Blog PACS de la Direction des Affaires Culturelles (DAC) de la Ville de Paris.

Après l'invasion de rampants dans une bibliothèque du XIIIe arrondissement cet été, l'administration parisienne a délibérément tenté de cacher l'information
L’affaire a fait les gros titres de la presse locale : la bibliothèque de l’Alcazar à Marseille avait dû fermer ses portes en urgence pour cause d’invasion de punaises de lit. La presse nationale en avait même fait ses choux gras : « On connaissait les punaises de lit, voici les punaises de livre » galéjeait Libération. « Notons que les ouvrages en prêt numérique ne seraient, eux, pas atteints par cette épidémie de bug » osait de son côté le site spécialisé, ActuaLitté. Sauf que Marseille avait été devancée par une rivale parisienne... Et pas qu’un peu.
L'info vient juste de nous parvenir. Faut dire que la mairie de Paris avait mis soigneusement cette affaire de punaises de lit sous le tapis... Même le CHSCT a été maintenu délibérément dans l’ignorance, comme pulvérisé sous les insecticides par l'administration parisienne. Mais bon, mieux vaut tard que jamais !!! L’histoire est quand même venue à nos oreilles...
Nous étions au cœur de l’été à la bibliothèque Glacière dans le XIIIe arrondissement lorsqu'une lectrice a fait un retour de livres, quasiment tous infestés de punaises de lit, de différentes tailles. Évidemment une fois les livres posés sur le comptoir de prêt, les bestioles s’égayèrent de partout. Dont certaines déjà d'une taille conséquentes. « On était un peu horrifié » nous a rapporté un membre de l’équipe. Pas de doute, à Glacière, les bibliothécaires ont alors sacrément été refroidit et l’établissement a dû être fermé d’urgence pour une désinsectisation.
Problème : au retour des personnels quelques jours plus tard, toute l’équipe a eu des maux de têtes, la gorge sèche ainsi les yeux qui piquaient, à des degrés divers, pendant au moins quinze jours. Normal car le produit utilisé pour éliminer les punaises « est beaucoup, beaucoup plus toxique que celui utilisé normalement pour les cafards et autres rampants » a précisé l’employé de l'entreprise de désinsectisation. Malgré les fiches de signalements, l’administration n’a pourtant jamais alerté le comité hygiène et sécurité (CHSCT) de la direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, piétinant ainsi toute la règlementation en la matière
De quoi inquiéter les agents de la bibliothèque Glacière qui se sont depuis posé énormément de questions : « Nous tenons à réagir et à communiquer sur ce problème, qui n’est pas des moindres. Déjà pour tenir au courant les collègues des autres établissements du besoin d’être vigilant sur ce problème précis » nous ont-ils ainsi affirmé. Sans parler de leurs effets possibles sur la santé et des précautions réglementaires d’usage. C'est pourquoi le CHSCT, toujours vivant et plus que jamais résistant au DDT municipal, va exiger les noms et le descriptif chimique des produits utilisés et de leur dosage, et de savoir également si d'autres bibliothèques de la Capitale ont été touchées par l'invasion de ces petites bêtes. Sur ce coup la mairie est dans de sales draps. Oh punaise...
