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C'est Qui ? C'est Quoi ?

  • : Syndicat PACS-DAC de la Ville de Paris
  • : Blog du syndicat PACS de la Direction des Affaires Culturelles (DAC) de la Ville de Paris.
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Qui sommes nous ?

Nous sommes des personnels de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, travaillant dans les bibliothèques municipales, conservatoires d'arrondissement, ateliers des beaux-arts, services centraux...

Nous militons au sein du syndicat des personnels administratifs, de la culture et de service (PACS) pour défendre les droits des salariés, la qualité du service public

Pour vous syndiquer, demander conseil, faire des réclamations, envoyer des informations, une seule adresse : daccgtculturegmail.com

 

 

 

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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 15:49
La médiathèque Marguerite Yourcenar (XVe), ce symbole, là aussi, d'un véritable défaut de conception

            L’air y est tellement malsain que les agents ont dû saisir le CHSCT

Il y a comme ça des bâtiments un peu maudits. On le savait pour la bibliothèque Jacqueline de Romilly (XVIIIe) qui avait dû fermer en urgence l’été dernier (voir ici). Nous devons rajouter aussi à cette liste le cas de la bibliothèque Marguerite Yourcenar (XVe) puisque dès son ouverture en février 2008 cette dernière connaissait déjà des problèmes d’aération liés aux pannes récurrentes du système de chauffage/climatisation, du système de ventilation et à l’absence de fenêtres dans les espaces publics. Le système était censé s’autoréguler, mais cela n’a en réalité jamais fonctionné, et d’incessantes interventions du STEG, le service en charge de la maintenance  (parfois plusieurs dans la même semaine) s’avèrent nécessaires pour maintenir un air renouvelé et une température correcte. Gênant pour un bâtiment décrit à l’époque comme révolutionnaire et « écoresponsable ».

Ces dysfonctionnements ont évidemment fini par faire l’objet, à peine quelque mois après son inauguration, de nombreux signalements de l’équipe comme des usagers. En novembre 2009, l’équipe de la médiathèque avait ainsi adressé une lettre à la directrice des Affaires Culturelles de l'époque, faisant état de conditions de travail très pénibles en raison d’un air desséché, une atmosphère viciée et confinée et une température avoisinant parfois les trente degrés. Vingt-huit membres de l’équipe témoignaient alors de malaises divers tels que maux de tête, vertige, sensation de soif constante, irritation de la gorge et, pour quinze d’entre eux, irritation des yeux.

À cela s'est aussi ajoutée ces dernières années une dégradation de la prestation de la société de ménage après des changements de prestataires suite aux appels d’offre tendant toujours vers le moins-disant de la part de la Ville de Paris. Conséquences : des agents en nombre insuffisant (un a deux seulement pour trois mille mètres carrés) et dont le travail est en plus entravé par du matériel inadapté qui fait que désormais le nettoyage de la bibliothèque Yourcenar et ses immenses surfaces de moquette n’est plus vraiment à la hauteur et que les poussières s'accumulent.

De quoi aggraver la situation puisque ces dernières semaines, des bibliothécaires ont signalé par le biais de fiches du cahier hygiène et sécurité de possibles conséquences sur leur santé : irritations oculaires, gênes respiratoires, maux de têtes... et peut-être même des pathologies chroniques qui auraient pu être contractées en service, sans doute à cause de la mauvaise qualité de l’air. La situation ne pouvait plus rester sans réponse du côté de la Ville de Paris

Alertés par la CGT lors du dernier comité hygiène et sécurité (CHSCT) de la direction des affaires culturelles (DAC) plusieurs services ont donc officiellement pris des engagements. Ainsi la DAC va elle faire réaliser une analyse de la qualité de l’air en situation normale (présence d’agents et d’usagers) et le prestataire du marché de ménage va être lui interpellé par les services de la mairie quant aux moyens d’assurer un nettoyage de fond des moquettes.

Première mesure déjà mise œuvre : l'inspection du travail de la Ville (la MISST), composé de spécialiste en santé et sécurité au travail, est venue effectuer une première visite notamment centrée sur les ventilations.Sinon, autre hypothèse avancée par d'autres qui n'est pas à écarter : le syndrome du bâtiment malsain (voir ici). De son côté la médecine préventive se tient à la disposition des agents qui le souhaitent pour des visites à la demande et l’étude d’éventuels aménagements de poste ou de reconnaissance de maladies contractées en service. Sinon prendre aussi quelques conseils dans cet excellent bouquin.

 

 

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14 juin 2019 5 14 /06 /juin /2019 13:47
Décès à la bibliothèque Couronnes (XXe) : le résultat de l’enquête du CHSCT rendu public

Les préconisations de l’instance sur les conditions de sécurité au travail sont en principe à la portée d’une municipalité socialiste dirigée par une ancienne inspectrice du travail !

En septembre dernier, une agente de nettoyage de la Ville de Paris avait été retrouvée morte, plusieurs heures après son décès, à la bibliothèque Couronnes (XXe) alors qu’elle y travaillait seule le lundi, jour de fermeture de l’établissement. Une situation tellement choquante que la mairie de Paris n’avait eu d’autre choix que de prendre la décision immédiate de mettre fin au travail isolé pour les personnels en charge du nettoyage des bâtiments municipaux. De leur côté, les syndicats, unanimes, avaient demandé une enquête dans le cadre du CHSCT (comité hygiène et sécurité) afin d’analyser les circonstances de ce drame et de préconiser des mesures de prévention. Le résultat de cette enquête vient d'être rendu public.

Parmi les constats, les membres du CHSCT ont pointé de graves carences concernant les conditions de sécurité et l’organisation du travail, notamment une « situation récurrente de travail isolé », « un système d’alerte aux nombreuses limites » ou encore un suivi médico-administratif « défaillant » (lire ici). Pour éviter ce genre de situation, les principales préconisations du CHSCT faites à Anne Hidalgo et son administration sont pêle-mêle de « mettre fin au travail isolé », de modifier ou renforcer « les plans de prévention pour les agents des entreprises extérieures » et bien sûr de contrôler cette sous-traitance, souvent sauvage, sur les « conditions de travail, de santé et de sécurité au travail des agents du privé ». Un programme en principe à la portée d’une municipalité socialiste dirigée par une ancienne inspectrice du travail !

Ce qui est sûr, c’est que de toute façon, les mandaté-e-s CGT des CHSCT s’opposeront à toute tentative de « placardisation » de ces constats et propositions. Partout, ils s’engageront pour que ces préconisations se concrétisent dans des plans d’action. Pour notre syndicat, l’élimination des situations de travail isolé doit s’appliquer dans toutes les directions de la ville. C’est donc une responsabilité de la DRH d’impulser un travail de recensement de ces situations, direction par direction, afin d’y mettre un terme. Nous ne pouvons que nous opposer à ce qui semble relever d’un transfert progressif des activités de nettoyage aux prestataires privés d’autant qu’il rend plus difficile la prévention des risques liés au travail isolé pour les agents de ces entreprises. Le résultat de l’enquête est disponible ici

 

 

       Santé au travail : la maire de Paris peut désormais vraiment appliquer son programme

 

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21 mai 2019 2 21 /05 /mai /2019 06:33
Un problème au travail ? Mais que faire ?

                     Il existe pourtant un outil pour faire entendre votre voix.....

L’ascenseur, le chauffage ou les toilettes ne fonctionnent plus dans mon établissement depuis plusieurs mois ; que faire ?  Un conflit interne pourrit les relations de travail ; que faire ?  Un projet de réaménagement est en cours, je ne parviens pas à faire entendre mes idées sur la question ; que faire ? Mon poste de travail n’est pas adapté à mon état de santé ; que faire ? Le registre Santé et Sécurité au Travail est un outil pour faire entendre votre voix.

Dans chaque établissement, un registre santé sécurité au travail est à votre disposition. Il doit être dans un endroit facilement accessible, la cuisine, par exemple. Vous pouvez à tout moment signaler une situation problématique concernant l’hygiène des locaux, les conditions de travail, tout autre problème que vous rencontrez, toute question que vous vous posez. Vous pouvez également proposer des améliorations des conditions de travail.

Vous remplissez la fiche de manière nominative et vous la faites parvenir à votre responsable. Il ou elle doit alors soit viser la fiche soit indiquer si une solution est envisagée. Dans tous les cas, il doit transmettre le double de la fiche au bureau des bibliothèques et au Bureau de prévention des risques professionnels (BPRP). L’administration doit apporter une réponse à la fiche, elles sont également transmises au Comité d’hygiène de santé de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) donc aux représentants du personnel. Votre employeur est responsable de votre santé mais il vous revient de signaler tous les problèmes que vous rencontrez sur le terrain et de les porter à la connaissance du CHSCT.

Mais le CHSCT, c’est quoi ? C’est une instance consultative mais qui n’est pas sans pouvoir. L’employeur a le devoir d’identifier les risques et de mettre en œuvre des mesures de prévention suffisantes, sa responsabilité sur le plan pénal pouvant être engagée. Cette structure peut donc l’interpeller sur toutes les difficultés rencontrées par les agents et lui demander des réponses claires.

Quelques tâches du CHSCT : Visites de services, examen des registres SST, enquêtes sur les accidents de service, enquête en cas de d’exercice du droit de retrait et/ou d’alerte pour risque grave et imminent, appel à un expert indépendant agréé en cas de risque grave ou de modification importante des conditions de travail, examen du rapport annuel de la médecine préventive… Le CHSCT est aussi consulté pour avis sur les projets de réorganisation modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail, le bilan annuel de la santé, de la sécurité et des conditions de travail des agents et le programme annuel de prévention, les mesures prises pour le maintien au travail des accidentés du travail et des personnes handicapées…

Toutes ces prérogatives ont pour intérêt de donner les moyens aux représentants du personnel d’analyser les risques professionnels et, en lien avec les agents, de proposer des actions. Les mandaté-e-s de la CGT ont à cœur de remplir leur mandat, de siéger, de travailler avec les autres représentants du personnel, de rendre compte des réunions et actions du CHSCT. Mais c’est l’intervention des agents sur le terrain qui est déterminante pour l’amélioration des conditions de travail. C'est est un outil à la disposition de tous-tes, utilisons-le ! N’hésitez pas à contacter les mandaté-e-s de la CGT au CHSCT de la Direction des Affaires Culturelles, via notre boite mail  : SYNDICAT-CGT-DAC@paris.fr

Un problème au travail ? Mais que faire ?

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9 mai 2019 4 09 /05 /mai /2019 16:18
Paris XXe : La médiathèque Marguerite Duras part à vau l’eau

A tel point que la maire de l’arrondissement, Frédérique Calandra, a fait un esclandre après être venu constater la situation sur place

Ils prient le ciel pour qu’il ne pleuve pas. Dans le cas contraire ils sont obligés de quitter leur bureau tellement ça mouille. « Depuis plus de trois ans, nous avons en permanence dans le bureau deux seaux, bien utiles, notamment lorsqu’il pleut fort, que nous devons ensuite vider à l’extérieur » déclarent sans rire les bibliothécaires qui occupent les lieux. De toute façon, même quand le temps semble au sec, ils doivent bâcher tous les soirs bureaux, ordinateurs et étagères par précaution.

Pourtant la médiathèque Marguerite Duras, située dans le XXème arrondissement de Paris, est un bâtiment neuf, puisque inaugurée il y a moins de dix ans. Mais qui fuit depuis maintenant quasiment quatre ans. Un problème d’étanchéité de la terrasse paraît-t-il. Au début les bibliothécaires n’ont rien vu venir. Puis l’eau a commencé à couler. D’abord le plafond a été touché, puis les murs. Il y eu parfois tellement de flotte que la moquette n’arrivait plus à en absorber le trop plein. D'ailleurs, elle a fini par être foutue.

Évidemment, au fil du temps, des taches de moisissure sont apparues sur le plafond, le long des murs. Cela fait désormais six mois que le bureau a été condamné, car l’odeur de moisi était bien trop forte. De plus une analyse des champignons a montré qu’ils étaient « allergènes », et que le taux d’hygrométrie atteignait 85%, un chiffre digne d'un climat tropical ! La situation commençait franchement à tourner au ridicule après trois ans d’études et de visites d’expertises. C’est alors…..

Que des travaux ont finalement été réalisés. Faut dire que le syndic avait touché de l’argent pour cela depuis plus de deux ans et demi. Nous étions alors en février de cette année quand les travaux ont débuté. Et ils ont duré…deux petits jours. Eh oui, seulement ! Un laps de temps étonnement court pour étanchéifier une terrasse d’une centaine de mètres carrés et refaire entièrement le bureau qui avait été victime des intempéries. Mais bon…. Et puis plouf deux jour plus tard. Il pleuvait alors sur Paris. Mais aussi (et toujours) à l’intérieur de la médiathèque. Il parait que la maire du XXè, Frédérique Calandra, a fait un esclandre après être venu constater la situation sur place. Sur ce coup-là, on ne pourra lui donner tort.

Quant aux bibliothécaires concernés, ils font depuis six mois du « nomadisme » en squattant les bureaux de leurs collègues au gré de leur congé, stage et vacances… Pas peu dire qu'ils commencent un peu à fatiguer. Aux dernières nouvelles, une nouvelle expertise aurait été programmée. Ce qui signifie que de vrais travaux ne sont donc pas prêts de commencer. Reste à savoir si la Ville de Paris va continuer à laisser la médiathèque Marguerite Duras partir à vau l’eau car en plus de la terrasse toujours pas étanche donc, il y a aussi d’autres fuites dans l’établissement, notamment dans les toilettes et l’escalier public. Si bien que désormais ce sont les usagers qui risquent des chutes. Même s'ils se munissent de bottes et de cirés ! Sur, maintenant Il y a urgence.

 

 

            Anne Hidalgo parcourant les rayonnages de la médiathèque Marguerite Duras 

                                       - Wouah, j'en ferais bien un site olympique.pour 2024..

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15 février 2019 5 15 /02 /février /2019 13:44
Les bibliothécaires d'Assia Djebar demandent et obtiennent le report de la réouverture de leur établissement.

« L’équipe souhaite rouvrir le plus sereinement possible, sans prendre le risque majeur de faire face aux exactes mêmes problématiques qu’avant » ont écrit les agents

Suite aux « évènements » qui ont amené les agents de la bibliothèque Assia Djebbar à faire valoir leur droit de retrait (XXe), un CHSCT exceptionnel s’est tenu en urgence le 12 février dernier (lire ici). A l'issue de cette réunion, la mairie de Paris a proposé le recrutement d'un médiateur, d'un bibliothécaire (à temps partiel toutefois) et la mise en place d'un vigile tous les jours de la semaine. Si bien que la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris (DAC) croyait l'affaire entendue et pouvait annoncer une réouverture de l'établissement sans coup férir dès ce jeudi. Presque tranquilou. C'était sans compter sans une réaction qu’elle n’attendait pas, des personnels.

Certes, les bibliothécaires d'Assia Djenbar actent des améliorations : « l’équipe est consciente des efforts faits par la DAC au sujet du poste de médiateur titulaire et du poste de bibliothécaire ainsi que sur la question de la pérennité du vigile et l’en remercie. Malheureusement cela ne change pas la problématique actuelle de notre structure à court terme » ont-ils alerté dans une lettre envoyée à leur administration et relayée par les organisations syndicales.

Pour contester une réouverture précipitée les agents pointent une situation objective: « l’équipe a besoin de temps. Cela fait treize jours que l’établissement est fermé et nous n’avons pris connaissance qu’hier au moment du CHSCT des solutions proposées par notre administration ». Et les agents d'argumenter : « L’équipe ne se sent pas suffisamment armée pour une réouverture immédiate, l’impact psychologique de cette première année d’ouverture et du climat de tension croissant n’est pas à négliger, et nous souhaitons aller jusqu’au bout de ce que cette fermeture nous permet de faire, de manière à rouvrir le plus sereinement possible, sans prendre le risque majeur de faire face aux exactes mêmes problématiques qu’avant ».

Et de poursuivre aussi sur l'état du bâtiment. « Le chauffage a été réparé après plus de dix jours de panne, une grosse intervention est prévue par ailleurs sur les fenêtres, sans assurance qu’elle soit terminée dans les délais, ce qui rajoute un stress supplémentaire à l’équipe qui depuis deux semaines ne fonctionne que sur des échéances à termes quasi immédiats ». Message entendu par Christophe Girard, l'adjoint d'Anne Hidalgo en charge de la culture, qui repousse donc la réouverture au mardi 19 février. Et avec des horaires réduits pour quelque temps avant de se réorganiser pour un fonctionnement, espérons-le, pérenne.

                            

                           Christophe Girard a entendu les bibliothécaires d'Assia Djebar

 

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1 février 2019 5 01 /02 /février /2019 14:23
La bibliothèque Assia Djebar (XXe) ferme ses portes en urgence pour cause de droit de retrait des personnels

« C’est difficile pour nous de prendre cette décision et de voir la bibliothèque fermée, mais il en va de la sécurité des usagers, du bâtiment et de la nôtre, ainsi que de notre santé » précisent les agents d'Assia Djebar dans une lettre ouverte envoyée à la mairie de Paris

La bibliothèque Assia Djebar, située entre les Porte de Montreuil et de Vincennes, a fermée aujourd'hui ses portes en urgence. Ouvert il y a tout juste un an, cet établissement au confluent des XIIème et XXème arrondissement de la capitale vit une véritable crise sociale comme le démontre la lettre ouverte envoyée par les bibliothécaires d'Assia Djebbar à tous leurs collègues du réseau parisien ainsi qu'à leur administration de tutelle. Voici le teneur de cette missive reproduite dans son intégralité.

«  Aujourd’hui, vendredi 1er février 2019, l’équipe de la bibliothèque Assia Djebar a décidé d’exercer son droit de retrait et de ne pas rouvrir la bibliothèque tant que des solutions réelles et pérennes ne seront pas proposées.

Depuis la préfiguration, l’équipe a trouvé du sens dans ce projet de bibliothèque dans un territoire prioritaire de la politique de la ville. La bibliothèque se voulait un établissement de proximité accueillant pour tous les publics, en accord avec les lignes directrices de la mairie et du Bureau des Bibliothèques (BBL) de la Ville de Paris de se soucier des « publics éloignés ». Les caractéristiques du quartier étaient connues de l’équipe de préfiguration : pollution et nuisances sonores du boulevard périphérique, indicateurs de précarité élevés dans la population, conflits et violence qui accompagnent les situations sociales compliquées. Nous n’avons jamais pensé que l’implantation de la bibliothèque à la confluence de trois cités serait facile et se ferait tout en douceur. Mais nous savions pourquoi nous venions travailler là, et nous pensions bénéficier du soutien de nos tutelles.

La réalité nous montre tout autre chose. En tant que seul lieu du quartier ouvert sans condition, où il n’est pas nécessaire de montrer patte blanche, nous avons le sentiment de devenir le réceptacle de la colère sociale, et d’être abandonnés par la mairie face à cette situation. Les conflits quotidiens, les relations tendues avec certains usagers, sont devenus trop durs, traumatisants, la peur s’invite dans la bibliothèque et nous poursuit parfois même dans la rue. Sans soutien de la part de notre hiérarchie, que pouvons-nous faire face aux menaces (« attaques au mortier », « balle dans la tête », « tout casser »), aux insultes, aux bagarres, à la consommation de stupéfiants dans l’établissement ? Hier, nous avons fait face à des livres et élastiques qui volaient à travers le plateau, atteignant parfois usagers ou bibliothécaires, à des bouteilles jetées sur la façade et au refus de quitter la bibliothèque de la part des groupes en cause.

C’est difficile pour nous de prendre cette décision et de voir la bibliothèque fermée, mais il en va de la sécurité des usagers, du bâtiment et de la nôtre, ainsi que de notre santé. Après un an d’ouverture, nous constatons qu’on ne nous donne pas les moyens d’assurer nos missions et de pérenniser cette bibliothèque. Nos partenaires locaux sont à bout de souffle, la collaboration avec les inspecteurs de sécurité et les correspondants de nuit ne donne pas les résultats escomptés. Nous ne pouvons pas cumuler nos missions de bibliothécaires avec celles d’agent de sécurité, d’assistant social et d’éducateur. Cinq collègues sont partis avant même un an d’ouverture et deux autres départs sont imminents. Et désormais il semble que le nouveau mode de recrutement n’implique pas d’entretien préalable mais le catapultage arbitraire par notre tutelle. Aucune solution n’est proposée malgré les multiples signalements, enregistrés en silence par le BBL.

Quel était donc le vrai projet de la mairie ? Tout nous laisse croire qu’il s’agissait d’affichage politique à peu de frais, et que derrière on ne trouve que mépris. Un bâtiment neuf aux multiples dysfonctionnements, un budget d’acquisitions réduit de 30% dès la deuxième année d’ouverture, et une équipe laissée à l’abandon, pendant que les élus se targuent d’ouvrir de nouvelles bibliothèques dans des quartiers populaires. La situation du quartier nous renforce dans notre conviction que la bibliothèque a du sens dans cet environnement, mais nous sommes forcés de constater que sans moyens adaptés, sans accompagnement, nous ne pouvons assurer ce service public dans des conditions acceptables.

Vendredi 1er février nous n’ouvrirons pas la bibliothèque : notre droit de retrait répond ici à une situation de danger grave et imminent. Au-delà des annonces rassurantes qui seront faites, au-delà des ajustements et des solutions temporaires, nous attendons des solutions organisationnelles, pratiques, et urgentes » concluent les bibliothécaires d'Assia Djebar. Évidemment la CGT des affaires culturelles appuie sans réserve les revendications de nos collègues.

D'ailleurs nous pouvons déjà affirmer que tous les syndicats de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris vont demander un CHSCT extraordinaire sur cette situation qui fait écho à celle rencontrée dans plusieurs autres établissements, notamment à la bibliothèque Vaclav Havel dont l’équipe avait elle auss lancé une alerte il y a un an (lire ici). A noter que le syndicat SUD, bien que non membre de cette instance se joint à cette action. Christophe Girard l'adjoint en charge de la Culture va donc connaitre son premier dossier chaud de l'année 2019

 

                - Si je comprends bien, les bibliothécaires d'Assia Djebar en ont ras la casquette ?

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27 novembre 2018 2 27 /11 /novembre /2018 14:42
Arrêt maladie, droit de grève : ce que dit vraiment la loi

Petit bréviaire à l’usage des collègues qui pourraient rencontrer des difficultés...

Arrêt maladie, modalité du droit de grève : à la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, Il arrive parfois que des chefs d’établissement ignorent, de manière involontaire sans doute, les règles et les lois qui régissent tout ça. Alors petit bréviaire à l’usage des collègues qui pourraient rencontrer des difficultés

Commençons par le sujet des arrêts-maladie : pour bénéficier d'un congé de maladie ordinaire ou son renouvellement, l'agent doit adresser dans les 48 heures (sauf empêchement pour hospitalisation, etc...) le volet 2 et 3 du/des arrêt(s) de travail établis par le médecin. Il doit l’envoyer à son supérieur hiérarchique direct ou à son UGD. La nature de l'affection dont souffre l'agent ne figure pas sur les volets envoyés (secret médical). Il figure sur le volet 1 que l'agent conserve.

Le délai de 48 heures suivant l’établissement de l’arrêt vaut  uniquement pour son envoi ou sa transmission (pas pour sa réception donc). Et un certificat médical établi un vendredi peut être transmis via la poste, le cachet faisant foi, le lundi, ou le mardi si le lundi est férié. Il s’agit aussi de prévenir rapidement son service. La réglementation n’en fait pas une obligation mais un principe « de courtoisie ».

 La procédure est un peu différente pour les agents contractuels. Dans les 48 heures l’agent doit adresser le volet 3 de son arrêt de travail à son UGD pour justifier son absence et le volet 2 à son centre de sécurité sociale pour percevoir les indemnités journalières versées par la sécurité sociale. Il conserve le volet 1.

Passons sur le droit de grève maintenant. La grève se fait sur la base d'un préavis déposé par une organisation syndicale. Pour l'agent, le fait de faire grève n'est soumis à aucun délai ni obligation de prévenance (48h ou autre, ça n'existe pas !). Si un agent le fait c’est là encore uniquement par un « principe de courtoisie ».

Ce qui veut dire que là où côté management « ça se passe mal » (ça peut arriver), l'agent peut donc parfaitement se contenter de prévenir lors de son retour à son poste. Ou...pas ! Et  il en a parfaitement le droit puisque c’est en effet  à l’administration de constater si des personnels font grève ! Ainsi un responsable d’établissement très au fait de la chose nous confirme « Il n'y a effectivement aucun délai de déclaration préalable, mais cela va même plus loin. Ce qu'on envoie lors d'une grève, c'est juste un état constaté des grévistes. Pour moi, l'agent n'a même pas à déclarer qu'il est gréviste. On doit juste constater son absence et transmettre l’information à notre administration lorsqu'elle elle en fait la demande ».

Enfin pour conclure l'agent peut faire grève une heure, deux heures, trois heures, une demi-journée ou une journée.

Arrêt maladie, droit de grève : ce que dit vraiment la loi

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18 septembre 2018 2 18 /09 /septembre /2018 17:10
Drame à la bibliothèque Couronnes (XXe) : la CGT demande la tenue d’urgence d’un CHSCT exceptionnel

Notre collègue retrouvée décédée travaillait en effet toute seule dans l’établissement fermé au public

C’est une macabre découverte qui a été faite ce lundi à la bibliothèque Couronnes (XXe) par une étudiante qui passait devant l’établissement.  Intriguée de voir de l'eau qui passait sous la porte, elle est entrée dans l'établissement, qui n'était semble-t-il pas fermé, et a découvert notre collègue femme de ménage inanimée. Les secours, appelés dans la foulée n'ont rien pu faire. Comme il était déjà 18h30, on peut supposer que notre collègue était décédée depuis nombreuses heures puisque elle aurait dû quitter les lieux en milieu de matinée. Le problème c’est qu’elle était aussi toute seule de service ce jour là (c’est le jour de fermeture de la bibliothèque) en dépit des risques évidents dans une telle situation.

Pourtant au dernier Comité Hygiène et Sécurité (CHSCT) de la Direction des Affaires Culturelles (DAC) de la Ville de Paris notre syndicat avait interpellé l’administration par rapport aux règles de sécurité des agents de ménage alors que le passage à un prestataire privé s’était fait dans les pires conditions : équipes non informées, matériel non disponible, des agents assurant seuls une mission réalisée à deux auparavant. Mieux, certains étaient même sans contrat de travail (voir ici). L'administration n'avait pas été en capacité de nous donner des réponses et des assurances par rapport à la sécurité et aux conditions de travail de ces agents nouvellement affectés. Ce qui n’était en principe pas le cas en ce qui concerne la bibliothèque Couronnes.

 

En effet, dans cet établissement les prestations de ménage sont encore assurées par des agents salariés de la mairie de Paris, gérés par la direction de la logistique (DILT), lesquels devraient normalement être plusieurs à travailler ensemble dans les locaux. Une précaution élémentaire en cas de problème. Sauf qu’à la bibliothèque Couronnes ce n’étais plus le cas depuis plusieurs jours. De deux agents on est passé à un seul, l’autre étant parti dans un autre service. Quelles que soient donc les circonstances de ce décès une chose est sûre : notre collègue était bien toute seule dans un bâtiment où il n’y avait personne d’autre. Et force est de constater que les organisations syndicales ont à plusieurs reprises soulevé les risques liés au travail isolé.

 

Ce drame est malheureusement l'occasion de rappeler la responsabilité de notre administration en matière de prévention des risques professionnels. Ceux-ci doivent être évalués et des moyens de prévention suffisants doivent y être apportés. Lorsqu’un risque est identifié, l'employeur a même une « obligation de résultat ». Nous demandons qu'un CHSCT exceptionnel de la DAC et de la DILT ait lieu pour évaluer l'ensemble des situations de ce type et y apporter des réponses immédiates.

 

Drame à la bibliothèque Couronnes (XXe) : la CGT demande la tenue d’urgence d’un CHSCT exceptionnel

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5 septembre 2018 3 05 /09 /septembre /2018 08:54
La souffrance au travail n’est pas une fatalité  !

Rendez-vous le mardi 16 octobre pour une journée dédiée à la santé au travail avec une réunion d’information et de débat en présence de Vincent de Gaulejac, sociologue clinicien, grand spécialiste de la question

La ville de Paris connaît un contexte d’augmentation des missions à moyens constants, d’augmentation de la charge mentale de travail, de réorganisations permanentes et de mobilité des directions qui mettent à mal les collectifs de travail.

Sous couvert de modernisation, des méthodes managériales venues du privé sont mises en œuvre : des redéploiements et des changements permanents d’organisation du travail, des nouvelles technologies inadaptées ou qui encadrent nos missions, des métiers redéfinis, des évaluations et des primes de plus en plus fondées sur des objectifs individuels ou des labels qualité qui entrent en contradiction avec la réalité des moyens disponibles, des cadres à qui on demande d’assurer coûte que coûte des missions (souvent en mode dégradé) dans des équipes amputées, une éthique professionnelle remise en cause….

Les conséquences sont les mêmes que dans le privé : perte de sens de notre travail et de nos valeurs, travail en tension, risques psycho-organisationnels, atteintes à la santé. Le pouvoir d’intervention des agents et de leurs représentants sur l’organisation du travail et les moyens pour réaliser les missions sont au cœur notre stratégie et de nos revendications. Pour nous, il n’y a pas de proposition magique ni de négociation miraculeuse. La « qualité de vie au travail » ne s’obtiendra pas sans mobilisation et dynamique collectives.

Afin de sortir du simple constat et pour tenter de trouver des solutions nous invitons tous les agents de la Ville de Paris, syndiqués ou pas, à une journée d’information et de débat le mardi 16 octobre 2018 de 9h à 16h30 à l’annexe de la Bourse du Travail située au 29 boulevard du Temple 75003 (Métro République). Objectif :  comprendre les multiples changements à l’œuvre et réfléchir, ensemble, aux moyens de construire de la solidarité collective

Au programme de la matinée une rencontre – débat avec le sociologue universitaire Vincent De Gaulejac, auteur de nombreux livres de référence sur la question, à propos des changements à l’œuvre dans le travail et leurs impacts sur les salarié.e.s..L’après-midi fera une large place aux expériences de chacun.es au travail et ouvrira des réflexions sur les moyens d’agir ensemble avec des militant.es investi.e.s dans le combat pour la santé au travail pour s’informer sur les droits et outils à notre disposition.

Pour participer à cette journée, qui se déroulera sur votre temps de travail sous la forme d’un congé formation syndicale, il suffit de répondre avant le 10 septembre pour nous permettre de vous détacher auprès de votre direction. L’inscription se fait ici.

La souffrance au travail n’est pas une fatalité  !

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1 septembre 2018 6 01 /09 /septembre /2018 11:03
Pour préserver notre santé, servons-nous du CHSCT

Réglementation, obligation de l'employeur, condition de travail, droit d'alerte... tout ce qu'il faut savoir sur le fonctionnement du Comité Hygiène et Sécurité

En cette rentrée, la CGT vous rappelle le rôle des élu(e)s du personnel dans le Comité d’Hygiène et de Sécurité (CHSCT) de votre direction, instance qui intervient pour la prévention des risques et dans les dossiers de santé et sécurité au travail. Au regard des textes qui l’organise (décret 85-603), le CHSCT a la mission de contribuer à la protection de la santé physique et mentale et de la sécurité des agents et à l’amélioration des conditions de travail avec une attention particulière pour celles des femmes (santé au travail des femmes enceintes, harcèlement sexuel…)

A ce titre le CHSCT alerte l’administration via des « avis » émis par ses membres et procède de façon régulière à des visites de sites. Mais l’instance a aussi un pouvoir de contrôle et d’enquête, avec si cela lui semble pertinent, le recours à l’expertise. Elle peut examiner également toutes les fiches du registre de santé sécurité au travail rédigées dans les établissements. Enfin un membre du CHSCT peut enclencher un droit d’alerte ou assister un agent pour un droit de retrait si la situation vécue n’est plus tenable.

Le saviez-vous ? Un registre santé sécurité est ouvert dans chacun de nos établissements. Il sert à consigner toutes les informations, demandes et suggestions des agents relatives à la prévention des risques professionnels et à l’amélioration des conditions de travail. Il est à la disposition de l’ensemble du personnel et le cas échéant des usagers.

Le saviez-vous ? Vous pouvez demander un rendez vous auprès de la médecine préventive hors cadre officiel de l’employeur si vous vous sentez mal dans votre travail ou que votre environnement professionnel vous semble dégradé.

Le saviez-vous ?  Un service d’écoute est à votre disposition du lundi au vendredi de 9h à 17h au 01 42 76 88 00. Des agents tenus au secret professionnel y sont à votre disposition pour toutes situations de travail vécues comme difficiles ou dégradées.

Le saviez-vous ?  A la Direction des Affaires Culturelles, vos représentants CGT au CHSCT sont Sophie Marquié (bibliothèque Hélène Berr), Stéphanie Coiffé (bibliothèque Chaptal), Guillaume Floris (bibliothèque Saint-Eloi) et Mathilde Creixams (Conservatoire du XVIe). Vous pouvez les contacter via leur adresse paris.fr

Pour préserver notre santé, servons-nous du CHSCT

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