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Qui sommes nous ?

Nous sommes des personnels de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, travaillant dans les bibliothèques, conservatoires, musées, ateliers des beaux-arts, services centraux...

Nous militons au sein de la CGT pour défendre les droits des salariés, la qualité du service public rendu aux Parisiens.

Pour vous syndiquer, demander conseil, faire des réclamations, envoyer des informations, une seule adresse : daccgtculturegmail.com


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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 10:08
Ouverture du dimanche : des bibliothécaires parisiens lancent un grand sondage via le site Askabox

« Vous ne voulez pas travailler le dimanche ? Alors faites-le savoir » disent-ils à leurs collègues du réseau

La nouvelle était tombée au printemps dernier. La mairie de Paris annonçait alors  - sans concertation aucune - que sept nouvelles bibliothèques devaient ouvrir le dimanche d'ici   2019 : Hélène Berr (XIIe), Aimé Césaire (XIVe), Melville (XIIIe), Germaine Tillion (XVIe), Rostand (XVIIIe), Parmentier (XIe) et Sabatier (XVIIIe). Plus ou moins dans cet ordre. On parle bien sûr d’établissements déjà existants et qui étaient fermés ce jour-là.

Une annonce qui avait pris par surprise les principaux concernés. Bien sûr, si certains bibliothécaires ne sont pas opposés à l’ouverture dominicale, c'est uniquement à condition d’avoir les moyens pour le faire. Ce qui est d'ailleurs loin d'être toujours le cas si l'on observe la politique déplorable de la Ville de Paris en ce domaine. D’autres en revanche refusent catégoriquement de travailler ce jour-là considérant que leur vie sociale et familiale est déjà suffisamment impactée en travaillant tous les samedis et en finissant tout les soirs à 19 heures.

Des collègues qui ne cachent pas leur inquiétude : « Aujourd’hui, nos revendications portent sur de meilleures conditions de travail le dimanche ! Mais dans ce combat que deviennent ceux qui ne veulent pas travailler le dimanche ? Et comment peuvent-ils se faire entendre ? » Bonne question. De plus, comme la mairie de Paris a affirmé publiquement que travailler le dimanche pour les bibliothécaires municipaux se ferait « sur la base du volontariat », il est utile de savoir qui est vraiment volontaire ou pas dans le réseau. Et nos collègues de lancer un grand sondage, en déclarant : « Vous ne voulez pas travailler le dimanche ? Faites-le savoir ».

Pour répondre à ce sondage, c'est très simple, il suffit juste à chaque bibliothécaire parisien opposé au travail du dimanche d'indiquer son nom et celui de son établissement via le site Askabox, lequel anonymise les réponses, en allant ici. Ensuite, le résultat, avec le pourcentage par bibliothèque, sera publié officiellement.

       Le sondage pour ne pas travailler le dimanche semble déjà promis à un grand succès

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 08:41
Paris : la moitié des bibliothèques fermée pour cause de grève ce dimanche 12  février

On attend désormais la réaction d'Anne Hidalgo et de Bruno Julliard sur cet échec de leur politique sociale et culturelle

La crise ne faiblit pas dans les bibliothèques municipales de la capitale. Après les mouvements de décembre dernier puis du premier week-end de février qui ont paralysé l'ensemble du réseau parisien il y avait, ce 12 février, de nouveau un mouvement social d'ampleur puisque la moitié des établissements du dimanche ont fermés pour cause de grève : Yourcenar (XVe), Duras (XXe) et Hélène Berr-Picpus (XIIe).

On ignore pour le moment si la Mairie de Paris, via les cabinets d'Anne Hidalgo ou celui de son adjoint à la Culture, Bruno Julliard, va se décider à faire un communiqué sur cet échec de sa politique culturelle et sociale. Ou bien négocier avec les syndicats pour sortir de ce conflit. Elle le devrait pourtant. D'autant que dimanche prochain la situation pourrait être identique.

          

                                            - Hé m'sieur, on ferme, faut pas rester là !

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 10:16

 

Intimidations diverses, atteinte au droit de grève, ouverture pouvant mettre en danger le personnel et le public : du côté de la rue de Picpus on peut  même parler d’un véritable « désherbage »

C’est la crise à la bibliothèque Hélène-Berr située rue de Picpus dans le XIIe arrondissement. Depuis que cette dernière doit ouvrir le dimanche, sous la pression d’Anne Hidalgo et de son équipe, le climat s’est considérablement dégradé. Au point que de nombreux agents sont déjà partis, pendant que d’autres s’interrogent...

Toutefois, si l’administration a mis la pression sur la direction de la bibliothèque pour ouvrir coûte que coûte le dimanche, cette dernière n’est toutefois pas complètement étrangère à la crise interne qui frappe cet établissement. Il faut dire que certaines méthodes ne passent pas auprès des collègues, notamment tout ce qui concerne la réglementation sociale. Des entorses graves (volontaires ?) au droit du Travail qui sont devenues inacceptables non seulement aux yeux des agents mais aussi des organisations syndicales. Notamment, avec des attaques au droit de grève. Sans même parler de méthodes qui peuvent mettre en danger les bibliothécaires et le public, en maintenant l'ouverture de l’établissement en dépit de tout bon sens.

Passons sur les menaces et intimidations de toutes sortes qui passent par des convocations régulières des « récalcitrants » qui oseraient contester le bien fondé d’ouvrir leur établissement le dimanche, ou bien de seulement demander des moyens corrects pour fonctionner ce jour-là. Silence dans les rangs ! Conséquence de ce management passablement too much, l’ambiance à Hélène-Berr est en pleine déliquescence : certains agents se plaignent de souffrance au travail, d’autres ont été arrêtés plusieurs fois, tandis que les relations entre collègues se détériorent face aux différentes pressions de l’équipe de direction. Ce qui ne surprend pas les bibliothécaires du réseau parisien, qui voient passer les fiches de postes vacants en provenance de cet établissement... Évidemment, et on les comprend, personne ne se bouscule pour postuler hormis les lauréats de concours.

A la bibliothèque de la rue de Picpus, les agents du réseau ne se bousculent pas

A la bibliothèque de la rue de Picpus, les agents du réseau ne se bousculent pas

Mais, cerise sur le gâteau, la direction de la médiathèque de la rue de Picpus a même tenté dernièrement de mettre au pilon le droit de grève en intimant aux agents grévistes le dimanche de venir « récupérer »  en venant travailler un jour de plus en semaine ! Comme le disait Pierre Dac « passé les bornes il n'y a plus de limites  » mais à ce point-là… Même l’administration a dû mettre le holà et rappeler à l’encadrement ses obligations en matière de droit du Travail.

Mieux, lors du mouvement du samedi 4 février, très suivi par toutes les bibliothèques parisiennes, le droit de grève, s’il n’a pas été interdit, a quand même été joyeusement contourné à Hélène-Berr puisqu’en dehors de toute déontologie la direction a voulu tout de même ouvrir, quitte à mettre en danger les personnels présents et les usagers. D’où des collègues laissés seuls dans des étages alors qu'habituellement la présence de deux ou trois bibliothécaires titulaires est nécessaire, tandis que d’autres étaient en service public non stop pendant cinq heures d’affilée...

Cette organisation du travail faite pour casser le mouvement, en a évidemment choqué plus d’un. A tel point « que des collègues révulsés, même s’ils ne voulaient pas faire grève au départ, ont finalement cessé le travail » ont rapporté les personnels de la rue de Picpus. Une ouverture obtenue à l’arrache avec une équipe composée de très peu de bibliothécaires titulaires et d’une majorité d’étudiants. Ce fonctionnement préfigure-t-il l’avenir du métier ? Disons que celui-ci n’est certainement pas défendu avec ces méthodes un peu antisociales et surtout sans aucune perspective. N'empêche que l'établissement a fermé le lendemain dimanche... pour cause de grève. Tout ça pour ça ?

Car, ne nous y trompons pas, si l’encadrement de la bibliothèque Hélène-Berr agit de cette façon sous l’œil pour le moment bienveillant du Bureau des Bibliothèques et de la Direction des Affaires Culturelles - laquelle suit les ordres d’Anne Hidalgo et de Bruno Julliard - il se pourrait bien un jour que l’administration le lâche en rase campagne lorsque l’établissement ne lui sera plus d’aucune utilité politique. Les exemples sont malheureusement nombreux. Et ce jour-là, les syndicats pourraient bien lui être utiles.

A la médiathèque Hélène-Berr, ça pilonne sec sur le droit du Travail
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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 18:32
Grève de toutes les bibliothèques parisiennes le premier week-end de février

Deux préavis ont été déposés : un premier le samedi 4 février pour toutes les bibliothèques du réseau parisien, et le second le lendemain pour celles... qui ouvrent déjà le dimanche !

La colère ne retombe pas chez les bibliothécaires de la Capitale. Après le mouvement très suivi de décembre dernier (lire ici) les personnels remettent ça le premier week-end de février, les samedi 4 et dimanche 5, à l’appel de l’intersyndicale CGT, FO, SUPAP, UCP et UNSA, laquelle est plus que majoritaire parmi les agents de la Direction des Affaires Culturelles (DAC) de la Ville de Paris.

Les bibliothécaires, qui dénoncent le mépris de la municipalité à leur égard, demandent à Anne Hidalgo d'ouvrir des négociations pour résoudre cette crise sociale à l’œuvre dans les bibliothèques municipales parisiennes, notamment, sur les effectifs, les primes de la filière culturelle et les conditions de l'ouverture du dimanche. Si la Mairie de Paris a bien proposé un rattrapage des primes, celles-ci restent toutefois inférieures - et de loin - à celles les plus basses des autres agents de la Ville.

« Ce que nous propose la DRH ne permet pas de rattraper le retard abyssal des primes des personnels des bibliothèques » ont rétorqué les agents présents à l’assemblée générale du personnel du 20 janvier. Pire : le protocole d’accord proposé par la Mairie voulait lier l’augmentation de ces primes avec le travail dominical, exigeant ainsi des syndicats et des bibliothécaires « de s’engager à soutenir » toutes les prochaines ouvertures de bibliothèques le dimanche. Une véritable provocation. Si bien que les personnels ont, à l'unanimité, mandaté l’intersyndicale pour ne pas signer cet accord et d'enjoindre l'administration à reprendre les discussions.

Justement parlons de l‘ouverture du dimanche ! Par exemple à la bibliothèque Françoise Sagan (Xe), inaugurée il y a deux ans à peine et ouverte le dimanche donc, le fonctionnement est si déplorable que la Mairie vient justement d’accorder en urgence la création de quatre postes... Sept bibliothèques supplémentaires vont notamment y être soumises d’ici la fin de la mandature, en 2020. Et pour la première d’entre-elles, la bibliothèque Hélène-Berr, située rue de Picpus dans le XIIe arrondissement, cette ouverture dominicale tourne déjà à la crise (lire ici).

Avec l’intersyndicale, les personnels d'Hélène-Berr réclament entre deux et cinq créations de postes supplémentaires, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité du public, des agents ou du bâtiment, sans même parler d'assurer un service public juste a minima. Contrairement aux autres bibliothèques du réseau, elle ne sera pas en grève le samedi 4 février (quoique...) . En revanche, elle le sera bien..... le dimanche 5 février comme celles qui doivent ouvrir ce jour-là, telle Marguerite Yourcenar (XIVe) ou encore Marguerite Duras (XXe) puisqu’un second préavis a été déposé. Chez les observateurs, on appelle ça le deuxième effet « Kiss Cool » !

Ceci-dit, il y aura bien du monde le samedi 4 février du côté de la rue de Pcpus puisque les agents du réseau viendrons manifester devant Hélène-Berr à 15 heures avec à l'appui des pétitions proposées aux usagers. Un conflit qui est parti pour durer si rien n’est fait pour répondre aux revendications légitimes des bibliothécaires parisiens. La balle est du côté de l’Hôtel de Ville. Après tout, la Maire de Paris est une ancienne inspectrice du travail et son adjoint à la Culture, Bruno Julliard, un ancien syndicaliste (étudiant, certes !).

Bruno Julliard et une ministre du travail sur les marches de la BnF côté XIIIème

Bruno Julliard et une ministre du travail sur les marches de la BnF côté XIIIème

     - Alors là Myriam de l'autre côté de la Seine on aperçoit la bibliothèque de la rue de Picpus

                       - Moais, moi je vois plutôt une crise sociale, et crois moi je m'y connais !

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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 16:07
Pour ouvrir le dimanche, la Mairie de Paris est vraiment prête à tout

                                  Et même à faire vraiment n’importe quoi

C’était un peu le branle-bas de combat à la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris. Et l’aréopage était d’importance, constitué d' une délégation de sous-directeurs, de chefs de bureau et autres grands chefs à plumes venus convaincre les agents de la bibliothèque Hélène-Berr (XIIe) d’ouvrir le dimanche, ordre d’Anne Hidalgo. Car, dans la liste des bibliothèques dont l'ouverture le dimanche est prévue prochainement, l’établissement de la rue de Picpus va être le premier à essuyer les plâtres (lire ici).

Les personnels ne sont guère enchantés par cette perspective, même si l’équipe est partagée entre résignation et colère face aux propositions de la Mairie d’ouvrir dans de mauvaises conditions (lire ici). A quelques jours de la première ouverture dominicale, c’est même un climat délétère qui s’est installé à la bibliothèque Hélène-Berr. Et les propos tenus dans cette réunion de la dernière chance ne risquent pas d’arranger les choses tellement l’administration est prête à tout pour ouvrir le dimanche. Mais alors vraiment à tout.

Ainsi, la médiathèque, dont le bâtiment compte six niveaux ouverts au public, ouvrira le dimanche non seulement avec un personnel très réduit, mais surtout avec une moitié d’étudiants embauchés sur des contrats de quatre jours par mois (une sorte de CPE, quoi). Et l’administration d’asséner : « Il n'y a aucun obstacle juridique à laisser un étudiant tout seul sur un plateau ». Plus fort, selon nos cadres dirigeants : « Il a le même degré de responsabilité qu'un personnel titulaire ». Cette assertion est complètement fausse, mais ce n’est pas tellement que la Direction des Affaires Culturelles et le bureau des bibliothèques racontent n’importe quoi, c’est surtout complètement irresponsable en terme de sécurité, que ce soit du bâtiment ou des personnes (agents comme usagers). Et comme tel, interdit par tous les règlements en matière d’hygiène et de sécurité.

Mais la Mairie ne s’arrête pas là dans le domaine de la provocation : « La médiathèque pourra ouvrir le dimanche avec cinq titulaires et neuf étudiants ». A ce rythme d'ailleurs, pourquoi des titulaires ? Et pourquoi pas quatorze étudiants ? Pas de doute, avec Anne Hidalgo et son équipe l’avenir des services publics parisiens est assuré. Un volontarisme qui a de quoi inquiéter jusqu’à François Fillon qui devra vite réactualiser son programme s’il ne veut pas se faire déborder ! Face à la crise qui s’annonce, la direction de la médiathèque de la rue de Picpus, qui n’en peut mais, est contrainte d’appliquer les ordres municipaux, même les plus imbéciles, et bien obligée d’avouer son désarroi à l’équipe : « Ouvrons d'abord, et ensuite on verra bien si c'est supportable ou non le dimanche ». Pas très rassurant tout ça. Même pour les thuriféraires de l’ouverture dominicale.

D’autant que pour une partie des bibliothécaires d’Hèlène Berr, cette façon de faire ne passe pas vraiment. Et même vraiment pas : « Malgré un renouvellement de presque un quart de l’équipe en vue de l’ouverture dominicale (un « turn over »  assez inquiétant NDR), une grande partie des personnels reste déterminée à maintenir ses revendications, soutenue par un grand nombre de bibliothèques parisiennes, ainsi qu’en atteste la mobilisation du 17 décembre.  Non, les personnels de la médiathèque Hélène Berr ne baissent pas les bras, ils se mobilisent et sont prêts à faire grève si les revendications portées par l’intersyndicale ne sont pas entendues » affirment-ils dans un communiqué.

Une revendication d’ailleurs bien modeste puisqu'elle consiste en la demande de création de seulement cinq postes budgétaires supplémentaires. Pas grand chose pour une collectivité au budget de sept milliards d’euros. Si cette demande pour un fonctionnement pourtant a minima d’un établissement qui reçoit du public est au dessus des moyens de la Ville de Paris, alors qu’elle renonce à ouvrir ses bibliothèques le dimanche.

Dis Bruno !?!  Cette idée de faire fonctionner le service public avec des étudiants ça viendrait pas de tes copains de l'UNEF ?

Dis Bruno !?! Cette idée de faire fonctionner le service public avec des étudiants ça viendrait pas de tes copains de l'UNEF ?

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 10:20
            Ouverture du dimanche : à la mairie de Paris, c'est le Grand bond en avant

Ouverture du dimanche : à la mairie de Paris, c'est le Grand bond en avant

          Un document digne des meilleurs moments de Mission Capitale

Il souffle comme un vent de panique à la mairie de Paris. En effet, les personnels des bibliothèques ont eu la surprise de recevoir un mail du directeur des affaires culturelles en personne (lui qui écrit rarement aux personnels) pour leur expliquer le bienfait des prochaines ouvertures du dimanche.

Selon lui, « les agents ne seront pas obligés de travailler le dimanche, ces ouvertures ne se feront pas au détriment de l’accueil des usagers et des postes seront créés pour permettre l'ouverture du dimanche ». Un véritable florilège.

Pour appuyer sa démonstration, il a fait appel aux services de la propagande de la mairie pour élaborer un document (disponible sur simple demande) digne des meilleurs moments de Mission Capitale, ce petit livre rouge municipal envoyé tous les mois aux agents.

Néanmoins, nos services ont retrouvé la première mouture décrivant les véritables modalités de l’ouverture du dimanche des bibliothèques. La voici. Un vrai Flash info !

      Ouverture du dimanche : la mairie de Paris en vante les bienfaits aux bibliothécaires

Ouverture du dimanche : la mairie de Paris en vante les bienfaits aux bibliothécaires

« Il ressort des enquêtes de satisfaction que les usagers souhaitent une plus grande ouverture notamment le dimanche » affirme la mairie de Paris.

Faux : la demande des usagers se porte en tout premier lieu sur les matinées et nocturnes ainsi que les lundis. Le dimanche n’est pas leur premier souhait selon les enquêtes Qualiparis réalisées auprès des usagers des bibliothèques.

« Il convient de mettre en place cet engagement en veillant à concilier la réponse aux attentes des Parisiens, le respect des conditions de travail du personnel et la qualité du service public ».

Faux : comme on l’a vu, ce ne sont pas les attentes premières des parisiens. Les conditions de travail du personnel et la qualité du service public seront très dégradées.

« Les représentants du personnel sont consultés sur les conditions de travail et les ouvertures de sites à l’occasion des audiences consacrées spécifiquement au bibliothèques, des comités techniques et des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ».

Faux : lors de ces différents comités, l’avis contre l'ouverture du dimanche dans de telles conditions, majoritaire chez les représentants du personnel, s’est heurté à une posture méprisante de la part de Bruno Julliard, le premier adjoint en charge de la culture (lire ici). Pire, une motion adoptée par la majorité du Comité Technique demandant la présence de huit titulaires le dimanche à Hélène Berr n’a pas été inscrite au compte-rendu ! Pourtant, on ne peut pas dire que la demande était révolutionnaire. Enfin, précisons que si ces comités ont été réunis c'est uniquement parce que la règlementation l’exige sinon la mairie de Paris s'en serait bien passé.

« Les bibliothécaires qui travaillent le dimanche le font sur la base du volontariat ».

Faux : Les agents qui sont actuellement affectés à une bibliothèque qui ouvrira le dimanche seront obligés de travailler le dimanche, c'est la loi de la fonction publique. A moins de demander sa mutation dans un autre établissement qui lui convienne, ce qui est loin d'être évident. D'autant que le choix va se restreindre de plus en plus, avec douze bibliothèques ouvertes le dimanche d'ici 2018 selon la mairie de Paris. Ce qui correspondra à un tiers des effectifs du réseau.

Ouverture du dimanche : la mairie de Paris veut que mille automates s'épanouissent

Ouverture du dimanche : la mairie de Paris veut que mille automates s'épanouissent

« Les usagers bénéficient le dimanche des services habituels tels que le prêt et le retour de documents ; ils peuvent aussi s’inscrire et être renseignés ».

Faux : les usagers seront accueillis soit par des contractuels formés sur deux jours seulement soit par des titulaires formés correctement mais très sollicités et beaucoup moins voire non disponibles. Le renseignement bibliographique pointu tel qu’on nous le demande en permanence ne pourra pas être assuré ainsi que l’aide à la recherche de documents.

« Le dimanche je travaillerai moins que le samedi ».

Faux : le samedi, l’amplitude d’ouverture est certes plus grande mais le nombre de titulaires présents permet de n’effectuer que deux ou trois tranches de service public d’une heure trente, soit au maximum quatre heures et demie de service public, le tout entrecoupé de pauses et de travail interne. Le dimanche, les personnels devront effectuer effecteur cinq heures d’affilée de service public. Sans interruption et sans pause. Nous sommes donc là en présence d’un argument de mauvaise foi manifeste. Les personnels savent parfaitement que le travail du dimanche n’est pas une promenade de santé !

« Des postes sont créés pour permettre l’ouverture du dimanche ».

Faux : En ce qui concerne Hélène Berr, sur les trois postes créés, deux correspondent seulement à un simple rattrapage du sous-effectif dû aux temps partiels. Il n'y aura que sept titulaires par dimanche alors qu’il en faut au minimum quatorze pour les retours de documents, le renseignement et les inscriptions. De plus, les bibliothécaires d'Hélène Berr sont aidés en semaine par quatre agents pour le rangement. Le dimanche, ils seront donc moins en terme d'effectif que le samedi alors que la fréquentation sera plus importante d'après la mairie de Paris.

« La bibliothèque ouvrira le dimanche de manière dégradée ».

Vrai : pour toutes les raisons exprimées précédemment et en se basant sur l’expérience des établissements ouverts le dimanche, cela s’effectue sur un mode dégradé, tant au niveau de l’accueil du public que des conditions de travail des personnels.

Et gardons le meilleur pour la fin : « Les bibliothécaires auront une compensation financière» ose se vanter la mairie la mairie.

Vrai.......Mais c'est uniquement grâce aux syndicats et aux personnels qui ont fait grève pour obtenir cela. Alors que la mairie offrait une maigre prime de cinquante euros brut, les bibliothécaires ont fini par obtenir cent euros après douze semaines de mobilisation en 2010 (lire ici l'article de 20 minutes).

Question mouvement social, le réseau va remettre ça le 17 décembre. Et Hélène Berr tous les dimanches dès janvier prochain (lire ici et ). A croire que les bibliothécaires parisiens n'ont pas été convaincus par la propagande municipale.

Ouverture du dimanche : le directeur et la mairie de Paris tentent en vain de convaincre les bibliothécaires

Ouverture du dimanche : le directeur et la mairie de Paris tentent en vain de convaincre les bibliothécaires

- Madame, on a raté notre coup, notre propagande est partie faire la chasse aux Pokemon

                             - Pfff, ça plus le toit de la Canopée qui fuit, quelle guigne !

 

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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 10:32
Ouverture des bibliothèques le dimanche : quand la CFDT disait non à Anne Hidalgo

Elle devrait donc, en principe, voter résolument contre le projet concernant la bibliothèque Picpus-Hélène Berr

La mairie de Paris compte ouvrir prochainement sept nouvelles bibliothèques le dimanche. Première à essuyer les plâtres, la bibliothèque Hélène Berr, située rue de Picpus dans le XIIème arrondissement, que l’équipe d’Anne Hidalgo veut  faire ouvrir un jour supplémentaire. Problème : cela se ferait… à effectif constant (un seul recrutement est prévu par l’administration alors qu’il en faudrait une dizaine). Une décision qui ne passe évidemment pas auprès des bibliothécaires (lire ici). Ni bien sûr de la majorité des syndicats – CGT, FO, SUPAP, UCP et UNSA - lesquels vont donc voter contre ce projet lors du prochain Comité Technique de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris présidé par le premier adjoint en charge de la culture, Bruno Julliard.

Un Bruno Julliard qui, à force de manoeuvres, clame à qui veut l'entendre « qu'il compte s’appuyer sur la CFDT » pour faire passer son funeste projet. Toutefois, cette dernière pourrait mettre à mal les désirs de l’ancien contestataire étudiant. En effet, dans un texte envoyé à tous les bibliothécaires parisiens au moment des dernières élections municipales, le syndicat de Laurent Berger martelait ferme son opposition à toutes extensions d’ouvertures comme l’illustre le document en bas de page. Certes, c’était il y a deux ans, mais la situation n’ayant pas du tout évoluée (et c’est même aggravée) la CFDT devrait donc voter, ce jour, contre le projet d’ouverture dominicale de la bibliothèque Picpus-Hélène Berr et rejoindre ainsi les personnels et les autres syndicats pour contester cette régression en terme de condition de travail. Et puis, comme leur dit leur devise : des choix, des actes.

Ouverture des bibliothèques le dimanche : quand la CFDT disait non à Anne Hidalgo
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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 11:48
Un élu parisien explique pourquoi il est contre l'ouverture de la bibliothèque Picpus-Hélène Berr le dimanche

« Nous ne comprenons pas clairement quel est l’objectif politique de ce projet d’ouverture dominicale » souligne Nicolas Bonnet

La maire de Paris, Anne Hidalgo, et son adjoint à la Culture, Bruno Julliard, croyaient sans doute que ça allait passer... Mais la perspective d’ouvrir le dimanche la bibliothèque Hélène Berr, située rue de Picpus dans le XIIe arrondissement, n’a vraiment pas l’air de convaincre grand monde. Après les bibliothécaires, avec une lettre très argumentée (lire ici), ou encore des spécialistes de la Santé au Travail avec une étude également très argumentée (lire là), c’est au tour de Nicolas Bonnet, élu de l’arrondissement et par ailleurs président du Groupe Communiste-Front de Gauche au Conseil de Paris, de lancer un véritable pavé dans la mare de l’ancienne conseillère de Martine Aubry au ministère du Travail et de l’ancien syndicaliste étudiant. Voici in extenso le discours qu’il a prononcé au Conseil du XIIe arrondissement ce 12 septembre.

« Madame la Maire, Le 2 septembre, les agents de la bibliothèque Hélène Berr et leurs organisations syndicales ont organisé un temps d’échange avec les élu-es du XIIe sur le projet d’ouverture de cet établissement le dimanche. Cette discussion m’a permis de constater que nous partagions un certain nombre d’inquiétude avec les agents.

D’abord, nous ne comprenons pas clairement quel est l’objectif politique de ce projet d’ouverture dominicale. Dès que nous abordons le sujet avec Bruno Julliard, l’adjoint à la Culture, il nous répond que c’est une demande forte des Parisiens. Pourtant, à Hélène Berr, ce n’est pas ce que demandent les usagers. Dans l’enquête de satisfaction liée à la démarche « QualiParis », les usagers demandent l’ouverture du lundi ou l’ouverture plus tôt le matin ou plus tard en soirée, mais ils sont relativement peu à demander l’ouverture le dimanche. J’entends aussi parler de la nécessité de répondre aux besoins des étudiants mais une bibliothèque universitaire ouvrira à quelques dizaines de mètres d’ici quelques années.

Par principe, les élu-es communistes sont réticents au travail dominical même si nous estimons qu’il existe des exceptions nécessaires comme pour les transports publics. Concernant les bibliothèques, nous pouvons comprendre l’ouverture du dimanche si cela permet de faire venir des publics qui ne fréquentent pas ou peu les équipements culturels en temps normal. Mais manifestement la municipallté ne souhaite pas engager les moyens nécessaires pour atteindre cet objectif politique. Car il est prévu qu’Hélène Berr n’ouvre qu’avec un nombre réduit d’agents titulaires sans création de poste supplémentaires. Compte tenu de la configuration du bâtiment et des règles de sécurité incendie, les agents devront rester fixes toute la journée pour gérer les retours et sans pouvoir prendre de pause. Cela veut dire qu’ils ne pourront pas animer la bibliothèque ou accompagner les usagers alors même que ce sont ces actions de médiation qui permettent de démocratiser l’accès aux bibliothèques.

Je ne rentrerai pas plus dans l’ensemble de nos arguments qui sont exposés dans le voeu mais je rappellerai juste, qu’à ce stade, les agents de la bibliothèque sont opposés à l’ouverture du dimanche car leurs conditions de travail vont être fortement dégradées. Vous l’aurez compris, nous partageons leurs avis. Voilà pourquoi nous voulons que la Mairie du XIIe prenne position contre l’ouverture de la bibliothèque Hélène Berr le dimanche ». Pas mieux.

Mais en dehors de Nicolas Bonnet et des communistes, il semblerait que ce soit de tout bord politique que la critique fuse (pour le moins) sur les projets de la mairie centrale. Ainsi l’élue représentant le groupe Les Républicains, Valérie Montandon, a également demandé au cours de ce même Conseil d’arrondissement qu’avant toute ouverture le dimanche la ville réalise « au moins une étude » auprès du public. Pas idiot si l’on considère que les usagers demandent plutôt des ouvertures le matin ou le lundi d’après l'enquête menée... par la mairie elle-même ! Mieux : l’élue, pourtant classée à droite, demande à la mairie socialiste de faire au moins aussi bien qu’Emmanuel Macron en matière sociale sur le travail du dimanche en « engageant une concertation avec les représentants du personnel sur les extensions d’horaires en soirée ou le dimanche, en terme de volontariat, d’organisation et de compensation ». Perfide. Pour convaincre de l’ouverture d’Hélène Berr le dimanche il va falloir que la mairie se mette vraiment en marche !

                                                       Déjà en octobre 2015 dans Le Parisien

Un élu parisien explique pourquoi il est contre l'ouverture de la bibliothèque Picpus-Hélène Berr le dimanche
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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 11:56
Comment la mairie de Paris a organisé elle même le plus long mouvement de grève de son histoire.
Comment la mairie de Paris a organisé elle même le plus long mouvement de grève de son histoire.

      Pour entrer dans le Guinness Book rien ne la fera dévier de son objectif

C’est certainement le plus long mouvement social qu’a connu la Ville de Paris depuis l’élection de Jacques Chirac (premier maire de l’ère moderne)…en 1977 ! Un conflit qui dure maintenant depuis quatorze mois. Une grève qui est en réalité attisée par la mairie de Paris elle-même, au détriment des usagers. Décryptage de ces inavouables méthodes municipales.

A l’origine le conflit est des plus simples. Février 2014, les agents techniques (catégorie C) de la Direction de la Jeunesse et des Sports (DJS) qui travaillent dans les stades, piscines, gymnases de la capitale demandent une revalorisation de leur prime dominicale, actuellement de 45 euros par dimanche travaillé. Avec un argument imparable : être au moins alignés sur leurs collègues qui travaillent le dimanche dans les bibliothèques municipales, qui eux perçoivent 100 euros. Revendication on ne peut plus légitime aux yeux de tous les observateurs. Il faudra toutefois attendre plusieurs semaines pour que la mairie de Paris reçoive l’intersyndicale pourtant forte de quatre organisations très représentatives du secteur (CGT, FO, SUPAP ET SUD).

Et que proposa alors la Vile de Paris ? D’attendre le résultat… des élections municipales. Rien à voir mais bon. Puis les négociations sont repoussées aux calendes grecques…. pour cause de vacances scolaires ou d’élections européennes ! Incroyable n’est ce pas ? Ce manège aura permis de gagner trois bon mois.

Mais la Ville qui ne voulait visiblement pas sortir de cette grève vieille désormais de cinq mois. Elle eu alors une idée de génie, certes des plus tordues. « Pour ne privilégier aucun syndicat (étrange alors que les grévites sont en intersyndicale), les négociations ne reprendraient qu’après les élections professionnelles du 4 décembre 2014 ». C’est officiel, l’équipe d’Anne Hidalgo et de son adjoint en charge des Sports, Jean-François Martins décidait que cette grève devait atteindre son dixième mois. Et on ne discuterait seulement qu’à partir du onzième ! Au mieux. Apparemment la Ville de Paris voulait entrer dans le Guinness Book des records et rien ne la fera dévier de son objectif !

 

                   Grève à la DJS : Jean François Martins et Anne Hidalgo nagent dans le bonheur 

Comment la mairie de Paris a organisé elle même le plus long mouvement de grève de son histoire.

   - Heu Jeff, c'est tout ce que t'as trouvé comme cadeau pour fêter les 12 mois de cette grève ?

Une année est enfin passé et Monsieur Martins flanqué d’Emmanuel Grégoire, l’adjoint en charge des ressources humaines (!) font une proposition royale au bar : Une augmentation mensuelle de ..12,50 euros. Pour ceux qui travaillerait deux dimanche dans le mois ça fait 6 euros 25 (on a compté vous pensez bien). Bon, l’intersyndicale a donc été contrainte de reconduire son préavis. De son côté Anne Hidalgo débouchait un petit mousseux pour fêter ces douze mois de conflit.

La revalorisation des indemnités des dimanches travaillés aurait dû alors être étudiée au Comité Technique Central de la Ville de Paris le 5 mars 2015 si l'on en croyait les dires de la mairie. Hélas ! Ce point est retiré in extremis de l’ordre du jour. Après tout, il n’y a pas urgence, cela ne fait que treize mois que les personnels sont en grève. Mais problème, ceux-ci restent mobilisés. Une fronde de sans dents pas vraiment du gout de la gauche mondialisée au pouvoir à Paris. Et ça, l’équipe d’Anne Hidalgo ne l’avait pas prévu.

Du coup l’exécutif décide de recourir à des moyens on ne peut plus inavouable pour enfin faire cesser « cette maudite grève » : caisse noire, recrutement de vacataires et de personnels de sociétés privées, menaces de sanction et de mutation pour ouvrir coûte que coûte certains gros équipements quitte à fermer les plus petits, des méthodes épinglées sous contrôle d’huissier (lire ici). Bref on croyait avoir installée une ancienne Inspectrice à l’Hôtel de Ville et on se retrouve avec l’héritière de Maggie Thatcher (lire ici).

Le plus triste peut être dans cette histoire pour la gauche parisienne c’est qu'elle rejette sur les méchants ouvriers grévistes les conséquences de cette longue grève, alors qu'ils n’ont ouvert aucunes négociations pendant un an. Pourtant dans toute entreprise qui se respecte les syndicats doivent être reçus dans le cadre d’un préavis pour justement essayer d’éviter la grève… De nombreux élus s’en sont d'ailleurs émus (lire ici). Ainsi que les attachés d'administrations de la Ville de Paris (lire ici).

Mais pas de pot pour nos Sosos, les sans-dents de la DJS ne désarment pas et vont se réunir à nouveau le 6 mai pour une grande assemblée générale. La grève va alors atteindre son quinzième mois. Les personnels attendent toujours que la mairie fasse des propositions dans le cadre de véritables négociations pour sortir de ce conflit. Anne Hidalgo aura bien mérité d’entrer dans le livre des records.

 

                     Anne Hidalgo va-t-elle vouloir sortir de la plus longue gréve parisienne ?

Comment la mairie de Paris a organisé elle même le plus long mouvement de grève de son histoire.

                               - Mais alors, il va donc falloir que je négocie avec des sans dents ?

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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 10:49
La mairie de Paris prise en flag par un huissier de justice !

      Un rapport accablant qui alourdit un peu plus le casier judiciaire municipal

La mairie de Paris croyait marcher sur les traces de Margaret Thatcher (ou Sarkozy au choix) pour casser la grève des personnels de la Direction de la Jeunesse et des Sports (DJS). Et elle n'a pas lésiné en utilisant des méthodes aussi inavouables (mise en place d’une caisse noire pour payer des agents en heures supplémentaires, menaces de sanction..) que complètement illégales, notamment obliger des grévistes à se déclarer deux jours à l’avance ou recruter des vacataires pour les remplacer. Un huissier mandaté pas les syndicats CGT, FO, SUPAP et SUD a même pu constater la présence d’agents..... d’une société privée embauchés en urgence pour remplacer les mutins ! De quoi alourdir le casier judiciaire de la mairie. Huissier qui a dressé un constat aussitôt joint à la plainte déposée en référé-liberté par les organisations syndicales pour atteinte au droit de grève.

Une plainte qui a de grande chance d’aboutir tant elle est motivée juridiquement. En effet, suivant les dispositions des articles L.1242-6 et L.1251-10 du Code du travail, il est interdit de recourir aux contrats à durée déterminée ou à des intérimaires pour suppléer des grévistes. Un code que tout bon inspecteur du travail (même à la retraite) doit connaître sur le bout des doigts.

Autre tentative d’intimidation qui risque d’être condamnée par la justice : obliger les grévistes à se déclarer deux jours à l’avance. La Ville de Paris cite deux jurisprudences pour légitimer sa décision illégale. Elle invoque le fait que les agents doivent exercer leur droit de grève dès la prise de service (arrêt n° 286294 CE du 29 décembre 2006), et que les agents qui souhaitent exercer ce droit de grève doivent se déclarer gréviste 48 heures à l’avance (arrêt n° 367453 du 8 avril 2013). Mais, encore une fois, l’équipe dirigée par Anne Hidalgo a pris ses rêve antisociaux pour des réalités.

Car évidemment, ces décisions ne peuvent s’appliquer aux activités de la direction de la jeunesse et des sports, laquelle jusqu'à nouvel ordre n'est pas un service indispensable à l’action gouvernementale, à la sécurité des personnes, à la conservation du matériel ou à l’ordre public. Ses agents ne sont pas non plus visés par la loi sur le service minimum, comme le sont les agents des transports publics ou des services hospitaliers.

L’un des arrêts visés (n°286294) concerne spécifiquement les transports publics (la SNCF) et l’autre (n°367453) concerne des modalités de grève dans des services hospitaliers. Et oui, rien qui ne concerne la mairie de Paris. Nos énarques qui pullulent pourtant dans la haute administration parisiennes ont confondu la SNCF, les hôpitaux et les équipements sportifs municipaux. Faudrait vraiment qu’ils se remettent à faire un peu d’activité physique.

Et la plainte de conclure : « Vu le comportement de l’administration dans son refus de négocier, alors qu’elle est prête en parallèle à employer des vacataires, des prestataires extérieurs privés, des agents titulaires payés en heures supplémentaires (plus de 200 € par jour), causant de fait une atteinte sur la liberté fondamentale qu’est le droit de grève ; Vu l’atteinte manifestement illégale aux conditions d’exercice du droit de grève dans les services publics non indispensables et non soumis au service minimum ; Vu l’urgence à mettre fin à cette situation pour protéger les agents grévistes de sanctions arbitraires et préjudiciables à leur encontre ; Il sera demandé à Madame, Monsieur, le Président du Tribunal Administratif statuant en matière de référé de suspendre la décision attaquée et de prendre toutes les mesures coercitives à l’encontre de la Ville de Paris pour préserver le libre exercice du droit de grève ».

Si le référé-liberté n’est pas retenu par le tribunal (mais seulement dans le cas où ce dernier condidère qu’il n’y a pas urgence à statuer), les syndicats déposeront alors un référé-suspension ou une requête sur le fond pour excès de pouvoir. Dura lex, sed lex !

 

La mairie de Paris prise en flag par un huissier de justice !
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Published by CGT Culture DAC Ville de Paris - dans Abus de pouvoir Travail du dimanche Justice Primes
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