent et deux-mille élèves selon l'arrondissement, tous les jours de 9h à 22h (jusqu'à 20h le samedi) mais il n'y a qu'un agent administratif pour environ 130 élèves soit près de vingt élèves de plus que sur la moyenne nationale ! Rappelons qu'il y a dans les conservatoires, outre les professeurs, des agents qui s'occupent du bâtiment, de l'organisation, des plannings, des inscriptions, de la communication, en bref de tout ce qui permet aux élèves d'apprendre la musique, la danse ou le théâtre dans de bonnes conditions. La ville a donc créé des postes de professeurs coordinateurs, avec une heure par semaine à consacrer à l'administration. Sauf que....

Cela n'a pas eu l'effet escompté, en réalité cela complique parfois même le travail car on peut être un excellent violoniste sans rien connaitre à la maintenance du bâtiment et à l'organisation des équipes. Ce qui n’est pas sans conséquences d’après les médecins de la Ville qui pointent  « la polyvalence » voire le « glissement de tâches », le  «  travail à flux-tendu », du stress, le « sur-présentéisme » des agents qui ne peuvent plus répondre « à leurs obligations familiales et personnelles et disposer de la flexibilité des temps de repos auxquels ils ont droit ». Cinglant !

Dans certains conservatoires, la situation est encore plus critique car subissant de très grandes amplitudes horaires (9h-22h) et pour les agents d’accueil cela se traduit par des horaires flexibles, décalés ou de nuit (bien après 21h), parfois de manière totalement imposée. Une situation qui n’a pas échappé à nos médecins, c’est pourquoi dans son rapport, le SMP évoque la nécessité de « repenser à la hausse des effectifs administratifs, de régie et d’encadrement », et au sein de chaque conservatoire d’ « établir au moins deux régisseurs », bref de recruter ! Maintenant, c'est officiel, il y a urgence.

Un constat d'ailleurs valable pour les autres équipements culturels qui dépendent de la municipalité parisienne (bibliothèques, Ateliers Beaux-Arts…) car le SMP relève là aussi une intensification du travail du fait de l’augmentation des tâches de reporting et d'évaluation : analyses des tâches de travail, rédactions de rapports, de tableaux Excel… d’autant plus que les services centraux ne collaborent pas toujours entre eux. Avec une mention spéciale  pour les bibliothèques car dans leur rapport, les médecins parisiens mentionnent en plus de ce qui a été décrit plus haut des conflits en raison de « la promiscuité et de l’interdépendance des postes de travail (répartition des tâches de travail, plannings hebdos, prise de congés ou nécessités de remplacement en cas d’absence de collègues ». Pour notre syndicat, « l’impression ressentie de répartition inégale des tâches » relève de missions en hausse et d’effectifs insuffisants pour y faire face. Pas d’autre choix que de rompre avec le dogme libéral d’Hidalgo, il faut recruter du personnel !

 

 

            Équipements culturels : Anne Hidalgo va-t-elle oser rompre avec le dogme libéral ?

           - Oups, il me reste à peine une année pour appliquer mon programme de campagne

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30 août 2019 5 30 /08 /août /2019 10:52
Notre maison  brûle mais la mairie de Paris regarde ailleurs

                                   ....Make Our Library Great Again !

Alors que le réchauffement climatique est au cœur du débat public, la ville de Paris se désintéresse totalement de ce sujet dans un périmètre qui relève pourtant de sa propre responsabilité lors des deux  épisodes de canicule qui ont eu lieu cet été, fin juin puis fin juillet. Le second s'est  même achevé avec un nouveau record de température de 42,6° C à Paris. En dehors de ces canicules « officielles » les agents de nombreux établissements municipaux de la capitale ont aussi subi d'autres pics de chaleur, avec des températures dépassant régulièrement les 30 voire les 33 degrés à l’intérieur des bureaux et des espaces publics. Dans ces conditions, on ne peut que craindre le pire dans les années à venir au niveau de la santé des agents et des usagers d’autant que la Ville refuse pour des raisons davantage financières qu'écologiques de climatiser ses bâtiments

Dans notre champ d’intervention syndical force est de constater que nombre de bibliothèques municipales sont de véritables aberrations thermiques, ce qui a eu pour conséquence que nombre d’entre elles ont dû procéder à des fermetures anticipées tant la chaleur intérieure était insupportable. Le problème c’est que d’un autre côté, la Direction des Affaires Culturelles (DAC), notre administration directe, n’a rien trouvé de mieux que d’imposer aux bibliothécaires parisiens de compenser ces fermetures qui ne dépendent pas d’eux à travailler en horaires variables d'une semaine à l'autre. Plutôt provocateur pour des personnels qui déjà travaillent le samedi (voire le dimanche) tout en finissant souvent à 19 heures.

Cet été ce sont donc la santé et les conditions de travail des agents des bibliothèques qui ont servi de variables d'ajustement à des conditions de température de plus en plus extrêmes. D’abord en refusant de préciser les critères de réductions horaires ou de fermeture, la DAC s’est déchargée sur les chef-es d'établissement, légalement responsables de la santé des agents. Ensuite en demandant, pour valider des réductions horaires ou des fermetures, des relevés fréquents de température avec...photos des thermomètres ! La marque d'une grande confiance envers ces mêmes chef-e-s d'établissement…

Autre invention géniale de la mairie de Paris lors de la seconde canicule (celle de fin juillet) qui amena là aussi des fermetures partielles ou totales de nombreuses bibliothèques : notre municipalité ordonna aux personnels d’aller travailler ailleurs (dans des établissements pas climatisés et donc aussi surchauffés), de prendre un congé (donc de prendre sur son quota annuel) ou de rattraper les heures non faites la semaine suivante. Changement de politique donc puisqu’en 2017 et même fin juin de cette année les heures n’étaient pas à rattraper.

Résumons : Le/la bibliothécaire travaille donc le samedi, parfois le dimanche, et termine souvent à 19h. Comme tou-tes les salariés-e-s, sa carrière donc son temps de travail ne cessent de s’allonger (avoir 42 ans de cotisation, partir à 63 ans  sans malus…). Et désormais, en cas de fortes chaleurs,  il/elle doit passer en horaires variables d’une semaine à l’autre, donc oublier son emploi du temps négocié en début d’année conciliant nécessités de service et contraintes personnelles. Une semaine à 30 heures, puis une semaine à 46 heures, puis... Pire que la flexibilité de certaines entreprises privées où les changements horaires sont souvent planifiés sur plusieurs semaines voire plusieurs mois…  Dans cette logique il faudra donc travailler le samedi, le dimanche, faire des soirées et être en horaires variables de juin à septembre... Tout ça n’est pas sérieux et surtout ne tiendra pas face au choc climatique en cours.

Il y a pourtant quelques pistes pour commencer à vraiment prendre le sujet à bras le corps Pour commencer la Ville de Paris doit déjà, et en urgence, réparer et rendre opérationnels tous les systèmes de ventilation déjà existants pour chaque établissement, il faut des fontaines d’eau fraîche et au moins un climatiseur dans chaque bibliothèque  pour à minima rafraîchir une pièce. Et on parle là vraiment de à minima !

Au-delà, avec la multiplication et l’intensification des canicules (et parfois pas que pendant les congés d’été comme cette année), on voit mal comment éviter de climatiser une partie des services publics parisiens ! Ce choix aurait l'intérêt de garantir des conditions de travail décentes pour les agents, des conditions d'accueil correctes pour les usagers et la continuité du service public. Et en attendant que ce chantier soit enfin réalisé Anne Hidalgo se doit d’accorder des « congés canicule » exceptionnels plutôt qu’instaurer la « flexibilité canicule » ! A moins que l’on soit obligé d’attendre que des socialistes arrivent un jour à la mairie afin d’appliquer une politique sociale enfin progressiste ? Make Our Library Great Again !

 

 

                                  Plan climat : la mairie de Paris va-t-elle sauver les bibliothèques ?

 

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26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 22:28
Pollution au plomb : la mairie de Paris nous fait une « Tchernobyl »

Anne Hidalgo et son premier adjoint ont dû pour cela faire appel aux conseils du Professeur Pellerin. De leur côté, les personnels des crèches et centres aérés saisissent le CHSCT

« Tout va bien, il n'y a aucun danger » a déclaré, main sur le cœur, la mairie de Paris, après les révélations de Médiapart sur l'importante pollution au plomb qui touche la Capitale, et plus particulièrement son centre, après l'incendie de la cathédrale Notre-Dame, lequel a vu plusieurs centaines de tonnes fondues de ce métal lourd se disperser dans la nature. Sous la pression, l’exécutif municipal, par la voix d'Anne Hidalgo et d'Emmanuel Grégoire, son premier adjoint, a néanmoins dû faire fermer en urgence un, puis deux centres de loisir pour procéder à une décontamination. Oui mais voilà, à l'instar du nuage de Tchernobyl, l'exposition au plomb est bien plus large qu'annoncée. Avec une communication aussi nullarde qu'il y a trente trois ans !

C'est que l'analogie est frappante. En 1986, explosait la centrale nucléaire de Tchernobyl, située en Ukraine, à l'époque, territoire de l'Union Soviétique (URSS). Le nuage radioactif survolait alors l'Europe...sauf le territoire français. Il fallait voir alors la communication ridicule du porte parole de l'époque, le professeur Pellerin, membre du lobby nucléaire, pour affirmer que le nuage avait été « stoppé aux frontières hexagonales ». Un mensonge désormais très documenté par tous les historiens et surtout enseigné dans toutes les écoles de communication, exemple parfait de ce qu'il ne faut surtout pas faire. Sauf à la mairie de Paris visiblement. Laquelle est prise en flagrant délit de bobard sanitaire. Au point qu'avec les nouveaux éléments en leur possession, les personnels travaillant dans les crèches et les centre aérés ont décidé de saisir le CHSCT (comité Hygiène et Sécurité) de leur direction respective ainsi que le niveau central de l'Hôtel de Ville (voir la saisine officielle dans la rubrique commentaires).

« Mais les mesures sont insignifiantes » s'est vanté Emmanuel Grégoire, le premier adjoint d'Anne Hidalgo, dans tous les médias. Et pourtant lors des prélèvements, les taux dépassent bien le seuil d’intervention immédiate pour des cours d’école ou de crèche avec des relevés qui indiquent une concentration supérieure au « seuil d’intervention rapide » qui pour les enfants est de 70 microgrammes/m². Mais bon, pour les héritiers spirituels du professeur Pellerin, on a fait comme si de rien n'était et du côté de la mairie, on a simplement décidé de continuer comme avant. Irresponsable ! Quand on sait que le nettoyage sur le Parvis de Notre Dame pourtant effectué spécialement pour les dépôts de plomb s’est révélé inefficace, on se demande comment la Ville a pu penser que ne rien faire de spécial allait régler le problème. Ce n’est que le 25 juillet, que deux écoles transformées en centre aéré accueillant des enfants sont fermées sur insistance de la CGT !

                                       

      

Se pose aussi la façon dont est traité le « nettoyage » Le plomb ne se dissout pas dans l’eau, le nettoyage ne le fait donc pas disparaitre. Ainsi si l’on nettoie à l’eau, le plomb se retrouve avec les eaux usées (donc à Paris dans les égouts puis la Seine) ce qui ne fait que déplacer la pollution. De la même manière si des « lingettes humides » sont utilisées et jetées dans les poubelles, le plomb ne disparait pas mais se retrouve ailleurs. Il faut donc bien traiter le problème comme de la décontamination et pas juste un simple nettoyage qui ne fait que déplacer la pollution…

C'est que la pollution au plomb est extrêmement insidieuse d'après les experts scientifiques. L'exposition au plomb quel que soit son niveau, est nocive pour la santé, non seulement celle des enfants et des femmes enceintes, plus exposés aux conséquences, mais pour celle de l'ensemble de la population. Dans ce cas précis, le plomb peut être inhalé, d'autant que ce métal lourd se retrouve partout puisque après l'incendie de la cathédrale des centaines de tonnes qui composait la toiture de l'édifice s'est déposé sur toutes les surfaces possibles dans un rayon de plusieurs kilomètres carrés.

Le risque est bien présent pour l'ensemble des habitants, surtout vu la quantité de plomb rejetée. « Ce n’est pas pour rien que le plomb est un problème sanitaire reconnu et combattu depuis de nombreuses années. Ce n’est pas pour rien que des zones proches de Notre Dame sont interdites d’accès ! » affirme les spécialistes de la question. D’après nos informations, les prélèvements à l’Hôtel Dieu ont révélé que la concentration en plomb augmentait dans le temps. Cela signifie que les retombées continuent, le plomb s’étant déposé pouvant être de nouveau soulevé, notamment avec le chantier.

Dans un communiqué officiel, la CGT de la Ville de Paris demande que « tous les équipements municipaux, bureaux, écoles, crèches, parcs et jardins, bibliothèques... autour de Notre Dame, au minimum les six premiers arrondissements, soient contrôlés, et décontaminés si besoin. Que tous les agents soient informés des dangers et des précautions à prendre ». Dernière nouvelle en date, le chantier de la cathédrale est fermé sur ordre de l'inspection du travail pour au moins plusieurs jours car les règles de sécurité pour les salariés ne sont pas respectées…

 

 

                               Emmanuel Grégoire, le fils spirituel du Professeur Pellerin

                                - En plus, il m'a légué tous ses relevés scientifiques !!

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11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 16:06
Paris : des crèches toujours polluées au plomb, au benzène et au mercure selon des élus du CHSCT de la petite enfance
Paris : des crèches toujours polluées au plomb, au benzène et au mercure selon des élus du CHSCT de la petite enfance

Reste maintenant à avertir les parents. Mais peut être que la mairie de Paris estime qu'il serait bon de faire rentrer « un peu de plomb dans la tête » des bambins parisiens

« Alerte sols pollués ». C'est ainsi que commence le communiqué du syndicat CGT de la petite enfance à destination de leurs collègues des crèches parisiennes, lesquelles sont gérées par la Mairie de Paris. C'est qu'entre le discours rassurant, voire lénifiant, de l'équipe dirigée par Anne Hidalgo et les représentants des personnels il y a comme une divergence sur la gravité de la situation et pas des moindres....

En effet selon le communiqué de nos collègues de la petite enfance « une campagne de diagnostic des sols pollués a démarré en 2014 » laquelle avait détecté « deux types de pollution : une au plomb, suite à des terres rapportées et la seconde au trichloroéthylène, au mercure et au benzène à cause, cette fois, des gaz de sol ! ». Une véritable bombe chimique à retardement pour les petits parisiens et les personnels en charge de les garder tout au long de l'année puisque ces premiers résultats ont été connus il y a cinq ans et repris ensuite en 2017 par la presse.

Aujourd'hui force est de constater que de nombreux établissements de la petites enfance ont toujours des taux de pollution supérieurs à la réglementation (voire la liste dans la rubrique commentaire) d'où l'alerte lancée par les représentants des personnels des crèches municipales parisiennes. En effet, malgré la demande de la CGT de la petite enfance lors du dernier Comité Hygiène et Sécurité (CHSCT) et l’appui de l’inspecteur du travail de la ville, la Direction de la Petite Enfance (DFPE) n’a toujours pas communiqué le taux des polluants. Plutôt gênant alors que dans le même temps la CGT précise que « ces différents polluants sont très nocifs et cancérogènes, d’ailleurs le trichloroéthylène (un des polluants recensé) est selon le Haut Conseil de la Santé Publique un cancérogène avéré et qu’il est sans seuil d’innocuité, c'est-à-dire qu’aucune dose n’est sans risque ». On ne saurait être plus clair pour la santé de nos bambins.

Et la CGT de la petite enfance de s’interroger « sur la pertinence de laisser ouvertes ces structures polluées qui présentent un risques potentiel pour la santé des professionnels et des enfants ». Et comme si ça ne suffisait pas une décision hallucinante vient d'être prise en les laissant ouvertes pour cet été car selon les personnels « la question se pose également pour certaines de ces crèches polluées qui vont accueillir les enfants et le personnel des crèches voisines durant la période de regroupement d’été ». Pas de chance.

D'ailleurs acculée, la direction de la Petite enfance de Ville de Paris a finalement été obligée selon le même communiqué « à délivrer une attestation comportant le polluant et son taux à tous les agents ayant travaillé dans un ou plus plusieurs de ces établissements et à mettre cette attestation dans leur dossier médical ». Du lourd ! Un peu comme leurs métaux concernés. Reste maintenant à avertir les professionnels et les parents. Ce que commence à faire la CGT de la petite enfance. Pour ce qui est des services de la mairie on ne sait pas encore. Peut être attendent-ils d'êtres contactés par les médias ?

 

 

         Pollution dans les crèches municipales : Un peu plomb dans la tête des petits parisiens....

            -  Alors madame la puéricultrice, c'est pas trop lourd de porter tout ces métaux ?

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 07:23
La bibliothèque Jacqueline de Romilly (XVIIIe) retrouve enfin de l'air après un an de fermeture

Elle rouvre après de longs travaux de mise aux normes obtenus après une alerte des personnels et l’opiniâtreté de la CGT

Bien que toute neuve, elle était fermée depuis plus d’un an pour cause de pollution interne après que des analyses officielles avaient révélé un taux de bactéries très élevé dans l’environnement, notamment les bureaux des personnels, et que le système d’aération défaillant n’était pas en mesure de les évacuer. Il est vrai que la bibliothèque Jacqueline de Romilly, située dans le quartier de la Porte Montmartre (XVIIIe), cumulait les ratés depuis six ans, date de son inauguration et était devenue le symbole de ne ce qui faut pas faire en terme de bâtiment (voir ici).

Cette longue fermeture remonte donc à l’été dernier après une alerte lancée par les personnels, relayée par notre syndicat, qui avait amené à saisir le Comité Hygiène et Sécurité (CHSCT) de la direction des affaires culturelles de la Ville de Paris. En effet, c’était bien la santé des agents et du public qui était clairement remise en cause dans ces espaces véritablement pollués avec un système d’approvisionnement d’air complètement défaillant au regard de la surface d’un tel bâtiment composé uniquement de baies vitrées…. qui ne s’ouvrent pas !. Même la médecine du travail avait alerté la Mairie de Paris. Ses conclusions envoyées à l’administration étaient, elles aussi, sans appel : « les conditions de confort thermique et de renouvellement d'air  dans cet établissement ne semblent pas respecter les critères compatibles avec la préservation de la santé ».

Au départ, les services de la mairie pensaient que cette fermeture ne durerait pas plus de trois mois. Une annonce qui nous semblait à l’époque bien prématurée, en tout cas très optimiste, car pour rouvrir la bibliothèque Jacqueline de Romilly dans des conditions enfin correctes, cela ne pouvait être qu’après de très très gros travaux de mise aux normes. « Un chantier titanesque de plusieurs mois sans doute ! » écrivions-nous d’ailleurs à l’époque (voir ici ). Nous avions vu juste car elle rouvrira finalement après bien des péripéties le mardi 16 juillet à 13 heures.

Pendant ce long laps de temps de porte close, la mairie de Paris a dû tordre le bras à de nombreux intervenants (architectes, entreprises, service technique…) pour arriver à faire de véritables travaux permettant un fonctionnement viable de l'établissement .Mais bon, finalement le résultat est là, qui se traduit par l’installation de trois grandes fenêtres dans le bureau des bibliothécaires et d’une autre dans la « salle enfance » qui était très chaude d’habitude. Mieux, une climatisation a été installée dans les bureaux du personnel et dans la salle de travail silencieuse.

Et les bibliothécaires de Romilly de témoigner : « Nous sommes vraiment très contents du résultat, il fait bien frais dans les bureaux, sans courant d’air et c’est vraiment mieux qu’avant, y compris dans la plupart des espaces de lecture ». Bref, si certains, mal intentionnés, accusent souvent les syndicats de faire du vent, dans ce cas précis, c’est on ne peut plus vrai. Pour le plus grand bénéfice des personnels concernés.

 

 

                                                   A Romilly, on respire enfin grâce à la CGT

      

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22 juin 2019 6 22 /06 /juin /2019 10:26
Canicule : Au-delà de 33 degrés, il faut fermer les établissements

Et ce n’est pas nous qui le disons mais rien moins que des experts de la question que sont l’INRS et la CNAM ou encore un spécialiste du droit social

A chaque période de canicule, les bâtiments municipaux parisiens semblent pris au dépourvu. Ainsi lors du dernier coup de chaud qui s'était abattu il y a deux ans sur la capitale, plusieurs bibliothèques avaient dû cesser totalement ou partiellement toute activité comme à Chaptal (IXe), Saint Eloi (XIIe), Colette Vivier (XVIIe), Arkoun (Ve), Romilly (XVIIIe), Sabatier (XVIIIe) ou encore Hélène-Berr(XIIe). D’autres auraient dû légitimement les imiter tant les températures étaient élevées (au minimum 35 °C). Il est vrai que les bâtiments ont été conçus pour un climat « tempéré »... Ce qui devrait normalement être le cas, vu la position géographique de la Capitale. Seulement voilà, désormais les périodes caniculaires seront de plus en plus fréquentes. Et la même question revient à chaque fois que les températures deviennent insupportables : Qu’est ce qu’il faut faire pour assurer un travail dans de bonnes conditions ? Pour les spécialistes en santé-sécurité au travail, la réponse est sans appel : au-delà de 33 °C, il faut fermer les établissements !

Ainsi l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) rappelle « qu'au-delà de 30°C pour une activité sédentaire (et 28°C pour un travail nécessitant une activité physique) la chaleur peut constituer un risque pour les salariés ». Et l’institut de préciser que « le travail par fortes chaleurs et notamment au-dessus de 33°C présente des dangers ». De son côté, la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) recommande, elle aussi, aux responsables d’établissement de faire évacuer le personnel des bureaux quand les conditions d’hygiène et de sécurité deviennent mauvaises, ce qui est le cas quand les températures atteignent les 33°C.

Le problème, c’est qu’une récente note interne du bureau des bibliothèques (BBL) n’admet un « déséquilibre thermique » que pour une température supérieure à... 36°C (donc contre l'avis des vrais spécialistes). D'autant qu'appeler ça un simple « déséquilibre thermique » ça doit être de l’humour de technocrate. Et ces derniers de surenchérir dans le stand up  en précisant que ce « déséquilibre thermique » n’est valable  que « lorsque le travail est pénible (ex : port de charge lourde...) » !  S’il est indiqué que « la décision de fermer l’équipement » peut être prise avant cette température, celle-ci relèverait du « cas par cas » et du chef d’établissement. Bref, à lui ou à elle de se démerder avec ses équipes.

Ceci dit l'administration reste attentive à ses agents puisque elle recommande toutefois à ces mêmes chefs d’établissement de « mettre à disposition un endroit frais (salle rafraîchie ) », et des « dispositifs pour lutter contre la chaleur : climatiseurs, ventilateurs... ». Mais le hic c’est qu’aucun plan d’équipement n’a été prévu à cette effet, la mairie de Paris invoquant un travail de long terme (isolation thermique, végétalisation…) dans le cadre du plan climat et de la réduction des dépenses énergétiques... Et vu la vitesse d’exécution de l’administration parisienne en matière de rénovation bâtimentaire ça nous mènerait sans doute aux alentours de 2040 !

Au dernier comité hygiène et sécurité (CHSCT)  de la direction des affaires culturelles de la Ville de Paris, les représentant-e-s du personnel ont exigé qu’à minima, chaque établissement puisse bénéficier de fontaines à eau fraîche et d’un système pour qu’une pièce soit rafraîchie. Mais, en attendant, la décision de réduire l’amplitude d’ouverture ou même de fermer un établissement ne peut relever des seuls chefs d’établissement qui en matière de santé et de sécurité des agents, sont en première ligne avec leur responsabilité pénale possiblement engagée. A moins de 33° C, pour fermer partiellement ou totalement, on prend en compte divers éléments (présence ou non d’une pièce rafraîchie, qualité de la ventilation, état de santé et ressenti des agents….). Donc à  33°C, on ferme et c’est tout !

Enfin une note de la DRH de la Ville du 29 avril laisse à l’appréciation des Directions de la Ville (et peut-être des chefs d’établissement) le choix de faire rattraper les heures voire les jours de fermeture pour cause de canicule.  Pourquoi ne pas nous imposer des congés « canicule » pendant que l’on y est ? C’est à la Ville et à ses Directions de garantir des conditions de travail décentes aux agents. La flexibilité horaire (ou demain des congés imposés) ne saurait être la variable d’ajustement de l’absence de dispositifs garantissant des températures vivables aux agents.  Alors, comme le recommande l’avocat spécialiste en droit social, maître Rocheblave sur son site, pour éviter toute responsabilité pénale : « Je vous conseille vivement de ne pas ignorer les recommandations de l’INRS et de la CNAM : « Au-delà de 33 °C, évacuez vos salariés » (lire ici).

Canicule : Au-delà de 33 degrés, il faut fermer les établissements

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